La Dépêche du Midi

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La Dépêche du Midi
Image illustrative de l'article La Dépêche du Midi

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Genre Presse régionale
Prix au numéro 1,10 €
(en Espagne : 1,50 €)
Diffusion 166 137 ex. (2013)
Date de fondation 1870
Ville d’édition Toulouse

Propriétaire Groupe La Dépêche
Rédacteur en chef Jean-Claude Souléry
ISSN 0181-7981
Site web ladepeche.fr et La Dépêche Premium

La Dépêche du Midi est un quotidien régional français diffusé dans les huit départements de la région Midi-Pyrénées (Ariège, Aveyron, Haute-Garonne, Gers, Lot, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne) ainsi que dans les départements voisins de Lot-et-Garonne (en Aquitaine) et de l'Aude (en Languedoc-Roussillon) ; sa diffusion s'élève à environ 166 000 exemplaires en 2013, pour 17 éditions quotidiennes différentes. Il est historiquement lié au radicalisme en Midi-Pyrénées. Il appartient au Groupe La Dépêche et son directeur général délégué est José Biosca.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

En une, dans le bandeau de tête, après La Dépêche du Midi figure la mention « Le journal de la démocratie ».

Une des devises du journal est : « La Dépêche renseigne vite et bien ».

Le quotidien appartient au groupe La Dépêche, dont le PDG est Jean-Michel Baylet, par ailleurs président du Parti radical de gauche (PRG). Il emploie environ 770 salariés[1] dont 250 journalistes professionnels et quelque 1 500 correspondants locaux de presse. Suivant l'héritage politique radical de ses origines, La Dépêche est un journal de sensibilité radicale.

Historique[modifier | modifier le code]

L'ancien siège de la Dépêche, rue Alsace-Lorraine à Toulouse (architecte Léon Jaussely, 1925)

Le premier numéro de La Dépêche de Toulouse paraît le 2 octobre 1870, à l'initiative d'ouvriers de l'imprimerie Sirven à Toulouse[2]. Sa vocation au départ était de publier des dépêches de guerre pour donner des nouvelles du front aux femmes de soldats. Après la guerre, le titre survit et se développe en élargissant son domaine d'information. Il atteint 15 000 exemplaires 9 ans plus tard. Deux cousins ariégeois le rachètent en 1882 et ont l'idée de lancer une édition pour chaque département de la région.

En 1887, Jean Jaurès, déjà engagé politiquement, y fait ses premières armes de journaliste. Le titre de presse accueille également un autre journaliste politicien : Georges Clemenceau[2], avant qu'il ne rejoigne L’Aurore. Un moment antidreyfusard, le journal finit par se rallier à la cause en faveur de la révision du procès.

De par ses origines et ses plumes, La Dépêche ne cache pas son engagement dans une gauche radicale-socialiste. Aussi au début du XXe siècle, des évêques considèrent comme un « péché grave » la lecture de ce titre. Maurice Sarraut, sénateur radical de l'Aude (1869-1943), prend les rênes du journal, en devenant son directeur administratif (1909) puis le propriétaire (1932). À la suite d'une tentative d'acquisition par Maurice de Rothschild, Jean-Baptiste Chaumeil, entrepreneur en travaux publics, et maire radical-socialiste de Valence-d'Agen, entre dans le capital du groupe en 1925. Son neveu Jean Baylet y entre la même année, en est directeur administratif en 1927, puis rédacteur en chef, crée le quotidien La Démocratie le 8 octobre 1945 et dirige La Dépêche du 22 novembre 1947 au 29 mai 1959.

La période de l'entre-deux guerres est pour La Dépêche un « âge d'or », tant pour sa diffusion que pour le prestige et la qualité de sa rédaction qui lui confèrent une influence nationale.

Ayant salué l'interdiction du PCF en 1939, elle entre dans ses heures noires. Pendant l'Occupation le quotidien est dirigé par des collaborationnistes. Maurice Sarraut, qui a perdu toute influence sur le journal, est assassiné par la Milice en décembre 1943. Son frère, Albert Sarraut est déporté peu après. Le journal continue à paraître en défendant la politique du Maréchal Pétain[3].

Interdit de publication à la Libération, pour collaboration en 1944[4], le titre ressort en 1947 sous le nom de La Dépêche du Midi. Il déloge alors après un conflit judiciaire le Patriote du Sud-Ouest, journal du Front national qui avait hérité de ses locaux[5]. Reprenant sa lignée radicale et anti-communiste[6] (le PCF vient d'être exclu du gouvernement) il soutient naturellement le cabinet de Pierre Mendès France. Il s'oppose au référendum constitutionnel de 1958, soutient François Mitterrand à la présidentielle de 1965.

publicité pour "La Dépêche"

Entre 1959 et 1971, l'ancien chef de la police de Vichy René Bousquet, responsable notamment de la rafle du Vel' d'Hiv, fait partie du conseil d'administration du journal. Il anime la rédaction aux côtés d'Éveline Baylet, née Évelyne Isaac [7] veuve de Jean Baylet[8], qui a pris les commandes à la mort de son mari jusqu'en 1995.

Le , José Biosca, directeur général du journal, annonce qu'un second site payant va être lancé[9]. Ce site intitulé Dépêche Premium [10]est lancé le 17 avril 2012, en phase de test auprès des abonnés papier avant une ouverture commerciale le 26 septembre 2012. Il se compose d'un fil d'information continue avec des articles multimédias exclusifs ; d'une version électronique du journal consultable sur le web, les smartphones iPhone et Android, et les tablettes iPad et Android ; et des services du Club abonnés. C'est la première fois en France qu'un journal quotidien régional tente l'aventure du payant sur internet.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Diffusion en semaine (source OJD[11])
Titre 1879 1881 1906 1914 1925 1943 1955 1967 1996 2003 2005 2010 2011 2012 2013
La Dépêche du Midi 15 000 27 000 159 000 215 000 217 000 310 000 215 000 280 000 202 000 200 000 200 090 186 213 180 969 174 511 166 137
Diffusion le dimanche (source OJD[12])
Titre 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
La Dépêche du dimanche 227 047 224 151 225 068 222 269 215 739 208 780 201 760 191 574 182 943

Éditions locales[modifier | modifier le code]

Il existe 17 éditions locales :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://groupe.ladepeche.fr/groupe/chiffres-cles/ Site officiel du Groupe
  2. a et b Hervé Martin et Alain Zambeaux, La Haute-Garonne, éditions Privat, coll. Encyclopédie illustrée, octobre 2002, (ISBN 2-7089-5811-9), p. 404
  3. LLABRES Claude, La Dépêche du Midi et René Bousquet, Paris, Éditions Fayard, 2001
  4. Archives du Comité Départemental de Libération de Haute-Garonne
  5. Archives du PCF 31 (1, allées Marc Saint-Saëns - Toulouse)
  6. Charle Christophe, Le Siècle de la presse (1830-1939), Paris, Seuil, 2004, 400p.
  7. Jean-Claude Malet, directeur des sablières Malet, était également son petit-fils
  8. Claude Llabres, La Dépêche du Midi et René Bousquet, Éditions Fayard, 2001 (ISBN 978-2-2136-0991-1)
  9. La Dépêche du Midi se met au payant, Le Figaro, 12 avril 2012.
  10. Plongez au cœur de l'info avec Dépêche Premium, La Dépêche du Midi, 18 avril 2012.
  11. Fiche de La Dépêche du Midi - Statistiques OJD
  12. Fiche de La Dépêche du Dimanche - Statistiques OJD

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Félix Torres, La Dépêche du Midi, histoire d’un journal en république, 1870-2000, Hachette littératures, 2002
  • Jean Bonhomme, La Dépêche du Midi, une dynastie, un clan, une secte, 2007, 54 pages (ISBN 978-2-9529-0280-9) [texte intégral] [PDF]
  • Llabres Claude, La Dépêche du Midi et René Bousquet, Éditions Fayard, 2001
  • Michel Mathe, Vite et bien - Des nouvelles de la Dépêche, Toulouse, Éditions Privat, 2010 (ISBN 978-2-7089-6907-0)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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