La Bombe (bande dessinée)

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La Bombe
Album
Scénario Alcante et Bollée
Dessin Denis Rodier
Couleurs Noir et blanc
Genre(s) Historique

Thèmes bombe atomique
Époque de l’action XXe siècle

Éditeur Glénat
Première publication 2020
ISBN 978-2344020630
Nb. de pages 472
Site web La Bombe

La Bombe est un album de bande dessinée en noir et blanc d'Alcante (scénario), Bollée (scénario) et Denis Rodier (dessin) publié en 2020. Cet ouvrage historique retrace les étapes qui ont mené, pendant la Seconde Guerre mondiale, à la création des premières armes atomiques des États-Unis : Trinity et Little Boy, et à l'usage du second lors du bombardement atomique d'Hiroshima.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'album narre « la mise au point de la première bombe atomique »[1]. Plusieurs États sont en concurrence pour mettre l'arme au point, s'engageant dans une « course contre la montre »[1].

Dans les années 1930, le scientifique Leó Szilárd est tourmenté par la possibilité que le Troisième Reich puisse mettre au point une bombe si puissante que les Alliés seraient vaincus en Europe, puis ailleurs sur la planète. À l'aube de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), il contacte Albert Einstein aux États-Unis, et lui explique le principe de la réaction en chaîne. Einstein est prêt à utiliser sa réputation pour convaincre le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt (FDR), de lancer un programme de recherche pour mettre au point ce qui sera appelé une bombe atomique.

C'est seulement deux ans après avoir reçu la lettre de Szilard que FDR ordonne le lancement du (futur) Projet Manhattan. Les personnages les plus marquants de cette épopée, ainsi que quelques lieux historiquement importants, sont ensuite évoqués.

Personnages[modifier | modifier le code]

Norman Hilberry (en) et Leó Szilárd se tiennent près du hangar à Chicago où a eu lieu la première réaction en chaîne contrôlée de l'Histoire. Photo prise entre 1952 et 1957.

Si le narrateur de l'album est l'uranium, le personnage principal est l'inventeur et physicien Leó Szilárd, qui a pressenti le potentiel de destruction de l'arme atomique[2]. Dans l'album, il « ne cesse de mettre les chercheurs et les militaires face à leurs responsabilités »[2].

Pages où les personnages sont évoqués
partie 1 de 2
Nom Occupation Nationalité Pages
1 Leó Szilárd Physicien Hongrie 12-16 ; 35-42 ; 46-52 ; 77-78 ; 111-113 ; 125-130 ;132-135 ; 138-139 ; 141 ; 194-199 ; 245-246 ; 297-301 ; 307-310 ; 326-327 ; 329 ; 429 ; 442 ; 453-456
2 Enrico Fermi Physicien Italie 17-21 ; 35-37 ; 39-40 ; 111-113 ; 125-129 ; 130 ; 133-141 ; 228-230 ; 313 ; 335-336 ; 341 ; 345 ; 363 ; 442 ; 444
3 Adolf Hitler Homme politique (dictateur) Allemagne 41 ; 277
4 Eugene Wigner Physicien Hongrie 46-52
5 Albert Einstein Physicien Allemagne 47-50 ; 245-246
6 Franklin Delano Roosevelt Homme politique
(Président des États-Unis)
États-Unis 54 ; 72 ; 75-76 ; 93 ; 218 ; 260
7 Edgar Sengier Homme d'affaires Belgique 55-62 ; 107
8 Werner Heisenberg Physicien Allemagne 63-68 ; 279-281 ; 283 ; 445
9 Kurt Diebner Physicien Allemagne 64-65
10 Otto Hahn Chimiste Allemagne 66-67
11 Alexander Sachs (en) Banquier
(conseiller économique de
Franklin Delano Roosevelt)
États-Unis 69-70 ; 72 ; 75-76
12 Napoléon Bonaparte Militaire (général) France 73-74
13 Robert Fulton Inventeur États-Unis 73-74
14 Henry Tizard Chimiste Royaume-Uni 79
15 George VI Homme politique
(roi du Royaume-Uni)
Royaume-Uni 79 (dernière case)
16 Viatcheslav Molotov Homme politique Russie 80 ; 359
17 Staline Homme politique (dictateur) Russie 80 (dernière case) ; 224-225 ; 355 ; 358-359
18 Yoshio Nishina Physicien Japon 81 ; 435
19 Takeo Yasuda (en) Militaire (général) Japon 81
20 Hirohito Homme politique
(empereur du Japon)
Japon 81 (dernière case) ; 437
21 Henry Wallace Homme politique
(vice-président des États-Unis)
États-Unis 93-94
22 James Bryant Conant Chimiste États-Unis 93-95 ; 142 ; 179
23 Vannevar Bush Ingénieur États-Unis 93-95 ; 102-103 ; 109
24 Leslie Groves Militaire (général) États-Unis 100-106 ; 107-114 ; 172-179 ; 183-184 ; 188-193 ; 226-227 ; 302-304 ; 312 ; 334-337 ; 341-345 ; 347 ; 357 ; 361 ; 393 ; 395 ; 399 ; 424 ; 426-427 ; 442 ; 447 ; 455
25 Kenneth Nichols Militaire et ingénieur États-Unis 104-105 ; 107-108 ; 114 ; 172-175 ; 312 ; 328
26 Henry Stimson Homme politique
(secrétaire à la Guerre)
États-Unis 109-110 (homme moustachu) ; 114 ;
222-223 ; 262 ; 303-304 ; 321-325 ; 338 ; 340 ; 353-354
27 Arthur Compton Physicien États-Unis 111-113 ; 129-130 ; 139 ; 141-143 ; 309 ; 311 ; 313 ; 329
28 Jens-Anton Poulsson (en) Militaire Norvège 115-119 ; 145 ; 147 ; 150-157 ; 442
29 Knut Haugland Résistant Norvège 115-119 ; 145 ; 147 ; 150-157 ; 201 ; 203 ; 205-207
30 Claus Helberg (en) Résistant Norvège 115-119 ; 145 ; 147 ; 150-157
Henry Stimson en 1929.
Harry S. Truman, vers 1957.
Jimmy Byrnes, en 1941 ou 1942.
Paul Tibbets, vers 1960.
Pages où les personnages sont évoqués
partie 2 de 2
Nom Occupation Nationalité Pages
31 Arne Kjelstrup (en) Résistant Norvège 115-119 ; 145 ; 147 ; 150-157
32 Crawford Greenewalt (en)[note 1] Chimiste et
PDG de la société DuPont
États-Unis 133 ; 137 (avant-dernière case) ; 142-143
33 Robert Oppenheimer Physicien États-Unis 166-169 ; 176-178 ; 184 ; 188-193 ; 217 ; 234-235 ; 289 ; 313 ; 334-336 ; 342 ; 347 ; 357 ; 363 ; 426-427 ; 442-443
34 Jean Tatlock Médecin et psychiatre États-Unis 166-167
35 George Marshall Militaire
(général de l'armée)
États-Unis 179 ; 324-325 ; 361
36 George Washington Militaire (chef d'État major)
et homme politique
(Président des États-Unis)
États-Unis 179 (toile)
37 Laura Fermi Secrétaire Italie 216 ; 228-230
38 Harry S. Truman Homme politique
(Vice-président des États-Unis,
puis président des États-Unis)
États-Unis 219-223 ; 261-263 ; 321-323 ; 325 ; 338-339 ; 353-356 ; 358-361 ; 364-365 ; 420-421 ; 435 ; 442 ; 453
39 Józef Rotblat Physicien Pologne 226-227
40 Klaus Fuchs Physicien
(espion soviétique)
Allemagne 228-229 ; 231-239 ; 334 ; 442 ; 450
41 Raymond (nom d'emprunt) Chimiste
(espion soviétique)
Suisse 237-239
42 Ebb Cade (en) Cobaye humain États-Unis 244 ; 257-259 ; 267 ; 451
43 Eleanor Roosevelt Femme politique États-Unis 260-261 ; 262 (première case)
44 Jimmy Byrnes Homme politique
(secrétaire d'État)
États-Unis 263 ; 299-301 ; 325 ; 338 ; 356 ; 359 ; 361 ; 364-365 ; 420 ; 453
45 Boris Pash Militaire
(chef de la mission Alsos)
États-Unis 278-279 ; 284-285
46 Samuel Goudsmit Physicien Pays-Bas, Puis États-Unis 280-285
47 Thomas Farrell (en) Militaire
(général)
États-Unis 288-291
48 Wright Haskell Langham (en) Médecin
(spécialiste du plutonium)
États-Unis 266-267 ; 292-295
49 Harold Urey Physicien États-Unis 298-301
50 Walter Bartky (en) Mathématicien
(directeur adjoint du Metallurgical Laboratory)
États-Unis 298-301
51 James Franck Physicien Allemagne 307-308
52 Ernest Orlando Lawrence Physicien États-Unis 313
53 William L. Laurence Journaliste
(pour The New York Times)
États-Unis 334-338 ; 341 ; 343 ; 345 ; 347
54 Dwight D. Eisenhower Militaire
(général)
États-Unis 340 ; 447
55 Charles McVay Militaire
(capitaine de navire)
États-Unis 350-351 ; 368-369 ; 373 ; 378 ; 449
56 Winston Churchill Homme politique
(Premier ministre du Royaume-Uni)
Royaume-Uni 360-361
57 William Sterling Parsons Militaire États-Unis 382-383 ; 387 ; 389-391 ; 394 ; 402 ; 412
58 Paul Tibbets Militaire
(pilote)
États-Unis 383-384 ; 387 ; 389-392 ; 394 ; 397 ; 402 ; 412 ; 442 ; 448
59 Douglas MacArthur Militaire
(chef d'état-major de l'armée de terre des États-Unis)
États-Unis 437-438
60 Eileen Welsome (en) Journaliste États-Unis 452
61 Nikita Khrouchtchev Homme politique
(président du conseil des ministres)
Russie 455

Lieux évoqués[modifier | modifier le code]

Ruines du dôme de Genbaku (ou mémorial de la paix d'Hiroshima).

Genèse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Au musée du mémorial de la Paix de Hiroshima, reconstitution d'une rue d'Hiroshima.

En 1981, Alcante se rend au Japon et reste fortement impressionné par le mémorial de la Paix à Hiroshima[1]. Fasciné par cette visite, il rassemble au fil des ans une importante documentation sur le sujet[2].

Alcante et Bollée rédigent le scénario en quatre ans[3], entre 2016 et 2019[2]. Alcante, « initiateur du projet », indique avoir voulu éviter de créer un énième manuel sur cette arme de destruction massive[4] ; il a plutôt visé un album qui peut se lire comme un « thriller »[5]. Il écrit une première version du scénario puis sollicite l'aide de Bollée[2], avec qui il collabore sur Laowai[note 2]. Les deux scénaristes affirment avoir consulté une « quarantaine d’ouvrages, des articles, des documentaires »[3]. Pour certains aspects techniques pointus (par exemple, la réaction en chaîne), Alcante a consulté un ingénieur physicien[3]. Pour les dessins, les deux scénaristes ont contacté Denis Rodier, qui a rejoint le tandem vers la mi-2015[2]. Les trois ont visité Hiroshima pour mieux s'imprégner des évènements liés à l'explosion de la bombe atomique Little Boy[7].

Lorsqu'il accepté de dessiner les planches de l'album, Rodier savait que « la charge de travail était colossale – près de 450 planches à dessiner en quatre ans à peine – et le sujet était tout sauf léger ». « Passionné d'histoire », Rodier a accepté de travailler avec Alcante (Bollée s'est joint au duo plus tard) à trois conditions : que le récit ne soit pas manichéen, que les évènements ne soient pas analysés selon les connaissances actuelles et que les scientifiques ne soient pas jugés selon les valeurs contemporaines[8]. Alcante soutient cette approche : « la difficulté principale est d'éviter tout manichéisme et tout angélisme, dans le sens où on ne veut pas pas montrer que tous les Américains étaient de sales impérialistes, pour ne pas caricaturer. On ne veut pas montrer que tous les Japonais étaient des victimes innocentes[9]. » Denis Rodier déclare avoir travaillé quatre années de suite, sans prendre de vacances, ce qui lui a permis de livrer 16 planches par mois[8]. Les deux scénaristes et le dessinateur avaient conscience que la vérité historique comprend plusieurs zones d'ombre[8]. De plus, plusieurs passages de l'album soulignent les « hésitations morales » des scientifiques[8]. Rodier déclare que c'est Leó Szilárd « qui a permis tout ce roman graphique choral de devenir un album qui avait de l'unité, qui avait un point central... C'est vraiment le scientifique qui a tout déclenché mais en même temps [...] qui nous a préparé à l'anti-nucléaire, qui a prévu les dérives qu'il pourrait y avoir avec le nucléaire[10]. »

Choix artistiques[modifier | modifier le code]

L'ouvrage se présente sous la forme d'un « récit choral » qui met en scène plusieurs protagonistes, y compris l'uranium, présentant ainsi plusieurs angles de narration[1]. La narration est fluide et le dessin de Rodier, inspiré par les comics, « participe au dynamisme général de l’album » et favorise la lecture[1]. Les auteurs commencent le récit par « une cosmogénèse » sur l'origine de l'uranium, seul élément qui traverse entièrement l'album[2]. Cette « voix off » vise à conférer une dimension littéraire au récit (Bollée a déjà employé ce procédé pour la bande dessinée Terra Australis)[2].

En plus de la page couverture, une planche en couleurs, l'album compte 443 planches en noir et blanc[LB 1], pour un total de 472 pages[11]. Il comprend un prologue[LB 2], suivi de six chapitres[LB 3], d'un épilogue[LB 4], d'une postface[LB 5] et d'une bibliographie[LB 6]. Rodier préfère la plume et le pinceau pour tracer les personnes et les lieux ; il recourt à l'informatique pour le montage des pages et la calligraphie des texte. Il utilise un « vieux pinceau [ou] pinceau sec » pour créer certains effets de texture dans le dessin, mentionnant que les pinceaux neufs créent des dessins « plus froids »[12].

Pour Frédéric Potet du journal Le Monde, « l’ouvrage tient autant du documentaire illustré, tant la somme des informations y figurant est dense, que de la série télévisée, avec ses arcs narratifs multiples qui s’enjambent au fil de la chronologie[13]. » Selon Perfetti et al., le « véritable héros de cette histoire, c’est l’uranium », qui conte sa « sinistre » histoire à la première personne[14]. Les auteurs présentent des anecdotes réelles et des situations fictionnelles dans le but de réduire l'aspect dramatique du récit[4].

L'ouvrage est publié en 2020 pour souligner les 75 ans du bombardement d'Hiroshima[15].

Au musée du mémorial de la Paix de Hiroshima, diorama montrant la position relative de Little Boy (boule rouge) juste avant son explosion au-dessus d'Hiroshima. À la suite de l'explosion, peu de bâtiments étaient encore debout.

Analyse[modifier | modifier le code]

Little Boy peu avant son chargement dans le bombardier Enola Gay.

D'après Cases d'Histoire, spécialisé dans la bande dessinée historique, l'album aborde avec finesse la course des protagonistes pour mettre au point la première bombe atomique et met en lumière le rôle d'Einstein et de Leó Szilárd, terrifié par l'arme[1]. Les auteurs se gardent de prendre partie dans les arguments présentés[1].

Le noir et blanc reflète la préférence de Denis Rodier et peut « souligner, symboliquement, l'ombre, voire l'effacement faisant suite au bombardement »[2]. Les auteurs, tout en évoquant le projet Manhattan, se sont attachés à démontrer la complexité de cette « conquête », via les travaux menés dans plusieurs nations[2]. Afin de lier certaines scènes et « ponctuer la narration », ils emploient des « récurrences graphiques » , comme les « motifs dynamiques et circulaires », en se référant à l'iconographie classique autour de la bombe atomique[2].

Au fil de la narration se trouvent des digressions et des éléments de fiction, qui ont pour fonction de ramener « le récit à une échelle plus intime » par la mise en scène du « civil inconnu » ; en effet, quoi qu'en dise la propagande de l'époque, Hiroshima était habitée par des individus ordinaires qui vivaient dans cette belle ville, d'une grande richesse culturelle et largement construite en bois[2].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

En septembre 2020, 26 000 copies de l'album ont été vendues en France[8]. Forte de ce succès, la maison d'édition Glénat avance que l'album sera traduit en anglais, italien, hongrois et espagnol[8].

Selon François Lemay, dans une chronique pour Radio-Canada, « C’est un ouvrage colossal de presque 500 pages, minutieux et détaillé, avec des dessins magnifiques »[15]. Olivier Delcroix, chroniqueur BD du journal Le Figaro, écrit : « Il aura fallu pas moins de deux scénaristes, [Alcante et Bollée], pour mener à bien cette impressionnante fresque historique, sans pour autant tomber dans l'ennui, l'erreur factuelle ou l'incompréhensible. Le résultat est remarquable et force le respect[16]. » Anne Douhaine, de France Inter, écrit : « Le propos est ultra documenté, passionnant. Le dessin classique en noir et blanc, très fluide, et efficace de Denis Rodier nous emmène au cœur de la création de ce qui allait précipiter la fin de la Seconde Guerre mondiale et nous faire changer d’ère[17]. » Selon Laurence Le Saux, de Télérama, « Soixante-quinze ans [après le bombardement d'Hiroshima], les scénaristes [Alcante et Bollée] et le dessinateur Denis Rodier livrent [...] une spectaculaire reconstitution de l’histoire de cette arme. Un tour de force, en 472 pages [...] jamais ennuyeuses, ultra documentées et composées avec une grande fluidité[18]. » Hervé Ratel, du magazine Sciences et Avenir, écrit : « Si [le trait de Rodier] est classique, il offre l’immense mérite d’être précis et clair et de rendre reconnaissable le moindre des protagonistes. Surtout, le découpage dynamique et la mise en scène des trois auteurs rendent l’action extrêmement vivante et rythmée. Le lecteur n’est jamais perdu dans l’intrigue, pourtant dense et fourmillante[3]. » Pour Laurent Fabri du quotidien Les Échos, l'album « s’impose comme une référence en matière de vulgarisation scientifique et surtout historique en bande dessinée. Près de 500 pages d’une rigueur impressionnante et qui tiennent le lecteur en haleine sans jamais ni le lasser ni le perdre dans des considérations trop pointues[4]. » Dans un article du magazine Marianne, les auteurs écrivent : « Parfaitement scénarisée et découpée, cette remarquable œuvre mémorielle et vulgarisatrice est à mettre entre [toutes] les mains[14]. » Matthieu Dufour, sur le site Pop, cultures & Cie, écrit : « A la fois politique et historique, La Bombe retrace à merveille (et avec beaucoup d’humanité) l’histoire de cette fuite en avant qui a changé le cours de la seconde guerre mondiale, et surtout placé la planète sous la menace d’une destruction totale[19]. »

Cercles concentriques montrant les gradients des dégâts occasionnés par l'explosion de Little Boy, du point zéro jusqu'à 3 300 mètres.

Sébastien Rosenfeld écrit dans un article de RTL Info qu'il « faut être patient pour en venir à bout mais cela peut se faire par étapes. Il mérite largement l'effort car le drame d'Hiroshima, parfois oublié, reste un événement essentiel de notre histoire collective[5]. » Sur le site Atlantico.fr, Dominique Clausse, tout en soulignant le travail de Rodier, écrit : « Ma seule réserve sur cette BD concerne les parties allégoriques du récit. Les auteurs choisissent de faire de l’énergie nucléaire une entité cosmique et consciente, ce qui donne quelques pages très délirantes, très réussies graphiquement, mais qui, de mon point de vue, alourdissent le récit. La longueur peut aussi rebuter le lecteur, ou même l’exercice physique que représente la manipulation d’un objet de près de deux kilos[20]. »

L'ouvrage fait partie de la sélection pour le grand prix de la critique 2021[21] et des finalistes du prix de la bande dessinée québécoise[22]. Il remporte le prix Carrefour de la BD de l'année (2020)[23], le prix 2020 des rédacteurs de Sceneario[24], le prix de la meilleure BD historique de 2020 selon la rédaction du site Cases d'Histoire[25], le prix BDGest'Art du « meilleur récit court Europe » (récit complet en un ou deux volume(s))[26] et le prix de la critique ACBD de la BD québécoise 2020[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'album en page 142, son nom est épelé « Greenwalt ».
  2. Laowai est une trilogie en BD qui narre les aventures d'un soldat français pendant la guerre de l'opium vers la fin du XIXe siècle[6].

Références[modifier | modifier le code]

Lieux évoqués dans La Bombe d'Alcante, Bollée et Rodier, 2020
  1. p. 18
  2. p. 26 ; p. 417 ; p. 431 ; p. 440-441
  3. p. 71 ; p. 218 ; p. 296 ; p. 324 ; p. 452
  4. p. 82
  5. p. 91-92
  6. p. 98-99 ; p. 182
  7. p. 100 ; p. 221 ; p. 303 ; p. 424
  8. p. 163
  9. p. 169-171 ; p. 183-184 ; p. 189-193 ; p. 330 ; p. 426
  10. p. 185
  11. p. 186-187 ; p. 266
  12. p. 207-209
  13. p. 210-211
  14. p. 282
  15. p. 331 ; p. 342 ; p. 344 ; p. 346
  16. p. 352
  17. p. 381
  18. p. 458
Informations diverses dans La Bombe d'Alcante, Bollée et Rodier, 2020
  1. La première planche en noir et blanc se trouve à la page 5, alors que la dernière se trouve à la page 459. Parmi celles-ci, chaque chapitre, au nombre de six, commence toujours par deux pages séparatrices qui ne comprennent aucun dessin de Rodier. Le nombre de planches dessinées est donc de (459 - 5 + 1 - 6 × 2) = 443.
  2. Prologue : p. 3-32
    • chapitre 1 : p. 33-95
    • chapitre 2 : p. 96-158
    • chapitre 3 : p. 159-211
    • chapitre 4 : p. 212-285
    • chapitre 5 : p. 286-347
    • chapitre 6 : p. 348-432
  3. Épilogue : p. 433-434
  4. Postface : p. 461-468
  5. Bibliographie : p. 469-471
Autres références
  1. a b c d e f et g Thierry Lemaire, « La Bombe, les clefs du cheminement jusqu’à Hiroshima », sur Cases d'Histoire, .
  2. a b c d e f g h i j k et l Alcante, Bollée, Rodier et Cathia Engelbach, « La Bombe, tableau d'apocalypse », dBD, no 142,‎ , p. 34-41.
  3. a b c et d Hervé Ratel, « Livre : Une bombe de BD ! », Sciences et Avenir,‎ (lire en ligne)
  4. a b et c Laurent Fabri, « BD | La bulle du vendredi: Le 6 août 1945 naquit la mort », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Sébastien Rosenfeld, « Sortie BD: "La Bombe", aux origines de la bombe atomique d'Hiroshima », RTL Info, RTL Info,‎ (lire en ligne)
  6. Alexy Seny, « Alcante et Xavier Besse sur Laowai : » Nous nous sommes imposé de rester réalistes, notre héros ne devait pas inverser le cours de la guerre de l’opium » », sur Branchés culture,
  7. « La Bombe », Glénat, (consulter la première vidéo)
  8. a b c d e et f Stéphanie Morin, « La science et le sang, en noir et blanc », La Presse,‎ (lire en ligne)
  9. « La Bombe », Glénat, (consulter la seconde vidéo, à partir de min 52 s)
  10. Sébastien Rosenfeld, « Sortie BD: "La Bombe", aux origines de la bombe atomique d'Hiroshima », RTL Info, RTL Info,‎ (lire en ligne)
    Consulter la quatrième vidéo à partir de min 25 s.
  11. « La Bombe », Glénat, (cliquer sur « Toutes les infos »)
  12. Laetitia Gayet, « La Bombe d'Alcante, Bollée, et Rodier : Quand la bande dessinée se penche sur la Seconde Guerre mondiale », France Inter, (consulter la vidéo à partir de min)
  13. Frédéric Potet, « « La Bombe », d’Alcante, Bollée et Rodier : il y a 75 ans, Hiroshima », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. a et b Myriam Perfetti, Eve Charrin, Thomas Rabino, Benoît Legemble, Mikaël Faujour et Stéphane Koechlin, « évolution, La bombe, Seules à Berlin... Le top 10 des BD à ne pas manquer », Marianne,‎ (lire en ligne)
  15. a et b « La bande-dessinée La bombe : l'effroyable histoire de l'arme nucléaire », Radio-Canada.ca, (chronique de la série Plus on est de fous, plus on lit!)
  16. « La Case BD: La Bombe ou comment raconter sans manichéisme la terrifiante odyssée nucléaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  17. Anne Douhaine, « Bande dessinée : "La Bombe", le livre à lire pour tout savoir sur les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki », France Inter,
  18. Laurence Le Saux, « “La Bombe”, formidable histoire de l’arme atomique racontée par le scénariste Didier Alcante », Télérama,
  19. Matthieu Dufour, « La Bombe – Alcante/Bollée/Rodier (Glénat) », Pop, cultures & Cie,
  20. Dominique Clausse, « "La bombe" : une histoire explosive », Atlantico.fr,
  21. « Grand Prix de la critique ACBD 2021 - Les 15 titres en compétition », sur BD Gest', .
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  23. « Et le gagnant est... La Bombe », sur bd.win.carrefour.eu, BD de l'année (consulté le 24 décembre 2020)
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  25. « La Bombe, d’Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier, Prix Cases d’Histoire 2020 », sur Cases d'histoire, (consulté le 4 janvier 2021)
  26. « BDGest'Arts 2020 », sur www.bdgest.com (consulté le 6 janvier 2021)
  27. « La Bombe reçoit le Prix de la critique ACBD de la BD québécoise 2020 », sur ActuaLitté.com (consulté le 13 janvier 2021)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]