L'Homme qui tua Don Quichotte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L’Homme qui tua Don Quichotte
Titre original The Man Who Killed Don Quixote
Réalisation Terry Gilliam
Scénario Terry Gilliam
Tony Grisoni
Acteurs principaux
Sociétés de production Recorded Picture Company
Tornasol Films
Entre Chien et Loup
Amazon Studios
Pays d’origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Portugal Portugal
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Aventure

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Homme qui tua Don Quichotte (The Man Who Killed Don Quixote) est un film de Terry Gilliam, longtemps projet inachevé, mais dont le tournage s'est terminé en juin 2017.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Toby, un réalisateur de pubs désabusé, se rend en Espagne pour un tournage. Il y rencontre un gitan qui lui offre une copie du film de jeunesse — une adaptation lyrique de l'histoire de Don Quichotte — que Toby avait réalisé dans la région il y a quelques années. Ému de cette redécouverte, Toby part à la recherche du petit village où il avait tourné ce film et se trouve mêlé à toute une suite de catastrophes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Genèse du projet[modifier | modifier le code]

Terry Gilliam a l'idée d'adapter le Don Quichotte de Cervantès en 1990. Il appelle alors le producteur Jake Eberts et lui tient ce discours : « J'ai deux noms pour toi : Quichotte et Gilliam, et j'ai besoin de 20 millions de dollars. » Ce n'est qu'après avoir reçu l'accord du producteur que Gilliam lira le livre de Cervantès, pour se rendre compte qu'il était infilmable[1] ! Ce n'est que plusieurs années plus tard, après avoir écrit une première mouture avec Charles McKeown, qu'il trouvera l'angle de son adaptation : il décide de mêler le personnage de Don Quichotte avec l'idée de base du roman Un Yankee à la cour du roi Arthur de Mark Twain : ainsi, il adjoint au personnage de Don Quichotte un acolyte venu des temps modernes. Cet acolyte, un publicitaire du nom de Toby Grosini (en référence à son coscénariste d'alors, Tony Grisoni), est censé servir de contrepoint au personnage de Don Quichotte, mettant en exergue son décalage avec le monde qui l'entoure[2]. C'est cette version qui entrera en production sous le titre The Man Who Killed Don Quixote en 1999.

Première tentative (2000) : avec Jean Rochefort et Johnny Depp[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Terry Gilliam veut faire ce film en Europe, avec des fonds européens. La productrice anglaise Sarah Radclyffe (en) est intéressée par le scénario et approche Pathé et Canal+ pour trouver un financement. Le budget prévisionnel est alors de 35 millions de dollars. En plus de Pathé et Canal Plus, un producteur allemand du nom de Rainer Mockert se propose de compléter le budget en faisant appel à un fonds d'investissement privé allemand. Néanmoins, les fonds promis n'arriveront jamais, et le tournage, prévu pour débuter en , est reporté. Gilliam part alors à la recherche d'autres partenaires : la compagnie @radical.media (en) s'engage à hauteur de 500 000 dollars tandis que René Cleitman, de la société Hachette Première reprend le projet des mains de Sarah Radclyffe (en)[1]. En , René Cleitman propose un budget d'environ 30 millions de dollars[2]. Les investisseurs allemands de KC Medien permettent de boucler le financement et le tournage peut commencer en .

Tournage[modifier | modifier le code]

Le début du tournage, perturbé par une infection de la prostate de Jean Rochefort, commence en , près d'une base militaire au nord de Madrid. Tout d'abord, le vol des avions militaires empêche la prise de son direct. Au deuxième jour de tournage, des pluies diluviennes emportent une partie du matériel de tournage, et verdissent le désert qui ne peut plus servir pour la suite des décors. Deux jours plus tard, Jean Rochefort souffre d'un violent mal de dos qui l'oblige à consulter son médecin à Paris, lequel diagnostique une double hernie discale qui empêche désormais l'acteur de tenir physiquement son rôle (depuis ce jour, il ne montera plus jamais à cheval). Jean Rochefort révèlera plus tard que le cheval jouant Rossinante avait été privé de nourriture pendant 40 jours afin qu'il s'amaigrisse. Les soigneurs avaient des pommes accrochées dans le dos afin que l'animal avance. Le cheval mourra quelques jours après l'arrêt de Jean Rochefort[3]. Ceci ajouté au retard pris par d'autres éléments de la production contraignent Terry Gilliam et son producteur français René Cleitman à jeter l'éponge[4]. Néanmoins subsiste de ce projet un documentaire, intitulé Lost in La Mancha, monté à partir des rushes, des images de tournages de Keith Fulton et Louis Pepe, initialement chargés du making of du film, et d'interviews des protagonistes.

Distribution de cette première tentative 

Nouvelles tentatives[modifier | modifier le code]

2008-2010 : projet avec Robert Duvall et Ewan McGregor[modifier | modifier le code]

Après avoir récupéré les droits de son scénario en 2008[5], Terry Gilliam réécrit en partie le script avec son coscénariste Tony Grisoni et projette de tourner le film en , sous réserve d'arriver à réunir les fonds nécessaires.

Dans le nouveau scénario, Toby Grosini n'est plus un publicitaire mais un « jeune cinéaste frustré » qui est attiré par la quête menée par Don Quichotte pour retrouver sa bien-aimée[6].

Lors d'une interview en [7], Robert Duvall confirme qu'il a été choisi par Terry Gilliam pour reprendre le rôle de Don Quichotte. Puis, en , durant le festival de Cannes, Terry Gilliam révèle qu'Ewan McGregor tiendra le rôle de Toby Grosini et annonce un budget aux alentours des 20 millions de dollars[8]. Mais quelques semaines plus tard, Variety annonce qu'en fait, Gilliam a perdu son financement[9].

2011-2012 : projet avec Robert Duvall et Owen Wilson[modifier | modifier le code]

Fin 2011, Gilliam déclare au détour d'une interview que le projet est désormais porté par un nouveau producteur (remplaçant ainsi Jeremy Thomas) et qu'il espère entrer en tournage au printemps 2012[10]. Pour cette version, si Robert Duvall devait toujours jouer Don Quichotte, Ewan McGregor ne faisait plus partie de la distribution[11]. Il aurait été remplacé par Owen Wilson[12]. Néanmoins le projet est une nouvelle fois annulé par manque d'argent. À la place, Terry Gilliam tourne The Zero Theorem.

2014-2016 : projet avec John Hurt et Jack O'Connell[modifier | modifier le code]

Une fois Zero Theorem terminé, Gilliam déclare vouloir à nouveau s'atteler au projet[13]. Le scénario ne fait plus mention d'un voyage dans le temps et, comme c'était déjà le cas pour le projet avec Robert Duvall et Ewan McGregor, le personnage de Toby Grosini est désormais un jeune réalisateur qui a déjà fait un film sur Don Quichotte et retourne sur les lieux du tournage pour constater que son film a détruit la vie de la plupart des gens qui y ont participé : « certains sont devenus fous, d'autres alcooliques, d'autres se prostituent »[14]. On pourra distinguer dans cette idée une certaine mise en abyme des propres mésaventures de Terry Gilliam et de ses tentatives avortées de réaliser un film autour de Don Quichotte.

En , John Hurt déclare que Terry Gilliam lui a demandé de jouer Don Quichotte[15] et en , Variety révèle que le rôle principal de Toby sera tenu par Jack O'Connell[16][réf. insuffisante]. Le budget du film est alors estimé à 21 000 000 $[17] mais, en dépit d'un partenariat avec Amazon studios, le producteur espagnol Adrián Guerra échoue à trouver les fonds nécessaires. Par ailleurs, John Hurt est diagnostiqué d'un cancer du pancréas à l'été 2015, ce qui, même après rémission, l'empêche d'être assuré pour le film et le met hors d'état de participer au projet. Cette nouvelle mouture échoue donc comme les précédentes et le projet change de producteur en passant dans les mains de Paulo Branco en 2016.

2016 : projet avec Michael Palin et Adam Driver[modifier | modifier le code]

En , il est annoncé que le projet est repris par le producteur Paulo Branco[18][réf. insuffisante]. Les rôles de Toby et de Don Quichotte seront repris par Adam Driver et Michael Palin[19][réf. insuffisante]. Lors du festival de Cannes en 2016, Paulo Branco et Terry Gilliam annoncent un tournage de onze semaines commençant en , dans le but avoué de présenter le film lors du 70e festival de Cannes en 2017[20][réf. insuffisante]. Pourtant, fin , Gilliam annonce que Paulo Branco n'a finalement pas les fonds qu'il était supposé avoir réunis[21][réf. insuffisante]. Par conséquent, Branco est éjecté du projet et le tournage retardé. Néanmoins, en , alors que le tournage (désormais avec Jonathan Pryce -voir ci-dessous) entre dans sa dernière semaine, le tribunal de grande instance de Paris proclame la validité du contrat unissant Gilliam et Branco. Le producteur estime alors que le film ne pourra être exploité sans son accord.[22],[23]

2017-2018 : projet avec Jonathan Pryce et Adam Driver[modifier | modifier le code]

Suite au report du tournage, Michael Palin préfère se concentrer sur de nouveaux projets de documentaires et d'essais[24]. Il est remplacé par un autre habitué de l'univers de Terry Gilliam en la personne de Jonathan Pryce. Olga Kurylenko, Stellan Skarsgård et Rossy de Palma complètent la distribution[25]. Le film est une co-production entre l’Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni et la Belgique et Amazon Studios se chargera de distribuer le film en Amérique du Nord (en salles puis en VOD).

Le tournage débute en Espagne continentale le [26],[27], il passe ensuite par le Portugal du 24 avril au 8 mai [28], pour se finir aux Canaries fin mai. Le 4 juin, Terry Gilliam annonce sur Facebook que le tournage a pris fin[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article du Guardian du 4 février 2001 (en).
  2. a et b Article du site "Dreams" consacré à Terry Gilliam (en).
  3. http://www.sudouest.fr/2013/03/10/le-cheval-de-don-quichotte-avait-ete-affame-a-mort-pour-les-besoins-du-film-990356-4690.php« Le cheval de "Don Quichotte" avait été affamé à mort pour les besoins du film », sud ouest,‎
  4. Hugues Royer, Vanessa Paradis. La vraie histoire, Éditions Flammarion, , p. 91.
  5. Article du Daily Telegraph du 26 juillet 2008 (en).
  6. D'après le synopsis publié sur le site de la société Recorded Picture Company (en).
  7. (en)Exclusive: Terry Gilliam Wants Robert Duvall to Play Don Quixote de la Mancha!, collider.com, publié le 2 décembre 2009.
  8. Article du site Empire, 18 mai 2010 (en).
  9. (en) Article de Variety du 5 septembre 2010 (en), consulté le 24 juillet 2011.
  10. Article du blog theplaylist, 21 novembre 2011 (en).
  11. Article du blog theplaylist, 9 décembre 2011 (en).
  12. Article du site Tracking Board, 12 avril 2012 (en).
  13. Article de Variety, 3 septembre 2013 (en).
  14. (en) Terry Gilliam’s ‘Don Quixote’ Movie Will Shoot After Christmas With Modernized Plot (Exclusive), thewrap.com.
  15. article sur le site theplaylist, 11 mai 2014 (en).
  16. (en)[1].
  17. Interview d'Adrián Guerra (es).
  18. (en)[2].
  19. (en)[3].
  20. [4].
  21. [5].
  22. « So Film on Twitter », So Film,‎ (lire en ligne).
  23. (pt) Joana Amaral Cardoso, « Justiça dá razão parcial a Paulo Branco, mas Terry Gilliam continua a rodar com outros produtores », sur PÚBLICO (consulté le 20 mai 2017).
  24. Blog de Michael Palin du 22 janvier 2017.
  25. Clément Cuyer, « Don Quichotte : Terry Gilliam a ENFIN débuté le tournage ! », Allociné, (consulté le 10 mars 2017).
  26. Article du magazine Brazil du 28 janvier 2017.
  27. « Publication Instagram par la chef maquilleuse Sylvie Imbert », sur Instagram (consulté le 8 mars 2017).
  28. Mediatejo.net : article du 6 mai 2017.
  29. (en) « Terry Gilliam », sur www.facebook.com (consulté le 4 juin 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]