La Cagoule

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La Cagoule est un groupe d'extrême droite actif dans les années 1930 en France. Originellement nommé Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (OSARN) par ses fondateurs, puis abrégé OSAR, le groupe est devenu dans la presse Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR) suite à une faute dans un rapport d'informateur. Il est plus connu sous le surnom la Cagoule, forgé par Maurice Pujo pour exprimer son dédain envers cette organisation. Dirigée par Eugène Deloncle et plusieurs anciens membres de l'Action française, la Cagoule promeut ouvertement une action terroriste, qui lui vaut son surnom.

Anticommuniste, antisémite, antirépublicaine, et proche du fascisme, la Cagoule voit plusieurs de ses membres se rallier au gouvernement de Vichy après l'armistice de 1940. Les sympathies pour la Cagoule de plusieurs hommes d'affaires et hommes politiques français influents ont maintenu l'attention sur le groupe après la seconde guerre mondiale. Le fondateur du groupe L'Oréal, Eugène Schueller, et le président de la république François Mitterand ont ainsi été liés à la Cagoule à divers degrés.

Création[modifier | modifier le code]

Eugène Deloncle après son arrestation, photographie parue dans L'Ouest-Éclair, no 15025, .

Le 6 février 1934, une manifestation antiparlementaire organisée à Paris devant la Chambre des députés par des groupes de droite, des associations d'anciens combattants et des ligues d’extrême droite tourne à l'émeute. La crise se poursuit par de nouvelles manifestations violentes organisées par les ligues. À terme, soixante-dix des principaux membres de la 17e section des Camelots du roi protestent contre l'apathie de Charles Maurras et quittent le mouvement. Parmi eux Eugène Deloncle fonde le Parti national révolutionnaire (PNR) en . Le , lors des funérailles de l'intellectuel d'extrême-droite Jacques Bainville, la voiture de Léon Blum est interceptée fortuitement et Léon Blum agressé. Le , le Front Populaire de Léon Blum dissout les Ligues. Le même jour le PNR se dissout et laisse la place à l'OSARN (Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale) ou Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR). Sa tête pensante est Eugène Deloncle, son bras-droit Jean Filliol. Après avoir été soigneusement sélectionnés, les membres du groupe se soumettent à un rite d'initiation et adoptent un pseudonyme. La plupart appartiennent à la bourgeoisie ou aux milieux aisés (ingénieurs, cadres, etc)[1].

Si l'Action française sait que l'OSAR existe, c'est qu'une partie non négligeable des dirigeants sont d'anciens camelots ou simplement, d'anciens militants tels que :

C'est aussi le cas de Maurice Cochinaire, de Nancy, chef de la Cagoule d'Alsace-Lorraine ; il a été trésorier de l'Action française à Nancy en 1924 et responsable des Camelots du Roi pour l'Est jusqu'en 1936[2]. Mais pour les membres de la Cagoule, lassés de l'attentisme de Pujo et de Maurras, l'heure est venue d'agir. En , Deloncle démissionne et fonde, dans le secret le plus absolu, l'organisme conspirateur.

La Cagoule prétend œuvrer à l’échec d'un « complot communiste » (dont le Front Populaire serait une étape) et entend pour ce faire s'emparer du pouvoir à l'occasion d'un coup d’État. De nombreux contacts sont pris dans cette optique auprès d'officiers de l'armée[1].

En raison de sa composition sociologique le groupe bénéficie de rapports privilégiés avec les milieux industriels et économiques. Ainsi, pour satisfaire ses besoins financiers, il peut compter sur les apports de la Fédération nationale des contribuables dirigée par le PDG de Lesieur, Jacques Lemaigre Dubreuil[1]. Ami intime d’Eugène Deloncle et fondateur de la société l'Oréal, Eugène Schueller met ses moyens personnels à la disposition de la Cagoule qui organise des réunions dans son propre bureau du siège de la société. En outre, il aide financièrement l'organisation[3]. Michelin financera également le mouvement à hauteur de trois millions.

Des jeunes gens, amis et étudiants pour la plupart, résidant à l’internat des pères maristes, au 104, rue de Vaugirard à Paris, fréquentent alors les chefs de la Cagoule. Sans que tous adhèrent au mouvement ou fassent état publiquement d'une quelconque approbation, il y a parmi cette bande d'amis Pierre Bénouville, issu de l'Action française, François Mitterrand, Claude Roy et André Bettencourt[4]. Le nom de Georges Loustaunau-Lacau, officier de l'armée française et fondateur des réseaux « Corvignoles », apparaît également.

Action subversive[modifier | modifier le code]

Policiers et témoins autour du cadavre de Dimitri Navachine,
photographie parue dans Le Petit Parisien, no 21882, .
Jean Filiol,
photographie parue dans Le Populaire, organe du Parti socialiste (SFIO), no 5448, .

Anticommuniste, antisémite et antirépublicain, ce mouvement est de tendance fasciste. À partir de 1936, il mène des actions de déstabilisation de la République.

À la fin du mois de , Deloncle rencontre le général Giraud[5]. Giraud promet son aide à Deloncle en cas de soulèvement communiste et Deloncle lui annonce que les cagoulards se rangeraient sous ses ordres en échange. Très satisfait, Giraud « est évidemment d'accord pour travailler avec les gens de l'OSARN et souhaite la meilleure réussite à l'entreprise de Deloncle et Duseigneur… »[6],[7]. Le maréchal Franchet d'Espèrey accueille favorablement Deloncle et Duseigneur[8] et promet son soutien à la condition qu'ils assassinent quelqu'un pour montrer leur détermination[9] ; ce sera Dimitri Navachine, journaliste et économiste russe en affaire avec l'URSS, directeur de la Banque commerciale pour l'Europe du Nord de 1925 à 1930 et ami personnel du ministre Anatole de Monzie, lequel fit reconnaître l'URSS par la France et négocia le remboursement de l'emprunt russe. Il est assassiné de six coups de baïonnette tronquée, dont un en plein cœur, par Filiol le , avenue du Parc-des-Princes, entre le Bois de Boulogne, dont il rentrait comme à son habitude à 10 h 30, et son domicile, 28 rue Michel-Ange.

L'organisation exerce aussi une répression impitoyable auprès de ses membres coupables d'indélicatesses. Sont ainsi éliminés Léon Jean-Baptiste en et Maurice Juif le , probablement pour des malversations financières.

Le mouvement tisse des liens avec des dirigeants fascistes du gouvernement de Benito Mussolini en Italie et achemine des armes au général Francisco Franco en Espagne[10] . En échange, La Cagoule obtient un appui financier. Les frères Carlo et Nello Rosselli, deux intellectuels antifascistes italiens, sont ainsi assassinés le pour le compte des services de renseignement fascistes à Bagnoles-de-l'Orne [11]. L'OSARN reçoit des armes du gouvernement italien en contrepartie [citation nécessaire]. En août 1937, il organise la destruction sur l'aérodrome de Toussus-le-Noble d'avions destinés à l’Espagne républicaine[12]

Attentat perpétré par la Cagoule le contre le siège de la Confédération générale du patronat français, rue de Presbourg, près de la place de l'Étoile,
photographie parue dans Le Populaire, organe du Parti socialiste (SFIO), no 5445, .

Afin d’en faire accuser les communistes, le , le groupement provoque deux attentats à la bombe à Paris, connus sous le nom d'attentats de l'Étoile en raison de la proximité de la place de ce nom, contre la confédération générale du patronat français, 4, rue de Presbourg[13] et l'Union des industries et métiers de la métallurgie, au 45, rue Boissière. Les gardiens de la paix Victor Legnier et Maxime Trichet[14], en faction devant les bâtiments, sont tués par l'explosion. L'enquête permet d'établir la responsabilité des membres de la cagoule clermontoise, rassemblés au sein du groupe dénommé les Enfants de Gergovie. Plusieurs de ces membres appartiennent à l'encadrement de l'usine Michelin. Pierre Michelin, fils de l'un des fondateurs de l'usine, est lui-même suspecté d'avoir aidé au financement de cette section de la Cagoule[15]. Plus encore, dans une interview accordée à l'hebdomadaire Marianne à la fin de , un enquêteur dévoile que Pierre Michelin était l'un des chefs de cette section.

Après l'échec de leur coup d’État dans la nuit du 15 au , le complot est mis au jour. Le ministre de l'Intérieur Marx Dormoy fait démanteler l'organisation le . Des caches d’armes réparties sur tout le territoire sont découvertes. En 1938, plus de cent vingt membres de la Cagoule sont arrêtés, dont le général Edouard Duseigneur et le duc Joseph Pozzo di Borgo, respectivement président et vice-président de l’Union des comités d’action défensive (UCAD), qui aurait été la couverture politique de la Cagoule[16]. Cela ne permet cependant pas de détruire complètement ses ramifications dans les milieux économiques, en particulier dans les grandes entreprises qui, selon les Renseignements généraux et la police judiciaire, ont financé le mouvement terroriste. Le Marx Dormoy sera assassiné à l'hôtel du Relais de l'Empereur de Montélimar par d'anciens membres de l'organisation terroriste, en représailles[17].

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les chefs des principaux partis collaborationnistes en 1941. De gauche à droite : Costantini (Ligue française), Déat (RNP), Deloncle (MSR) et Doriot (PPF),
photographies parues dans Le Matin, no 20992, .

Après l'armistice de , plusieurs anciens membres ou ex-sympathisants de la Cagoule se rallièrent au gouvernement de Vichy. Parmi eux, beaucoup d'adeptes de la « France seule » croient en un double jeu de Pétain. Cet espoir se dissipera progressivement avec l'entrevue de Montoire.

Certains cagoulards étaient de fervents nationalistes, anti-allemands et hostiles à toute compromission avec l'occupant. La lutte pour la libération de la patrie devient donc une priorité, d'autant qu'en 1941, date de l'échec de la Blitzkrieg de Hitler, toutes les chancelleries comprennent que le Reich nazi est condamné. En 1942, avec la victoire soviétique de Stalingrad, chacun comprend que l'Armée rouge de Staline écrasera le Reich et apportera la victoire militaire aux Alliés.

Certains de ces adeptes du complot et de l'action clandestine optent pour la Résistance[19] :

André Dewavrin, qui travaillait à Londres avec Duclos et Fourcaud a été accusé par André Labarthe d'avoir fait partie de la Cagoule avec la carte no 93. Cette accusation n'est pas avérée.

Pendant la guerre le réseau d'influence de la Cagoule semble donc s'étendre à la fois au cœur de la France libre et dans le régime de Vichy. C'est ainsi par exemple que le , Maurice Duclos envoyé en France par De Gaulle, peut rencontrer des proches collaborateurs du Maréchal Pétain par l'intermédiaire de Gabriel Jeantet.

L'ancien cagoulard Georges Groussard fonde les groupes de protection du maréchal Pétain mais aussi le réseau de Résistance « Gilbert » alors que Jacques Lemaigre Dubreuil, ancien financier du journal L'Insurgé (dont les locaux avaient servi préalablement de siège au Parti national révolutionnaire et social de Deloncle), soutient le général Giraud, quand Jacques Corrèze, après avoir combattu sur le front de l'Est rentre en France au sein d'un réseau de la résistance.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, Jean-Marie Bouvyer bénéficie du témoignage en sa faveur de François Mitterrand, passé à la résistance en 1942. En effet, Bouvyer a caché chez lui du matériel et fabriqué de faux papiers pour le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés, le mouvement dirigé par François Mitterrand et Maurice Pinot. D'autres témoins, comme le capitaine FFI Maubois, ont également attesté de services rendus. Bouvyer a noué une amitié personnelle avec François Mitterrand. Lors de son procès, il affirme avoir renié ses idées des années 1930, se disant prêt à dénoncer tous les dirigeants de la Cagoule qu'il connaît et même à s'entendre avec les communistes autrefois abhorrés[20]. La mère de Jean-Marie Bouvyer devient en 1946 la marraine de Jean-Christophe Mitterrand.

Le procès de la Cagoule eut lieu en 1948.

Eugène Schueller, alors patron du groupe L'Oréal, fut un soutien inconditionnel d'Eugène Deloncle et Marcel Déat, collaborationnistes notoires. Il ne fut cependant pas inquiété à la libération, ayant donné des gages à la résistance, comme au régime de Pétain, ce qui lui permit de mettre Louis Deloncle à l'abri des poursuites de ses adversaires politiques.

Les sources et les difficultés d'écrire sur l'histoire de la Cagoule[modifier | modifier le code]

Parce que la Cagoule reçut avant guerre le soutien de centaines d'officiers et sous-officiers, mais aussi d'une partie de l’État-major, parce que la situation politique après guerre fut celle de l'union nationale, ne souhaitant pas mettre en cause une partie du grand patronat qui avait aidé la Cagoule, parce que François Mitterrand, sans avoir jamais été cagoulard[21],[22], a noué des liens d'amitié forts avec plusieurs de ses dirigeants, parce qu'enfin plusieurs pièces de l'enquête ont disparu, l'histoire de la Cagoule s'avère difficile.

Annette Finley-Croswhite et Gayle K. Brunelle, deux historiennes américaines qui travaillent depuis plusieurs années sur ce sujet ont expliqué les obstacles mis par certains conservateurs aux Archives nationales, pour accéder aux dossiers qu'un jeune conservateur leur avait signalé[23]. Signe de la difficulté à écrire sur ce sujet, leur ouvrage constitue la première publication d'historiens consacré entièrement à la Cagoule. Pour autant, il n'aborde seulement que quelques-unes des problématiques[24]. On regrette aussi la disparition des mémoires de Pierre Mondanel, le policier qui a démantelé la Cagoule, manuscrit déposé après son décès par sa famille à la Bibliothèque nationale.

Les principales sources sur la Cagoule sont les archives du procès, conservées aux archives municipales de Paris, les dossiers de police et de justice, conservés aux Archives nationales, aussi bien au site de Fontainebleau qu'à celui de Pierrefite-sur-Seine, les archives de Xavier Vallat, avocat de plusieurs cagoulards, conservées aux archives municipales de Lyon. On ignore où sont conservés les carnets d'Aristide Dagore, dont Christian Bernadac a publié les principaux extraits[25].

Interprétations de Michel Rateau[modifier | modifier le code]

Dans un essai auto-édité en 2016[26], Michel Rateau estime que l’organisation paramilitaire montée en 1936 par Eugène Deloncle et le général Duseigneur n’est que l’émanation ultime (et violente) d’un vaste complot politico-militaire constitué dès la fin des années 1920, sous l’égide de ce qu’il appelle le " réseau militariste français "[27], réseau réactionnaire qui aurait été proche du lobby colonial et initialement composé des plus hauts gradés militaires (Foch, Weygand, Lyautey, Pétain), du président du Conseil André Tardieu, des industriels Ernest Mercier (magnat de l’énergie, fondateur du Redressement Français) et André Michelin (fondateur de la Ligue de Défense Aérienne), du colonel de La Rocque (co-président de la ligue précédente et futur président des Croix de Feu) ainsi que des services secrets militaires. Ce réseau aurait œuvré à une prise du pouvoir par la voie légale en se fixant comme double objectif de bouter le communisme hors de France et de réformer l’État républicain (plus d’autorité, plus d’efficacité, en particulier grâce à une présidence de la République aux pouvoirs étendus). D’après Rateau, la Cagoule devrait être vue comme une vaste conjuration issue de ce réseau à la suite de l’humiliation ressentie par le patronat après la victoire du Front populaire de mai 1936, avec des ramifications débordant largement l’organisation paramilitaire susmentionnée.

Rateau affirme également que l’intervention armée à laquelle se préparent les troupes de l’OSARN (Deloncle) et de l’UCAD (Duseigneur) s’intègre aux divers plans de défense contre-insurrectionnels élaborés par les autorités militaires en cas de soulèvement communiste, non seulement à Paris mais aussi en province[28]. En raison des rumeurs persistantes de coup de force communiste (rumeurs savamment entretenues par les divers réseaux cagoulards[29]), de tels plans de défense auraient été demandés expressément par le ministre de la Guerre Édouard Daladier en décembre 1936. L'institution militaire aurait alors pris l'initiative de renforcer localement ses effectifs au moyen de troupes supplétives telles que celles de l'OSARN et de l'UCAD, dans la continuation directe du travail effectué depuis 1933 par le colonel de La Rocque dans le cadre du plan de défense de Paris (création d'une milice secrète sur la base des meilleurs éléments Croix de Feu). Travail interrompu en décembre 1935 par la loi Laval d’interdiction des ligues armées, les Croix de Feu ayant dû se transformer en mouvement politique classique[30] pour éviter la dissolution.

L'essayiste insère également dans son ouvrage une description généalogique des divers réseaux du lobby militariste de 1930 à 1937, dans lequel il inclut le Redressement Français, l’Entente Internationale Anticommuniste (EIA, sise à Genève), la Ligue de Défense Aérienne, la Défense Aérienne du Territoire, les Croix de Feu, le Comité Technique pour la Réforme de l’État (contrôlé par le patronat), l’OSARN et son service de renseignements (le réseau du docteur Martin), l’UCAD, le réseau Corvignolles, le Parti Populaire Français (Jacques Doriot), le Comité Central des Armateurs de France, le Comité de Prévoyance et d’Action Sociale (service de renseignements du patronat), les services secrets militaires français. Par ailleurs, l'auteur énonce l’appartenance au réseau du docteur Martin de deux anciens membres de premier plan du Redressement Français puis du Comité Technique pour la Réforme de l’État : le conseiller d'État Raphaël Alibert et l’historien-publiciste Jacques Bardoux[31]. La propagande de peur de l’automne 1936 (rumeur d’un coup de force communiste) dans les hautes sphères administratives publiques et privées serait ainsi à mettre en grande partie à leur actif et à celui des sénateurs Henry Lémery et Gustave Gautherot, le principal agent français de l’EIA selon Rateau[32].

En outre, Rateau signale l'entrée en scène du baron autrichien Georg von Potters, agent double de l’Abwehr et des services secrets militaires français[33], dans le cadre du trafic d’armes de la Cagoule, appuyant ainsi, en complément des liaisons de cette dernière avec l’Italie fasciste et l’Espagne franquiste, la thèse d’une liaison avec l’Allemagne nazie, déjà envisagée par Frédéric Monier[34]. L'auteur déclare que l’hésitation des plus hautes autorités de l’État, en particulier de Léon Blum, dans la gestion de l’enquête judiciaire, s'explique en raison de l'implication d'officiers de très haut rang et des services secrets militaires[35]. Rateau critique les témoignages écrits tant du colonel de La Rocque que des anciens officiers des services spéciaux, dans le sens où ceux-ci auraient toujours voulu se démarquer soigneusement d’un complot dont ils auraient été partie prenante[36]. Ainsi, il est avancé que le colonel de La Rocque appartenait aux services secrets militaires (Deuxième Bureau) jusqu’à une rupture que l’auteur situe aux alentours de la fin d’année 1935, après la loi Laval[37].

Enfin, l’auteur dénonce l'existence en France d’une « omerta généralisée » qui dissuaderait les historiens de sortir d'un « récit politicien » sur la Cagoule, un récit né de l’épuration d’après 1945 et où il est admis que l’entreprise de Deloncle n’avait qu’un but : détruire le régime républicain, ainsi que le fit le maréchal Pétain après la défaite de 1940. Tout autre discours viendrait, dixit Michel Rateau, heurter de plein fouet la mémoire collective de la démocratie française, structurée à partir d'un mythe d’une République éclairée terrassant l’hydre totalitaire[38].

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

Pamphlets, mémoires, entretiens, archives imprimées[modifier | modifier le code]

  • Émile Decroix, Complot contre la France. Sous la cagoule, qui ?, Paris, Éditions de « Paix et liberté », coll. « Paix et liberté » (no 2), , 32 p..
  • Joseph Désert, Toute la vérité sur l'affaire de la Cagoule : sa trahison, ses crimes, ses hommes, Paris, Librairie des sciences et des arts, , 111 p..
  • Henry Charbonneau, Les mémoires de Porthos, vol. 1, Paris, Éditions du Clan, , 459 p..
  • Henry Charbonneau, Les mémoires de Porthos, vol. 2 : Le roman noir de la droite française, Paris, Éditions du Clan, puis Robert Desroches, , 472 p..
  • Pierre de Bénouville, Avant que la nuit ne vienne : entretiens avec Laure Adler, Paris, Bernard Grasset, , 359 p. (ISBN 2-246-59921-0).
  • Fernand Fontenay, La Cagoule contre la France, Paris, Éditions sociales internationales, 1938, 188 p.
  • Georges A. Groussard, Chemins secrets, Mulhouse ; Lausanne : Bader-Dufour, 1948, 331 p.
  • Loustaunau-Lacau, Mémoires d’un français rebelle : 1914-1948, Biarritz : J. et D., 1994, 345 p.-[12] p. de pl.
  • René Maublanc, La France en péril, collection paix et Liberté, n°4, mars 1938, 32 p.
  • Angelo Tasca, Vichy 1940-1944 : archives de guerre d'Angelo Tasca / sous la direction de Denis Peschanski, Paris/Milan, Éditions du CNRS / Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, , XXII-749 p. (ISBN 2-222-03843-X).
  • Angelo Tasca, La France de Vichy : archives inédits d'Angelo Tasca / sous la direction de David Bidussa et Denis Peschanski, Milan, Fondazione Giangiacomo Feltrinelli, coll. « Annali della Fondazione Giangiacomo Feltrinelli » (no 31), , XVII-469 p. (ISBN 978-88-07-99052-6, présentation en ligne).
  • Pierre Monnier, À l'ombre des grandes têtes molles, Paris, La Table ronde, , 302 p. (ISBN 2-7103-0303-5, présentation en ligne).
  • Georges-Marc Benamou, « Jeune homme, vous ne savez pas de quoi vous parlez », Paris, Plon, , 293 p. (ISBN 2-259-18726-9).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Christian Bernadac (éd.), Les Carnets secrets de la Cagoule : Dagore, Paris, Éditions France-Empire, , 609 p. (présentation en ligne).
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  • François Gerber, Mitterrand, entre cagoule et francisque (1935-1945), Paris, éd. L'Archipel, 2016, 350 p.
  • Ian Hamel,  Les Bettencourt : derniers secrets, Paris, l'Archipel, 2013, 299 p.
  • William A. Hoisington, Jacques Lemaigre Dubreuil de Paris à Casablanca: Vingt ans d’engagements (1935-1955), Paris, L’Harmattan, 2009.
  • Annie Lacroix-Riz, De Munich à Vichy : l’assassinat de la Troisième République, 1938-1940, Paris, Colin, 2008,VIII-408 p.-[16] p. de pl.
  • Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, 2e éd. revue et augmentée, Paris, Armand Colin, 2009, 679 p.
  • Jacques Marseille, L'Oréal : 1909-2009, Paris, Perrin, , 351 p. (ISBN 978-2-262-02953-1).
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  • Pierre Péan, Le mystérieux docteur Martin (1895-1969), Paris, Fayard, , 500 p. (ISBN 2-213-02784-6) ; réédition : Pierre Péan, Le mystérieux docteur Martin (1895-1969), Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le livre de poche » (no 13935), , 535 p. (ISBN 2-253-13935-1).
  • Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand, 1934-1947, Paris, Fayard, , 615 p. (ISBN 2-213-59300-0).
  • Jean Philippet, « Ultima ratio regis. La « Cagoule » : un mouvement terroriste d’extrême droite », dans François Audigier et Pascal Girard (dir.), Se battre pour ses idées : la violence militante en France des années 1920 aux années 1970, Paris, Riveneuve éditions, coll. « Actes académiques », , 244 p. (ISBN 978-2-36013-076-4, présentation en ligne), p. 51-70.
  • Marc Pottier, « Le crime du 9 juin 1937 et l'opinion normande de l'époque : l'émotion d'une ténébreuse affaire », Matériaux pour l'histoire de notre temps, Paris, Association des amis de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et du musée, no 57 « Carlo et Nello Rosselli : antifascisme et démocratie »,‎ , p. 36-41 (lire en ligne).
  • Michel Rateau, Les faces cachées de la Cagoule : enquête et réflexion sur une conjuration politico-militaire dans la France de l'entre-deux-guerres, Amiens, auto-édition, , 286 p. (ISBN 978-2-9558403-0-6).
  • Michel Sitbon, Mitterrand le cagoulard. Voyage aux sources de l'extrême-droite française, tome 1, Paris, Aviso éditions, 2012, 195 p.
  • (en) Jan A. Stevenson, The Cagoule ConspiracyDissertation for Bachelor's Degree (mémoire de licence d'histoire), Yale University, 1972, 79 p.
  • Jean-Raymond Tournoux, Secrets d'État, vol. 1 : Dien Bien Phu, les paras, l'Algérie, l'affaire Ben Bella, Suez, la cagoule, le 13 mai, de Gaulle au pouvoir, Paris, Plon, , II-499 p., In-16.
  • Jean-Raymond Tournoux, L'Histoire secrète : la Cagoule, le Front populaire, Vichy, Londres, 2e bureau, l'Algérie française, l'O.A.S., Paris, Plon, , 384 p., In-16.
  • Jean-Claude Valla, La Cagoule : 1936-1937, Paris, Éditions de la Librairie nationale, coll. « Les Cahiers libres d'histoire » (no 1), , 143 p. (ISBN 2-911202-31-7).
  • Éric Vial, « Carlo Rosselli et la situation de l'antifascisme italien à la veille de sa mort », Matériaux pour l'histoire de notre temps, Paris, Association des amis de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et du musée, no 57 « Carlo et Nello Rosselli : antifascisme et démocratie »,‎ , p. 50-54 (lire en ligne).
  • Éric Vial, La Cagoule a encore frappé ! : l'assassinat des frères Rosselli, Paris, Larousse, coll. « L'histoire comme un roman », , 319 p. (ISBN 978-2-03-584595-5, présentation en ligne).
  • Nicolas Violle, « La réception de l'assassinat des frères Rosselli dans la presse populaire parisienne », Matériaux pour l'histoire de notre temps, Paris, Association des amis de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et du musée, no 57 « Carlo et Nello Rosselli : antifascisme et démocratie »,‎ , p. 42-49 (lire en ligne).
  • Michel Bar Zohar, Une histoire sans fard, Pars, Fayard, 1996, 268 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pierre Milza, Histoire de l’extrême droite en France, Points,
  2. Maurice Cochinaire (26 mai 1896 – 2 novembre 1968) est un ancien combattant, installé à Nancy depuis 1920 comme marbrier-sculpteur. Son nom figure sur les listes du CSAR qui ont pu être déchiffrées ; il a le numéro 202 et porte le grade d'adjudant. Deloncle et Pozzo di Borgo se sont rendus à Nancy à deux reprises selon les rapports de police de Nancy, le 11 juillet 1936 et en juillet 1937. Cochinaire a cherché dès 1936 à créer des groupes d'auto-défense contre le communisme. Il serait parvenu à entraîner quelques anciens Camelots mais son activité est restée limitée selon l'enquête du commissaire spécial de Nancy. La police a en tout cas perquisitionné son entreprise à la fin de l'année 1937 sur commission rogatoire du juge Béteille dans l'affaire du CSAR, dans Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, université de Paris X-Nanterre, 2002.
  3. Marc Mousli, « L'Oréal : la belle centenaire », Alternatives économiques, no 297, décembre 2010, p. 78.
  4. En 1945, Eugène Schueller exprimera toute sa gratitude envers Mitterrand et Bettencourt pour avoir témoigné en sa faveur lors de son procès pour collaboration en nommant le premier directeur du magazine Votre Beauté puis en finançant sa campagne électorale dans la Nièvre en 1946 et le second en le nommant à la direction de son groupe de cosmétique. Schueller aura aussi contribué au lancement de la carrière de François Dalle, autre mariste de la rue de Vaugirard [1] ; Sur les relations du trio Dalle, Bettencourt, Mitterrand, voir Une histoire sans fard - L'Oréal, des années sombres au boycott arabe par l'historien israélien Michel Bar-Zohar chez Fayard.
  5. Pierre Péan, Le Mystérieux Docteur Martin, p. 140.
  6. Selon Péan, le colonel Charles de Gaulle était présent mais les biographes de Giraud ne mentionnent pas cet entretien. Par ailleurs, De Gaulle n'a jamais été accusé d'appartenir à la Cagoule hormis une évocation sans la moindre preuve par Henry de Kérillis, ancien député de Neuilly-sur-Seine dans un pamphlet publié en 1945.
  7. Éric Roussel, Charles de Gaulle, Paris, éd. Gallimard, 2002 (ISBN 978-2-07-075241-6), p. 57.
  8. Philippe Bourdrel, Les Cagoulards dans la guerre, Paris, Albin Michel, coll. « Essais - Documents », , 288 p. (ISBN 978-2-226-21142-2, lire en ligne), « Deloncle et les contact avec l'armée ».
  9. Guy Penaud, L'inspecteur Pierre Bonny – Le policier déchu de la « gestapo française » du 93, rue Lauriston, Paris, L'Harmattan, coll. « Mémoires du XXe siècle », 2011 (ISBN 978-2-296-55108-4), p. 149-156.
  10. Annie Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite : Les Élites françaises dans les années 1930, p. 365, éditions Armand Colin : « Franco, fournisseur d’armes simultané de l'OSARN puis hôte en 1937 des cagoulards en fuite. »
  11. Pierre Milza et Serge Berstein, Le Fascisme italien : 1919-1945, Le Seuil, 1980, p. 392.
  12. Vincent Brousse: La Cagoule et les "Sioux". Le Grandes affaires de l'Histoire, n:o 5, 2014, s. 78.
  13. Selon des sources familiales, François Méténier, ingénieur, ancien industriel à Chamalières, dans le Puy-de-Dôme, est le principal suspect.
  14. Stéphane Lemercier, Victimes du devoir, éditions du Prévôt, , 336 p. (ISBN 978-2-9536538-0-9), page 82
  15. Philippe Mangeon, Biographie de Robert Marchadier.
  16. Le Matin, 27 novembre 1937.
  17. « Anne Mourraille, Comédienne de théâtre mais aussi complice de l’assassinat de Marx Dormoy, par Jean-Paul Perrin et Maurice Sarazin », sur vudubourbonnais.wordpress.com,‎ (consulté le 2 avril 2017)
  18. Jean-François Colas, op. cit., t. III, notice biographique : il est capitaine de réserve en 1939, il est fait prisonnier en 1940 et emprisonné plusieurs mois dans un oflag. Il fuit en zone libre, vit d'expédients à Nice. Il est arrêté par les Allemands en 1944, emprisonné au siège de la Gestapo à Paris, condamné à mort mais sauvé par l'intervention d'un chef de la Milice. Il vit plusieurs années dans la clandestinité. Il est condamné à mort par contumace à la Libération, se rend en 1951. Il est alors condamné en septembre 1951 à 15 mois de prison pour « intelligence avec l'ennemi » ; il a bénéficié de la clémemce de la justice pour « services rendus à la résistance ». Il fonde ensuite un atelier d'art lorrain.
  19. Stéphane Courtois, « Comment peut-on être assez ignorant pour croire encore que les “collabos” venaient tous de l’extrême-droite et les résistants de la gauche ? », sur atlantico.fr, Atlantico,‎ 27-28 juin 2012 (consulté le 14 septembre 2015).
  20. Pierre Péan, Une jeunesse française - François Mitterrand, 1934-1947, Fayard, 1994 (ISBN 2213593000) p. 540-541.
  21. Pierre Péan, Une jeunesse française - François Mitterrand, 1934-1947, op. cit., p. 109 et 544.
  22. « La genèse d'un chef », L'Express, 8 septembre 1994.
  23. Annette Finley-Croswhite et Gayle K. Brunelle, Murder in the Metro : Laetitia Toureaux and the Cagoule in 1930s France, Baton Rouge, Louisiana State University Press, 2010.
  24. « Eric Panthou. L’histoire de la Cagoule revisitée : Analyse critique de l'ouvrage Murder in the Metro : Laetitia Toureaux and the Cagoule in 1930s France, par Gayle K. Brunelle, Annette Finley-Croswhite-Croswhite. 2016. », sur hal.archives-ouvertes.fr,‎ (consulté le 28 février 2016)
  25. Christian Bernadac, Dagore : Les Carnets secrets de la Cagoule, éditions France-Empire, 1977.
  26. Rateau 2016.
  27. Rateau 2016, p. 77-86.
  28. Rateau 2016, p. 160 ; 215.
  29. Rateau 2016, p. 213-216 ; 218-222.
  30. Rateau 2016, p. 86-98 ; 113-114 ; 123-135.
  31. Rateau 2016, p. 99-103.
  32. Rateau 2016, p. 116 ; 218-219.
  33. Rateau 2016, p. 180-185.
  34. Monier 1998, p. 309-310.
  35. Rateau 2016, p. 216-218 ; 241-243.
  36. Rateau 2016, p. 202-210 ; 230-236.
  37. Rateau 2016, p. 123-125.
  38. Rateau 2016, p. 254-256.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Perrin et Maurice Sarazin, Biographie : Annie Mourrailles, actrice de théâtre, mais aussi complice de l'assassinat de Marx Dormoy, [en ligne] https://vudubourbonnais.wordpress.com/2016/11/23/annie-mouraille-du-theatre-et-de-lecriture-a-lassassinat-de-marx-dormoy/