La Consulaire

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La Consulaire
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La Consulaire dans l'arsenal de Brest
Présentation
Type
Destination initiale
Commémoration de la Prise d'Alger
Construction
Localisation
Pays
Région
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Commune
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La Consulaire, aussi appelé Baba Merzoug (en arabe « Père chanceux » ), est le surnom d'un canon érigé en colonne et installé depuis 1833 dans le port militaire de Brest, en France. Ce canon de 12 tonnes et 7 mètres de long protégeait la rade d'Alger depuis le XVIe siècle. En 1830, après l'expédition d'Alger, il est rapporté en France comme trophée de guerre[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fabrication[modifier | modifier le code]

Selon certaines sources, ce canon aurait été pris lors de la bataille de Pavie à François Ier par Charles Quint. Lors de l'expédition d'Alger de 1541, Charles Quint, surpris par une tempête, aurait abandonné son artillerie. Cela expliquerait ses inscriptions et sa similarité avec d'autres canons contemporains[2]. Dans un livre édité en 1840 relatant la prise d'Alger par le père Dorigez aumônier de l'armée d'Afrique, il est écrit effectivement que : « Ce canon proviendrait de la prise de guerre de Charles Quint lors de la victoire sur François Ier à Pavie, en 1525. Charles Quint qui était allé bombarder Alger quelques années après, en 1541, avait dû fuir devant une épouvantable tempête, et abandonner toute son artillerie ; près de trois siècles après, la victoire devait restituer cette pièce à l'armée française. »

Cependant il est plus vraisemblable vu son poids que ce canon ait été conçu dans les fonderies de Dar Ennahas, prés de la porte Bab El Oued en 1542, par un maître d'œuvre Vénitien à la solde du dey d'Alger, Hassan Agha. Le canon était placé lors de l'achèvement de la jetée Kheir Eddine à l'extrémité, sur le Bordj Amar[3].

Dans les galeries extérieures de l'Hôtel des Invalides, on peut observer plusieurs canons en bronze récupérés à Alger en 1830 et d'autres genre de mortiers avec des inscriptions en arabe[4].

A Alger[modifier | modifier le code]

Gravure hollandaise de 1698, représentant l'exécution du consul de France, Jean Le Vacher qui est projeté sur le navire-amiral de Duquesne le .

Il fut surnommé « La Consulaire » par les Français après avoir supposément servi à exécuter le consul français Jean Le Vacher[5] en 1683, en représailles à l'attaque perpétrée par l'amiral Duquesne. Il aurait dû jouer le même rôle pour le consul André Piolle le , mais celui-ci fut battu à mort auparavant, et fut remplacé par 42 chrétiens. D'autres prisonniers subirent le même sort[6],[7] en représailles à l'attaque perpétrée par le maréchal Jean d'Estrées en 1688[8].

A Brest[modifier | modifier le code]

Le canon est capturé par l'armée française, alors commandée par le général de Bourmont et l'amiral Duperré, lors de la prise d'Alger en 1830. Il a alors été déplacé dans l'arsenal de Brest par Duperré où il est transformé en une colonne reposant sur un socle de granit. Il est surmontée d’un coq, symbole de la France, qui pose une patte sur un globe terrestre.

Depuis la fin des années 1990, plusieurs associations algériennes réclament la restitution du canon[9]. Mais en droit français les biens culturels publics sont inaliénables et imprescriptibles. La restitution demanderait une loi[10]. Le rapport Stora (2021) prévoit la création d'une commission franco-algérienne d’historiens chargée « d’établir l’historique du canon et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée »[11].

Description[modifier | modifier le code]

Le canon est long de 7 mètres, pesant 12 tonnes, de calibre 10 pouces. Il a une portée de 4 872 mètres,

La plaque de la face et du socle porte une inscription dont la transcription est la suivante :

« La Consulaire,
prise à Alger le 5 juillet 1830,
jour de la conquête de cette ville par les Armées Françaises,
l'A. B.on Duperré commandant l'escadre.
Érigée le 27 juillet 1833,
S. M. Louis Philippe régnant,
le V. A. C.te de Rigny ministre de la Marine,
le V. A. Bergeret préfet maritime. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laure Belot, « « Notre temps est de plus en plus fragmenté » : sommes-nous de plus en plus impatients ? », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 25 juin 2019)
  2. Père Dorigez, aumônier de l'armée d'Afrique, De l'Algérie, 1840
  3. « BABA MERZOUG, histoire d'un exil », sur babzman.com,
  4. Henri Klein, « Les canons d’Alger », Feuillets d'El-Djezaïr,‎ (lire en ligne)
  5. Baba Marzoug, Le Soir d'Algérie, 2012
  6. Amédée Gréhan, La France maritime, Dutertre, (lire en ligne)
  7. « Restitution d’œuvres d’art africaines: le cas de l’Algérie », sur RFI, (consulté le 25 juin 2019)
  8. « Baba Merzoug retrouvera-t-il le chemin d'Alger ? », sur BFMTV
  9. Alix Pichon, « Entre Brest et Alger, le canon de la discorde », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. Isabelle Mandraud, « France-Algérie : cherche cadeau symbolique pour réconciliation », sur Le Monde, (consulté le 25 juin 2019)
  11. « France-Algérie : les 22 recommandations du rapport Stora », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 janvier 2021)

Lien externe[modifier | modifier le code]

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