L'Annonciation (Le Caravage)

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L'Annonciation
Annunciation-Caravaggio.jpg
Artiste
Date
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
285 × 205 cm
Mouvement
Localisation

L'Annonciation est un tableau de Caravage peint entre 1608 et 1610[1],[2] et conservé au musée des beaux-arts de Nancy.

peinture d'un homme en tenue et chapeau rouge de cardinal, tenant ses gants à la main.
Ferdinand de Gonzague, cardinal et fils du duc de Mantoue, pourrait être le commanditaire du tableau.
Portrait anonyme, XVIIe siècle, pinacothèque de Bologne.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette œuvre tardive du peintre aurait été réalisée soit à Malte, soit lors de son second séjour à Naples[2].

Cette œuvre arrive à Nancy il y a plus de 400 ans, donné à la primatiale par Henri II, duc de Lorraine[3]. Peut-être elle-elle initialement commandée par le duc lui-même afin d'orner le maître-autel de la primatiale[4], car il s'agit de son église de baptême. Mais la commande peut également provenir du cardinal Ferdinand de Gonzague[5]. Dans cette seconde hypothèse, le cardinal aurait alors offert le tableau à sa sœur Marguerite qui a épousé le duc Henri II en 1606[4]. Un lien important réunit Caravage au cardinal, car c'est ce dernier qui négocie le pardon pontifical qui permettrait au peintre de rentrer enfin à Rome[5], d'où il s'est précipitamment enfui quelques années plus tôt après avoir tué un homme lors d'une rixe.

Le tableau subit de nombreux dommages au cours des siècles, ainsi que des restaurations plus ou moins heureuses[6]. Une restauration est effectuée en 2010 à Rome, lors d'un prêt de l'œuvre pour une exposition à l'occasion du 400e anniversaire de la mort de Caravage (en 2010)[6].

Description[modifier | modifier le code]

Le thème de L'Annonciation est une représentation de l'iconographie chrétienne couramment utilisée sous une forme très codifiée depuis le Quattrocento. Dans la partie gauche, un ange roux aux ailes sombres, enveloppé d'un drapé blanc et tenant un bouquet de lys, allonge son bras droit au-dessus de Marie, située dans la partie droite voilée de jaune et drapée de bleu. L'ange semble désigner de sa main droite, en un geste maniériste, le lit défait de Marie à l'arrière-plan[6].

Analyse[modifier | modifier le code]

La perspective de représentation de la scène de l'Annonciation est particulièrement nouvelle avec une position haute et dans les airs de l'ange devant une Marie agenouillée alors que la représentation habituelle est inverse, avec un ange agenouillé devant Marie surprise dans sa lecture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ebert-Schifferer 2009, p. 296.
  2. a et b Gelly 2006, p. 108.
  3. Puglisi 2005, p. 410.
  4. a et b « Michelangelo Merisi, dit Le Caravage », sur musée des Beaux-Arts de Nancy (consulté le 21 janvier 2018).
  5. a et b Puglisi 2005, p. 366.
  6. a, b et c Aurélie Jacques, « Le Caravage dévoilé », sur Le Point.fr, (consulté le 21 janvier 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sybille Ebert-Schifferer (trad. de l'allemand par Virginie de Bermond et Jean-Léon Muller), Caravage, Paris, éditions Hazan, , 319 p., 32 cm (ISBN 978-2-7541-0399-2).
  • Clara Gelly, Nancy, Musée des beaux-arts: peintures italiennes et espagnoles, XIVe-XIXe siècle, IAC Éditions, , 191 p. (ISBN 9782916373010, lire en ligne).
  • Catherine Puglisi (trad. de l'anglais par Denis-Armand Canal), Caravage [« Caravaggio »], Paris, éditions Phaidon, (réimpr. 2007) (1re éd. 1998 (en) ; 2005 (fr)), 448 p., 25 cm (ISBN 978-0-7148-9475-1).
  • Claire Stoullig, Florence Portallégri et Daila Radeglia, L'Annonciation du Caravage : la restauration d'un chef-d’œuvre du musée des Beaux-Arts de Nancy, Paris, Kubik éd., , 95 p., 25 cm (ISBN 978-2-35083-055-1), catalogue d'exposition (Nancy, musée des beaux-arts, 2010-2011).

Articles connexes[modifier | modifier le code]