LTE Advanced

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LTE-Advanced est une norme de réseau de téléphonie mobile de 4e génération définie par l’organisme de normalisation 3GPP qui fait partie (avec le Gigabit WiMAX) des technologies réseaux retenues par l'Union internationale des télécommunications (UIT) comme norme 4G IMT-Advanced ; il représente la « vraie » 4G. LTE signifie Long Term Evolution[1].

Le LTE Advanced, dont la normalisation de la première version (normes 3GPP Ts36.xxx rel 10[2]) s’est achevée fin 2011 au sein de l'ETSI et du 3GPP (normes 3GPP release 10 - version 10), est une évolution de la norme LTE qui lui permet d’atteindre le statut de « véritable norme 4G », tout en gardant une compatibilité ascendante complète avec le LTE, au niveau des terminaux (smartphones, tablettes, clés 4G) et au niveau du réseau, grâce aux fréquences identiques et aux codages radio (OFDMA et SC-FDMA) qui sont ceux déjà utilisés dans les réseaux LTE (accès radio EUTRAN).

Le LTE-Advanced sera capable de fournir des débits pics descendants (téléchargement) supérieurs à 1 Gb/s à l’arrêt et à plus de 100 Mb/s pour un terminal en mouvement, grâce aux technologies réseaux intelligentes[3] qui permettent de maintenir des débits plus élevés en tout point de la cellule radio[4], alors qu’ils baissent fortement en bordure des cellules UMTS et LTE[5].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Évolutions par rapport au LTE[modifier | modifier le code]

Comparé au LTE, le LTE Advanced se différencie, pour l’essentiel, par une série d’améliorations indépendantes les unes des autres et qui préservent la compatibilité ascendante avec les normes et les terminaux LTE existants. Les bénéfices suivants sont apportés par les évolutions de la norme LTE vers le LTE Advanced :

  • des débits plus élevés sur les liens descendants et optionnellement les liens montants, grâce à l’agrégation de porteuses (en anglais : « Carrier Aggregation ») qui permet d’utiliser un spectre hertzien (continu ou pas) pouvant atteindre 100 MHz de largeur (à comparer à 20 MHz maximum en LTE)[6] ;
  • des performances radios accrues au niveau d'une cellule pour pouvoir servir plus de terminaux mobiles, grâce, entre autres, aux évolutions de la technologie MIMO (Mimo 8x8)[4] ;
  • la possibilité de déployer des relais radio annexes à coûts plus faibles qui viennent étendre la couverture des cellules principales[4] ;
  • de meilleures performances dans les zones mitoyennes de deux cellules grâce aux techniques de micro-synchronisation entre cellules appelée « CoMP » (Coordinated Multi-Point[3]) et SON (Self Organizing Network) et grâce au beamforming actif permis par les antennes MIMO.
  • l'emploi, à partir de la version 12 de la norme, sur les sous porteuses des liaisons descendantes, d'une modulation 256QAM (8 bits par symbole)[7], permettant un gain de débit de 33 % quand les conditions radio sont optimales.

Le LTE Advanced est défini dans les mêmes documents que ceux spécifiant la première version de la norme LTE : les normes «  ETSI TS 36.xxx »[2]. Seule la version de ces documents diffère : version 8 (rel-8) pour le LTE, versions 10, 11 et 12 (rel-12) pour le LTE Advanced[8]. LTE Advanced est donc une évolution de la norme LTE avec des compléments fonctionnels qui permettent une introduction progressive des nouvelles fonctions dans les réseaux LTE préexistants. Les stations de base eNode B compatibles avec les normes LTE Advanced restent compatibles avec les terminaux simplement LTE, y compris dans les bandes de fréquences agrégées (utilisées en mode « Carrier Aggregation »).

Les réseaux LTE Advanced utilisent, comme le LTE, un « cœur de réseau » basé sur les protocoles IP (IPv6), utilisé pour transmettre la voix (protocole VoLTE) et les données. Pour la partie radio (eUTRAN), le LTE Advanced utilise les codages OFDMA[9] (liaison descendante) et SC-FDMA (liaison montante) associés à des algorithmes de récupération d’erreur de type HARQ et à des Turbo codes. Le LTE Advanced prévoit aussi que les antennes puissent utiliser les modes de multiplexage FDD (Frequency Division Duplexing) qui utilise deux bandes de fréquences distinctes pour l'émission et la réception, ou TDD (Time-Division Duplex) qui utilise une seule bande de fréquence avec allocation temporelle (chaque ms) des ressources radio à l'émission ou à la réception des données.

Catégories de terminaux mobiles[modifier | modifier le code]

Le 3GPP et l'ETSI ont défini conjointement dans les normes « TS36.306 versions 10, 11 et 12 », huit, puis dix, puis dix-sept catégories de terminaux LTE et LTE Advanced ; ces catégories définissent les caractéristiques, les débits minimaux (montant et descendant) et le nombre de bandes de fréquences agrégées (porteuses) que doit supporter le terminal mobile ; elles définissent aussi le type et le nombre d’antennes (niveau de MIMO) qu’il intègre[10].

Les 5 premières catégories de terminaux sont les mêmes qu'en LTE (3GPP rel-8), les classes suivantes de terminaux (catégories 6 à 16) sont nouvelles et spécifiques au LTE Advanced, elles ont été définies dans les versions 10 à 12 (rel-12) des normes 3GPP : trois de ces nouvelles catégories ont été spécifiées dans la version 10, deux autres dans la version 11 (rel-11) de la norme[11], les autres dans la version 12 (rel-12) de la norme TS36.306[12]. Certaines des nouvelles catégories de terminaux se composent de plusieurs variantes qui sont, par exemple, fonction du nombre d’antennes (MIMO) ou du nombre de bandes de fréquence utilisables (on parle ainsi, par exemple, de UE catégories 7A ou 7B).

Les débits listés dans les tableaux supposent une largeur de bande de 20 MHz pour chaque porteuse ; dans le cas de bandes de fréquence plus étroites, le débit est réduit proportionnellement à la largeur de la bande de fréquence (ou des bandes de fréquence, qui n'ont pas obligatoirement toutes la même largeur).

Catégories des terminaux LTE et LTE Adv (3GPP rel.11)[11]
Catégorie 1 2 3 4 5 6[A 1] 7 8[A 2] 9 10
Débit crête (Mbit/s) Descendant 10 50 100 150 300 300 300 3000 450 450
Montant 5 25 50 50 75 50 100 1500 50 100
Caractéristiques fonctionnelles minimales[A 3]
Largeur de la bande de fréquence de chaque porteuse 1,4 à 20 MHz
Nombre minimal de porteuses radio agrégées dans le sens descendant 1 1, 2 ou 3 5 2, 3 ou +
Nombre de porteuses radio agrégées dans le sens montant 1 1 2 5 1 2
Modulations Descendante QPSK, 16QAM, 64QAM
Montante QPSK, 16QAM QPSK, 16QAM, 64QAM QPSK, 16QAM QPSK, 16QAM, 64QAM QPSK, 16QAM
Antennes
MIMO 2x2 Non Oui
MIMO 4x4 Non Oui Oui/Non Oui Oui/Non
MIMO 8x8 Non Oui Non

Notes :

  1. note A1 : le débit minimum fixé par la norme 3GPP, pour les catégories 6 et 7, peut être atteint de plusieurs façons, par exemple : « une porteuse et quatre antennes (MIMO 4x4) » ou « deux porteuses et deux antennes » ; en pratique les smartphones « cat.6 » disponibles en 2014/2015 supportent la 2e option.
  2. note A2 : la catégorie 8 définissait (en 2011 : rel.10/11) la configuration théorique maximale d'un terminal LTE Advanced : « cinq porteuses agrégées et huit antennes en émission et réception (MIMO 8x8) » ; en pratique, vu la complexité (huit antennes), le poids, le volume et la consommation électrique que cela implique, aucun terminal mobile (smartphone) commercial compatible « cat.8 » n’est annoncé à court ou moyen termes.
  3. note A3 : les caractéristiques d'un terminal peuvent être supérieures pour certains critères ; par exemple, un terminal de catégorie 4 peut supporter deux porteuses bien qu'étant limité à 150 Mb/s.
Nouvelles catégories de terminaux LTE Adv (3GPP rel.12)[12]
Catégorie 11 12 13[B 1] 14 [B 2] 15 16
Débit crête (Mbit/s) Descendant 600 600 390 3900 750 1000
Montant 50 100 150 NA[B 3] NA NA
Caractéristiques fonctionnelles minimales[B 4]
Largeur de la bande de fréquence de chaque porteuse 1,4 à 20 MHz
Nombre de porteuses radio agrégées dans le sens descendant 3 (256QAM) ou + 2 (256QAM) 5 (256QAM) 4 ou + 5
Nombre de porteuses radio agrégées dans le sens montant 1 2 2 Non applicable
Modulations sur chaque sous-porteuse Descendante QPSK, 16QAM, 64QAM, 256QAM
Montante QPSK, 16QAM, 64QAM Non applicables
Types d'antenne sur la liaison descendante
MIMO 2x2 Oui
MIMO 4x4 Optionnel Oui Optionnel
MIMO 8x8 Non Oui Non

Notes :

  1. note B1 : à partir de la "rel.12" de la norme, les catégories « uplink » et « downlink » peuvent être différentes pour un même terminal.
  2. note B2 : la catégorie 14 définit (en rel.12) le débit maximal que pourrait permettre un terminal LTE Advanced doté de « cinq porteuses agrégées, huit antennes en réception (MIMO 8x8) et codage 256QAM » ; en pratique, elle est réservée à des configurations de démonstration, aucun terminal mobile (smartphone) commercial compatible « cat.14 » n’est prévu à court ou moyen termes.
  3. note B3 : non applicable : Cette catégorie de terminal n'est définie que pour les liaisons descendantes « downlink »
  4. note B4 : les caractéristiques d'un terminal peuvent être supérieures pour certains critères.

Les versions 12 et 13 de la norme LTE Advanced ont aussi introduit la catégorie 0, à bas débit (1 Mbit/s)[12] et la catégorie M (cat.M) à bas débit et très faible consommation[13]. Elles visent le marché des terminaux à basse consommation et faible coût, et le marché de l’Internet des objets.

La LTE-Advanced dans le monde[modifier | modifier le code]

En Suisse[modifier | modifier le code]

Swisscom a mis en service son réseau LTE-Advanced le 16 juin 2014[14]. Le leader de la téléphonie mobile en Suisse compte couvrir les villes de Berne, Bienne, Lausanne, Zurich, Genève, Lucerne, Lugano et Bâle d'ici fin 2014.

Sunrise a effectué des tests au début de l'année 2014 et lancera cette technologie d'ici 2015.

Chez Salt, on a l'a lancé en décembre 2014 dans la ville de Berne.

En France[modifier | modifier le code]

Bouygues fut le premier à annoncer commercialement du « 4G+ » (agrégation de deux porteuses) en juin 2014 en annonçant seize grandes villes pour la rentrée[15],[16].

Orange couvre Toulouse, Strasbourg depuis juillet 2014, Paris depuis octobre et entend couvrir Bordeaux, Douai, Lens et Lille avant la fin de l’année. Début 2015, Lyon, Marseille, Nantes, Nice, Rouen, Avignon, Grenoble sont couverts.

SFR a mis en service son réseau 4G+ à Toulon fin octobre 2014[17].

Free mobile a commencé à tester la 4G+ à Petit-Quevilly en janvier 2015 sur un site accordé par l'ARCEP fin 2014. Depuis février 2015, Free mobile expérimente aussi cette technologie à Montpellier, près de ses installations de R&D, en associant les fréquences 1 800 MHz (5 MHz duplex)[18] et 2 600 MHz (20 MHz duplex) qu'il utilise déjà en LTE. Début 2016, Free Mobile déploie la 4G+ dans beaucoup d'agglomérations[réf. souhaitée].

Au Maroc[modifier | modifier le code]

Les trois principaux opérateurs Marocains de téléphonie, à savoir Maroc Telecom (Opérateur Historique), Meditel (2éme licence) et Inwi proposent quasi simultanément depuis 2015 la 4G à leurs clients. Le réseau a d’abord été déployé dans les grandes villes et axes autoroutiers (Casablanca - Marrakech - Rabat - Fes, Temara...) avant de se propager au reste du territoire.

Corée du sud[modifier | modifier le code]

SK Telecom couvre 42 villes en Corée du Sud[19].

Canada[modifier | modifier le code]

Rogers Communications a lancé la technologie LTE Advanced le 14 octobre 2014. Vancouver, Edmonton, Calgary, Windsor, London, Hamilton, Toronto, Kingston, Moncton, Fredericton, Halifax et Saint John sont couverts actuellement[20].

LTE Advanced testé sur le terrain[modifier | modifier le code]

Au Japon, l’opérateur NTT DoCoMo a obtenu en 2012, le feu vert du bureau des télécommunications rattaché au ministère de l’Intérieur japonais pour mener des expérimentations LTE-Advanced sur le terrain via une pré-licence qui lui permet d’exploiter des fréquences dans les villes de Yokosuka et Sagamihara.

Ce pilote permet de tester des équipements LTE Advanced en intérieur comme en extérieur. NTT DoCoMo a déjà réalisé une série d’expérimentations en simulant un environnement radio perturbé par des obstacles, modélisant des configurations telles qu’on peut les trouver dans les villes, mais dans ses centres de R&D, où il a réussi à obtenir des débits descendants de 1 Gb/s et montants de 200 Mb/s.

Une introduction progressive des nouvelles fonctions apportées par le LTE Advanced est possible grâce à la compatibilité ascendante avec le LTE. Toutefois, il ne faut pas attendre, avant 2014-15, les premiers terminaux commerciaux (smartphones) et des équipements de réseau (eNode B) exploitant l’agrégation de deux puis trois porteuses (catégorie 6)[21], et au-delà de 2016 pour les débits les plus rapides (> 300 Mb/s) prévus par la norme[21].

Début 2015, 20 opérateurs mobiles dans le monde avaient ouvert des réseaux LTE Advanced supportant deux ou trois porteuses agrégées avec un débit crête descendant pouvant atteindre 300 Mbit/s ; 49 opérateurs avaient déployé des réseaux commerciaux supportant l’agrégation d'au moins deux porteuses[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L’UE investit dans la LTE Advanced, l’internet mobile ultrarapide, PC INpact, publié le 18 août 2009.
  2. a et b (en) Normes LTE et LTE Advanced, partie radio 3gpp.org, février 2012
  3. a et b (en) LTE Advanced: new MIMO, Carrier Aggregation and Comp LTE Resources - artizanetworks.com
  4. a, b et c (en) 3GPP, LTE Advanced tutorial 3gpp.org, juillet 2013
  5. Le débit crête doit atteindre 2,4 bit/s/Hz/cell en limite de cellule, alors qu'à conditions égales (Mimo 2x2), il est d'environ 1 bit/s/Hz/cell en LTE, et 8 bit/s/Hz/cell au cœur des cellules radio.
  6. (en) Carrier Aggregation explained 3gpp.org, juin 2013
  7. (en)Snapdragon 820: LTE Category 12 download speeds of up to 600 Mbps. Support for 256-QAM (quadrature amplitude modulation) for download qualcomm.com, le 15 septembre 2015
  8. Alors que les normes 3G UMTS sont définies dans la série de documents « 3GPP TS 25.xxx » et les normes GSM dans les séries « 3GPP TS 02.xx à TS 05.xx »
  9. LTE Advanced : OFDMA 4glte.over-blog, avril 2012
  10. (en) [PDF] 3GPP TS 36.306 rel.10 - (E-UTRA); User equipment (UE) radio access capabilities, rel-10 ; chapitre 4 : catégories UE LTE et LTE Advanced etsi.org, juillet 2012. Pour obtenir le débit, les chiffres de la table 4.1-1 sont à multiplier par 1000, car 1 TTI = 1 ms.
  11. a et b (en) 3GPP, E-UTRA; User equipment (UE) radio access capabilities, rel-11, chapitre 4.1 3gpp.org, consulté en avril 2014
  12. a, b et c (en) [PDF] 3GPP, E-UTRA; User Equipment (UE) radio access capabilities, rel-12, V12.6.0, chapitres 4.1 et 4.1A 3gpp.org, consulté en novembre 2015
  13. (en) [ppt] Building IoT Network, LTE Cat.M, slides 5 et5 ITU.int, 19 octobre 2015
  14. « Swisscom, Communiqués de presse, LTE_Advanced », sur Swisscom
  15. « Bouygues-couverture réseau », sur Bouygues
  16. « Bouygues-réseau 4G », sur Bouygues-4G
  17. « SFR, LTE-Advanced », sur assistance.sfr.fr
  18. [PDF] Décision no 2014-1542 de l'Arcep Arcep, le 16 décembre 2014
  19. (en) « sktelecom-pressreales-lte », sur sktelecom
  20. (en) « Rogers launches LTE-Advanced: New technology that delivers even faster speeds to mobiles and tablets », sur Rogers
  21. a et b (en) LTE-A deployments will drive sales of 300 Mbps Cat6 chips telecompetitor.com, 15 juillet 2014
  22. (en) 300 Mbps Cat 6 LTE-Advanced systems; 20 operators launched Gsacom.com, le 26 janvier 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]