La Chanson du maçon

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La Chanson du maçon

Single de Maurice Chevalier
Sortie 1941
Enregistré 18 novembre 1941
Paris
Durée 3:10
Langue Français
Genre Marche
Format Disque 78 tours
Auteur Maurice Chevalier et Maurice Vandair
Compositeur Henri Betti
Édition Paul Beuscher
Label Gramophone

La Chanson du maçon est une chanson rendue populaire par Maurice Chevalier en 1941. Elle a été déposée à la Sacem le et éditée par Paul Beuscher.

Développement et composition[modifier | modifier le code]

La chanson a été écrite par Maurice Chevalier et Maurice Vandair et composée par Henri Betti[1],[2].

Maurice Vandair a d'abord écrit le départ : Un maçon chantait une chanson, là-haut sur le toit d'une maison pour qu'Henri Betti écrive la musique dessus.

En 1942, la chanson remporte le Grand Prix de la Chanson Française.

Texte et réception[modifier | modifier le code]

La chanson a des accents de « Travail, famille, patrie ! »[3].

Elle exprime une envie de renouvellement calme et appelle à l'unité et la reconstruction[4] :

« Si tout l'monde chantait comme les maçons
Si chacun apportait son moellon
Nous rebâtirions notre maison[4],[3] »

Elle imagine que tous les Français chantent ensemble alors qu'ils construisent leur nouvelle maison (la France) et se termine avec[5] :

« Nous serions des millions de maçons
A chanter sous le toit d' nos maisons[5] ! »

La chanson est souvent considérée/interprétée comme propagandiste[6], collaborationniste[7], vichyste[4], pétaniste[5].

« En 1941, ces chansons sont ressenties par beaucoup comme pétainistes en raison d'allusions à la reconstruction du pays et aux appels officiels à l'unité. »

— Paris sous l'Occupation de Wolfgang Drost[8]

« Des chansons plus ambiguës comme Notre Espoir ou La Chanson du maçon (Maurice Chevalier-Henri Betti, 1941), par Maurice Chevalier, pouvaient être comprises à double sens et apparaître soit comme une forme d'appel à l'espérance de la Libération, soit comme une glorification de l'ordre nouveau puisque la censure les acceptait. »

— Nouvelles veillées en chansons: des disques et des thèmes de Jacques Charpentreau[9]

Liste des pistes[modifier | modifier le code]

78 tours — Gramophone K-8546 (La compagnie française du gramophone La Voix de son Maître) enregistré le avec une orchestration de Marcel Cariven.

A. La Chanson du maçon
B. Ça sent si bon la France (musique de Louiguy et paroles de Jacques Larue)[10]

Reprises[modifier | modifier le code]

La chanson a été enregistrée par les accordéonistes Médard Ferrero, André Verchuren, Aimable et Jacky Noguez ainsi que les orchestres d'André Grassi, Jean Yatove, Robert De Kers (en), Bruno Lorenzoni, Georges Gomand, Félix Chardon, Joël Schmitt et Hubert Simplisse.

En 1956, Michel Legrand joue la musique avec son orchestre pour le concert de Maurice Chevalier à l'Alhambra où il joue aussi C'est si bon.

Le , Henri Betti interprète la chanson au piano à l'émission de radio Un quart d'heure avec où il interprète aussi Mais qu’est-ce que j’ai ? (paroles d'Édith Piaf) et Dictionnaire (paroles de Jacques Pills).

En 1963, Colette Renard enregistre la chanson avec l'orchestre de Raymond Legrand pour l'album Les Triomphes du Disque Français.

En 1965, Maurice Chevalier enregistre la chanson avec l'orchestre de Jacques Météhen pour l'album 60 ans de Chansons où il enregistre également Notre Espoir, La Polka des barbus, Le Régiment des Jambes Louis XV, Toi, Toi, Toi, Mandarinade et Chapeau de Paille (paroles d'Albert Willemetz).

En 1968, Danyel Gérard interprète la chanson à l'émission Télé Dimanche présentée par Jean Poiret.

En 1969, Les Parisiennes interprètent la chanson à l'émission La Grande Parade.

En 1972, Charles Aznavour interprète la chanson en étant accompagné au piano par Gilbert Bécaud à l'émission Cadet Rousselle présentée par Guy Lux.

En 1982, Christian Borel et Paul Roby interprètent la chanson à l'émission Une histoire d'amour Maurice Chevalier où ils interprètent également quatre autres chansons composées par Henri Betti avec des paroles de Maurice Chevalier : Notre Espoir, La Fête à Neu-Neu, La Polka des barbus et Le Régiment des Jambes Louis XV.

En 1988, les Petits Chanteurs d'Asnières interprètent la chanson en étant accompagné au piano par Henri Betti à La Chance aux chansons présentée par Pascal Sevran.

En 1992, la Bande à Basile enregistre la chanson avec des arrangements musicaux de Jean-Marie di Maria et Johnny William pour l'album Sacré Maurice.

En 1993, Pascal Sevran enregistre la chanson pour l'album À la Française où il enregistre également une autre chanson composée par Henri Betti avec des paroles de Maurice Chevalier et Maurice Vandair : Chanson Populaire.

En 2013, Jean-Jacques Debout enregistre la chanson avec des arrangements musicaux de Jacques Ferchit pour l'album Les Chansons des guinguettes. La même année, il enregistre une autre chanson composée par Henri Betti : Maître Pierre (paroles de Jacques Plante) pour l'album Sous le soleil des guinguettes.

En 2014, Marcel Amont interprète la chanson à l'émission Hier encore.

Filmographie[modifier | modifier le code]

La chanson a été utilisée dans les films Un homme de trop en 1967 et Une affaire de femmes en 1988 ainsi que dans le documentaire L'Œil de Vichy en 1993.

En 1943, Maurice Thiriet utilise la chanson pour le documentaire Bâtir mais il remplace les paroles par des sifflements.

En 1951, André Tabet fredonne la chanson dans le court-métrage Compositeurs et Chansons de Paris où il fredonne aussi Le Régiment des mandolines, Mais qu’est-ce que j’ai ? et C'est si bon.

En 1954, Maurice Chevalier fredonne la chanson dans le court-métrage Rendez-vous avec Maurice Chevalier n°2 où il fredonne aussi Le Régiment des mandolines et C'est si bon.

En 2002, Jacques Sereys interprète la chanson dans le téléfilm La Chanson du maçon.

Anecdote[modifier | modifier le code]

En 1965, Claude Nougaro écrit les paroles et interprète une chanson qui porte un titre similaire : Chanson pour le maçon (musique de Jacques Datin).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalog of Copyright Entries : Musical compositions, U.S. Government Printing Office, (lire en ligne)
  2. Jocistes dans la tourmente : histoire des jocistes (JOC-JOCF) de la région parisienne, 1937-1947, Editions de l'Atelier, , 203– p. (ISBN 978-2-7082-2608-1, lire en ligne)
  3. a et b Bernard Lonjon, Nuit et chansons : les chanteurs français face à la Seconde guerre mondiale, Paris, Editions du Moment, , 253 p. (ISBN 978-2-35417-094-3, lire en ligne)
  4. a b et c Hugh Dauncey, Popular Music in France from Chanson to Techno : "Culture, Identity and Society ", Taylor & Francis, , 248– p. (ISBN 978-1-351-55368-1, lire en ligne)
  5. a b et c Alan Riding, And the Show Went On, Gerald Duckworth & Co, , 1821– p. (ISBN 978-0-7156-4334-1, lire en ligne)
  6. Céline Fontana, La chanson française, Hachette pratique, (lire en ligne)
  7. Alex Hughes et Keith Reader, Encyclopedia of Contemporary French Culture, Routledge, , 100– p. (ISBN 978-1-134-78866-8, lire en ligne)
  8. Wolfgang Drost, Paris sous l'Occupation, Universitätsverlag C. Winter, (ISBN 978-3-8253-0246-7, lire en ligne)
  9. Jacques Charpentreau, Nouvelles veillées en chansons : des disques et des thèmes, Éditions ouvrières, (lire en ligne)
  10. « Disque : Ça sent si bon la France / La chanson du maçon », Encyclopédisque (consulté le )