LASDEL

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Le LASDEL, laboratoire ouest africain de sciences sociales, implanté au Niger (Niamey) et au Bénin (Parakou et Cotonou), fondé en 2001[1], est une contribution originale à la construction, en Afrique même, de pôles de recherche de niveau international.

Description[modifier | modifier le code]

Le LASDEL a pour axe central les gouvernances au quotidien, autrement dit l’étude des modes de délivrances des services et biens publics ou collectifs en Afrique, que ce soit par l’État, les communes, les ONG et associations, les institutions de développement, les institutions religieuses, les chefferies, les mécènes ou des opérateurs privés. Les deux axes privilégiés du LASDEL sont la santé publique d’une part, les pouvoirs locaux et la décentralisation d’autre part, mais diverses recherches portent sur la justice, l’éducation, le développement rural, le pastoralisme, l’aide humanitaire et la sécurité alimentaire.

Le LASDEL mène des enquêtes surtout qualitatives (basées en particulier sur une connaissance approfondie des terrains, la maîtrise des langues locales, la conduite d’entretiens libres, des observations ciblées et répétées, ou des études de cas). Ces enquêtes, qui sont pour la plupart multi-sites, et reposent sur un travail d’équipe, sont menées dans le cadre de partenariats nationaux et internationaux multiples et diversifiés, sur le plan scientifique (par exemple : Center of African Studies, Leyden, Pays-Bas ; Département d'Anthropologie et d’Études Africaines, Université Johannes Gutenberg, Mayence, Allemagne ; Center for African Studies, The University of Florida, Gainesville, États-Unis ; Roskilde University, Copenhague, Danemark ; École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris-Marseille, France ; Institut de Recherches pour le Développement, France) comme au niveau des financements (par exemple : CRDI Canada, AFD France, Danida Danemark, KfW Allemagne, DFID Royaume-Uni, DDC Suisse, Coopération française). Le LASDEL a aussi de nombreuses collaborations avec diverses Universités et centres de recherche africains en sciences sociales (Sénégal, Mali, Burkina Faso, Bénin, Niger, Nigéria, Ghana, Côte d’Ivoire, Cameroun, RD Congo). Ses chercheurs ont activement participé à la création et à l’essor de l’APAD (association euro-africaine pour l’anthropologie du changement social et du développement) et de son Bulletin. Il compte 27 chercheurs africains, anthropologues, sociologues et politologues, et fonctionne sur un statut coopératif.

Parmi les spécificités des recherches du LASDEL, on peut souligner les points suivants :

  • (a) un primat accordé aux enquêtes de terrain rigoureuses, et à des interprétations et théorisations enracinées dans les données ;
  • (b) une focalisation particulière sur la mise en œuvre des politiques publiques à leur point de délivrance et sur les écarts entre cette mise en œuvre et les objectifs et normes officielles (implementation gap) ;
  • (c) le recours fréquent, au début des recherches comparatives multi-sites, à une enquête collective de type ECRIS

Le LASDEL s’ouvre aussi désormais sur les méthodes mixtes (quantitatif/qualitatif) et recueille et analyse les données d’Afro-baromètre pour le Niger. La série « Études et Travaux du LASDEL » rend compte des résultats des recherches menées, et comptait 108 numéros parus au 30-09-2013 (accessibles en ligne). Le LASDEL dispose à Niamey d’un centre de documentation moderne ouvert aux chercheurs et aux doctorants. Son Université d’été, de réputation internationale, a déjà formé, avec le concours d’enseignants-chercheurs africains et européens, 150 doctorants africains francophones, en 5 sessions (sessions de deux semaines tous les deux ans). Le LASDEL pilote un mastère d’anthropologie de la santé à l’Université Abdou Moumouni de Niamey.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

1. Textes publiés sur le LASDEL

  • Piga, A. 2009 « Un laboratorio di ricerca nel Sahel: il LASDEL di Niamey », Afriche e Orienti, : 176-187
  • Tidjani Alou, M. 2009 « Des relations Nord-Sud en quête de souffle. L’exemple de la recherche en sciences sociales à travers l’expérience du LASDEL », in Droz & Mayor (eds) Partenariats scientifiques avec l’Afrique. Réflexions critiques de Suisse et d’ailleurs, Paris: Karthala
  • Olivier de Sardan, J.P. 2011 « Promouvoir la recherche face à la consultance. Autour de l'expérience du LASDEL (Niger-Bénin) », Cahiers d’Études Africaines, 202-203 (2-3)

2. Ouvrages issus en tout ou partie de travaux du LASDEL

  • Jaffré, Y. & Olivier de Sardan, J.P. (eds) 2003 Une médecine inhospitalière. Les difficiles relations entre soignants et soignés dans cinq capitales d'Afrique de l'Ouest, Paris: Karthala
  • Blundo G. & Olivier de Sardan, J.P. with N. Bako Arifari & M. Tidjani Alou 2006, Everyday corruption and the state. Citizens and public officials in Africa, London: Zed Books
  • Numéro spécial de Afrique Contemporaine, 225, 2008 « La crise alimentaire au Niger »
  • Olivier de Sardan, J.P. & Tidjani Alou, M. (eds) 2009 Les pouvoirs locaux au Niger. En attendant la décentralisation, Paris: Karthala
  • Moussa, H. 2012 Entre absence et refus d’enfant. Socio-anthropologie de la gestion de la fécondité féminine à Niamey, Niger, Bamako: La Sahélienne
  • Numéro spécial Afrique contemporaine, 243, 2012/3 « Gratuité des soins : une évaluation des politiques publiques »

3. Le canevas ECRIS d’enquête collective

  • Bierschenk, T. & Olivier de Sardan, J.P. 1997 « ECRIS: rapid collective inquiry for the identification of conflicts and strategic groups... », Human Organization, 56 (2), p. 238-244
  • Olivier de Sardan, J.P. 2011 « L’anthropologie peut-elle être un sport collectif ? ECRIS, vingt ans après… », in Auf dem Boden der Tatsachen. Festschrift für Thomas Bierschenk, Schareika, Spies, & Le Meur (eds.), Köppe: Köln (Mainzer Beiträge zur Afrikaforschung 28), p. 31-44

Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]