La Canopée

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La Canopée
La Canopée (Patrick Berger et Jacques Anziutti architectes).JPG
Présentation
Destination actuelle
Porte de Paris, passage de la Canopée, place "verticale", équipements culturels, commerces
Style
XXIe siècle
Architecte
Patrick Berger et Jacques Anziutti
Construction
2012-2016
Commanditaire
Ville de Paris
Hauteur
14,50 mètres
Localisation
Pays
Commune
Paris
Adresse
rue Lescot, rue Berger, rue Rambuteau Paris 1er arrondissement
Accès et transport
Gare
Métro
Coordonnées
Localisation sur la carte du 1er arrondissement de Paris
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La Canopée est une structure édifiée au dessus de la gare Châtelet-Les-Halles et du Forum commercial du quartier des Halles à Paris.

Inaugurée le 6 avril 2016, la Canopée concrétise la solution architecturale retenue à l’issue du concours international de juillet 2007 pour moderniser et restructurer le centre de gravité de la métropole francilienne hérité depuis la destruction des Halles de Baltard.

L’idée directrice du projet lauréat de l’agence Patrick Berger et Jacques Anziutti, sur un dessin de Patrick Berger, est urbaine: un lieu ouvert conçu pour accueillir aussi bien des activités culturelles que les circulations entre les différents niveaux souterrains et la surface ou des événements spécifiques.

Au delà de sa vocation fonctionnelle la Canopée affirme, par son caractère monumental, sa dimension symbolique de porte du Grand Paris. Son dessin et sa conception sont inspirés de la morphogenèse et tiennent compte de la dynamique urbaine de tous les flux en jeux sur le site. Le chantier en site occupé fut d’une complexité inédite. Les choix structurels ont permis la mise en œuvre du projet sans interrompre les activités ni de la gare, ni celles du centre commercial. Comme d’autres grands projets parisiens la Canopée n’a échappé ni aux critiques ni à la controverse.

Le Quartier des Halles[modifier | modifier le code]

Le site[modifier | modifier le code]

Connu comme ayant été le « ventre de Paris » ce lieu hérite des opérations souterraines construites dans le « trou des halles » dans les années 1970.

Une pièce urbaine souterraine s’y déploie jusqu’à 24 m de profondeur et s’étend sur 500 m de longueur jusqu’à la place du Châtelet. Cette pièce urbaine est la superposition complexe de plusieurs ouvrages aux fonctions et maîtrises d’ouvrages distinctes. La plus grande gare multimodale souterraine urbaine d’Europe et un centre commercial occupent les 5 niveaux de sous-sol, fréquentés par 800 000 utilisateurs par jour.

Ce site est devenu le centre de gravité de la métropole parisienne. Depuis les aéroports, depuis la banlieue et via le métro parisien on accède dans le centre de Paris par en dessous, en un seul lieu, reconfiguré aujourd’hui, et abrité sous la Canopée.

Concours international[modifier | modifier le code]

Les réflexions préliminaires portant sur la rénovation du quartier des halles sont engagées en 2002 par le maire de Paris Bertrand Delanoë. L’équipe SEURA remporte en 2004 le concours de définition du projet de restructuration du quartier des Halles de Paris.

En 2007, Patrick Berger et Jacques Anziutti remportent le concours international lancé par la ville de Paris sur le site des Halles avec leur projet intitulé « La Canopée »[1],[2],[3],[4].

En 2008, ils remportent également le concours lancé par la RATP et le STIF pour la restructuration de la gare souterraine Châtelet-Les Halles, située sous la Canopée[5].

L’architecture de l’ensemble a été dessinée par Patrick Berger. Ces deux projets superposés n’en forment qu'un dans leur conception architecturale[6]. Celle-ci vise à relier sans discontinuité, le dessous et le dessus d'un site très complexe par son histoire, ses usages urbains, la densité de ses activités et de ses flux, au centre de Paris.

Un lieu hétérotope[modifier | modifier le code]

La Canopée est la réalisation d’un espace public abrité scénographiant la montée vers Paris depuis son sous-sol. Ce volume est mi-excavé, mi-surhaussé et culmine à 14 m au-dessus du sol . L’intérieur de ce nouvel espace propose plusieurs niveaux de sols publics en terrasse reliés par différents éléments de circulation qui animent et créent le lien continu entre l'architecture souterraine, les équipements culturels créés au-dessus, le jardin et le quartier. C'est un milieu urbain conçu pour une vie d'échanges et de transitions métropolitaines au centre de Paris.

Montée vers Paris[modifier | modifier le code]

L’espace central créé sous la Canopée est une place publique verticale sur 3 niveaux. Le niveau le plus bas, le patio Pina Bausch est au même niveau et en continuité de la Salle d’échange de la Gare Châtelet-Les Halles. Il donne accès à une suite d’escaliers qui constituent une nouvelle montée vers Paris. Les niveaux souterrains de la Gare et du Centre commercial sont reliés directement avec le jardin Nelson Mandela.

Passage de La Canopée[modifier | modifier le code]

La porte Lescot, 26 m de large s’ouvre sur le passage de La Canopée. Celui ci se dilate et s’ouvre directement sur le jardin Nelson Mandela, par un franchissement de 96 m de large d’une portée égale à la largeur du jardin

Perspective[modifier | modifier le code]

La reconfiguration de l’ancien patio du Forum des Halles ; son ouverture sur le jardin, son orientation est-ouest et la création de la montée vers l’ouest et le jardin de relient deux pièces urbaines jusque-là déconnectées : l’ensemble vertical de la gare et du centre commercial superposés et la pièce horizontale comprenant le passage de la Canopée et le Jardin ouvrant une perspective de 450 m entre la Porte Lescot et la bourse du Commerce.

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

La Canopée accueille 14 500 m2 d’équipements culturels mutualisés.

Le Conservatoire Mozart dessert les quatre arrondissements du centre de Paris sur l'aile sud. L'aile nord accueille un kiosque jeunes et la médiathèque de la Canopée la fontaine dédiée aux nouvelles technologies selon le concept du Troisième lieu. Elle abrite également le nouveau siège de la Maison des Pratiques artistiques amateurs assortie de salles de répétition en faveur des grandes formations orchestrales et chorales. Enfin, un centre culturel entièrement dédié au Hip Hop, La Place, complète l'offre publique[7]. Elle abrite également un peu plus de 5 000 m2 de commerces à rez-de-chaussée avec deux restaurants en éperon sur le jardin.

Monument ouvert[modifier | modifier le code]

Morphogenèse[modifier | modifier le code]

La conception du projet, dessiné à la main, est inspirée de la morphogenèse des formes dans la Nature. D’après son concepteur[8], les formes curvilignes de la Canopée sont la synthèse de toutes les énergies naturelles, urbaines et des flux, agissant sur le site voire de la pression exercée par la mémoire du lieu et du voisinage. La géométrie de ces flux puis le dessin de leur équilibre ont modelé la Canopée et produit son "motif". C’est en faisant apparaître ce motif, synthèse de toutes les formes de fluides, que la conception de la Canopée revendique le modèle de la morphogenèse. Le mode d’apparition d’un motif végétal ou animal qui optimise les données internes et externes prises en compte par toute forme de vie pour sa fabrication. La modélisation numérique a ensuite traduit, dessin par dessin, toutes les esquisses réalisées d’abord à la main et vérifiées en maquettes, en dessin géométral en trois dimensions.

Construire sur un site occupé, une structure déduite[modifier | modifier le code]

Construire au-dessus du forum commercial et de la gare, sans interrompre leurs activités nécessitait une structure qui ne s’appuie que sur la trame des poteaux existante dans le sous-sol..

La solution retenue découle des contraintes de fondation :

  • Fonder la canopée sur certains piliers existants de l’infrastructure conduit à ériger des portiques (ailes nord et sud)
  • L'acier est retenu pour permettre la préfabrication des éléments hors site et limiter les charges admissibles sur les piliers
  • La couverture (partie centrale) s’appuie, via une poutre en U périphérique sur les éléments porteurs des portiques bordant l’espace central
  • La structure de la couverture n’exerce pas de poussées à composante horizontale ni de traction ce qui permet de ne pas modifier la structure existante en sous-sol.

L'ensemble combine deux types de structures :

  • La structure en surélévation des ailes nord et sud avec les portiques qui s’appuient sur 72 piliers en béton sélectionnés parmi ceux qui existent dans la structure du sous-sol, la trame porteuse existante. Cette ossature permet de créer 3 niveaux en surélévation avec des surfaces de plancher flexibles. Le poids d’acier des portiques des ailes nord et sud est de 3500 tonnes.
  • La structure de couverture de la place centrale, est en auto-traction, n’exerce pas de poussées et est reprise sur 12 poteaux (6 au nord, 6 au sud, correspondant aux portiques des ailes nord et sud qui bordent l’espace central).

Elle comporte la poutre caisson en U, 15 ’’poutres-ventelles′′ funiculaires, posées sur cet appui, puis ’’twistées’’ par des éléments en traction pour engendrer leur inclinaison et leur recouvrement. Le poids de l’ensemble autostable est de 3500 tonnes.

Cette disposition garantit l’aération de l’espace central et sa protection ainsi que l’éclairage naturel.

L’ancien cratère du forum est agrandi à son niveau le plus bas d’environ 1/3 de sa surface. Sa forme épouse l'évasement de l'espace central vers le jardin; deux poutres passerelles sont rapportées pour porter les planchers hauts, d’une seule portée de 55 m, elles s’appuient à leurs extrémités sur les piles existantes du sous-sol.

Ce système de construction a été conçu comme la solution pour construire sur un site occupé en sous-sol de flux ininterrompus et dans le respect de la sécurité des utilisateurs.

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa construction, la Canopée fait l'objet de commentaires tranchés sur son architecture et son esthétique.[réf. nécessaire]

Infiltrations d'eau[modifier | modifier le code]

Peu de jours après son inauguration, la presse fait remarquer l'existence de fuites d'eau "à certains endroits", au point de mouiller le public sous les ventelles[9],[10] tandis que des riverains se plaignent de la réverbération du soleil sur sa structure vitrée.

Les choix architecturaux pris par Patrick Berger lors de la conception de la Canopée du Forum des Halles rend l'édifice très sensible aux pluies. Des flaques géantes se formant le long des vitrines situées sous la toiture de l'édifice[11]. La mairie de Paris a annoncé ouvrir un appel d'offre pour trouver une solution. L'architecte refuse de s'exprimer sur la question[11].

En 2017-2018, d'importants travaux sont menés sur les ventelles, avec une amélioration notable.

Gestion des ressources naturelles[modifier | modifier le code]

La Canopée n'intègre aucun panneau photovoltaïque, alors même que des emplacements sont prévus en toiture.

De même aucun dispositif de chauffe-eau solaire n'existe.

Les eaux de pluie en provenance de la toiture, qui auraient pu être recueillies pour l'arrosage du jardin Nelson Mandela, ou pour les sanitaires, sont rejetées à l'égout.

La chute d'eau formée par les eaux de pluies collectées en toiture, à l'extrémité ouest de celle-ci, pose problème les jours de fortes intempéries, le vent refoulant la pluie vers les escalators montant du patio.

Coût de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la rénovation des Halles avait été annoncée en 2006 pour un montant de 250 millions d’euros. En 2016, le coût de la seule Canopée est de 216 millions d'euros (et 918 millions d'euros pour l'ensemble du projet)[12]. Ces coûts importants ont été dénoncés par les élus écologistes et UMP à la mairie de Paris[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://next.liberation.fr/culture/2007/07/03/la-canopee-au-dessus-de-la-jungle-des-halles_97486
  2. http://next.paris.fr/pro/grands-projets-parisiens-d-urbanisme/les-halles/le-reamenagement-du-quartier-des-halles/la-canopee-le-resultat-d-un-concours-d-architecture-inernational/rub_9751_dossier_13460_port_24229_sheet_1484
  3. http://www.lefigaro.fr/culture/2008/12/12/03004-20081212ARTFIG00314-le-forum-des-halles-attend-son-feu-vert-.php
  4. http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20070629.OBS4378/forum-des-halles-deux-architectes-designes.html
  5. https://www.lemonde.fr/culture/article/2008/12/11/le-nouveau-forum-des-halles-pret-pour-le-permis-de-construire_1129827_3246.html
  6. Patrick Berger, ANIMAL? (ISBN 978-2-84066-697-4)
  7. St. Binet, « Le centre hip-hop de Paris pousse sur la Canopée », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. (fr + et + en) Patrick Berger, ANIMAL?, Les presses du réel PPUR, (ISBN 978-2-84066-697-4 et 978-2-88915-051-9), "le dessin de l'architecture, la nature comme modèle" p.75
  9. Tout juste inaugurée, la Canopée des Halles prend déjà l'eau, atlantico.fr, 11 avril 2016
  10. Paris: fuites d'eau à la Canopée des Halles, lefigaro.fr, 11 avril 2016
  11. a et b « A la Canopée des Halles, la pluie rentre par les trous du toit », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  12. Frédéric Edelmann, « Forum des Halles : effeuillage précipité pour la canopée », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  13. « Le coût de la Canopée des Halles divise encore », leparisien.fr,‎ (lire en ligne)

Liens Externes[modifier | modifier le code]