La Complainte du progrès

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La Complainte du progrès est une chanson de Boris Vian (pour les paroles) et d'Alain Goraguer (pour la musique), créée en 1955.

La chanson[modifier | modifier le code]

Le batteur à manivelle nommé « tourniquette » par Boris Vian

La Complainte du progrès est célèbre notamment pour ses énumérations de biens de consommation fantaisistes, avec des jeux de langage et des inventions comme : « Mon armoire à cuillères, mon cire-godasses, mon repasse-limaces, mon tabouret à glace, et mon chasse-filou, la tourniquette à faire la vinaigrette, le ratatine-ordures, et le coupe-friture », « l'efface-poussière, le lit qu'est toujours fait, le chauffe-savates, le canon à patates, l'éventre-tomate, l'écorche-poulet ». La chanson est une critique satirique de la société de consommation qui commence alors à se développer en France. Une attitude chaudement saluée par l'équipe d'Arts[1] au moment du Salon des arts ménagers organisé du 23 février au .

Elle portait à l'origine le titre Arts ménagers. Elle est enregistrée en avril 1955 dans le 45 tours Chansons possibles[2], puis insérée dans le 33 tours 25 cm intitulé Chansons possibles et impossibles qui sort en 1956, elle est utilisée par le service de promotion de Philips qui envoie Boris assurer la publicité de son disque au Salon des arts ménagers[3].

Caricature très drôle, elle condamne l'importance des objets par rapport à celle des individus[4].[réf. à confirmer]

Boris Vian y déplore le matérialisme d'une compagne qui, en guise de témoignage d'affection, réclame des objets. Alors qu'« Autrefois pour faire sa cour, On parlait d'amour, Pour mieux prouver son ardeur, On offrait son cœur... Ah Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai... » (suit l'énumération d'objets fantaisistes)[5].

La composition[modifier | modifier le code]

Un orchestre de jazz accompagne la voix de Boris Vian. Cet orchestre de jazz est composé d’instruments acoustiques, et non électriques. Il est divisé en deux sections : la section rythmique (batterie, piano, contrebasse) et la section mélodique (voix, trombone, flûte traversière, trompettes, saxophone, claviers-xylophone, violon...). La flûte traversière et les saxophones ont souvent un rôle de contrechant, la trompette ponctue régulièrement les fins de phrase, le piano accompagne avec des accords ou ponctue certaines phrases.

La voix est une voix chantée, mais parfois proche de la voix parlée. Le tempo est libre, sans pulsation bien régulière.

L'enregistrement de la chanson a été réalisé en prise directe, technique d’enregistrement habituelle des années 1950. Le support d'origine est le disque vinyle 78 tours.[réf. nécessaire]

Reprises et influence[modifier | modifier le code]

Outre Boris Vian et Mouloudji, la chanson a été interprétée par Bernard Lavilliers[2].

Clarika a repris une partie de l'air de La Complainte du progrès et parodié les paroles dans sa chanson Emilio, sur son premier album, J'attendrai pas cent ans (1993)[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Boggio, p. 413
  2. a et b Boris Vian, Nicole Bertolt (Documentation, présentation et édition), Georges Unglik (présentation et édition) et Gilbert Pestureau (direction), Œuvres - Tome 11, Fayard, , 1026 p. (ISBN 2-213-60239-5), p. 237
  3. Boggio, p. 414
  4. Gilbert Pestureau 1978, p. 92
  5. Dominique Rabourdin 2005, p. 167-171
  6. « Clarika chante Emilio aux Francofolies de Montréal le 06 août 1995 », sur YouTube (consulté le 28 octobre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]