La Complainte de Didon
| Dido's Lament Œuvres d'Henry Purcell | |
Henry Purcell (1659-1695) en 1695 | |
| Genre | Musique baroque, air d'opéra |
|---|---|
| Nb. d'actes | Acte III, scène 1, de l'opéra baroque Didon et Énée |
| Musique | Henry Purcell |
| Livret | Nahum Tate |
| Langue originale | Anglais |
| Sources littéraires | Chant IV de l’Énéide (Virgile) |
| Dates de composition | 1689 |
| Création | Décembre 1689 Chelsea Londres |
| Création française |
Petite Scène Paris (en fr.) |
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La Complainte de Didon (« When I am laid in earth ») est l'air final de l'opéra Didon et Énée d'Henry Purcell sur un livret de Nahum Tate.

Il est utilisé dans de nombreux manuels de musique classique pour illustrer la quarte chromatique descendante (passus duriusculus) dans l'ostinato. Le chef d'orchestre Leopold Stokowski a écrit une transcription de la pièce pour orchestre symphonique.
L'Énéide
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| Fichier audio | |
| La Complainte de Didon | |
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Le texte, ainsi que l'opéra de Purcell, est basé sur l'Énéide, le poème épique romain de Virgile sur le guerrier troyen Énée, voyageant en Italie depuis la Troie déchue, afin de s'y installer et d'assurer la lignée de son fils Ascagne. Leur navire est détourné de sa route depuis la Sicile et ils débarquent sur la côte nord-africaine à Carthage, une ville récemment colonisée par des réfugiés de Tyr. Énée tombe amoureux de leur reine, Didon, mais part docilement pour l'Italie, la laissant seule. Désemparée par sa trahison, elle ordonne qu'un bûcher soit construit et mis à feu, afin qu'Énée voie depuis son navire qu'elle s'est suicidée. Elle chante sa complainte avant de se poignarder tandis qu'Énée continue sa route.
Analyse
[modifier | modifier le code]Le récitatif d'ouverture, « Ta main, Belinda », est accompagné uniquement par la basse continue. Le figuralisme est mis en œuvre pour évoquer l' « obscurité » et la « mort » qui est représentée au moyen du chromatisme, symbolisant la mort et la descente dans la tombe[1],[2].
L'ouverture de basse continue de "La Complainte de Didon" forme une descente chromatique progressive sur l'intervalle d'une quarte parfaite, la quarte chromatique,
qui est répétée onze fois tout au long de l'air, structurant ainsi la pièce sous la forme d'une passacaille. La signature rythmique est ![]()
dans la tonalité de sol mineur.
Purcell a également utilisé le figuralisme sur le mot "laid", auquel il associe également une ligne chromatique descendante, évoquant la mort et l’agonie,
et « souviens-toi de moi », qui est présenté dans un cadre textuel syllabique et répété
avec sa dernière présentation sautant dans le registre avec un crescendo soudain
lançant son cri désespéré avec urgence alors qu'elle se prépare à son destin : la mort. Une interprétation de la relation de Didon avec Énée à ce moment a été décrite comme une « romance apocalyptique »[1].
Texte
[modifier | modifier le code]Recitative
Thy hand, Belinda, darkness shades me,
On thy bosom let me rest,
More I would, but Death invades me;
Death is now a welcome guest.
Aria
When I am laid, am laid in earth, May my wrongs create
No trouble, no trouble in thy breast;
Remember me, remember me, but ah! forget my fate.
Remember me, but ah! forget my fate.

Références
[modifier | modifier le code]- Matthew Linder, « Apocalyptic Romance: 'When I am Laid in Earth' »,
- ↑ « Baroque Musical Examples – Henry Purcell: 'Dido's Lament' »
Liens externes
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- Ressources relatives à la musique :
- [vidéo] « "When I am laid in earth" », sur YouTube, Elin Manahan Thomas, avec partition



