La Communauté d'Oceana

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Frontispice d'Oceana

La Communauté d'Oceana ou Oceana, publié en 1656, est une œuvre de philosophie politique rédigée par l'essayiste et politicien anglais James Harrington (1611–1677). L'infructueuse première tentative de publication a été censurée par le Lord Protecteur Oliver Cromwell (1599–1658). Il fut finalement publié avec une dédicace à Cromwell[1].

Le chef-d'œuvre de Harrington, Oceana est un exposé à propos d'une constitution idéale, conçue pour permettre l'existence d'une république utopique. Oceana fut considéré à l'époque comme une métaphore de l'interrègne anglais, avec le législateur bienfaisant Olphaus Megaletor dans le rôle de Cromwell. Les détails de cette constitution sont énoncés, depuis les droits de l'État jusqu'au salaire des petits fonctionnaires. Ces stratégies n'étaient pas appliquées à l'époque.

La première composante de l'argumentation théorique de Harrington indique que l'élément déterminant de pouvoir dans un État est la propriété, en particulier la propriété foncière. Ainsi, Harrington recommande une loi agraire, limitant l'exploitation de terres à la surface produisant un revenu de 2 000 £, et insistant par conséquent sur des modes particuliers de répartition de la propriété foncière.

La seconde composante est que le pouvoir exécutif ne devrait être entre les mains d'un homme, d'un groupe d'homme ou d'une classe d'homme que pour un temps limité. Concrètement, Harrington énonce la règle de rotation par élection. Un tiers de l'exécutif ou du sénat sont élus chaque année et nul ne peut être réélu pendant trois ans. Harrington explique très précisément comment l'état et ses parties gouvernantes doivent être constitués par son régime.

Publication[modifier | modifier le code]

The Commonwealth of Oceana eut deux premières éditions, celle de Daniel Pakeman et celle de Livewell Chapman, par l'imprimeur londonien John Streater[2], entre septembre et novembre 1656. Leurs contenus sont presque identiques. L'édition de Chapman a été inscrit dans le Stationers' Register du 19 septembre, et fut d'abord annoncé pour la semaine du 6 novembre dans le Mercurius Politicus, un organe "quasi-officiel" du Commonwealth. La première édition du livre fut saisie chez l'imprimeur et emmenée à Whitehall. Harrington fit appel à Elizabeth Claypole, la fille préférée de Cromwell ; elle accepta d'intervenir auprès de son père[3]. Le livre a continué d'être publié, fut largement lu et attaqué par Henry Ferne, futur évêque de Chester, et par Matthew Wren. En 1659, une version abrégée en trois volumes, intitulé The Art of Lawgiving, est publiée.

Le premier éditeur de Harrington était John Toland (1670–1722), qui publia en 1700 The Oceana and other Works of James Harrington, with an Account of his Life que l'on peut traduire par Oceana et autres travaux de James Harrington, avec un récit de sa vie. Il fut d'abord réimprimé à Dublin en 1737 et 1758 dans une édition enrichie, contenant une version de Plato Redivivus de Henry Neville ainsi qu'une annexe de divers travaux de Harrington compilés par le révérant Thomas Birch (1705–1766). Cette édition apparaît à Londres en 1747 puis en 1771[4].

Oceana fut réimprimé à la Bibliothèque universelle d'Henry Morley en 1883 ; S.B. Liljegren réédite une version méticuleuse de l'édition Pakeman en 1924. Une grande partie du canon restant de Harrington comprend des documents, des pamphlets, des aphorismes, voire des traités, qui défendent inébranlablement le régime controversé.

Si le lecteur contemporain rencontre des difficultés à "digérer" Oceana, il est immédiatement compréhensible. La prose de Harrington est gâchée par ce que son éditeur moderne, J. G. A. Pocock, décrit comme une habitude de travail indiscipliné et un remarquable "manque de sophistication." Il "a écrit à la hâte, dans un style baroque et périodique dans lequel il a plus d'une fois perdu son chemin", et ainsi "...produisant de la confusion." Il n'a certainement jamais atteint le niveau d'un "grand auteur"[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "...to his highnes [sic] the Lord Protector of the Comonwealth [sic] of England, Scotland, and Ireland."
  2. À traduire : Streater was a former New Model Army officer stationed in Ireland who returned to England in 1653 to protest the dissolutions of the Rump and Little parliaments.
  3. À traduire : For an important qualification of the Lady Claypoole story, see note 2 in the Harrington article.
  4. (London: T. Becket, Thomas Cadell, T. Evans, 1771). À traduire : until Pocock's, more than two centuries later in 1977, the only complete edition of political Harringtoniana.
  5. À traduire : this and the preceding two paragraphs are adapted from Pocock, ("Intro," p. xv.)
Sources
  • J.G.A. Pocock, « Editorial and Historical Introductions », The Political Works of James Harrington (Cambridge: 1977), xi–xviii ; 1–152.

Lectures complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Pocock, J.G.A., ed. The Commonwealth of Oceana and A System of Politics (Cambridge: 1992).
  • Sharp, R.A., « he Manuscript Versions of Harrington's Oceana », Historical Journal 16, 2 (1973), 227–39.
  • Worden, Blair, « James Harrington and The Commonwealth of Oceana, 1656" and "Harrington's Oceana: origins and aftermath, 1651–1660 », in David Wootton, ed. Republicanism, liberty, and commercial society, 1649–1776 (Stanford: 1994).

Liens externes[modifier | modifier le code]