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Léopold Ier (F930)

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Léopold Ier
illustration de Léopold Ier (F930)
Le Léopold Ier

Autres noms HNLMS Karel Doorman
Type Frégate de classe Karel Doorman
Classe Classe Karel Doorman
Histoire
A servi dans  Marine royale néerlandaise

 Composante marine

Constructeur Schelde
Lancement Le dans la Marine royale néerlandaise

Le dans la  Composante marine

Statut En service dans la marine belge
Équipage
Équipage 145
15 officiers
70 sous-officiers
60 matelots
Caractéristiques techniques
Longueur 122,25 m
Maître-bau 14,37 m
Tirant d'eau 6,2 m
Déplacement 2 800 tonnes
Port en lourd 3 320 tonnes
Propulsion 2 moteurs diesels Stork-Werkspoor de 9 790 chevaux pour les allures économiques
2 turbine à gaz Rolls Royce Spey 1A de 33 800 chevaux en total pour les allures opérationnelles
2 hélices à pas variable
Vitesse 30 nœuds (maximum turbines)
21 nœuds (maximum diesel)
Caractéristiques militaires
Armement Otobreda 76 mm antiaérien et antisurface
Lance-missiles Sea Sparrow vertical
AGM-84 Harpoon
Goalkeeper CIWS
Torpilles Mark 46
Browning M2
2 lances-paillettes SRBOC
Aéronefs NH90
Carrière
Pavillon Belgique
Port d'attache Zeebruges
Indicatif F930

Le Léopold Ier est une frégate de classe Karel Doorman de la marine belge. Son numéro de coque est le F930.

Construit initialement pour la marine néerlandaise en 1988 sous le nom de HNLMS Karel Doorman (F827), il est vendu en , avec son navire jumeau, le HNLMS Willem Van Der Zaan, à la Belgique. Ils sont respectivement rebaptisés Léopold Ier et Louise-Marie.

Son port d'attache est Zeebruges et sa ville marraine est Nivelles.

Construction et propriété des Pays-Bas

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Dans les années 1980, la marine néerlandaise décide de concevoir et construire une nouvelle classe de frégate[1]. Celle-ci viendra remplacer la classe Roofdier (en), composée de six navires construits aux États-Unis de 1951 à 1954 et loués aux Pays-Bas dans le cadre du Mutual Defense Assistance Act[1],[2].

Contrairement à la génération précédente, les nouvelles frégates, multi-usages, doivent être construites aux Pays-Bas. Ainsi, de 1985 à 1995, huit navires sont construits au chantier naval Schelde[1]. Les navires jumeaux sont baptisés Karel Doorman (F827), Willem van der Zaan (F829), Tjerk Hiddes (F830), Vam Amstrl (F831), Abraham van der Hulst (F832), Van Nes (F833), Van Galen (F834) et Van Spejik (F828)[1]. Ils sont ensuite commissionnés de 1991 à 1995[1]. Sur ces huit navires, seulement deux sont encore en activité dans la marine royale néerlandaise (le F828 et F831). Les six autres ont été vendus à des nations étrangères, à savoir la Belgique (F827 et 829), le Portugal (F833 et F834) et le Chili (F830 et 832)[1].

Le Karel Doorman est la première des huit frégates à sortir du chantier. Il est nommé en l'honneur de Karel Doorman, un contre-amiral néerlandais mort durant la première bataille de la mer de Java[3]. Son lancement est effectué le et il rentre en service [3],[4]. Il est renommé Léopold Ier, du nom du premier roi des Belges, lors de son transfert à la marine belge[1].

Caractéristiques

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La classe Karel Doorman est une classe de frégates multi-missions, multi-usages. On la nomme souvent classe M[1],[3]. Dans cette optique, les navires sont équipés de capacités sol-air, sol-sol et anti-sous-marines. Ils peuvent ainsi effectuer des missions de dissuasion, de sécurité, de soutien ou d'attaque[1].

Le Léopold Ier est long de 123,72 m, large de 14,37 m et possède un tirant d'eau de 6,05 m[4]. Il a un déplacement de 2 800 tonnes et un port en lourd de 3 320 tonnes[4]. L'équipage est d'environ 145 personnes (15 officiers, 70 sous-officiers et 60 matelots)[4].

Il est équipé de deux moteurs diesel Stork-Werkspoor de 9 790 ch pour les allures économiques et deux turbines à gaz Rolls Royce Spey de 18 000 ch (13 600 kW) pour les allures opérationnelles[4]. Ils alimentent deux hélices à pas variable LIPS[4]. Quatre générateurs de 871 ch (650 kW) viennent terminer l'équipement propulsif[4]. Sa vitesse maximale est de 30 nœuds avec les turbines et de 21 nœuds avec les moteurs diesel[4].

Photographie annotée avec les armements.
Armement principal du Léopold Ier.

La frégate est équipée de huit missiles Harpoon, d'un système Sea Sparrow à lancement vertical de 16 cellules VLS Mk 48, d'un canon anti-aérien de 76 mm AA OTO-Melara DP compact SR, d'un système de défense rapprochée contre missiles Goalkeeper CIWS, de deux mitrailleuses .50 Browning M2, de quatre tubes de lancement de 324 mm ASM (II x 2) pour torpilles ECAN Honeywell Mk 46 modèle AS, de torpilles ECAN Honeywell Mk 46 modèle L5 et de deux lance-leurres SRBOC Mk 36[4],[1],[5].

Le navire est équipé de divers senseurs, à savoir un sonar de coque actif moyenne fréquence de recherche et d’attaque Signaal PHS-36 (HSA), d'un radar de veille combinée tridimensionnel, d'un SMART-S 3D (en bande F), d'un radar de veille combinée Signaal LW-08 (en bande D), d'un radar de navigation Kelvin Hughes (en bande I), d'un radar de veille SCOUT LPI (faible probabilité d’interception), de deux conduites de tir Signaal STIR 18 (bande I/J/K) avec conduite de missiles, d'un système SEWACO VII d’exploitation des informations tactiques, des armes et senseurs ESM/ECM[4].

Pont d'envol pour hélicoptère

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Photographie.
Arrière du Léopold Ier avec la plateforme pour hélicoptère.

Le navire possède une plateforme pour accueillir un hélicoptère et un hangar. Il transporte initialement des Alouette III. Le dernier vol de cet hélicoptère depuis le Léopold Ier est effectué en [6]. Le pont, modifié après la construction, peut désormais accueillir des NH90, plus modernes[5].

Vente à la Belgique et changement de nom

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En , la composante marine belge rachète pour 230 millions d'euros deux des huit frégates aux Pays-Bas, le Karel Doorman et le Willem van der Zaan[5],[4].

Le Karel Doorman est rebaptisé le à Zeebruges par la reine Fabiola selon le nom du premier Roi des Belges, Léopold Ier[7],[8]. Son indicatif d'appel est désormais le ORJP et son numéro de coque devient F930. Sa devise est Audaces Fortuna Juvat, soit la chance sourit aux audacieux[4]. Sa ville marraine est Nivelles, dans la province du Brabant wallon[4].

Le Willem van der Zaan est rebaptisé en 2008 Louise-Marie, du nom de la seconde épouse de Léopold Ier et reine des Belges[9].

Les armes du Léopold Ier.

Les armes du Léopold Ier sont une partition des armes du roi Léopold Ier et des armes de sa ville marraine, Nivelles :

Parti, au premier, de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules, sur-le-tout écartelé : 1 et 4, contre-écartelé, 1 et 4 de gueules à trois léopards d'or armés et lampassés d'azur ; 2 d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même ; 3 d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent ; 2 et 3, burelé de dix pièces de sable et d'or au crancelin de sinople brochant en bande sur le tout ; au second, d'argent à la crosse de gueules, sur-le-tout de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules.

Déploiements opérationnels

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Sous pavillon néerlandais

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Le navire prend part à des exercices de l'OTAN dans les eaux européennes pour former l'équipage. Après cela, il sert conjointement avec les forces américaines lors de lutte anti-drogue dans les Caraïbes[1].

Lors de l'opération Tempête du désert, le HNLMS Karel Doorman intervient sur le terrain des opérations[1].

Entre 1992 et 1994, la classe Karel Doorman est modernisé avec notamment des équipements liés à la guerre électronique[1].

Sous pavillon belge

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En , à la suite du rachat par la marine belge et pour former l'équipage, le Léopold Ier vogue vers l'Afrique australe. Cette mission, dénommée East African Venture, s'arrête au Kenya, à Madagascar, au Mozambique et en Tanzanie. Outre la volonté d'écolage, elle permet également d'améliorer les relations diplomatiques avec ces pays[7],[4]. La mission se termine en novembre de la même année[4].

En 2008, le navire intègre la Force intérimaire des Nations unies au Liban et vient contrôler le trafic de drogue dans la région ainsi que le trafic d'armes, notamment en empêchant que des armes n'arrivent aux mains du Hezbollah[4],[10].

En 2010, les premiers essais avec le NH90, hélicoptère qui doit remplacer les Alouette III ont lieu[4].

En 2012, après un an de remise à niveau et de modernisation, le Léopold Ier reprend la mer[11]. La frégate emporte désormais des petites embarcations rapides et de meilleurs capteurs de détections[11].

Le navire participe en à la mission Sophia en mer Méditerranée afin de combattre le trafic organisé d'êtres humains. Dans le cadre de ce mandat elle peut arraisonner et saisir les embarcations utilisées pour faire traverser la Méditerranée aux candidats à l'asile. La frégate a d'ailleurs secouru début 258 migrants et permis l'arrestation de trois trafiquants[12].

Le , le Charles de Gaulle appareille et rejoint son groupe aéronaval dont fait partie le Léopold Ier. Celui-ci est également constitué des frégates Chevalier Paul et La Motte-Picquet, du destroyer britannique HMS Defender, du navire ravitailleur Marne et d'un sous-marin nucléaire d'attaque[13],[14]. La frégate quitte le groupe début [15].

En , la crise du coronavirus touche directement le Léopold Ier et entraîne son retour au port alors qu'il escorte le Charles de Gaulle[16]. Il reprend finalement la mer au mois de mai[17].

En , la frégate est privée d'un exercice avec l'OTAN. L'âge de l'équipage et son inexpérience en sont la cause. Pas loin des deux tiers des membres d'équipage ont moins de 35 ans et un grand recrutement a eu lieu dans la marine belge, ce qui empêche un écolage rapide[18].

Remplacement

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Construites dans les années 1990, les frégates de classe Karel Doorman sont vieillissantes. Dans le cadre d'un accord inter-gouvernemental avec les Pays-Bas, il est prévu de remplacer le Léopold Ier et le Louise-Marie par deux frégates de guerre anti-sous-marine. Les Pays-Bas sont chargés du projet et la mise en service est prévue pour 2027. La Belgique, à travers l'accord, investit 1 milliard d'euros[5].

Dans la culture populaire

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RTL-TVI y a consacré un documentaire en deux épisodes « À bord du Léopold Ier » en février 2022[19].

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j k l et m (en-US) « HNLMS Karel Doorman (F827) », sur www.militaryfactory.com (consulté le )
  2. D.C.L. Schoonoord, Pugno pro patria : de Koninklijke Marine tijdens de Koude Oorlog, vol. dl. 1, Van Wijnen, cop. 2012 (ISBN 978-90-5194-455-6 et 90-5194-455-1, OCLC 818359910, lire en ligne)
  3. a b et c « F-930 BNS Leopold I Karel Doorman class Frigate Belgian Navy », sur www.seaforces.org (consulté le )
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p et q « F930 », sur marinebelge.be (consulté le )
  5. a b c et d « La frégate Léopold 1, l’un des fleurons de la Marine mais dans l’attente d’un remplacement », sur Communes, régions, Belgique, monde, sports – Toute l'actu 24h/24 sur Lavenir.net (consulté le )
  6. « Une dernière mission de prestige pour l'Alouette III avant son retrait », sur À l'Avant-Garde, (consulté le )
  7. a et b « Télévision L’équipe de « Reporters » a pu monter à bord du « Léopold I » : Le nouveau fleuron de la marine belge », sur Le Soir Plus (consulté le )
  8. « La reine Fabiola baptise la "nouvelle" frégate », sur Le Soir Plus (consulté le )
  9. « F931 », sur marinebelge.be (consulté le )
  10. « La frégate Léopold Ier en mission pour l'ONU au Liban », sur RTBF Info, (consulté le )
  11. a et b « La frégate Léopold reprend la mer », sur 7sur7.be,
  12. « La frégate belge LEOPOLD Ier sauve 258 migrants », sur Le site de l'Eglise Catholique en Belgique, (consulté le )
  13. Laurent Lagneau, « Départ de Toulon du porte-avions Charles de Gaulle et de son escorte pour la Méditerranée orientale », opex360.com,‎ (lire en ligne)
  14. « Chammal : Escorte du groupe aéronaval par la frégate belge Léopold Ier », sur www.defense.gouv.fr (consulté le )
  15. « Chammal : La frégate belge Léopold Ier quitte l’escorte du groupe aéronaval », sur www.defense.gouv.fr (consulté le )
  16. « Coronavirus en Belgique : la frégate Léopold 1 de la Marine rentre à Zeebruges suite à un cas de contamination à bord », sur RTBF Info, (consulté le )
  17. « La frégate Léopold 1, touchée par le Covid-19, a repris la mer, direction la Baltique », sur RTBF Info, (consulté le )
  18. « La frégate belge Léopold Ier privée d'un exercice Otan pour cause d'inexpérience », sur RTBF Info, (consulté le )
  19. « Sandrine Corman a passé une semaine sur la frégate de la marine belge: "Je ne suis pas du genre princesse, mais leur vie n’est vraiment pas facile" », sur RTL Info, (consulté le )