La Bête du Gévaudan (téléfilm)

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La Bête du Gévaudan est un téléfilm français réalisé par Patrick Volson basé sur l'histoire de la Bête du Gévaudan, diffusé pour la première fois en octobre 2003.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1767. Lorsqu'il arrive au village de Saugues, Pierre Rampal, médecin de campagne, découvre une population terrorisée. Plusieurs femmes et enfants sont tués depuis quelque temps par un animal mystérieux. L'abbé Pourcher et sa mère, une veuve autoritaire, accusent la famille d'un paysan, Jean Chastel, de sorcellerie. Alors que le louvetier de Louis XV organise des battues, Rampal mène l'enquête de son côté..

Basé sur une histoire vraie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bête du Gévaudan.

Ce téléfilm de Patrick Volson, sur un scénario de Daniel Vigne et Brigitte Peskine, est librement basé sur l'histoire de la Bête du Gévaudan. Cet animal tua une centaine de personnes entre les étés 1764 et 1767 dans l'actuel département de la Lozère. De nombreuses troupes royales et chasseurs distingués furent mobilisés pendant trois ans, sans succès. Finalement, la Bête fut tuée par un paysan à la mauvaise réputation, Jean Chastel ; et sa dépouille fut enterrée à Paris ou probablement conservée au Muséum national d'histoire naturelle[1]. Depuis, on évoque un loup anthropophage, un animal dressé à tuer, un tueur en série ou même un complot contre le Roi Louis XV.

Le téléfilm prend le part-pris d'accuser l'homme pour absoudre le loup des meurtres. Ce dernier reste toutefois complice puisqu'il dévore les cadavres laissés par l'assassin, laissant ainsi des traces qui vont semer la confusion. Fasciné par la zoanthropie et les cultures primitives, l'assassin est un « homme loup » portant une cape en fourrure et une fausse mâchoire. Son attitude d'aristocrate bienséant, une façade pour mieux tromper ses adversaires, renvoie au dédoublement de personnalité. Cette théorie est exploitée par de nombreux spécialistes de la « Bête » depuis une étude du Dr Puech, professeur à l’école de médecine de Montpellier en 1911. Selon lui, la Bête était un sadique qui aurait profité de la peur du loup et des croyances locales pour commettre ses crimes en toute impunité[2].

Le scénario s'attache également à montrer l'obscurantisme et l'intégrisme de l'église catholique dans les provinces éloignées de la capitale. En Gévaudan, la Bête est considérée comme une créature diabolique et l'abbé de Saugues tient à ce que cette image luciférienne soit dans tous les esprits ; alors qu'à Versailles (où le Roi est entouré de philosophes et de naturalistes comme Buffon) on ne pense qu'à tuer un loup pour en finir avec les superstitions.

Erreurs historiques[modifier | modifier le code]

Le téléfilm prend d'énormes libertés avec l'histoire de la Bête du Gévaudan :

  • À en croire le scénario, la Bête a uniquement frappé aux alentours de Saugues, ce qui est faux puisque des attaques ont été commises en des lieux très éloignés, aux quatre coins du Gévaudan.
  • Il n'y a jamais eu de « Chevalier Denneval » à la tête des dragons de Louis XV. Ce personnage est un mélange de deux chasseurs ayant joué un grand rôle dans l'affaire de la Bête : Le Capitaine Duhamel et le sieur d’Enneval. Aucun dragon n'a été envoyé en Gévaudan aux ordres du Roi, en réalité ce fut le régiment des Volontaires Etrangers de Clermont-Prince[3]. Les uniformes des officiers sont également anachroniques[4].
  • Antoine de Beauterne se nommait en réalité François Antoine ; le titre de courtoisie « de Beauterne » appartenait à son fils. Antoine n'était pas « louvetier du roi », mais porte-arquebuse et lieutenant des chasses. Il a été envoyé par Louis XV en 1765, non en 1767. Il n'a pas non plus été décoré de la croix de St-Louis à la suite de la mort du loup, il l'avait déjà depuis dix ans[5].
  • Le personnage de l'abbé Pourcher est inspiré de Pierre Pourcher, curé et auteur d'ouvrages historiques sur la Lozère[8].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Réalisation : Patrick Volson
  • Scénario : Daniel Vigne et Brigitte Peskine
  • Directeur photo : Dominique Brabant
  • Musique : Angélique Nachon et Jean-Claude Nachon
  • Costumes : Fabio Perrone
  • Sociétés de production : RTBF, Arte, TV5 Monde
  • Pays : Drapeau de la France France et Drapeau de la Belgique Belgique
  • Durée : 95 minutes
  • Année de production : 2001
  • Date de diffusion : 14 octobre 2003
  • avis du public : - 12 ans

Distribution[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Franz Jullien, La deuxième mort de la Bête du Gévaudan
  2. Qu'était la Bête du Gévaudan, Puech, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 1911
  3. Les Volontaires de Clermont-Prince
  4. Troupes légères - Volontaires Étrangers de Clermont Prince
  5. Les Porte-Arquebuses du roi, Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, 1924
  6. Ce tant rude Gévaudan, Félix Buffière, 1985
  7. Chronologie et documentation raisonnées - Index des personnes, Alain Bonnet (2008)
  8. Archives de France
  9. Défense et illustration du comte de Morangiès, Serge Colin, 2001
  10. Précis du procès de M. le comte de Morangiès..., Voltaire, 1773 - Bibliothèque nationale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]