L'Imposteur (film, 1944)

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L'Imposteur (The Impostor) est un film américain réalisé par Julien Duvivier, sorti en 1944.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le , Clément, condamné à mort, doit être guillotiné. Il doit son salut à un bombardement et aux papiers du sergent Lafarge, mort dans l'attaque d'un chasseur allemand. Sous l'identité de Lafarge, Clément s'embarque pour Brazzaville, puis part pour le Tchad où il se distingue. Il est promu lieutenant et décoré, mais il se rend compte qu'il a usurpé la gloire de Lafarge qui s'était conduit en héros. Clément révèle la vérité sur son compte à son camarade Monge, qui lui conseille de se taire. Yvonne, la fiancée de Lafarge, découvre l'imposture de Clément, elle renonce à le dénoncer et s'engage comme infirmière. Clauzel, un ancien compagnon de Lafarge, arrive en Afrique et reconnaît en Clément un imposteur. Clément avoue et se voit condamné à la dégradation militaire. Il se porte pourtant volontaire pour une mission dangereuse et meurt héroïquement.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • L'Imposteur est le second film tourné aux États-Unis par Jean Gabin, après La Péniche de l'amour. Gabin avait décidé de fuir la France, occupée par les nazis, pour le continent américain. Le film est essentiellement un ouvrage de propagande, destiné à populariser auprès du public américain l'image des troupes françaises restées fidèles à De Gaulle. Il est tourné dans un style peu crédible, en anglais, dans des décors typiques de la Californie et des Antilles, avec des véhicules américains censés figurer des transports de troupes français de 1940. En raison de ces piètres qualités, Jean Gabin se désolidarisera du film et refusera d'y prêter sa voix lors du doublage français.
  • Le titre de travail était Passport to Dakar. Lors de la première diffusion à la télévision américaine, le film a été titré Strange Confession.
  • Jean Gabin retrouve le réalisateur Julien Duvivier, après Maria Chapdelaine, Golgotha, La Bandera, La Belle Équipe et Pépé le Moko.
  • L'Imposteur sort en salles en France en 1946, deux ans après sa sortie aux États-Unis, un an après la Libération de la France par les Alliés.
  • Pour le doublage français, Robert Dalban prête sa voix à Jean Gabin qui ne pouvait le faire pour la raison (officielle) qu'il n'était pas encore démobilisé de l'armée[1],[2].
  • En mars 1944, la presse accueille froidement ce film. The New York Times critique la mise en scène et note que Jean Gabin « attend toujours tristement un film à la hauteur de ceux qu'il a tournés en France ». Sorti en France après la Libération, le film n'est pas non plus ici un succès ; Jean Gabin n'a même pas voulu assurer le doublage et ne parle donc pas avec sa vraie voix. Dans un entretien à Cinévie, il déclare : « Ce que valent les films tournés à Hollywood, je n'en sais rien. Et ça n'a pas d'importance. On donne, en ce moment à Paris, The Impostor. Je n'irai pas le voir. Quand je l'ai fait, il était utile de le faire. J'ai tourné des films dans le goût américain, pour des Américains. C'était eux qu'il fallait toucher alors et je suis content si j'ai réussi. Si maintenant les Français n'aiment pas ça, ils auront peut-être raison parce que les circonstances ne sont pas les mêmes »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Salut l'acteur.fr (en archive)
  2. (en) [vidéo] Extrait du film L'Imposteur sur YouTube
  3. Adrien Gombeaud, « Gabin à Hollywood », Vanity Fair n°6, décembre 2013, pages 176-187.

Liens externes[modifier | modifier le code]