L'Arrestation du Christ (Le Caravage)

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L'Arrestation du Christ
Caravaggio - Taking of Christ - Dublin.jpg
Artiste
Date
vers 1602
Technique
Huile sur toile
Mouvement
Dimensions
(H × L)
133.5 × 169.5 cm
Localisation

L'Arrestation du Christ (en italien : Cattura di Cristo ou également Presa di Cristo nell'orto signifiant « Prise du Christ dans le jardin ») est un tableau du Caravage peint vers 1602 et conservé à la National Gallery of Ireland de Dublin.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce tableau est une commande de Ciriaco Mattei sur une suggestion de sujet par son frère le cardinal Girolamo Mattei. Sa trace est perdue à la fin du XVIIIe siècle. En 1930, Marie Lea-Wilson donne aux Jésuites de Dublin le tableau qu'elle avait acheté dix ans plus tôt à Édimbourg. Sa valeur artistique est connue, mais il était alors considéré comme l'œuvre du peintre néerlandais Gerrit van Honthorst, disciple du Caravage. À l'occasion d'une restauration de la toile, en 1991, le supérieur de la maison jésuite de Dublin le fait expertiser par Sergio Benedetti, expert et restaurateur de la National Gallery of Ireland, qui l'authentifie comme œuvre du Caravage. Les Jésuites décident alors de le confier au musée dublinois.

Une copie ancienne de ce tableau, dont l'attribution à Caravage est refusée par la plupart des experts du peintre[1], est conservée au musée d'Art d'Odessa (Ukraine). Ce tableau est volé fin juillet 2008, ce qui provoque un émoi considérable dans le milieu de l'art ukrainien, où il est considéré comme une œuvre de très haute valeur[2]. La police ukrainienne le retrouve toutefois en Allemagne en 2010[3],[4],[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau décrit l'arrestation du Christ dans le jardin des Oliviers, à l'instant où Judas embrasse Jésus afin de le désigner aux soldats venus l'arrêter. Cette scène est décrite de façon similaire dans les quatre Évangiles[6].

Caravage a choisi une composition très resserrée sur les personnages, accentuant ainsi l'effet dramatique de la scène. Des soldats en armure (trois sont visibles) se saisissent du Christ au moment où Judas approche ses lèvres pour déposer le baiser de la trahison, dans un mouvement vers la gauche encore accentué par la fuite d'un personnage derrière le Christ. Ce personnage, qui sort à-demi du cadre du tableau, est visiblement terrorisé et abandonne dans sa fuite le pan d'un manteau ou une cape que retient un soldat : il s'agit vraisemblablement d'un des apôtres, peut-être saint Jean ou encore saint Marc. L'évangile selon Marc évoque en effet « un jeune homme » qui s'enfuit suite à l'arrestation en laissant une étoffe aux mains de ses poursuivants[7].

Un septième et dernier personnage éclaire une partie de la scène à droite, tenant une lanterne ; il est probable qu'il s'agisse là d'un autoportrait de Caravage. En dépit de la présence de cette lanterne et du contexte nocturne de la scène, les sources lumineuses sont nombreuses et offrent différents points de focalisation sur les visages, les armures ou les mains.

Comme dans La Vocation de saint Matthieu les vêtements des personnages sont contrastés. Jésus et ses apôtres sont habillés comme à leur époque tandis que ceux qui arrêtent Jésus portent des armures du XVIe siècle et non pas de l'époque du Christ. Caravage veut souligner le caractère transhistorique des scènes de la vie de Jésus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'attribution originale était due à des experts soviétiques des années 1950, mais est hautement douteuse aujourd'hui. Didier Rykner, « L’Arrestation du Christ d’après Caravage, volée à Odessa », sur La Tribune de l'Art,‎ (consulté le 5 mai 2013).
  2. (en) Ron Popeski et Paul Casciato, « Ukraine laments theft of a Caravaggio from museum », sur Reuters,‎ (consulté le 5 mai 2013)
  3. Didier Rykner, « L’Arrestation du Christ d’après Caravage retrouvée en Ukraine », sur La Tribune de l'Art,‎ (consulté le 5 mai 2013)
  4. (en) Olzhas Auyezov, « Ukraine recovers stolen Caravaggio work: report », sur Reuters,‎ (consulté le 5 mai 2013)
  5. Communiqué Interpol juillet 2010
  6. Matthieu 26, 47-56 ; Marc 14, 43-50 ; Luc 22, 47-52 ; Jean 18, 3-11 (Jean n'évoque pas, toutefois, l'embrassade de Judas mais se contente de citer sa présence).
  7. Marc, 14, 51-52

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]