La Colle-Saint-Michel

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La Colle-Saint-Michel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Commune Thorame-Haute
Statut Ancienne commune
Date de fusion 2007
Démographie
Gentilé Collaincs (et Thoramiens)
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 52″ N 6° 33′ 22″ E / 44.0977777778, 6.5561111111144° 05′ 52″ Nord 6° 33′ 22″ Est / 44.0977777778, 6.55611111111  
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La Colle-Saint-Michel est une ancienne commune des Alpes-de-Haute-Provence située sur l'actuelle commune de Thorame-Haute entre les vallées du Verdon et de la Vaïre. C'est un petit village d'altitude où l'on trouve notamment un centre de ski nordique (ski de fond).

Ses habitants sont appelés les Collincs.

Éléments historiques et géographiques[modifier | modifier le code]

À l'origine, le territoire de la commune de ne formait qu'un avec celui du village voisin de Peyresq (ou Peiresc selon l'ancienne orthographe). On trouve ainsi entre 1232 et 1244 Sancti Michaelis de Peireco dans la liste des pouillés des provinces d'Aix, Arles et Embrun. La séparation a lieu entre 1244 et 1251. Les deux communautés dépendent du même chef-lieu de viguerie, à Puget-Théniers[1]. Elles conservent des liens, par exemple pour le règlement de certaines redevances. Le comte de Provence possédait des droits de cavalcade (aide militaire) et d’albergue (hébergement des militaires en déplacement). La plupart des communautés paysannes de Provence comme le comte avaient préféré les convertir en versement numéraire au XIIIe siècle. Dans la viguerie de Puget, seules les communautés de Peyresq et la Colle fournissaient encore un service armé pour la cavalcade (en commun, elles fournissaient 5 sergents d’armes). L’alberguement était payé par abonnement (une somme fixe annuelle)[2].

Cependant leur sort évolue différemment : La Colle est un fief directement tenu par le comte[3]. La Colle-Saint-Michel était exemptée du paiement du fouage, autre impôt prélevé en proportion du nombre de feux de chaque communauté[4].

Sous l’Ancien Régime, les Glandevès sont coseigneurs au XIVe siècle, les Villeneuve au siècle suivant, puis les Lenfant au XVIIe[5] et au XVIIIe siècle, La Colle est rattachée à la viguerie d’Annot à sa création.

Pour suivre le décret de la Convention (An II), la commune de La Colle-Saint-Michel change de nom pour La Collefroide[6].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du 15 septembre 1807 précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1838 que le cadastre dit napoléonien de La Colle-Saint-Michel est achevé[7].

À la même époque, la municipalité s’occupe de restaurer le presbytère afin de l’utiliser comme école, mairie et à nouveau presbytère[8] mais à de gros problèmes pour financer les travaux : outre l’instauration d’un droit de dépaissance sur les terres communales, l’augmentation du droit de semence sur les terres communales, les quatre contributions directes sont affectées à ces travaux. Une souscription rapporte 1600 francs. Mais la commune dut demander une subvention à l’État pour couvrir les frais[9].

L’école, qui comptait 16 élèves en 1910, n’en a plus que deux en 1928 : l’administration prend la décision de la fermer. Elle rouvre en 1934 pour deux élèves (neuf en 1944)[10].

L’école est définitivement fermée en 1953. La mairie se sert du local et du logement de l’instituteur pour héberger des bûcherons, puis des touristes. Il est définitivement transformé en gîte en 1971[10].

Le 1er novembre 1964, la commune fusionna avec celle de Peyresq sous le nom de Saint-Michel-Peyresq, avant d'être rattachée à Thorame-Haute le 1er mars 1974.

Le chef-lieu est formé de seulement quelques maisons groupées. Le territoire de la commune était très réduit et s'étendait seulement sur le vers la montagne de Serpeigier au Nord et celle du Rent au Sud.

Avant la création de la station de ski de fond, l'agriculture était la seule ressource du village. Aujourd'hui, on trouve plusieurs commerces de restauration et d'hôtellerie mais le site est resté préservé avec peu de nouvelles constructions.

Vie locale et sport d'hivers[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, La Colle compte encore quelques habitants à l'année et un exploitant agricole. Il s’y trouve aussi une station de ski de fond et deux commerces de restauration. Les Amis de la Colle est l'association des Collincs, elle s'occupe entre autres de sauvegarder le patrimoine historique (église, lavoirs...)

La commune accueillera dans un gîte un rassemblement de motards venu de toute la France le weekend de l'Ascension 2012.

Station de ski de fond[modifier | modifier le code]

La station de ski de fond baptisée Centre de ski nordique compte six pistes, la plus longue mesure 23 km[11]. Le domaine s'étend entre 1430 et 1800 mètres d’altitude. Descriptif[12],[13] :

La station dispose de 35 km de pistes balisées sur plusieurs parcours, dont 7 pistes de ski de fond dont :

  • piste verte : 1 km
  • piste bleue : 14 km
  • piste rouge : 21 km
  • piste noire : 23 km
  • 1 jardin des neiges pour les enfants.
  • 2 parcours piétons/raquettes
  • 2 parcours raquettes
  • espace luge

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de La Colle-Saint-Michel
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836
9 feux 101 101 75 76 88 80 85
1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876
83 104 91 98 60 58 70 65
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
61 46 51 46 72 51 51 30
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 -
31 28 24 38 11 14 13 -
Population sans doubles comptes en 1962 et 1968 ; population municipale en 2006
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[5] ; Ehess[14] pour les chiffres issus des recensements légaux)


L’histoire démographique de La Colle-Saint-Michel est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1821 à 1856. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique rapide et de longue durée. Dès 1891, la commune a définitivement perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1846[15]. Le mouvement de baisse s’est poursuivi jusque dans les années 1960, poussant au rattachement de la commune à Thorame-Haute.

Courbe d'évolution démographique de La Colle-Saint-Michel depuis 1765

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires jusqu’en 1964
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Fernand Chaillan[16]    
    Augusta Balp[17]    

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason La Colle Saint Michel.svg "D'azur à une montagne à deux monticules ou à deux mamelons d'or."[18]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir la Colle-Saint-Michel, des Bas-Alpins à la hauteur, une Provence méconnue par Aline Sarti et Bernard Vautrin, Décembre 2011, ISBN 978-2-9540448-0-4, 400 pages.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Jansen, « Les droits comtaux dans les vigueries de Provence orientale d’après l’enquête de 1333 », Rives méditerranéennes, 37 | 2010, mis en ligne le 15 octobre 2011.
  2. P. Jansen, op. cit., p. 10
  3. P. Jansen, op. cit., p. 6
  4. P. Jansen, op. cit., p. 14
  5. a et b Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017h), p. 171
  6. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 113.
  7. Alexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du XIXe siècle dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, XVIIIe-XXIe siècle, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. (ISBN 978-2-86004-016-7), p. 10.
  8. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 36.
  9. Labadie, op. cit., p. 37.
  10. a et b Labadie, op. cit., p. 53.
  11. [1]
  12. http://www.alpes-haute-provence.com/hiver/535.htm
  13. Aux sources du Verdon, journal intercommunal, n°19 janvier 2013, p.10
  14. Ehess, notice communale de La Colle-Saint-Michel sur la base de données Cassini, consultée le 10 novembre 2009
  15. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes de Haute- Provence depuis le début du XIX' siècle. », Provence historique, tome 21, no 85, 1971, p. 288.
  16. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 2 avril 2014.
  17. au milieu du XXe siècle, Paulette Goujon-Borrély et Lucie Imbert, Peyresq, un village de Haute-Provence à la recherche des temps perdus, préface de Pierre Borrély, dans la collection Deux ou trois mots pour le dire ; Mallemoisson, éditions de Haute-Provence, 1994. ISBN 2-909800-97-0 p 98
  18. Louis de Bresc Armorial des communes de Provence 1866. Réédition - Marcel Petit CPM - Raphèle-lès-Arles 1994