La Couleur pourpre (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour le roman, voir La Couleur pourpre.
La Couleur pourpre
Titre original The Color Purple
Réalisation Steven Spielberg
Scénario Menno Meyjes
Sociétés de production Warner Bros.
Amblin Entertainment
Guber-Peters Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame historique
Durée 154 minutes
Sortie 1985

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Couleur Pourpre (The Color Purple) est un film dramatique américain de Steven Spielberg sorti en 1985 et inspiré du roman éponyme d'Alice Walker paru en 1982 et récompensé par le prix Pulitzer[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1900, Celie, une jeune fille noire du sud des États-Unis, vit avec sa jeune sœur Nettie et son père dans une plantation de coton. Son père l'oblige "à faire ce que sa mère ne veut plus faire", et elle continue après la mort de celle-ci. Celie supporte cette situation en se raccrochant à son affection pour sa sœur, qui risque elle aussi d'être victime de son père. Elle met au monde deux enfants, un garçon et une fille, que son père fait rapidement adopter. Le père finit par se remarier avec une femme de l'âge de sa fille aînée.

Nettie devient bientôt l'objet des attentions d'Albert « Monsieur » Johnson, qui demande sa main à son père. Albert a quatre enfants d'un premier mariage, et a tué sa première femme à force de la battre. Mais le père a d'autres projets pour Nettie, et propose à Johnson d'épouser Celie. L'accord est conclu, malgré l'absence d'amour entre les deux futurs époux. Johnson la violente et la rabaisse, tout comme il le fait avec ses enfants (notamment son fils Harpo) ; ceux-ci considèrent Celie plus comme une domestique que comme une nouvelle mère.

Un jour, Nettie arrive et demande à rester chez eux : elle a quitté la maison familiale, lassée des avances de leur père. Albert accepte, et pendant un temps l'amitié entre les deux sœurs redevient celle qu'elle était. Nettie en profite pour apprendre à lire à Celie. Mais « Monsieur » n'a accepté la venue de Nettie que pour profiter enfin de cette fiancée qu'on lui a refusée. Devant l'agression, Nettie se défend et Johnson la chasse violemment. Celie lui demande de lui écrire et Nettie le promet, "seule la mort m'en empêchera". Mais aucune lettre ne vient, uniquement la correspondance entre son mari et Shug Avery, sa maîtresse, une chanteuse de bastringue à Memphis.

Les années passent : Celie s'est effacée dans la maison, au point d'habiller elle-même son mari lorsqu'il part rejoindre Shug. Un jour, Harpo présente Sofia à son père : il souhaite l'épouser. Elle est déjà enceinte, et « Monsieur » refuse dans un premier temps, mais Sofia finit par obtenir son accord, après que le bébé est né. Une fois installée, Sofia commande sa maisonnée : Johnson conseille à Harpo de la battre, pour se faire respecter ; Celie lui recommande la même chose. Harpo et Sofia se battent, et tandis que Harpo cache à son père les coups qu'il a reçu de sa femme, Sofia reproche à Celie de ne pas se révolter contre son propre mari, au lieu d'approuver ses méthodes. Un jour, Sofia, lasse des bagarres continuelles entre elle et Harpo, part avec leurs enfants de leur maison, située sur les terres de Johnson. Celie n'a toujours aucune nouvelle de Nettie, d'autant que Johnson lui interdit d'ouvrir la boite aux lettres - lui seul en a le droit.

Un soir d'orage, Johnson revient avec Shug très malade. Pour la première fois, Celie voit « Monsieur » obéir au doigt et à l’œil à quelqu'un, même au point de se laisser appeler par son prénom et de faire la cuisine. Celie s'amuse de la situation, d'autant plus que Johnson ne la bat plus ; elle commence à admirer Shug. Le père de « Monsieur » conseille à son fils d'abandonner Shug, se montrant tout aussi despotique et désagréable avec son fils que celui-ci l'est avec sa famille. Avec la venue de Shug, Harpo monte avec son ami Swayn un cabaret dans la maison de Harpo, dans lequel ils proposent à Shug de se produire. La danseuse consacre d'ailleurs une chanson à Celie, qu'elle lui chante devant tous les clients, l'appelant "sister". Mais Sofia fait une petite visite avec son nouvel homme, Henry Buster, et déclenche un esclandre avec Squeak, la petite amie de Harpo - esclandre qui tourne rapidement à la bagarre générale. La complicité entre Shug et Celie se change en amitié très forte : la maîtresse apprend à l'épouse à s'extérioriser. Shug comprend également que Celie n'a jamais connu le plaisir physique, et elles passent leur nuit dans le même lit.

Shug rend visite à son vrai père, le pasteur du temple voisin, qui n'arrête pas de dénoncer avec brutalité "l'enfer" du cabaret, et qui n'adresse plus la parole à sa fille. La chanteuse repart pour Memphis, et Celie qui souhaitait la suivre se contente de l'accompagner au bus, surveillée par son mari. Pendant ce temps, la femme du maire, Millie, propose à Sofia de devenir sa bonne ; Sofia, se sentant insultée, l'envoie au diable, et, giflée par le maire, le frappe. Elle n'est libérée qu'à l'automne 1930, brisée mentalement, au bout de huit ans, et sous réserve qu'elle travaille comme bonne pour Millie, et qu'elle lui apprenne à conduire. Sofia revoie pour la première fois sa famille, dont s'est occupée Celie, mais juste pour la journée de Noël - et même cette journée est brisée par miss Millie, qui à peine arrivée repart aussitôt avec Sofia.

En 1936, Shug revient enfin voir Albert et Celie, mais elle est désormais mariée et arrive avec son époux. Attendant du courrier, Shug se rend à la boite aux lettres, et apporte une lettre de Nettie à Celie. Elle la fait lire à Celie : Nettie lui raconte qu'elle lui a écrit pendant des années, mais en l'absence de réponse, elle ne lui écrit plus qu'à Pâques ou à Noël, dans l'espoir que son courrier passe à travers les cartes de vœux. Celie apprend également que Nettie s'est occupée des enfants de sa sœur, Olivia et Adam, adoptés tous deux par une famille très aimante, pour laquelle Nettie travaille désormais. En l'absence d'Albert, Shug et Celie fouillent la maison pour retrouver les lettres précédentes : dans le courrier trouvé, elles apprennent que Nettie a voyagé en Afrique, accompagnant la famille adoptive des enfants de Celie dans une mission auprès du village d'Olinka. Mais le village est rasé par la construction d'une route, tout comme l’église et l'école : la mère adoptive décède peu après ce drame.

Celie est brusquement rappelée à l'ordre par Monsieur, qui la frappe puis lui demande de le raser, comme à son habitude. Shug empêche au dernier moment l'épouse d'égorger son mari. Au repas suivant, Shug et son mari annoncent leur départ, et que Celie part avec eux. Opposé à ce projet, Albert compte bien la garder, mais Celie se révolte et dit devant toute la famille à son mari ses quatre vérités. Sofia, enfin réveillée de sa torpeur pénitentiaire par l'attitude de Célie, s'en réjouit, et Squeak annonce également son départ pour devenir chanteuse. Mais Albert continue d'agonir d'injures son épouse : Celie, à bout de nerfs, prend un couteau mais Shug et Sofia l'empêchent de s'en servir : elle se contente de lui "jeter un sort" : « Tant que tu n'auras pas réparé toutes les vacheries que tu m'as faites, tous tes projets partiront en fumée ».

Celie part donc, et Albert reste. Sa propriété part petit à petit en capilotade, faute de soins. Il se saoule régulièrement, et laisse ses champs en friche. Le père de Celie décède enfin, et celle-ci revient pour l'enterrement. Elle apprend, par la dernière épouse de ce père, que celui qui vient de mourir était seulement le mari de leur mère, et que leur père s'était fait lyncher deux ans avant que leur mère n'épouse celui qui les élèvera. Elle comprend donc que ses propres enfants ne sont pas issus d'un réel inceste, et que la terre, la maison et la boutique appartenaient à son vrai père. Celie récupère donc toute la propriété de son enfance, où elle s'installe avec Shug. Elle revient en ville et fonde une boutique de pantalons. Shug réinvestit le vieux cabaret de Harpo, et rejoint un jour le reste de la chorale du temple pour chanter avec tous les habitants : son père la serre enfin dans ses bras.

Albert reçoit un jour une assignation des services de l'émigration, à laquelle il se rend seul. Grâce à lui, Nettie obtient le droit de rentrer aux États-Unis : elle rejoint enfin sa sœur dans le champ où elles couraient autrefois toutes les deux. Nettie lui présente Adam et Olivia, qui ne parlent qu'une langue africaine mais qui accueillent dans des pleurs de joie leurs retrouvailles. Ils lui présentent leur père adoptif et la femme d'Adam. Albert regarde de loin les embrassades, puis rentre chez lui, aperçu seulement par Shug.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France : Warner-Columbia Film
Drapeau de l'État de New York New York : (avant-première)
Drapeau des États-Unis États-Unis :
Drapeau de la France Festival de Cannes 1986 : mai 1986
Drapeau de la France France :

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaire[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2017)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

La Couleur pourpre est un film qui a choqué à sa sortie[réf. nécessaire]. Qu'un homme blanc et juif (Steven Spielberg) réalise une adaptation cinématographique d'un livre sur les populations noires aux États-Unis, écrit par une noire, est alors considéré comme anormal par une partie des critiques[Lesquelles ?]. Aux Oscars, le film a été nommé dans toutes les catégories à l'exception du meilleur réalisateur, des acteurs et des acteurs dans un second rôle.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Whoopi Goldberg souhaitait que le rôle de Shug Avery soit proposé à Tina Turner : « If I'm going to kiss a woman, let it be Tina ». Celle-ci refusa l'offre, présentée par Steven Spielberg et Quincy Jones, ne souhaitant pas se rapprocher autant des lieux où elle avait passé son enfance[4].
  • La Couleur pourpre est le premier long-métrage de Spielberg dont la musique n'ait pas été composée par John Williams (cette fois-ci par Quincy Jones). Les deux autres réalisations dont la musique ne fut pas composée par Williams sont le téléfilm sorti en salles Duel (composé par Billy Goldenberg) et le sketch de La Quatrième Dimension, Kick the Can (composé par Jerry Goldsmith).
  • Le film a été tourné à Marshville, en Caroline du Nord.
  • Lors du tournage, Amy Irving (à l'époque, jeune épouse de Steven Spielberg) était enceinte de leur petit garçon, Max. Par coïncidence, elle accoucha alors que Spielberg tournait une des scènes clefs du film : celle de l'accouchement de Celie. Il fut donc contraint de quitter le plateau et de passer le relais aux assistants réalisateurs.
  • N'étant pas quelqu'un de violent dans la vie, Danny Glover a eu beaucoup de mal à jouer la scène où Albert expulse Nettie.
  • Bien qu'elle soit également chanteuse, Margaret Avery n'interprête pas elle-même les chansons de son personnage. Sa voix est doublée par la chanteuse Táta Vega (en).
  • James Tillis (en) est un boxeur professionnel, il reste dans les mémoires pour avoir été le premier à finir debout face à Mike Tyson, qui l'emporte aux points le 3 mai 1986.
  • Malgré ses onze nominations aux Oscars 1986 (hormis celui du meilleur réalisateur, ce qui provoqua à l'époque la colère de Spielberg), le film n'a pas remporté une seule statuette, tout comme Le Tournant de la vie à la cérémonie de 1978 (11 nominations également), et True Grit à la cérémonie de 2011 (10 nominations).

Box-office[modifier | modifier le code]

  • Box-office américain (États-Unis + Canada) : 98 500 000 USD[2]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Année/Date Distinction Catégorie Nom Résultat
1985 Los Angeles Film Critics Association Awards Meilleure actrice Whoopi Goldberg Nomination
Meilleur actrice dans un second rôle Oprah Winfrey Nomination
National Board of Review Meilleur film La Couleur pourpre Lauréat
Meilleure actrice Whoopi Goldberg Lauréat
24 janvier 1986 Golden Globes Meilleure actrice dans un film dramatique Whoopi Goldberg Lauréat
Meilleur film dramatique La Couleur pourpre Nomination
Meilleur réalisateur Steven Spielberg Nomination
Meilleure actrice dans un second rôle Oprah Winfrey Nomination
Meilleure musique de film Quincy Jones Nomination
1986 British Society of CinematographersAwards Meilleure photographie Allen Daviau Nomination
Casting Society of America Prix Artios de la meilleure distribution Reuben Cannon Lauréat
Directors Guild of America Awards Meilleur réalisateur Steven Spielberg, Gerald R. Molen, Pat Kehoe, Richard A. Wells, Victoria E. Rhodes Lauréat
Kansas City Film Critics Circle Awards Meilleur réalisateur Steven Spielberg Lauréat
Writers Guild of America Awards Meilleur scénario adapté d'un autre médium Menno Meyjes Nomination
24 mars 1986 Oscars du cinéma[5] Meilleur film Steven Spielberg, Kathleen Kennedy, Frank Marshall, Quincy Jones Nomination
Meilleure actrice Whoopi Goldberg Nomination
Meilleure actrice dans un second rôle Margaret Avery Nomination
Oprah Winfrey Nomination
Meilleur scénario adapté Memmo Meyjes Nomination
Meilleure direction artistique J. Michael Riva, Bo Welch, Linda DeScenna Nomination
Meilleure création de costumes Aggie Guerard Rodgers Nomination
Meilleure photographie Allen Daviau Nomination
Meilleure chanson originale Quincy Jones, Rod Temperton, Lionel Richie (pour Miss Celie's Blues) Nomination
Meilleure musique originale Jerry Hey, Randy Kerber Nomination
Meilleur maquillage Ken Chase Nomination
1987 ASCAP Awards Top Box Office Films La Couleur pourpre Lauréat
Awards of the Japanese Academy Meilleur film en langue étrangère La Couleur pourpre Lauréat
Blue Ribbon Awards Meilleur film en langue étrangère La Couleur pourpre Lauréat
BAFTA Awards Meilleur scénario adapté Memmo Meyjes Nomination
1988 NAACP Image Awards Meilleur film La Couleur pourpre Lauréat
Meilleure actrice Whoopi Goldberg Lauréat
2005 Black Movie Awards Prix Classic Cinema Hall of Fame La Couleur pourpre Lauréat

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Alice Walker, The Same River Twice : Honoring the Difficult, Hachette UK, 2011, 320 p. (ISBN 978-1780223025)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]