L'Ami Fritz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Ami Fritz (homonymie) et Fritz.
L'Ami Fritz
Auteur Erckmann-Chatrian
Genre Chronique
Lieu de parution Paris
Éditeur Hachette
Date de parution 1864
Nombre de pages 341

L'Ami Fritz est un roman de Erckmann-Chatrian, écrit en 1864, peignant la vie dans une ville au XIXe siècle.

Résumé[modifier | modifier le code]

Fritz Kobus, bon vivant, héritier de son père juge de paix, décide de vivre sans travailler ni se marier afin de profiter de la vie, du bon vin, de la bonne chère, des amis à la brasserie du Grand-Cerf. Fidèle à sa philosophie pendant 15 ans, malgré les pressions du meilleur ami de son père, le rabbin David (rebbe), qui lui présente régulièrement les plus jolies veuves.

Comme chaque année, au premier jour du printemps, le bohémien Iôsef vient jouer du violon sous sa fenêtre, en remerciement d'un jour de Noël où Fritz le sauva du wachtmann Foux. Il l'invita à diner, ainsi que plusieurs de ses amis.

C'est à la fin de ce repas copieux, préparé avec art par la vieille Katel, et arrosé des meilleurs vins accumulés par le père et les grands-pères de Fritz dans sa cave, que passa la jeune Sûzel, la fille du fermier anabaptiste Christel qui s'occupe de la ferme des Kobus, Meisenthâl…

Commentaires[modifier | modifier le code]

L'ami Fritz est une description réjouissante d'une petite ville. Si les tensions politiques et sociales ne sont pas effacées (le quartier juif est le plus pauvre, des fermiers émigrent vers les Amériques, on y décrit le prélèvement de l'impôt dans un village reculé et pauvre), le personnage de Fritz semble être au-dessus de toutes ces considérations et ne se préoccupe que de bien vivre, en bonne amitié avec ceux qu'il aime. C'est un homme très tolérant…

Analyse[modifier | modifier le code]

L’ami Fritz, héros alsacien ?[modifier | modifier le code]

L'action se passe dans une partie de l'Alsace située entre Landau et la frontière actuelle. Bien que faisant partie de l'Alsace depuis 1680, cette zone a été rattachée au Palatinat en 1815, lequel a été partagé entre la Prusse et la Bavière, malgré l'absence de continuité territoriale, lors du congrès de Vienne. Cela explique la nationalité bavaroise de Fritz et son animosité envers les Prussiens, puisqu'il est favorable à l'unité de l'Allemagne, mais pas sous le joug prussien. Le percepteur Hann collecte donc les impôts pour le roi de Bavière !

Voici deux citations qui le démontrent : au chapitre VI, pendant la scène où Fritz invite ses amis à déjeuner, l’auteur écrit : « Et quand, à la cinquième ou sixième bouteille, les figures s’animent quand les uns éprouvent tout à coup le besoin de louer le Seigneur, qui nous comble de ses bénédictions, et les autres de célébrer la gloire de la vieille Allemagne, ses jambons, ses pâtés et ses nobles vins (…). »

Dans ce même chapitre, l’Alsace est évoquée, mais uniquement parce que l’ami de Fritz, Frédéric Schoultz s’y trouvait en tant que soldat dans la Landwehr à l’issue de la campagne de France. Il faut noter également que dans nul autre passage du livre, il n’est fait mention ni de l’Alsace, ni des Alsaciens. En revanche, au chapitre XVI, on assiste au dialogue suivant, qui dissipe toute ambiguïté : « Hé ! fit Kobus en riant, c’est à cause des Prussiens.
— Comment ! à cause des Prussiens ?
— Sans doute (…) des gens glorieux, mis à la dernière mode, et qui nous regardent de haut en bas, nous autres Bavarois »

Dans le chapitre VI également, Fritz donne un « goulden », qui n'était certainement pas une pièce en usage en Alsace au XIXe siècle.

Sur les autres projets Wikimedia :

Postérité du personnage[modifier | modifier le code]

Les Pantoufles de l’Ami Fritz, produites par les Établissements Amos à Wasselonne.

Les Établissements Amos à Wasselonne en Alsace ont produit jusqu’en 1987 des pantoufles sous la marque Les Pantoufles de l’Ami Fritz[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

opéra
films

Éditions[modifier | modifier le code]

  • 1932 : L'ami Fritz, par Erckmann-Chatrian. Editions Nelson, Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rolf Werl, Wasselonne, histoire d’une ville d'Alsace des origines à nos jours, Société savante d’Alsace et des régions de l’Est,‎ 1991, 480 p.
  2. C'est sous le nom composé "Erckmann-Chatrian", et non pas "Émile Erckmann et Alexandre Chatrian", que ce roman a été publié dans toutes les éditions antérieures à 1980.
  3. Notice n°: FRBNF30403247 de la Bibliothèque nationale de France.

Source[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]