La Colombe et la Fourmi

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La Colombe et la Fourmi
Image illustrative de l’article La Colombe et la Fourmi
Gravure de Jacques-Philippe Le Bas d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

Auteur Jean de La Fontaine
Pays Drapeau de la France France
Genre Fable
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 1668
Chronologie

La Colombe et la Fourmi est la douzième fable du livre II de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

Illustration de Grandville (1838-1840)


Texte[modifier | modifier le code]

LA COLOMBE ET LA FOURMI

[Ésope[1]]

L'autre exemple est tiré d'animaux plus petits.

Illustration de Benjamin Rabier (1906)
Illustration d'André Hellé (1946)

Le long d'un clair ruisseau buvait une Colombe,
Quand sur l'eau se penchant une Fourmi y tombe.
Et dans cet océan l'on eût vu la Fourmi
S'efforcer, mais en vain, de regagner la rive.
La Colombe aussitôt usa de charité :
Un brin d'herbe dans l'eau par elle étant jeté,
Ce fut un promontoire où la Fourmi arrive.
Elle se sauve ; et là-dessus
Passe un certain Croquant qui marchait les pieds nus.
Ce Croquant, par hasard, avait une arbalète.
Dès qu'il voit l'Oiseau de Vénus
Il le croit en son pot, et déjà lui fait fête.
Tandis qu'à le tuer mon Villageois s'apprête,
La Fourmi le pique au talon.
Le Vilain retourne la tête :
La Colombe l'entend, part, et tire de long.
Le soupé du Croquant avec elle s'envole :
Point de pigeon pour une obole.

Vocabulaire

Croquant : gueux, misérable qui n'a aucun bien, qui en temps de guerre n'a pour toutes armes qu'un croc (dictionnaire de Furetière)

Oiseau de Vénus : la colombe est l'oiseau associé à Vénus, la déesse de la volupté et mère de l'Amour

Vilain : roturier, paysan. Mot médiéval

Tirer de long : s'enfuir. Populaire

Obole : monnaie grecque de petite valeur

Notes et références[modifier | modifier le code]

La fable La Colombe et la Fourmi est liée à la fable Le Lion et le Rat. C'est une fable double comme La Mort et le Malheureux / La Mort et le Bûcheron, Le Loup, la Chèvre et le Chevreau / Le Loup, la Mère et l'Enfant et Le Pâtre et le Lion / Le Lion et le Chasseur et Le Héron / La Fille.

De cette vérité deux fables feront foi, tant la chose en preuves abonde, foi que il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde : on a souvent besoin d'un plus petit que soi : ces deux fables sont Le Lion et le Rat et La Colombe et la Fourmi.

  1. (fr + grk) « La Fourmi et la Colombe », sur archive.org

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