Léonie La Fontaine

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Léonie La Fontaine
Léonie La Fontaine.jpg

Léonie La Fontaine en 1900.

Biographie
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Léonie La Fontaine, née le à Bruxelles et morte le [1] est une féministe et pacifiste belge. Engagée sur la scène internationale, elle consacre sa vie à ces deux combats à travers la Ligue belge du droit des femmes, le Conseil national des Femmes belges puis la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté[2] Au sein du Mundaneum, elle appuie les thèses du féminisme à travers la création de l’Office central de documentation féminine en 1909. Pour la Ligue, elle organise à son domicile une bibliothèque pour faciliter l’orientation des filles dans leurs choix professionnels. Ses combats ne sont jamais éloignés de la documentation. C’est pourquoi, depuis son décès, un fonds consacré au féminisme à part entière fait son apparition au sein même des collections du Mundaneum.

Origines de son engagement[modifier | modifier le code]

L'engagement de cette personnalité hors du commun se focalise autour de deux thématiques essentielles et complémentaires : la défense des femmes et la réalisation de la paix universelle. L'influence du milieu familial aide à comprendre le cheminement intellectuel de cette féministe belge de la première heure. Femme cultivée et rebelle, sa mère Louise Philips anime à son domicile un salon de discussion. Lors de son décès, en 1899, la Ligue, le premier organe du féminisme belge, lui rend hommage[3].

L'affaire Marie Popelin[modifier | modifier le code]

Le féminisme se structure en Belgique à la faveur d'une affaire qui scandalise l'opinion belge progressiste. Il s'agit de l'affaire Marie Popelin [4] Cette institutrice (1846-1913) termine ses études de droit à l'Université de Bruxelles et désire s'inscrire au barreau en 1888[5]. Le procureur général Van Schoor déclare en substance "les exigences et sujétions de la maternité, l'éducation que la femme doit à ses enfants, la direction de son ménage et de son foyer confiés à ses soins, la placent dans des conditions peu conciliables avec les devoirs de la profession d'avocat et ne lui donnent ni les loisirs, ni la force, ni les aptitudes nécessaires aux luttes et aux fatigues du barreau". Dès lors, cette question fait la une régulière des quotidiens belges. Marie Popelin contribue par des articles à l'Indépendance Belge notamment. Avec Louis Franck, spécialisé dans la question du droit des femmes, elle crée la Ligue en 1892. Cette association réunit des femmes et des femmes convaincu-e-s par l'obligation d'étendre les droits des femmes en Belgique. Cette structure développe ses activités autour de conférences et d'un périodique. Dès sa création, Léonie La Fontaine s'occupe de la branche bienfaisance. Elle y fait l'expérience du travail de terrain pour modifier les mentalités. Elle écrit aux employeurs pour les inciter à engager des femmes. L'émancipation passe par l'indépendance économique et par l'intégration dans le monde du travail. Elle parvient à mettre sur pied une caisse de retraite pour les domestiques[6] L'influence de son frère Henri La Fontaine est à souligner. Éduqués sous le même toit, ils continuent de vivre ensemble jusqu'au décès de leur mère en 1899. Ils partagent les mêmes goûts, les mêmes idées. Sous son influence, elle oriente son action vers le pacifisme. Cette conviction ne la quittera plus.

Expérience politique[modifier | modifier le code]

La période qui suit la Première Guerre mondiale constitue un moment charnière pour les femmes. Elles ont fourni un effort remarquable sur le territoire belge. Cependant, elles n'obtiennent pas le suffrage, si ce n'est à quelques exceptions près: les femmes héroïques, les veuves de soldats, les mères de soldats. En revanche, les femmes deviennent éligibles à tous les niveaux lors des élections de 1921. Elles font ainsi leur entrée à la Chambre (Lucie Dejardin, Isabelle Blume et Alice Degeer-Adère) et au Sénat (Marie Spaak-Janson)[7]. Un parti tente de se structurer autour des revendications féministes, le Parti Général des Femmes Belges. Il est animé par Marie Parent et Léonie La Fontaine. Son programme se focalise sur 5 axes: la lutte contre l'alcoolisme, la débauche, la guerre et l'ignorance, la protection de la mère et de l'enfant. Ce parti aura une durée de vie bien éphémère. On ne le retrouve pas aux élections suivantes.

Hommage[modifier | modifier le code]

L'Université des Femmes, association francophone pour la promotion des études en genre (gender studies) en Belgique a nommé sa bibliothèque en son honneur Bibliothèque Léonie La Fontaine[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une figure de l'histoire du féminisme en Belgique, Google Arts & Culture
  2. voir (en) Women's International League for Peace and Freedom
  3. La ligue, Nécrologie, n°2, avril 1899, p.72
  4. Françoise de Bueger-Van Lierde l'origine du mouvement féministe en Belgique. «L'Affaire Popelin» dans Revue belge de philologie et d'histoire, 1972, 50-4, pp. 1128-1137.
  5. Centre d'archive pour l'histoire de la Femme - Dossier
  6. La mutualité de Retraite. Vers le progrès féminin, 1908. Léonie crée cette structure pour initier le milieu domestique aux bienfaits de la prévoyance par la mutualité. La Ligue, n°2, 1908, pp.78-79
  7. Eliane Gubin, Leen Van Molle, Femmes et politique en Belgique, Editions Racine, Bruxelles, 1998, pp. 34-36
  8. Bibliothèque Léonie La Fontaine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphanie Manfroid, Léonie La Fontaine (1857-1949): une femme dans l'aventure documentaire, dans AIDA informazioni, Associazione Italiana Documentazione Avanzata, no 1/2003, Roma, p. 39-45.
  • Stéphanie Manfroid, Une femme entre deux utopies: Léonie La Fontaine (1857-1949), dans Utopies du lieu commun, le mythe comme lieu commun de la tradition et de la création. Saint Georges et le dragon, no 95-96-97, Mons, 2000, p. 157-168.
  • Eliane Gubin, Leen Van Molle, Femmes et politique en Belgique, Éditions Racine, Bruxelles, 1998, 402 pages.
  • Eliane Gubin, Dictionnaire des femmes belges XIXe et XXe siècles, Racine, Bruxelles, 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]