La Colonie (Marivaux)

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La Colonie
Image illustrative de l’article La Colonie (Marivaux)

Auteur Marivaux
Pays Drapeau de la France France
Genre Comédie
Éditeur Mercure de France
Lieu de parution Paris
Date de parution Décembre 1750

La Colonie est une comédie en prose d’un acte et 18 scènes, publiée par Marivaux en décembre 1750 dans le Mercure de France.

Lors de sa représentation au Théâtre-Italien de Paris le , La Nouvelle Colonie n’avait pas eu le moindre succès et on ne la joua qu’une fois. Marivaux la retira le lendemain et ne la fit pas imprimer, mais il la modifia, la réduisant à un acte. Il la fit jouer en société sous cette nouvelle forme et la publia sous cette dernière forme dans le Mercure de décembre 1750.

Plus qu’une pièce baroque, La Colonie, représentation sarcastique d’une île au milieu de « nulle part » où les femmes ont l’idée de prendre le pouvoir, est une véritable satire où l’auteur dénonce les institutions de la société de son époque. Derrière un semblant d’utopie, La Colonie, avec ses dialogues teintés d’une ironie mordante et acerbe, amorce, malgré une conclusion politiquement et sexuellement conforme aux idées de l'époque, les mouvements féministes qui agiteront la société deux siècles plus tard. Cette comédie vive et riche en rebondissements, aux propos étonnamment modernes, fait de Marivaux l’un des précurseurs des mouvements de libération des femmes.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Arthénice, femme noble.
  • Madame Sorbin, femme d’artisan.
  • Monsieur Sorbin, mari de Madame Sorbin
  • Timagène, homme noble.
  • Lina, fille de Madame Sorbin.
  • Persinet, jeune homme du peuple, amant de Lina.
  • Hermocrate, bourgeois philosophe.
  • Troupe de femmes, tant nobles que du peuple.

L’intrigue[modifier | modifier le code]

Un groupe d’hommes et de femmes d’un pays vaincu ont été contraints de se réfugier sur une île. Placés devant l’obligation de se donner des institutions, on doit procéder à l’élection de deux nouveaux gouverneurs de l’île : le seigneur Timagène représentera la noblesse, l’artisan Sorbin le tiers état. Mais, refusant que ces derniers ne les admettent pas au gouvernement, les femmes, qui n’acceptent plus de vivre sous la dépendance des hommes décident d’établir des lois et prennent les hommes de court en formant leur propre comité constitutionnel. Arthénice représentera la noblesse et Mme Sorbin le Tiers état. Voulant également abolir l’amour et le mariage, considéré comme une pure servitude, on ordonne à la fille de Mme Sorbin, Lina, de ne plus voir Persinet, qu’elle aime et qui l’aime. Invitée à faire une profession de foi contre l’amour, Lina ne pourra cependant s’y résoudre. De même, Madame Sorbin fera décréter, à la colère des autres femmes qui se rebiffent, que celles-ci doivent s’enlaidir. Lorsque Arthénice et Madame Sorbin intiment aux hommes l’ordre de leur donner, sous peine de séparation éternelle, accès à toutes les fonctions qu’ils exercent, ceux-ci délégueront leur pouvoir à Hermocrate. Ce dernier imagine un stratagème afin de mettre fin au coup d'Etat des femmes. Il commande aux hommes de venir le prévenir d'une attaque de sauvages alors qu'il parlerait à madame Sorbin et Arthénice. Les hommes feignant vouloir les envoyer au combat, le bataillon féminin perd contenance et Madame Sorbin dit à son mari : « Va te battre, je vais à notre ménage. ». Timagène promet aux femmes d’avoir soin de leurs droits dans les usages qui seront établis.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Susan Read Baker, « Sentimental Feminism in Marivaux’s La Colonie », To Hold a Mirror to Nature: Dramatic Images and Reflections, Washington, UP of America, 1982, p. 1-10.
  • (en) Derek F. Connon, « Old Dogs and New Tricks: Tradition and Revolt in Marivaux’s La Colonie », British Journal for Eighteenth-Century Studies, Autumn 1988, no 11 (2), p. 173-84.
  • (en) Peter V. Conroy, Jr., « Marivaux’s Feminist Polemic: La Colonie », Eighteenth-Century Life, Oct. 1980, no 6 (1), p. 43-66.
  • (en) Peter V. Conroy, « Marivaux’s The Colony », Signs, Winter 1983, no 9 (2), p. 336-60.
  • (en) Walter C. Kraft, « Marivaux’s Feminism in La colonie », Proceedings: Pacific Northwest Conference on Foreign Languages, Corvallis, Ore. State U, 1974, p. 208-11
  • Roger Marchal, « Le Souvenir de la marquise de Lambert dans La Colonie », Revue Marivaux, 1992, no 2, p. 38-48.
  • Fabrice Schurmans, « Le Tremblement des codes dans les trois ‘Iles’ de Marivaux », Revue d’Histoire du Théâtre, juil.-sept 2004, no 3 (223), p. 195-212.
  • Philip Stewart, « Iles ironiques », Impressions d’îles, Toulouse, PU du Mirail, 1996, p. 271-80.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Fleury, Marivaux et le marivaudage, Paris, Plon, 1881, p. 92-3.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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