La Colle-Saint-Michel

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La Colle-Saint-Michel
Image illustrative de l'article La Colle-Saint-Michel
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Castellane
Canton Castellane
Commune Thorame-Haute
Statut Ancienne commune
Code commune 04060
Démographie
Gentilé Collaincs (et Thoramiens)
Population 11 hab. (1954)
Densité 1,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 52″ nord, 6° 33′ 22″ est
Superficie 5,88 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Saint-Michel-Peyresq
Localisation

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La Colle-Saint-Michel est une localité de Thorame-Haute et une ancienne commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La localité se trouve entre les vallées du Verdon et de la Vaïre. C'est un petit village d'altitude où l'on trouve notamment un centre de ski nordique (ski de fond). Ses habitants sont appelés les Collincs.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune avait une superficie de 5,88 km2[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, le territoire de la commune de ne formait qu'un avec celui du village voisin de Peyresq (ou Peiresc selon l'ancienne orthographe). On trouve ainsi entre 1232 et 1244 Sancti Michaelis de Peireco dans la liste des pouillés des provinces d'Aix, Arles et Embrun. La séparation a lieu entre 1244 et 1251. Les deux communautés dépendent du même chef-lieu de viguerie, à Puget-Théniers[2]. Elles conservent des liens, par exemple pour le règlement de certaines redevances. Le comte de Provence possédait des droits de cavalcade (aide militaire) et d’albergue (hébergement des militaires en déplacement). La plupart des communautés paysannes de Provence comme le comte avaient préféré les convertir en versement numéraire au XIIIe siècle. Dans la viguerie de Puget, seules les communautés de Peyresq et la Colle fournissaient encore un service armé pour la cavalcade (en commun, elles fournissaient 5 sergents d’armes). L’alberguement était payé par abonnement (une somme fixe annuelle)[3].

Cependant leur sort évolue différemment : La Colle est un fief directement tenu par le comte[4]. La Colle-Saint-Michel était exemptée du paiement du fouage, autre impôt prélevé en proportion du nombre de feux de chaque communauté[5].

Sous l’Ancien Régime, les Glandevès sont coseigneurs au XIVe siècle, les Villeneuve au siècle suivant, puis les Lenfant aux XVIIe[6] et XVIIIe siècles, La Colle est rattachée à la viguerie d’Annot à sa création.

Pour suivre le décret de la Convention (An II), la commune de La Colle-Saint-Michel change de nom pour La Collefroide[7].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du 15 septembre 1807 précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1838 que le cadastre dit napoléonien de La Colle-Saint-Michel est achevé[8].

À la même époque, la municipalité s’occupe de restaurer le presbytère afin de l’utiliser comme école, mairie et à nouveau presbytère[9] mais à de gros problèmes pour financer les travaux : outre l’instauration d’un droit de dépaissance sur les terres communales, l’augmentation du droit de semence sur les terres communales, les quatre contributions directes sont affectées à ces travaux. Une souscription rapporte 1600 francs. Mais la commune dut demander une subvention à l’État pour couvrir les frais[10].

L’école, qui comptait 16 élèves en 1910, n’en a plus que deux en 1928 : l’administration prend la décision de la fermer. Elle rouvre en 1934 pour deux élèves (neuf en 1944)[11].

L’école est définitivement fermée en 1953. La mairie se sert du local et du logement de l’instituteur pour héberger des bûcherons, puis des touristes. Il est définitivement transformé en gîte en 1971[11].

Par arrêté préfectoral du , la commune fusionne, le avec celle de Peyresq sous le nom de Saint-Michel-Peyresq. Cette nouvelle commune est finalement rattachée à Thorame-Haute le .

Le chef-lieu est formé de seulement quelques maisons groupées. Le territoire de la commune était très réduit et s'étendait seulement sur le vers la montagne de Serpeigier au Nord et celle du Rent au Sud.

Avant la création de la station de ski de fond, l'agriculture était la seule ressource du village. Aujourd'hui, on trouve plusieurs commerces de restauration et d'hôtellerie mais le site est resté préservé avec peu de nouvelles constructions.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires jusqu’en 1964
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Fernand Chaillan[12]    
    Augusta Balp[13]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L’histoire démographique de La Colle-Saint-Michel est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1821 à 1856. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique rapide et de longue durée. Dès 1891, la commune a définitivement perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1846[14]. Le mouvement de baisse s’est poursuivi jusque dans les années 1960, poussant d'abord au regroupement Peyresq, le , puis le rattachement de Saint-Michel-Peyresq à Thorame-Haute.

Évolution démographique de La Colle-Saint-Michel
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
9 feux 101 101 75 76 88 80 85 83
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886
104 91 98 60 58 70 65 61 46
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
51 46 72 51 51 30 31 28 24
1946 1954 1962 - - - - - -
38 11 14 - - - - - -
1962 : Population sans doubles comptes.
(Sources : Baratier, Duby & Hildesheimer pour l’Ancien Régime[6], Ldh/EHESS/Cassini[15].)

Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia)

Vie locale et sports d'hiver[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, La Colle compte encore quelques habitants à l'année et un exploitant agricole. Il s’y trouve aussi une station de ski de fond et deux commerces de restauration. Les Amis de la Colle est l'association des Collincs, elle s'occupe entre autres de sauvegarder le patrimoine historique (église, lavoirs…)

La commune accueillera dans un gîte un rassemblement de motards venu de toute la France le weekend de l'Ascension 2012.

Station de ski de fond[modifier | modifier le code]

La station de ski de fond baptisée Centre de ski nordique compte six pistes, la plus longue mesure 23 km[16]. Le domaine s'étend entre 1 430 et 1 800 mètres d’altitude. Descriptif[17],[18] :

La station dispose de 35 km de pistes balisées sur plusieurs parcours, dont 7 pistes de ski de fond dont :

  • piste verte : 1 km
  • piste bleue : 14 km
  • piste rouge : 21 km
  • piste noire : 23 km
  • 1 jardin des neiges pour les enfants.
  • 2 parcours piétons/raquettes
  • 2 parcours raquettes
  • espace luge

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de La Colle-Saint-Michel Blason D'azur à une montagne à deux monticules ou à deux mamelons d'or[19].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Aline Sarti et Bernard Vautrin, La Colle-Saint-Michel, des Bas-Alpins à la hauteur, une Provence méconnue, , 400 p. (ISBN 978-2-9540448-0-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de l'Intérieur, « La situation financière des communes de France et d'Algérie en 1923 », (consulté le 23 avril 2015), p. 29.
  2. Philippe Jansen, « Les droits comtaux dans les vigueries de Provence orientale d’après l’enquête de 1333 », Rives méditerranéennes, 37 | 2010, mis en ligne le 15 octobre 2011.
  3. P. Jansen, op. cit., p. 10
  4. P. Jansen, op. cit., p. 6
  5. P. Jansen, op. cit., p. 14
  6. a et b Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Paris, Librairie Armand Colin, 1969 (notice BnF no FRBNF35450017), p. 171
  7. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », in La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p. 113.
  8. Alexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du XIXe siècle dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, XVIIIe-XXIe siècle, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. (ISBN 978-2-86004-016-7), p. 10.
  9. Jean-Christophe Labadie (directeur), Les Maisons d’école, Digne-les-Bains, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013, (ISBN 978-2-86-004-015-0), p. 36.
  10. Labadie, op. cit., p. 37.
  11. a et b Labadie, op. cit., p. 53.
  12. [Sébastien Thébault, Thérèse Dumont], « La Libération », Basses-Alpes 39-45, publié le 31 mars 2014, consulté le 2 avril 2014.
  13. au milieu du XXe siècle, Paulette Goujon-Borrély et Lucie Imbert (préf. Pierre Borrély), Peyresq, un village de Haute-Provence à la recherche des temps perdus, Mallemoisson, Éditions de Haute-Provence, coll. « Deux ou trois mots pour le dire », (ISBN 2-909800-97-0), p. 98.
  14. Christiane Vidal, « Chronologie et rythmes du dépeuplement dans le département des Alpes-de-Haute-Provence depuis le début du XIXe siècle », Provence historique, t. 21, no 85,‎ , p. 288 (lire en ligne).
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale La Colle-Saint-Michel », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 23 avril 2016).
  16. [1]
  17. http://www.alpes-haute-provence.com/hiver/535.htm
  18. Aux sources du Verdon, journal intercommunal, n°19 janvier 2013, p.10
  19. Louis de Bresc, Armorial des communes de Provence, . Réédition : Marcel Petit CPM, Raphèle-lès-Arles, 1994.