L'Opération diabolique

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L'Opération diabolique
Titre original Seconds
Réalisation John Frankenheimer
Scénario Lewis John Carlino, d’après le roman de David Ely
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 100 minutes
Sortie 1966

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Opération diabolique (Seconds) est un film américain réalisé par John Frankenheimer, sorti en 1966 et restauré en 2014[1].

Il est présenté en compétition en sélection officielle au Festival de Cannes 1966.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Arthur Hamilton est un homme d'âge mûr, marié, travaillant dans une banque à un poste haut placé. Un soir, il reçoit un coup de téléphone de Charlie Evans, un ancien ami qu'il croyait mort. Charlie, qui l'avait déjà appelé hier, le convainc qu'il n'est pas mort, et lui propose un rendez-vous le lendemain. Hésitant, Arthur finit par se rendre à l'adresse donnée, où se trouve une blanchisserie. De là il est envoyé vers un abattoir, où il est mené dans un fourgon et convoyé jusque dans un bâtiment. Il est reçu par Ruby, qui lui explique qu'il peut s'engager dans un programme lui permettant de démarrer une nouvelle vie en échange de 30 000 dollars. Cet argent couvre entre autres les frais de chirurgie esthétique, et l'acquisition et la transformation d'un cadavre qui permet de simuler sa mort. N'acceptant pas tout de suite, d'une part Ruby le menace, d'autre part le créateur de la compagnie le convainc qu'il n'a pas d'attache solide dans sa vie actuelle. Il finit par signer le contrat.

S'ensuit la chirurgie esthétique qui change son visage et le rajeunit, puis la rééducation. Enfin, pour découvrir sa future carrière, il effectue une analyse sous substance psychotrope, qui révèle qu'il souhaite être un artiste peintre. La compagnie lui fournit alors une nouvelle identité : Antiochus Wilson, peintre diplômé d'une école d'art, qui a déjà réalisé plusieurs expositions, et qui habite à Malibu.

D'abord mal à l'aise dans avec cette nouvelle identité, il rencontre Nora, une femme avec qui il entame une relation. Cette relation lui permet de commencer à apprécier sa nouvelle vie. Mais lors d'une fête où il boit plus que de raison il trahit sa véritable identité auprès de ses invités qui se révèlent être dans le même cas que lui. Le lendemain, Charlie l'appelle et lui explique que Nora est une employée de la société qui lui a fait changer de vie.

Déstabilisé, Wilson va retrouver son ancienne femme en se faisant passer pour un ami de son défunt mari. Il se rend compte qu'il était déjà très loin d'elle lorsqu'il était à ses côtés. Sortant désabusé de cette entrevue, il demande à revenir au centre où il avait signé le contrat pour changer une nouvelle fois d'identité. On lui demande avec insistance de parrainer une personne qu'il connait, et pourrait devenir à son tour client de la compagnie, mais il n'indique personne. On le place dans une salle d'attente où il rencontre son ami Charlie qui était dans la salle d'attente pendant tout le temps de l'expérience de Wilson. Charlie est emmené pour quitter la salle d'attente.

Alors qu'il est en train de dormir, le créateur de l'entreprise vient le réveiller, et lui parle de l'échec de sa nouvelle vie, puis annonce abruptement qu'il doit aller en chirurgie. Il est placé sur un brancard, se fait attacher, et durant son transfert au bloc opératoire, il comprend qu'il va servir de cadavre pour un autre client. Au bloc opératoire, le chirurgien prend connaissance de l'opération à mener : créer une hémorragie cérébrale qui aurait été causée par un accident de voiture.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Les critiques suivantes ont été publiées à l'occasion de la ressortie du film en version restaurée en 2014.

Pour Samuel Douhaire de Télérama, Seconds est un « film radical et méconnu, quasi invisible depuis sa sortie, désastreuse, en 1966. Dès le générique, signé par le virtuose Saul Bass, les très gros plans anamorphosés d'un visage en état de panique donnent le ton : c'est un cauchemar paranoïaque que va raconter le réalisateur d'Un crime dans la tête. Dès les premières séquences, le héros est traqué par la caméra, dans un monde qui semble vaciller autour de lui.... [..] C'est l'occasion pour le cinéaste de railler l'émergence de la contre-culture hippie à travers une scène délirante (et un peu longue) d'orgie bachique. Mais aussi de dénoncer les mirages du rêve américain : la nouvelle vie d'Arthur Hamilton est aussi superficielle, aussi contrainte, aussi angoissante que la première. Les cadrages déformants à la courte focale, le noir et blanc hyper contrasté et la musique dissonante de Jerry Goldsmith entretiennent le malaise. Jusqu'à la tétanisante scène finale, d'une violence inattendue. »[2].

Pour Vincent Ostria des Inrockuptibles, Seconds est une « œuvre visuellement splendide à laquelle a œuvré une armada d'artisans géniaux (en dehors de Frankenheimer) : d'abord le chef opérateur James Wong Howe, virtuose légendaire du noir et blanc, ensuite Saul Bass, le meilleur designer de génériques, et enfin le compositeur Jerry Goldsmith. [...] Seconds, thriller prépsychédélique, dont l'apogée est une folle bacchanale nudiste, a la force et la classe de ces œuvres dissonantes des sixties, a priori juste insolites mais qui en fait flirtent éhontément avec la folie (comme Répulsion ou Docteur Folamour, par exemple). Un de ces cauchemars éveillés qui poussent jusqu’à l’incandescence la fonction primale du cinéma, qui est de figurer un rêve collectif, pour le meilleur et pour le pire. »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah Vajda, « Une autre vie que la vôtre », sur Mauvaise Nouvelle,‎ (consulté le 2 septembre 2014)
  2. Samuel Douhaire, « Seconds : l'opération diabolique », sur Télérama,‎ (consulté le 16 décembre 2016).
  3. Vincent Ostria, « Comrades », sur Les Inrockuptibles,‎ (consulté le 15 décembre 2016).

Liens externes[modifier | modifier le code]