L'Aurore (journal, 1944)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aurore.
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le journal L'Aurore fondé en 1944. Pour son homonyme fondé en 1897 et publié jusqu’en 1914, voir L'Aurore (journal).
L’Aurore
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Genre Information générale
Date de fondation 1944
Date du dernier numéro 1985
Ville d’édition Paris

Dès 1943, quelques numéros, les premiers, du journal L’Aurore animé par Robert Lazurick sont publiés dans la clandestinité. Après la libération de Paris, en 1944, Robert Lazurick (ancien député du Front populaire), Jean Piot et Paul Bastid avec la collaboration d'Henri Forissier comme rédacteur en chef, obtiennent l'autorisation officielle de publier leur journal sous le nom de L’Aurore en référence au quotidien de Clemenceau disparu en 1914, dans lequel était notamment paru J’accuse d'Émile Zola, du temps de l’affaire Dreyfus.
Absorbant plusieurs autres organes de presse dans les dix premières années de sa publication, le quotidien sera à son tour absorbé par Le Figaro en 1985.

Premières années[modifier | modifier le code]

L’Aurore est dans les kiosques le . Le journal occupe d'abord à Paris, au 9 rue Louis-le-Grand, les locaux qui furent ceux du quotidien L'Œuvre (interdit de reparution). Après la loi de 1954 de dévolution des biens de presse, L’Aurore s'installera, 100 rue de Richelieu dans le 2e arrondissement, dans les locaux de l'ancien journal Le Journal où se trouvait son imprimerie dont le nouveau quotidien devient propriétaire. Son tirage atteint 90 000 exemplaires dès janvier 1945. Il augmentera très vite pour faire de ce quotidien l’un des trois ou quatre plus puissants au cours de ces premières années de l'après-guerre. Il absorbera ensuite L’Époque puis le quotidien France-Libre (1948) ; et enfin Ce Matin-Le Pays (1953), journaux créés après la Libération.

Sous l'aile de Boussac[modifier | modifier le code]

En 1951, Marcel Boussac, puissant industriel du textile (coton), entré dans le capital, contrôle 74,3 % du journal qui devient un organe d'expression proche des classes moyennes, commerçants et artisans, puis lors de l’indépendance de l’Algérie le porte-voix des Pieds-Noirs rapatriés. Dans les années 1960 du gaullisme tout puissant, L’Aurore devient un journal d'opposition, centriste, qui défend par exemple les positions de Jean Lecanuet. Lors du décès accidentel de Robert Lazurick, en avril 1968, sa veuve Francine Lazurick, née Bonitzer, lui succède. Elle travaille en bonne intelligence avec les rédacteurs en chef: Roland Faure (Politique étrangère), Gilbert Guilleminault (Société, vie culturelle, informations générales), Dominique Pado (Politique intérieure), André Guérin (Éditorialiste), José Van den Esch, (Économie, Social) et Georges Merchier (Sciences, éducation, religion). L'administrateur du journal Roger Alexandre est le dernier PDG de L’Aurore.

De Jules Romains à Pierre Desproges[modifier | modifier le code]

En juillet 1956, L’Aurore est le premier quotidien à se lancer dans l'illustration en couleur, en première et dernière pages[1]. Le tirage de L’Aurore s'établit à partir de 1952 au-dessus de 400 000 exemplaires quotidiens, s'élevant dans les années 1956-1962 à plus de 500 000 exemplaires, dépassant certaines années Le Figaro[2]. Parmi les grandes plumes ayant collaboré à L’Aurore, on peut citer André Frossard, Jules Romains, Jean Mistler, tous trois membres de l’Académie française, et Jacqueline Cartier. Pierre Desproges y fait aussi ses débuts par l'entremise de son amie d'enfance, la journaliste judiciaire et écrivain Annette Kahn. D’autres journalistes y ont travaillé : Philippe Bernert, Gilbert Ganne, Gérald Schurr, Anne Manson, Évelyne Le Garrec, Jean-Claude Goudeau, Jean Laborde, André Sirvin, Alain Riou, Jacques Bouzerand, Bernard Morrot, Francis Schull, Jacques Lesinge, Jacques Malherbes, Jacques Chambaz, André Bloch, Monique Dittière, Andrée Nordon, Jacques-Marie Bourget, Jean-Michel Saint-Ouen, Claude-Marie Vadrot, etc.

La période Hersant[modifier | modifier le code]

En 1978, après la vente du journal par Marcel Boussac à Marcel Fournier (PDG du groupe des supermarchés Carrefour) qui le revendra à Robert Hersant, Francine Lazurick, la directrice, abandonne ses fonctions de PDG et démissionne du journal l’Aurore ainsi que le rédacteur en chef Dominique Pado. Francine Lazurick est remplacée à la tête du groupe, le 3 novembre, par Pierre Janrot, membre du Groupe Hersant.

Robert Hersant a donc racheté le journal qui était en concurrence la plus directe avec son navire amiral, Le Figaro. En fait, il le fusionne peu à peu avec le fleuron de son groupe de presse, dont L’Aurore reprend, au bout de quelques années, la quasi-intégralité du contenu, à l'exception, jusqu'en 1982, de l'éditorial, rédigé soit par Jacques Guillemé-Brulon pour la politique étrangère, soit, le plus souvent, par Guy Baret pour la politique intérieure. Sous l'influence de ce dernier L’Aurore se positionnera nettement plus à droite. En 1985, le journal est purement et simplement intégré dans Le Figaro. Mais il survit dans le titre de l'édition sans suppléments du samedi Le Figaro-L'Aurore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Bellanger, Jacques Godechot, Perre Guiral et Fernand Terrou, Histoire générale de la presse française, Presses universitaires de France, 1976, p. 222 et suivantes.
  2. Claude Bellanger, Jacques Godechot, Perre Guiral et Fernand Terrou, op. cit., p. 267.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Numéros clandestins de L'Aurore disponibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.