L'Étoffe des héros

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L’Étoffe des héros

Titre original The Right Stuff
Réalisation Philip Kaufman
Scénario Philip Kaufman
Tom Wolfe (livre)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1983
Durée 193 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Étoffe des héros (The Right Stuff) est un film américain de Philip Kaufman, sorti en 1983.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'Étoffe des héros retrace l'épopée des pilotes d'essais américains d'après-guerre, du passage du mur du son par Chuck Yeager aux premiers vols spatiaux habités. Ce film retrace la vie de ces aviateurs fougueux dans le contexte de la guerre froide naissante, et le parcours de certains d'entre eux, qui seront sélectionnés pour devenir les premiers Américains à aller dans l'espace. Ce seront les astronautes du programme spatial Mercury, qui fut le premier pas de la conquête de l'espace américaine.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Le Bell X-1A en vol

Le Muroc Army Air Field en 1947 est le décor du début du film. Cette base de l'Air Force poussiéreuse des zones arides est l'endroit où des avions les plus rapides sont mis à l'essai dans le secret, y compris l'avion-fusée X-1, sur le point de voler à des vitesses supersoniques. Alors qu'un certain nombre de pilotes d'essai ont trouvé la mort dans la tentative de dépasser ce que l'on appelle le « mur du son », l'officier de liaison de base, le héros de guerre Chuck Yeager (Sam Shepard) se voit offrir la chance de piloter le X-1. Pendant une course poursuite à cheval avec son épouse Glennis (Barbara Hershey), dans les sous-bois entourant la base, Yeager chute et souffre de quelques côtes cassées. Refusant d'admettre la défaite, il part (avec l'aide d'un manche à balai scié) et dépasse sur le X-1 la vitesse du son, battant le « démon du ciel ».

On avance en 1953, où Edwards Air Force Base (rebaptisée ainsi en mémoire d'un des pilotes d'essai qui y perdit la vie) reste l'endroit idéal pour les premiers pilotes comme Yeager, engagé dans un concours de vitesse avec le pilote d'essai Scott Crossfield (Scott Wilson). Crossfield et Yeager s'engagent dans une intense, mais conviviale rivalité pour les records de vitesse et d'altitude. Edwards est à la fois un lieu très différent et cependant reste le même grâce au célèbre Happy Bottom Riding Club dirigé par Pancho Barnes (Kim Stanley) toujours le lieu de rassemblement de ceux qui ont « l'étoffe ».

Les nouveaux pilotes tels que Gordon « Gordo » Cooper (Dennis Quaid) et Virgil « Gus » Grissom (Fred Ward) font partie d'un flux constant de « pudknockers » comme Barnes les appelle[1]. L'épouse de Cooper, Trudy (Pamela Reed) s'interroge sur la nécessité de repousser toujours plus loin les limites du danger, mais est résignée au fait que son mari, comme tous les autres, est motivé par l'ambition et court après la gloire. D'autres femmes de pilotes, qui partagent les mêmes sentiments, doivent apprendre à réprimer leurs craintes. Déjà, la presse est présente en arrière-plan, reconnue comme un élément majeur pour s'assurer que les sources de financement ne tariront pas.

Le 4 octobre 1957, le lancement historique par l'Union soviétique du satellite Spoutnik plonge le monde scientifique et l'armée américaine dans le chaos. Hommes politiques et chefs militaires chargent la NASA de mettre au point une réponse pour ce que l'on pressent être la « course à l'espace » avec l'URSS. La recherche des premiers Américains dans l'espace exclut les pilotes d'essai comme Yeager, que la perspective d'être du « SPAM-in-a-can » (le SPAM est du jambon en boîte) n'intéresse pas. Les sept astronautes du programme Mercury qui se dégagent d'une sélection exténuante incluent des rivaux de l'US Marine Corps John Glenn (Ed Harris) et le pilote de l'US Navy Alan Shepard (Scott Glenn), ainsi que des pilotes de l'US Air Force comme Gordon Cooper, Grissom et les autres. Les dangers du vol spatial sont mis en avant alors que les premiers essais de lancement (inhabités) échouent les uns après les autres.

Pour obtenir une écoutille et un hublot sur la capsule, de même qu'un minimum de contrôle sur le vol, les astronautes confrontent les directeurs du programme, menaçant de faire des révélations à la presse, avec l'argument « no bucks, no Buck Rogers »[2] (« pas d'argent, pas de Buck Rogers »).

Puis vient la chronique des missions Mercury de Shepard, Grissom, Glenn et Cooper. Quand « Gus » Grissom, deuxième astronaute à être envoyé dans l'espace, amerrit et sort de son vaisseau spatial (l'ouverture de l'écoutille, non prévue, a causé l'inondation puis la perte de la capsule), le sauvetage de l'enregistrement contenu dans la capsule semble plus important pour l'équipe de récupération que le sauvetage du pilote, en raison de la valeur des données (la théorie voulant que Grissom ait déclenché les événements qui ont causé la perte de sa capsule s'est révélée fausse beaucoup plus tard).

Les deux côtés (États-Unis et URSS) dans la course à l'espace ont utilisé des ingénieurs allemands expérimentés et des spécialistes en fusée. À un moment particulièrement drôle dans le film, le sénateur Lyndon Johnson participe à une réunion où les hommes politiques réagissent à l'annonce du lancement de Spoutnik de 1957. Le sénateur Johnson demande : « Est-ce leurs scientifiques allemands qui les [les Soviétiques] ont amenés là en premier ? ». À ce moment-là, le « scientifique allemand » (un caractère composite, fortement inspiré de Wernher von Braun) répond : « Non sénateur... nos Allemands sont meilleurs que leurs Allemands. » Plus tard, Johnson, devenu président, continue l'initiative du président Kennedy de rester en tête de la course à l'espace, et il accueille à Houston, Texas, le nouveau siège de la NASA (déplacé sous l'influence de Johnson, dont c'est l'État d'origine), une fête qui met en lumière les aspects surréalistes de la compétition.

L'aventure Mercury contraste avec les événements à la base Edwards où des pilotes d'essai tels que Yeager, qui a été exclu du programme de la NASA après que des fonctionnaires eurent décidé de n'employer que des pilotes diplômés d'université, continuent leur travail dangereux. Au cours d'un essai d'un nouveau Lockheed NF-104A, hybride entre une fusée et un avion, Yeager établit un nouveau record d'altitude, aux frontières de l'espace, mais est gravement brûlé et frôle la mort dans une éjection à grande vitesse de son appareil hors de contrôle.

Le film se poursuit par le lancement et la mise en orbite de la mission de Glenn et Cooper. L'atmosphère générale de la concurrence dans un contexte de guerre froide s'infiltre dans les tensions de la vie familiale des astronautes. Entre autres, l'épouse de Glenn, Annie (Mary Jo Deschanel) a eu un moment particulièrement difficile sous le feu des médias, en raison de son bégaiement inné. John Glenn finit par intervenir pour la protéger de la pression médiatique, dont chaque moment du film souligne l'omniprésence par le bourdonnement des caméras et bruits de flashs.

Le film se termine par un épilogue qui indique ce que sont devenus les personnages principaux après les événements relatés par le film.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Lieux de tournage :

NASA Ames Research Center, Moffett Field - U.S. Route 101, Mountain View, Californie, États-Unis

  • California & Montgomery, Financial District, San Francisco, Californie, États-Unis
  • Cow Palace, San Francisco, Californie, États-Unis
  • Edwards Air Force Base, Californie, États-Unis
  • Half Moon Bay, Californie, États-Unis
  • Hamilton Air Force Base, Novato, Californie, États-Unis
  • Mojave Desert, Californie, États-Unis
  • San Francisco, Californie, États-Unis
  • USS Coral Sea
  • Pays : États-Unis
  • Langue : anglais
  • Format : couleurs - 70 mm - Panaflex Camera and Lenses by Panavision // Dolby(35 mm prints) - 70 mm 6-Track (70 mm prints)
  • Genre : drame historique
  • Durée : 193 min (3h13)
  • Sortie : (États-Unis) - 25 avril 1984 (France)

Distribution[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de plans ont été bâtis à partir d'images d'archives. Y apparaissent (non crédités) :

Récompenses[modifier | modifier le code]

Le film a été récompensé par quatre Oscars sur huit nominations : meilleur montage, meilleure prise de son, meilleure musique originale, meilleurs effets spéciaux sonores.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans L'Étoffe des héros, Pancho Barnes classe les pilotes d'Edwards dans deux catégories : les pilotes « prime » (« de premier plan ») volant sur le meilleur matériel (« hot planes »), et les « pudknockers » (« branleurs ») ceux qui ne peuvent qu'en rêver. (en) Right Stuff: pudknockers.m4r - MovieWavs.com
  2. (en) Page sur les références à Buck Rogers dans la culture moderne - WorldLingo

Liens externes[modifier | modifier le code]