La Bande noire (Montceau-les-Mines)

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La Bande noire
L’affamé, la dynamite, le revolver à la main, la suppression des bourgeois
Idéologie Anarchiste
Objectifs Lutte contre le cléricalisme, la bourgeoisie
Statut inactif
Fondation
Date de formation 1873 - 1878
Pays d'origine Drapeau de la France France
Actions
Mode opératoire Attentats à la bombe
Nombres d'attaques imputées ~ 50
Victimes (morts, blessés) Au moins quatre blessés (dont trois graves)
Zone d'opération Montceau-les-mines, Blanzy, Le Creusot
Période d'activité 1882-1884
Organisation
Membres ~ 800
Sanctuaire Montceau-les-Mines

La Bande noire était une organisation syndicale anarchiste minière présente à Montceau-les-mines qui a utilisé la violence contre des symboles catholiques et bourgeois entre août 1882 et novembre 1884 ; son nom vient du fait que ses membres se réunissaient parfois en plein air la nuit.

Les actions furent revendiquées dans le journal Le Révolté sous le nom de L’affamé, la dynamite, le revolver à la main, la suppression des bourgeois.

Infiltrée, la Bande noire disparut le lors d'un piège tendu par la police. 32 accusés furent jugés le .

Le contexte[modifier | modifier le code]

En 1878, une grève dure éclate à Montceau-les-Mines (Bourgogne). Les gendarmes interviennent, les affrontements sont violents. Ces événements, selon l'historien Jean Maitron, sont à l'origine de la création de l'organisation[1].

Durant l’été 1882, de jeunes ouvriers de Montceau-les-Mines, révoltés par la misère et le climat d’ordre moral qu’imposent le patronat local et son alliée l’Église, décident de passer à l’action. Réunis la nuit dans les bois ou chez les marchands de vin, ils prennent le nom de « Bande noire » et multiplient les dynamitages. Ils incendient une chapelle, font sauter des calvaires et des croix, s’en prennent aux domiciles des « maîtres mineurs » et adressent aux magistrats des lettres de menaces. Récusant le réformisme des chambres syndicales, ils sont ainsi les premiers à mettre en œuvre la « propagande par le fait » que des théoriciens anarchistes comme Pierre Kropotkine formulent au même moment[2].

Actions menées[modifier | modifier le code]

  •  : des reposoirs préparés pour une procession sont jetés dans un étang.
  • Août 1882 : attentat dans la chapelle d'une école religieuse, contre l'école de sœurs d'un hameau proche de Montceau-les-Mines[3], ainsi que contre l'église de Bois-du-Verne[4].
  •  : destruction de la croix de mission du Bois du Verne.
  •  : destruction de la croix des Alouettes.
  •  : destruction de la croix du Bois Roulot[5].
  •  : émeutes des sympathisants et membres de la bande noire, deux-cents à trois cents mineurs y participèrent. Une armurerie est alors pillée par la bande du Bois-du-Verne et les armes sont redistribuées aux manifestants. La chapelle du Bois-du-Verne est incendiée, saccagée et la rosace de l'entrée est détruite par une bombe[6],[7].
  •  : une explosion de dynamite souffle la fenêtre de la maison d'un mineur.
  •  : une bombe explose chez un mineur "au Mont-Saint-Vincent". Ces deux attentats sont liés à une opération contre les informateurs qui livraient des informations à la police ; on dénombre 4 ou 5 autres actions contre les « traitres » entre ces deux-ci.
  • Le 12 mai, 5 juin et  : Un ingénieur voit sa chambre à coucher dynamitée 3 fois mais il y échappe à chaque fois. Ces actions semblent s'inscrire dans une campagne de lutte des classes contre la bourgeoisie [8].
  •  : près de deux cents cartouches d'explosifs sont soustraites d’un chargement destiné au mines de Blanzy.
  •  : 45kg de dynamite, 1kg200 de poudre comprimée et 210m de mèche sont dérobés à Perrecy.
  •  : la maison de de l’ingénieur Chevalier est dynamité, il est légèrement blessé.
  •  : la maison du maire de Sanvignes est prise pour cible, une bouteille contenant des explosifs est lancée à travers une porte vitrée.
  • septembre 1884 : la chapelle du Magny est victime de multiples dynamitages.
  •  : une cartouche de dynamite éclate dans la maison d’un garde particulier de Jules Chagot.
  •  : tentative d'attentat de la part de Gueslaff. Le poseur de la bombe tire sur les gendarmes, 3 sont grièvement blessés[9].

Au total 24 croix, 6 calvaires et 6 statues furent démolis durant cette période.

Arrestations[modifier | modifier le code]

Plusieurs membres présumés de l'organisation furent arrêtés, dont :

  • Devillard : chef de l'organisation en 1882. 5 années de prison pour la pillage de l'armurerie de Montceau-les-mines[10].
  • Viennet : chef de l'organisation en 1882. 3 années de prison.
  • Hériot : 20 ans de travaux forcés[11],[12].
  • Gueslaff : 10 ans de travaux forcés[13],[14].
  • Philibert Serprix : 8 ans de travaux forcés[15],[16].
  • Gilbert Serprix : 4 ans de travaux forcés.
  • Jacob Granjean : 12 ans de travaux forcés[17].
  • Toussaint Bordat (sympathisant) : 5 ans de prison, amende de 2 000 francs, dix ans de surveillance et quatre ans de privation de droits civils lors du Procès des 66[18].
  • Langrand : 4 ans de travaux forcés.
  • Martin : 4 ans de travaux forcés.
  • Lauvernier : 4 ans de travaux forcés.
  • Lauferette : 2 ans de travaux forcés.
  • Jean Marie Dessolin, acquitté, participa ensuite par opportunisme à la création du premier syndicat "jaune" de Montceau-les-Mines

Autres membres[modifier | modifier le code]

  • Le "père Loriot"
  • Le "père Aublanc" : fusillé lors de la 2° guerre mondiale
  • Emile Michaud : interné lors de le 2° guerre mondiale
  • Benoît Colin
  • Brenin (indicateur de la police au sein de la Bande Noire)
  • François Juillet[19].

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Guillot, Il y a cent ans les attentats anarchistes à Montceau les mines dans Revue de la Police nationale/113, p.47-50, juin 1980.
  • Charles Malato, La Grande Grève, 1905.
  • Pierre Moreau, La Bande Noire.
  • Emmanuel Germain, La Bande Noire : société secrète, mouvement ouvrier et anarchisme en Saône-et-Loire (1878-1887), revue électronique Dissidences, n°3, printemps 2012, texte intégral.
  • Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, des origines à 1914, tome 1, Paris, Gallimard, 1992, pp. 148-176.
  • Vivien Bouhey, Le mouvement anarchiste à travers les sources policières de 1880 à 1914 - L’exemple de la Côte-d’Or : poursuite d’un débat sur le terrain des sources départementales, RA.forum, texte intégral.
  • Yves Meunier, La Bande noire - Propagande par le fait dans le bassin minier (1878-1885), L'Échappée, 2017, (ISBN 978-23730902-3-9), présentation éditeur.
  • Dominique Kalifa, « Mélancolies du Grand Soir », Libération,‎ (lire en ligne).

Musicographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, des origines à 1914, tome 1, Paris, Gallimard, 1992, page 158.
  2. Dominique Kalifa, « Mélancolies du Grand Soir », Libération,‎ (lire en ligne).
  3. Thierry Vareilles, Histoire d'attentats politiques, de l'an 44 av. Jésus-Christ à nos jours - Page 53, 2005
  4. http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/CrimeAnar.html
  5. http://www.ephemanar.net/lettrea.html
  6. Jean-Baptiste Dumay, Pierre Ponsot,Mémoires d'un militant ouvrier du Creusot, 1841-1905p.368, 1976
  7. http://igorsevitch.kif.fr/la-bande-noire-de-montceau-les-mines-c701642
  8. http://revuesshs.u-bourgogne.fr/dissidences/document.php?id=1838
  9. http://amesdunmondesanscoeur.over-blog.com/categorie-10860958.html
  10. Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Volume 1, Page 158, 1975
  11. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  12. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
  13. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  14. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
  15. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  16. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
  17. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  18. http://rebellyon.info/Declaration-des-66-Anarchistes-au.html
  19. Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.