La Bible : Traduction du monde nouveau

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Traduction du Monde Nouveau en plusieurs langues.

La Bible : Traduction du Monde Nouveau (TMN) est une traduction de la Bible en langue moderne éditée et utilisée par les témoins de Jéhovah.

La première version est publiée en anglais en 1950. Depuis, le texte anglais a été révisé plusieurs fois. Les versions dans les autres langues modernes sont traduites à partir de l'anglais. La dernière révision en français date de 2018.

Les témoins de Jéhovah annoncent que la TMN a atteint un tirage total dépassant les 200 millions d'exemplaires en plus d'une centaine de langues.

Ses principales caractéristiques sont qu'elle rejoint le canon protestant, qu'elle utilise extensivement le nom de Dieu « Jéhovah », tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, et qu'elle est conforme à la théologie des témoins de Jéhovah. Elle fait l'objet de critiques, notamment à cause de certains choix de traduction.

Histoire[modifier | modifier le code]

Traduction du Monde Nouveau, édition normale

La première version de la Traduction du Monde Nouveau en anglais sort en 1950[1]. Cette même version est traduite en français en 1963[2]. Ne sont alors traduites que les Écritures Grecques Chrétiennes (Nouveau Testament).

Le 13 mars 1960 est publiée la Traduction du Monde Nouveau complète en langue anglaise. Avant cela, les Témoins de Jéhovah d'expression anglaise emploient la King James Version[3],[4] ainsi que l'Emphatic Diaglott, dont leur fondateur Charles Russell a acquis les droits dès le début des années 1900[5]. L'une des principales raisons invoquée par les éditeurs pour produire une nouvelle traduction est que la majorité des versions existantes de la Bible utilisent habituellement une langue archaïque et n'emploient pas le nom de Dieu. L'intention affichée est donc de produire une traduction plus facile à lire et exempte d'archaïsmes[6]. De plus, les éditeurs affirment que de nombreuses autres copies plus anciennes des manuscrits des textes originaux dans les langues hébraïques et grecques sont devenues disponibles depuis que la King James Version a été produite (en 1611). En utilisant ces manuscrits, ils espèrent déterminer avec une plus grande exactitude ce que les auteurs originaux voulaient dire, en particulier dans les passages les plus obscurs. Ils estiment en outre que certains aspects des langues hébraïque et grecque originales sont désormais mieux compris par des linguistes[7].

En 1974 sort une édition complète en français, basée sur la version anglaise de 1960. Cette Bible prend alors le nom suivant : Les Saintes Écritures - Traduction du Monde Nouveau. L'édition française est révisée en 1995.

En 2013, une nouvelle édition en anglais est publiée. Selon les traducteurs, cette nouvelle révision est « d’une ampleur sans précédent ». En effet, le texte de la nouvelle traduction compte près de dix pour cent de mots en moins, des expressions ont été reformulées, des passages ont été simplifiés, et certains chapitres sont désormais construits comme des poèmes[8]. La version française, qui se base sur le texte en anglais, est publiée en 2018[2].

Caractéristiques de la traduction[modifier | modifier le code]

Utilisation du canon protestant[modifier | modifier le code]

La TMN rejoint le canon protestant. Elle ne contient donc pas les livres apocryphes ou deutérocanoniques reconnus par l'Église catholique romaine. En outre, la traduction appelle l'Ancien Testament « Écritures hébraïques et araméennes », et le Nouveau Testament « Écritures grecques chrétiennes ».

Sources utilisées[modifier | modifier le code]

Le texte principal utilisé pour traduire la première version de l'Ancien Testament en anglais est la Biblia Hebraica de Kittel (BHK). Les textes hébreu plus récents que sont la Biblia Hebraica Stuttgartensia (BHS) et la Biblia Hebraica Quinta (BHQ) ont été utilisés pour préparer les versions ultérieures. Ces travaux incluent les recherches récentes sur les manuscrits de la mer Morte et d'autres manuscrits. Ils reproduisent le codex de Léningrad, et ajoutent des notes comparatives venant d'autres sources, dont la Bible samaritaine, la Septante grecque, les targoums araméens, la Vulgate latine, et la Peshitta syriaque[9],[10].

Pour ce qui est du Nouveau Testament, le texte principal qui a servi de référence au comité de traduction anglophone de la TMN est le texte grec de Westcott et Hort de 1881[10]. Le comité s'est aussi référé au Novum Testamentum Graece (18ème édition, 1948) et aux travaux des érudits jésuites catholiques José M. Bover (1943) et Augustinus Merk (1948). Les textes de l'Alliance biblique universelle (1975) et de Nestle-Aland (1979) ont aussi été utilisé pour mettre à jour les notes de bas de page de la version de 1984. D'autres travaux consultés pour préparer la Traduction du Monde Nouveau incluent la Bible arménienne, des versions coptes de la Bible, la Vulgate latine, la Vulgate Sixto-Clementine, le Textus Receptus, le texte grec de Johann Jakob Griesbach, l'Emphatic Diaglott, et plusieurs papyri[11].

Pour ce qui est des traductions faites dans d'autres langues que l'anglais, notamment en français, la traduction se base principalement sur le texte en anglais. Les textes hébreu et grec ne sont consultés que pour les cas litigieux[12].

Utilisation du nom de Dieu « Jéhovah »[modifier | modifier le code]

Tétragramme en phénicien (1100 AEC), en araméen (Xe siècle - conquête musulmane) et en hébreu carré

La perpétuation de ce que les Témoins de Jéhovah considèrent comme une superstition juive pour rendre le nom propre de Dieu a entraîné son remplacement par le titre « Dieu » ou « Seigneur » dans beaucoup de traductions de la Bible. Les Témoins de Jéhovah n'ont pas suivi cette voie. Pour rendre le nom divin, les traducteurs américains ont choisi « Jéhovah » parce que ce nom représente, selon eux, « la prononciation anglaise la plus connue du nom divin »[13]. Dans la Traduction du Monde Nouveau, ce nom est présent tant dans l'Ancien Testament que dans le Nouveau Testament [14].

Dans l'Ancien Testament[modifier | modifier le code]

Dans la majorité des cas le tétragramme YHWH a été orthographié « Jéhovah ». Certaines traductions le rendent par « Seigneur » dans l'Ancien Testament, souvent en capitales d'imprimerie[15],[16]. Quelques versions le rendent également sous la forme « Jéhovah » ou « Yahweh », mais pas forcément à chaque endroit[17].

D'autres Bibles : Young's Literal Translation, Emphasized Bible de Rotherham, Darby, Modern KJV de Jay Green, American Standard Version et Catholic Jerusalem Bible mettent systématiquement le nom divin dans toutes les parties de l'Ancien Testament. Cependant, elles ne le font pas dans le Nouveau Testament, pour les raisons évoquées plus bas.

En plus des passages où le tétragramme est rendu par « Jéhovah », les traducteurs de la TMN citent 145 exemples supplémentaires où ils croient que celui-ci figurait à l'origine. Ils utilisent pour cela les travaux de C.D. Ginsburg (1831 - 1914) pour 141 exemples[18]. Les autres exemples sont basés sur une lecture de la Septante et des notes dans Biblia Hebraica de Rudolf Kittel's et la Biblia Hebraica Stuttgartensia[19].

Dans le Nouveau Testament[modifier | modifier le code]

Le Comité de la Traduction du Monde Nouveau (TMN) défend l'hypothèse selon laquelle le tétragramme aurait été enlevé des manuscrits du Nouveau Testament après le Ier siècle. De ce fait, il y emploie 237 fois le nom « Jéhovah », qu'il considère comme son équivalent en français, pour remplacer les mots grecs kyrios (Seigneur) et theos (Dieu) que l'on trouve dans les manuscrits grecs originaux[20],[14].

Pour savoir où le nom « Jéhovah » allait figurer dans le Nouveau Testament de la TMN, le comité a d'abord listé plusieurs passages où les évangélistes ont cité des versets, des passages et des expressions tirés de l'Ancien Testament, puis s'est reporté au texte hébreu pour voir si le nom divin y figurait[21]. Le professeur Jason BeDuhn compte 78 passages où un auteur du Nouveau Testament cite un texte de l'Ancien Testament où le tétragramme est présent dans la version originale en hébreu[22].

Cependant, Robert J. Wilkinson fait remarquer que la TMN ne respecte pas toujours cette logique. En effet, il existe des passages du Nouveau Testament parlant du Christ, mais faisant référence à des passages de l'Ancien Testament contenant le tétragramme. Par exemple, 1 Pierre 3 : 14-15 demande de « sanctifiez le Christ comme Seigneur », alors que le parallèle que l'on trouve en Ésaïe 8 : 12-13 demande de tenir « Jéhovah des armées » pour saint[23].

D'autres traductions utilisent ou font référence au nom divin dans le Nouveau Testament. En effet, le tétragramme est présent dans certaines traductions en hébreu du Nouveau Testament écrites à partir du XVIe siècle[24],[25]. Des Bibles modernes l'utilisent aussi parfois. Pour prendre un exemple, Matthieu 1 : 20 est traduit ainsi dans la TMN : « Mais après qu’il (Joseph) eut réfléchi à cela, voyez, l'ange de Jéhovah lui apparut dans un rêve ». Ce passage est rendu de manière similaire dans d'autres traductions de la Bible, notamment dans la Bible de Chouraqui[26]. Une note sur ce passage de Matthieu dans la Bible de Darby fait aussi référence au tétragramme[27]. Le comité fait référence à ces ouvrages pour justifier du remplacement du terme kyrios par « Jéhovah » dans certains passages[28].

Aucun des plus de 5 000 manuscrits grecs du Nouveau Testament retrouvés ne contient le tétragramme[29],[30]. Cependant, bien que la majorité des manuscrits de l'Ancien Testament écrits en grec ne le contiennent pas non plus, il n'en est pas totalement absent. Par exemple, on peut citer le papyrus Fouad 266, qui est une copie du Pentateuque en grec datant du Ier siècle av. J.-C., mais aussi le papyrus Vindobonensis grec 39777, qui date de la fin du IIIe siècle apr. J.-C. Ces deux manuscrits, bien qu'ils soient en grec, contiennent le tétragramme écrit en caractères hébreu.

Le Comité de la TMN utilise, entre autres, le cas du papyrus Fouad 266 pour avancer l'idée que le tétragramme existait à l'origine dans la Septante grecque. Les témoins de Jéhovah postulent que les apôtres, en écrivant leurs évangiles en grec, citaient des passages de la Septante en usage à leur époque qui le contenaient, et utilisaient donc le nom divin. Cette idée qui voudrait que le tétragramme figure dans le texte original en grec de la Septante est défendue dès l'avènement du christianisme par Origène (IIIe siècle) et Jérôme (IVe siècle)[31]. De nos jours, elle est reprise par certains spécialistes, dont George Howard[32].

Selon les témoins de Jéhovah, le tétragramme aurait été retiré des textes grecs à cause de la loi orale juive, qui en interdisait l'usage. La Tossefta, recueil de lois orales compilées par écrit vers l’année 200, dit au sujet d’écrits appelés « gilyônim » qui prendraient feu un jour de sabbat : « Les « gilyônim » et les livres des hérétiques ne doivent [pas] être sauvés de l’incendie, mais il faut les laisser brûler sur place, eux et les noms ineffables [occurrences du nom divin]. » Dans la cette même source, Rabbi Yossé le Galiléen, qui a vécu aux Ier et IIe siècle de notre ère, explique ce qui devait se faire les autres jours de la semaine : « On découpera les emplacements des noms ineffables, on les déposera en lieu sûr, pendant que le reste est brûlé[33] ». Les témoins de Jéhovah, ainsi que certains spécialistes comme R.T. Herford[34], identifient ces « gilyônim » comme étant les écrits chrétiens, notamment les évangiles. Cependant, de nombreux spécialistes doutent de cette explication[35]. Par exemple, Moritz Friedlander observe qu'identifier ces livres comme étant les évangiles, dans lesquels le nom divin ne figure pas selon lui, est plutôt tordu[36]. Birger Pearson fait le même constat[37]. De même, William David Davies et Louis Finkelstein considèrent que ces « gilyônim » ne sont pas nécessairement les évangiles judéo-chrétiens[38]. Pour plusieurs spécialistes, il s'agirait en fait de notes en marge des textes bibliques[39],[40]. D'ailleurs, selon Simon-Claude Mimouni, le sens habituel du mot « gilyônim » est « bords » ou « marges » d'un rouleau de l’Écriture[41].

Thomas Römer affirme que la Septante n'a jamais contenu le nom divin, qui est remplacé dès sa rédaction initiale au IIIe siècle av. J.-C. par « theos » (Dieu) ou « kyrios » (Seigneur). Selon lui, la raison de ce remplacement est qu'il ne convient plus à un Dieu unique de porter un nom propre, nécessaire uniquement pour le distinguer des autres divinités[42]. Selon Paul Lamarche, Dieu perd son nom propre lors de la traduction de la Septante, et ce nom n'est plus jamais prononcé. Le but de cette transformation est d'abandonner « l'aspect local et archaïsant d'un Dieu qui s'était lié à quelques tribus avant de révéler son universalité »[43].

Selon le professeur Albert Pietersma, dès les temps pré-chrétiens les termes « adonai » et le tétragramme étaient considérés comme équivalent au terme grec « kyrios ». Ainsi, les traducteurs grecs remplaçaient le tétragramme par « kyrios » aussi naturellement qu'ils traitaient les termes hébreux plus génériques faisant référence à Dieu comme « el », « elohim » ou « shaddai »[44]. De plus, il considère que les manuscrits comme le papyrus Fouad 266 sont le témoignage d'une révision postérieure de la Septante, incluant le tétragramme là où il ne figurait pas à l'origine[45].

Les explications de Philon d'Alexandrie (Ier siècle) sur le livre de la Genèse démontrent qu'il avait sous les yeux un texte biblique en grec contenant « kyrios », et non le tétragramme[46].

Selon les témoins de Jéhovah, les paroles de Jésus figurant en Jean 17 : 6, où il dit : « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde » impliqueraient que Jésus connaissait et utilisait le nom divin[47]. Cependant, pour les auteurs de la Bible Annotée, le nom de Dieu représente ici tout l’ensemble des perfections divines[48]. De même, les auteurs de la Bible du Semeur pensent que « le nom représente toute la personne et ses attributs[49] ». Une explication similaire est donnée dans les commentaires bibliques de Jamieson, Fausset et Brown, pour lesquels le nom représente « tout le caractère de Dieu envers l'humanité[50] ».

Le professeur Jason BeDuhn estime que modifier l'Ancien Testament pour y utiliser le terme « Seigneur » (comme dans certaines Bibles) ou le Nouveau Testament pour y mettre « Jéhovah » (comme dans la TMN) sont des pratiques qui « violent l'exactitude en faveur des expressions préférées pour Dieu[51] ».

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

La TMN traduit le mot « σταυρός » (stauros) par « poteau », alors que ce mot est rendu par « croix »[52] dans presque toutes autres traductions du Nouveau Testament. Cela est basé sur les travaux de John Parsons, qui maintient que « σταυρός » se rapporte à une construction d'une seule pièce de bois ou à un poteau plutôt qu'à une croix[53].

Elle traduit les mots « shéol » et « hadès » par « tombe », mais garde les termes « géhenne » et « tartare », alors que d'autres traductions emploient principalement le mot « enfer » pour la majorité, voire pour tous les mots qui précèdent. Elle emploie le mot « présence » plutôt que « venue », comme équivalent du mot grec Παρουσία (parousia). Le mot « âme » pour traduire le mot hébreu ne'phesh ou le mot grec de ψυχή (psykhē) est traduit en fonction du contexte par une personne, la vie d'une personne, des animaux voire, dans certains cas, des personnes mortes.

Puisque le mot « vous » en anglais peut être singulier et pluriel, la TMN anglaise emploie « YOU » en capitales d'imprimerie pour la forme plurielle et « you » en minuscules pour la forme singulière. D'après les auteurs, ceci a été fait pour une plus grande clarté[54].

Statistiques[modifier | modifier le code]

Différentes éditions de la Traduction du Monde Nouveau, dont la version interlinéaire grec/anglais

En 2018, les éditeurs de la TMN annoncent qu'elle est disponible, en tout ou en partie, en 178 langues[55], et qu'elle atteint un tirage total de plus de 225 millions d'exemplaires[56].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour mettre en avant leur traduction de la Bible, les Témoins de Jéhovah citent généralement une critique positive venant d'une lettre du traducteur de la Bible Edgar Goodspeed, écrite en 1950[57] ; des critiques positives venant de l'écrivain Alexander Thomson, qui par ailleurs annonce être en accord avec les enseignements des témoins de Jéhovah[58] ; leur propre interview du professeur d'histoire Benjamin Kedar[59] ; et surtout certaines critiques positives venant du professeur d'histoire Jason BeDuhn[60], qui a été plusieurs fois invité comme conférencier par des communautés unitariennes[61].

D'autres critiques positives ont été émises par des unitariens, dont le dogme rejette l'idée de Trinité, notamment le théologien Charles F. Potter[62] et Thomas Winter, ancien président de l'église unitarienne de Lincoln[63].

Cependant, selon Andrew Holden, docteur en sociologie[64], les théologiens académiques qui ont une formation de bibliste estiment en général que la TMN traduit de façon inexacte certains versets de la Bible[65].

En 1953, le docteur en théologie Harold H. Rowley critique le texte de l'Ancien Testament contenu dans le premier volume de ce qui deviendra la TMN complète, disant que cette traduction « est un brillant exemple de la manière dont la Bible ne devrait pas être traduite », et ajoutant qu'elle est « une insulte à la Parole de Dieu »[66]. La même année, Bruce Metzger identifie dans le Nouveau Testament des passages où la traduction a été écrite pour appuyer la doctrine, que Metzger considère comme unitarienne, avec de nombreux exemples où le grec est rendu de manière incorrecte[67]. En 1964, Metzger publie une nouvelle critique du même ouvrage dans laquelle il affirme que « dans l'ensemble, on a une assez bonne impression de l’érudition des traducteurs », mais où il ajoute que certains choix de traduction sont pour lui indéfendables[68].

En 1963, le professeur Anthony A. Hoekema, docteur en théologie, estime comme ses collègues qu'il s'agit d'une « traduction falsifiée[69] ». Le docteur Julius R. Mantey, spécialiste en grec biblique, qualifie quant à lui le Nouveau Testament de la TMN de « distorsion » plutôt que de « traduction »[70]. Il est rejoint par le docteur Robert H. Countess, qui estime que le Nouveau Testament de la TMN « a lamentablement échoué pour ce qui est de ne pas laisser les considérations doctrinales influencer la traduction », ajoutant que « la traduction des Écritures Grecques Chrétiennes doit être considérée comme un travail radicalement biaisé », voire « carrément malhonnête » à quelques endroits[71].

En 2001, le théologien William Barclay va plus loin, en affirmant que « la distorsion délibérée de la vérité de cette secte [les témoins de Jéhovah] est évidente dans leur traduction du Nouveau Testament ». Pour lui, « il est très clair qu'une secte qui peut traduire le Nouveau Testament de cette manière est malhonnête intellectuellement[72] ».

Dans son livre de 2004 Truth in Translation, Jason BeDuhn compare neuf Bibles écrites en anglais, incluant la Traduction du Monde Nouveau, et annonce examiner les passages où les biais sont les plus à même d'influencer la traduction. Bien que BeDuhn affirme que la TMN n'est pas sans partis pris, elle émerge selon lui comme la plus fiable des traductions comparées[73]. Son travail est rapidement critiqué. En 2010, le docteur Thomas A Howe écrit un livre où il démonte un à un les arguments de BeDuhn[74]. Puis en 2014, le docteur Trevor Allin fait de même dans un ouvrage où il met en doute les qualités académiques de BeDuhn, notamment celles d'historien, de linguiste, et d'expert en grec ancien[75].

Comité de traduction[modifier | modifier le code]

Les membres du comité qui a traduit la Traduction du Monde Nouveau (TMN) ont souhaité demeurer anonymes, déclarant vouloir s'assurer que la gloire aille à Dieu et non pas à eux[76]. Cette façon de procéder a été critiquée, car elle implique que les qualifications des traducteurs ne peuvent pas être vérifiées.

Pour pallier ce problème, Raymond Franz, un ancien membre du Collège central, a déclaré que le comité de traduction était composé de Frederick William Franz, George D. Gangas, Karl F. Klein, Nathan Homer Knorr et Albert D. Schroeder[77]. Selon William Cetnar, un ex-Témoin de Jéhovah qui a travaillé au siège mondial de l'organisation jusqu'en 1958[78], Milton George Henschel a également été membre du Comité de traduction[79]. Raymond Franz et William Cetnar soutiennent tous deux que les traducteurs de la TMN étaient insuffisamment qualifiés pour effectuer cette tâche, et que seul Frederick Franz avait une connaissance suffisante des langues bibliques. La petite taille du Comité de traduction a été aussi pointée du doigt, surtout en comparaison avec le nombre de traducteurs impliqués pour effectuer la plupart des autres traductions en anglais[80].

Passages controversés[modifier | modifier le code]

Les passages controversés, principalement par les églises chrétiennes, concernent notamment la divinité du Christ[81], mais également d'autres sujets tels que l'immortalité de l'âme ou la seconde venue de Jésus.

Divinité du Christ[modifier | modifier le code]

La fin de Jean 1 : 1 est rendu ainsi dans la TMN : « et la Parole était un dieu ». Même si d'autres traduction expriment la même idée[82], la Bible Louis Second, ainsi que la majorité des Bibles existantes, rendent ce passage différemment : « et la Parole était Dieu ». Le terme qui est traduit par « un dieu » est « theos » en grec, sans article défini. Selon les témoins de Jéhovah, dont les arguments sont repris par BeDuhn, le fait qu'il n'y ait pas d'article défini implique que l'on a affaire à une « catégorie » ou à une « qualité ». Allin affirme le contraire. Pour lui, un nom sans article défini peut très bien faire référence à une personne spécifique[83]. De plus, comme le fait remarquer John Ankerberg, ce même mot sans article défini est traduit par « Dieu » ou « Jéhovah » quelques versets plus loin, notamment en Jean 1 : 6, 12, 13, 18 et 23[84].

En Jean 8 : 58, la TMN utilise le verbe « être » au passé au lieu du présent. Ainsi, le texte est traduit : « Jésus leur dit : « Oui, je vous le dis, c'est la vérité : Avant qu’Abraham vienne à l’existence, j’ai été » ». La Bible Louis Second traduit ainsi : « Jésus leur dit : En vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis ». Selon Allin, une traduction littérale donne « je suis » au présent, et fait référence aux mêmes mots que l'on retrouve dans des paroles de Dieu lui-même à plusieurs endroits dans l'Ancien Testament. Ainsi, Jésus affirmerait être Dieu lui-même dans ce passage, ce que les témoins de Jéhovah ne veulent pas admettre[85],[86].

Selon plusieurs spécialistes, Philippiens 2 : 10-11 est une citation d’Ésaïe 45 : 23-24, un passage aussi utilisé en Romains 14 : 11. Ésaïe mentionne clairement Dieu dans ce passage, citant le tétragramme. Dans le passage de Romains, la TMN traduit kyrios par Jéhovah. Pourtant, cette même logique n'est pas suivie pour la passage de Philippiens, qui lui, fait référence au Christ[87],[88].

La TMN rend ainsi le passage de Colossiens 1 : 16-17, qui parle du Christ : « parce que c’est par son moyen que toutes les autres choses ont été créées dans le ciel et sur la terre, les visibles et les invisibles, que ce soient trônes, ou seigneuries, ou gouvernements, ou pouvoirs. Toutes les autres choses ont été créées par son intermédiaire et pour lui. De plus, il existait avant toutes les autres choses, et toutes les autres choses ont reçu l’existence par son moyen ». Le mot « autre » est un ajout des traducteurs, car il n'existe pas dans le texte grec. C'est pourquoi la Bible Segond rend le passage ainsi : « Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui ». Il existe en grec deux mots pour « autre » : heteros, signifiant « différent de » ; et allos, signifiant « un autre ». Aucun de ces mots ne figure dans le texte de Colossiens 1 : 16-17[89]. Cet ajout, qui change le sens du texte pour nier la divinité du Christ, est largement critiqué dans les milieux chrétiens[90].

Le passage de Colossiens 2 : 9 est aussi problématique. Se référant à Christ, il est rendu ainsi dans la TMN : « parce que c’est en lui que prend corps toute la plénitude de la qualité divine ». Le mot traduit ici par « qualité divine » est theotes. Pourtant, la définition de ce mot dans les dictionnaires grec est différente. Selon Grimm-Thayer, ce mot signifie « divinité, déité, l'état d'être Dieu ». Strongs a exactement la même définition[91]. De plus, un autre mot grec a comme définition « qualité divine » : theiotes. Selon plusieurs sources, cette traduction a pour but de nier la divinité du Christ[92].

Dans la TMN, Hébreu 1 : 8 est rendu ainsi : « Mais à propos du Fils, il dit : « Dieu est ton trône à tout jamais (...) » ». Ce passage est une citation directe du Psaume 45 : 6, qui est rendu ainsi dans la Bible Louis Second : « Ton trône, ô Dieu, est à toujours »[93]. Selon plusieurs sources chrétiennes, la formulation des témoins de Jéhovah a pour but de remettre en cause la divinité du Christ[94].

D'autres passages contenant des changements ayant pour but de nier la divinité du Christ ont été dénoncés par les milieux chrétiens, notamment Matthieu 28 : 17, 2 Pierre 1 : 1 et Tite 2 : 13[95].

Autres sujets[modifier | modifier le code]

En Matthieu 24 : 3, le mot grec parousia, qui est appliqué à Jésus, est traduit par « présence » au lieu de « venue ». Selon Ankerberg, cela a pour but de justifier la théorie de la présence invisible du Christ[96].

En Matthieu 25 : 46, les traducteurs utilisent le mot « retranchement » tandis que d'autres traduisent par « châtiment ». Ainsi, la TMN rend le texte : « Et ceux-ci s’en iront au retranchement éternel, mais les justes à la vie éternelle ». La Bible Louis Second traduit ainsi: « Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle »[97].

En Luc 23 : 43, la TMN rend le passage ainsi : « Et il lui dit : « Vraiment, je te le dis aujourd’hui : Tu seras avec moi dans le Paradis. » ». La Bible Louis Second rend ce passage comme suit : « Jésus lui répondit : Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »[20]

En Hébreux 9 : 27, le terme « une fois pour toutes » est ajouté. Ce verset est donc rendu ainsi: « De même qu'il est réservé aux hommes de mourir une fois pour toutes, mais après cela de recevoir un jugement ». La Bible Louis Segond traduit « Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement »[98].

Ces exemples ne représentent qu'une petite partie des passages de la Traduction du Monde Nouveau qui ont fait l'objet de critiques[99].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie favorable[modifier | modifier le code]

  • (en) The role of theology and bias in Bible translation: With a special look at the New World Translation of Jehovah's Witnesses, Rolf Furuli, Elihu Books, 1999 (ISBN 0-9659814-9-5)
  • (en) Truth in translation - Accuracy and bias in english translations of the New Testament, Jason BeDunn, 2003 (ISBN 0-7618-2556-8)
  • (en) Your Word is Truth, Essays in celebration of the 50th anniversary of the New World Translation of the Holy Scriptures (1950, 1953), Anthony Byatt et Hal Flemings, Golden Âge books, 2004 (ISBN 0-9506212-6-9)
  • (en) Jehovah's Witnesses defended: An Answer to Scholars and Critics, 3rd Edition, Greg Stafford, Elihu Books, 2009 (ISBN 0-9659814-7-9)

Bibliographie défavorable[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony A. Hoekema, The Four Major Cults: Christian Science, Jehovah's Witnesses, Mormonism, Seventh-Day Adventism, 1963 (ISBN 0-8028-0445-4)
  • (en) J. W. Sire, Scriptures Twisting, 1980
  • (en) Robert Countess, The Jehovah’s Witness' New Testament : A Critical Analysis of the New World Translation of the Christian Greek Scriptures, Presbyterian & Reformed, (ISBN 0875522106)
  • (en) Anthony A. Hoekema, Jehovah's Witnesses, 1984
  • (en) David A. Reed, Jehovah's Witnesses: Answered verse by verse, 1986, (ISBN 0-80107-739-7)
  • (en) R. M. Bowman, Understanding Jehovah's Witnesses: Why they read the Bible the way they do, 1991
  • Pierre Oddon, Les Saintes Écritures, Traduction du Monde nouveau - une falsification, Diffusion de l'Évangile, Marseille, 1993
  • Raymond Franz, Crise de conscience, 2003
  • (en) Thomas A. Howe, Bias in New Testament Translations?, 2010
  • (en) Thomas A. Howe, The Deity of Christ in Modern Translations, 2015
  • (en) Trevor R Allin, « A review of J. BeDuhn’s 'Truth in Translation' », 2014, révisé en 2018, PDF

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. JW.org, « Une étape réjouissante dans l’histoire de la Parole de Dieu »
  2. a et b JW.org « Préface »
  3. The Watchtower, , p. 672: "Up until 1950 the teachings of Jehovah’s witnesses were based mainly upon the King James Version of the Bible"
  4. (en) Heather Botting et Gary Botting, The Orwellian World of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press (ISBN 0-8020-6545-7), p. 99 :

    « The King James Bible was used by the Witnesses prior to the release of their own version, which began with the Greek Scriptures, in 1950. »

  5. La Tour de Garde du 15 janvier 2001, p. 30
  6. "Announcements", The Watchtower, August 1, 1954, page 480
  7. Bible Knowledge Made Plain Through Modern Translation, The Watchtower, October 15, 1961, page 636
  8. JW.org, « L'édition anglaise révisée de 2013 de la Traduction du monde nouveau »
  9. "All Scripture is Inspired of God and Beneficial" 1990 pp. 305-314
  10. a et b « How the Bible Came to Us », Appendice A3 de la version 2013
  11. All Scripture Is Inspired of God and Beneficial, « The Christian Greek Text of the Holy Scriptures »
  12. Jehovah's Witnesses—Proclaimers of God's Kingdom (1993) Chap. 27 p. 611, subheading Translation Into Other Languages.
  13. Étude perspicace des Écritures, vol. 2, p. 5
  14. a et b Bowman, Robert M. Understanding Jehovah's Witnesses. Grand Rapids: Baker Book House, 1991, p. 114
  15. Translation of the Bible, J. M. Powis Smith et Edgar J. Goodspeed, préface : « In this translation we have followed the orthodox Jewish tradition and substituted ‘the Lord’ for the name ‘Yahweh’ and the phrase ‘the Lord God’ for the phrase ‘the Lord Yahweh.’ In all cases where ‘Lord’ or ‘God’ represents an original ‘Yahweh’ small capitals are employed. »
  16. Revised Standard Version, préface : « For two reasons the Committee has returned to the more familiar usage of the King James Version [omitting the name of God]: (1) the word ‘Jehovah’ does not accurately represent any form of the Name ever used in Hebrew; and (2) the use of any proper name for the one and only God, as though there were other gods from whom he had to be distinguished, was discontinued in Judaism before the Christian era and is entirely inappropriate for the universal faith of the Christian Church. »
  17. Par exemple : King James Version (Exode 6:3, Psaume 83:18, Isaïe 12:2;26:4.) et The Living Bible. La Sainte Bible par J.N. Darby (1988) contient le nom divin "Jéhovah" dans certains passages de l'ancien Testament comme Genèse 22:14; Exode 6:3 et Matthieu 1:20 (voir la note)
  18. TMN, avec références, 1995, appendice 1B, p. 1678
  19. TMN, avec références, 1995, appendice 1A, p. 1677
  20. a et b (en) Bernard Blandre, Les Témoins de Jéhovah, Brepols, coll. « Fils d'Abraham » (ISBN 9782503500638), p. 27
  21. JW.org, « Le nom divin Jéhovah a-t-il sa place dans le Nouveau Testament ? »
  22. Truth in Translation, BeDuhn, p. 174 : « There are actually seventy-eight passages where a New Testament author rather directly quotes an Old Testament passage in which YHWH appears in the original Hebrew. »
  23. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 93 - Wilkinson fait aussi référence à d'autres endroit où remplacer kyrios par « Jéhovah » pose problème, notamment Philippiens 2 : 10-11 (à comparer avec Ésaïe 45 : 23) et Romains 10 : 13
  24. « Le nom divin et le 'Nouveau Testament' »
  25. Evangelium secundum Matthiœum un lingua hebraica, cum versione latina, par S. Münster- Bâle 1537 ; Quatuor Evangelia Novi Testamenti Ex Latino in Hebraicum, par G. Jona- Rome 1668
  26. La Bible, par A. Chouraqui, Paris 1985 : « messager de IHVH-Adonaï »
  27. La Sainte Bible, par J. Darby, Valence 1970, donne en note sur Matthieu 1 : 20 : « 'Seigneur', sans l’article dans le grec, pour 'Jéhovah (l’Éternel)', ici et ailleurs»
  28. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 92-93
  29. Robert M. Bowman et J. Ed Komoszewski, Putting Jesus in His Place: The Case for the Deity of Christ, 2007, p. 159
  30. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 91-92
  31. M. Delcor, « Des diverses manières d'écrire le tétragramme sacré dans les anciens documents hébraïques », 1955, p. 151-152
  32. The Tetragram and the New Testament, George Howard, 1977, cité dans De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, p. 87
  33. Jewish encyclopedia, « Gilyonim »
  34. Christianity in the Talmud, 1903 page 155
  35. Dan Jaffé, Les identités en formation: Rabbis, hérésies, premiers chrétiens, 2018, chapitre 2, section « État de la recherche »
  36. Friedlander, Der vorchristliche jiidische Gnosticismus (1899) cité dans ‘Gnosticism, Judaism and Egyptian Christianity’, Pearson, 1990
  37. Gnosticism, Judaism and Egyptian Christianity, Pearson, 1990, Fortress Press, Minneapolis
  38. The Cambridge History of Judaism, 1990, p. 773
  39. The Cambridge History of Judaism, 1990, p. 278, note 64
  40. James Carleton Paget, Jews, Christians and Jewish Christians in Antiquity, 2010, p. 272
  41. Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Chapitre II, section 4, « Les Sifrei ha-minim »
  42. L'Invention de Dieu, Thomas Römer
  43. Paul Lamarche dans Le Monde grec ancien et la Bible, sous la direction de Claude Mondésert, 1984, page 32
  44. De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, pages 98-99
  45. De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, pages 99-100
  46. N. A. Dahl and Alan F. Segal, “Philo and the Rabbis on the Names of God,” JSJ 9 (1978) 1-28, cité par De Septuaginta: Studies in Honour of John William Wevers on His Sixty-Fifth Birthday, Albert Pietersma, 1984, p. 93
  47. JW.org, « Je leur ai fait connaître ton nom »
  48. Jean 17 : 6, Bible Annotée
  49. Jean 17 dans la Bible du Semeur
  50. Commentary Critical and Explanatory on the Whole Bible, John 17
  51. (en) Jason David BeDuhn, Truth in Translation : Accuracy and Bias in English Translations of the New Testament, University Press Of America (ISBN 076182555X), p. 170
  52. The standard lexicographical work of the Greek language donne « croix » comme signification de ce mot, mais indique que sa signification première est un « pieu » enfoncé servant de base
  53. The non-christian cross, John Denham Parsons. Expository dictionary of New Testament words, Vine : « 'Stauros' denotes, primarily, an upright pole or stake... Both the noun and the verb stauroo, to fasten to a stake or pole, are originally to be distinguished from the ecclesiastical form of a two-beamed cross. The shape of the latter had its origin in ancient Chaldea (Babylon), and was used as the symbol of the god Tammuz (being in the shape of the mystic Tau, the initial of his name)...By the middle of the 3rd century A.D. the churches had either departed from, certain doctrines of the Christian faith. In order to increase the pretige of the apostate ecclesiastical system pagans were received into the churches apart from regeneration by faith, and were permitted largely to retain their pagan signs and symbols. Hence the Tau or T, in its most frequent form, with the cross piece lowered, was adopted... »
  54. TMN, p. 1547
  55. Parution de la Traduction du monde nouveau en Kabye et langue de signe espagnole [2018-12-18] (jw.org)
  56. La Bible: Traduction du Monde Nouveau en tshwa, au format PDF (jw.org)
  57. « Une étape réjouissante dans l’histoire de la Parole de Dieu », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 31
  58. The Differenciator, juin 1959, cité par Edmond C. Gruss, Apostles of Denial, 1970, p. 214
  59. Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile, Watchtower Bible and Tract Society, p. 326
  60. « « La meilleure version interlinéaire du Nouveau Testament » », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 32 ; « Une traduction « remarquablement bonne » », La Tour de garde, Watchtower Bible and Tract Society,‎ , p. 30
  61. Curriculum Vitae de Jason David BeDuhn
  62. The faiths men live by, Kessinger Publishing, 1954, p. 239, ISBN 1-4254-8652-5
  63. Thomas N. Winter, Review of New World Bible Translation Committee's The Kingdom Interlinear Translation of the Greek Scriptures, Classics and Religious Studies Faculty Publications, Classics and Religious Studies Department, Université du Nebraska – Lincoln, 1974, p. 376
  64. Blackburn College, Dr Andrew Holden
  65. (en) Andrew Holden, Jehovah's Witnesses : Portrait of a Contemporary Religious Movement, Routledge, (ISBN 0415266092), p. 158 : « Academic theologians who are trained in biblical scholarship often express concern at what they claim are inaccuracies in all the organisation's materials, including its own version of the scriptures »
  66. « How Not To Translate the Bible », The expository Times, November 1953, p. 41-42
  67. Bruce M. Metzger, « Jehovah's Witnesses and Jesus Christ », Theology Today, (Avril 1953) p. 74 - Lire en ligne
  68. Bruce M Metzger, « The New World Translation of the Christian Greek Scriptures », The Bible Translator, 15/3 (Juillet 1964) p. 151-153
  69. (en) Anthony A. Hoekema, The Four Major Cults : Christian Science, Jehovah's Witnesses, Mormonism, Seventh-day Adventism, William B. Eerdmans, (ISBN 0802831176), p. 242
  70. (en) Julius Robert Mantey, Depth Exploration in the New Testament, Vantage Press, (ISBN 0533045355), p. 136-137
  71. (en) Robert Countess, The Jehovah’s Witness' New Testament : A Critical Analysis of the New World Translation of the Christian Greek Scriptures, Presbyterian & Reformed, (ISBN 0875522106), p. 91-93
  72. R. Rhodes, The Challenge of the Cults and New Religions, The Essential Guide to Their History, Their Doctrine, and Our Response, Zondervan, 2001, p. 94
  73. Jason D. BeDuhn, Truth in Translation: Accuracy and Bias in English Translations of the New Testament, 2004, pages 163, 165, 169, 175, 176
  74. Thomas A Howe, Bias in New Testament Translations?, 2010, cité par Trevor R Allin, A review of Dr Jason BeDuhn’s « Truth in Translation », p. 21
  75. Trevor R Allin, A review of Dr Jason BeDuhn’s « Truth in Translation », 2014, révisé en 2018
  76. Les Témoins de Jéhovah - Prédicateurs du Royaume de Dieu, 1993, p. 608
  77. Crisis of Conscience, Raymond Franz, 4e édition, Commentary Press, Atlanta, 2004, p. 56
  78. Edmond C. Gruss, The Four Presidents of the Watch Tower Society (Jehovah's Witnesses)
  79. (en) A critical look at the Jehovah's Witness Bible, M. Kurt Goedelman
  80. (en) The New World Translation : God's world ?, Mike Spencer
  81. « Jehovah's Witnesses and their New Testament », Andover Newton Quarterly, 3.3 (1963), p. 31
  82. « et la parole était dieu » - La Sainte Bible - Nouveau Testament par H. Oltramare - 1879 ; « et le Verbe était un être divin » - Bible du Centenaire - 1929 ; « et de condition divine était le Logos » - Das Evangelium nach Johannes, par J. Schneider- Berlin 1976.
  83. A review of Dr Jason BeDuhn’s “Truth in Translation”, p. 35
  84. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 5, « 11. John 1:1 »
  85. A review of Dr Jason BeDuhn’s “Truth in Translation”, p. 48
  86. Voir aussi La bible des Témoins de Jéhovah, les enjeux d’une traduction ; Jehovah Witness and the Deity of Christ ; The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 3, « 2. John 8:58 »
  87. A review of Dr Jason BeDuhn’s “Truth in Translation”, p. 72
  88. Tetragrammaton: Western Christians and the Hebrew Name of God, Robert J. Wilkinson, 2015, p. 93
  89. A review of Dr Jason BeDuhn’s “Truth in Translation”, p. 59-60
  90. La bible des Témoins de Jéhovah, les enjeux d’une traduction ; Jehovah Witness and the Deity of Christ ; The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 4, « 8. Colossians 1:15-20 »
  91. Strongs, « Theotes »
  92. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 4, « 9. Colossians 2:9 ». Voir aussi La bible des Témoins de Jéhovah, les enjeux d’une traduction ; Jehovah Witness and the Deity of Christ
  93. A review of Dr Jason BeDuhn’s “Truth in Translation”, p. 36
  94. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 4 ; Jehovah Witness and the Deity of Christ ; La bible des Témoins de Jéhovah, les enjeux d’une traduction
  95. Voir La bible des Témoins de Jéhovah, les enjeux d’une traduction ; Jehovah Witness and the Deity of Christ ; et The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures
  96. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 6 - « 13. Matthew 24:3 »
  97. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 2 - « 1. Matthew 25:46 »
  98. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 3 - « 3. Hebrews 9:27 »
  99. The Jehovah’s Witnesses’ New World Translation of the Holy Scriptures – Part 6