Léonide Pliouchtch

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Léonide Pliouchtch
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
BessègesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Autres informations
Distinction
Antonovych prize (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Léonid Ivanovitch Pliouchtch (ukrainien Плющ Леонід Іванович, né le , et mort le à Bessèges) est un mathématicien ukrainien et dissident soviétique (en).

Léonide Pliouchtch fait partie du mouvement clandestin en faveur des droits de l'homme en Ukraine à partir du début des années 1960. Il est interné en hôpital psychiatrique de 1972 à 1976. Il émigre par la suite en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Leonide Pliouchtch est né dans une famille ukrainienne vivant à Naryn, une ville du Kirghizistan soviétique, où son père cheminot avait été envoyé. Ce père est tué en 1941 sur le front au début de l’invasion nazie.

À la fin de la guerre, sa famille quitte Frounze (désormais Bishkek) et regagne Borzn, une bourgade ukrainienne où vit la grand-mère de L. Pliouchtch.

Pour échapper à la misère et à un début de tuberculose, sa mère obtient de Nikita Khrouchtchev qu’il soit accueilli en sanatorium où il restera 6 ans et recevra une solide éducation secondaire. Plus tard, il rejoint sa famille installée à Odessa et grâce à son diplôme d’honneur du secondaire, il accède à la faculté de mathématiques et de physique de l'Université d'Odessa, puis poursuit ses études à la faculté de mathématiques et de mécanique de l'université de Kiev, où il obtient son diplôme en 1962.

À cette époque, il est un militant communiste convaincu, membre actif du Komsomol, les Jeunesses communistes où toute la jeunesse soviétique est embrigadée. Il participe aux brigades de volontaires aidant la police des frontières à surveiller le port d'Odessa, lieu de nombreux trafics, alors que l'espionnite fait rage. Il pose même sa candidature au KGB, qui la refuse à cause des séquelles de sa tuberculose osseuse, qui le fait boiter d'une jambe.

Mais la déstalinisation et sa désillusion face à l'hypocrisie de la communauté universitaire d'Odessa (mouchardage, plagiat, concussion, racisme) lui font chercher une autre voie. Il exerce d'abord pendant un an comme professeur de mathématiques dans un village, une expérience cocasse et décevante de retour à la terre[1].

Une fois à Kiev, il se met à étudier sérieusement les œuvres de Lénine et de Marx, en particulier les écrits de jeunesse de ce dernier, pour pouvoir critiquer l'idéologie officielle débitée dans les cours de marxisme-léninisme. Cela le met en contact avec les débuts du samizdat en Ukraine.

Après son diplôme, il obtient un poste de chercheur en mathématiques appliquées à la biologie dans un laboratoire de l'Académie des Sciences d'Ukraine travaillant pour le programme spatial, et reste un militant du Komsomol, donnant des conférences sur des sujets divers, du marxisme à la télépathie ou au yoga. Il prend peu à peu conscience de la contradiction entre son activité de propagandiste et ses convictions marxistes. Léonide Pliouchtch se rapproche alors progressivement des milieux dissidents ukrainiens, en particulier Dziouba, Tchornovil, Ossadchy, puis moscovites et tatares. Le KGB le surveille, puis organise son licenciement, l’empêchant ensuite de retrouver un autre travail. Il procède à une perquisition chez lui, dont il narre l'amère saveur dans son autobiographie, avant de l'inculper de détention de littérature anti-soviétique.

Arrêté en 1972, il est condamné un an plus tard en son absence et sans avocat à être interné en asile psychiatrique. Motifs de sa condamnation : « menées antisoviétiques » et diffusion de « textes dactylographiés ». Ses conditions de vie dans l’hôpital psychiatrique Serbsky de Moscou qui le déclare psychotique et celui de Dnipropetrovsk en Ukraine, où il est interné pendant trois ans, émeuvent l’opinion. À la suite d'une intense campagne internationale, conduite en France tant par des mathématiciens célèbres comme Laurent Schwartz et Henri Cartan[2], que par les trotskistes lambertistes, séduits par ce marxiste dissident, il est expulsé vers la France en 1976, où il habitera jusqu’à sa mort, d'abord à Nanterre puis à Bessèges.

Il s’engage alors dans la défense des persécutés. En 1977, il est nommé président pour l’étranger du groupe ukrainien Helsinki de défense des droits de l’homme et collabore à la rédaction ukrainienne de Radio Liberty.

Léonide Pliouchtch meurt le 4 juin 2015 à Bessèges (Gard)[3].

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Dans le carnaval de l'histoire. Mémoires, Seuil, 1977
  • Réponse à Alexandre Soljénitsyne, trad. Nina Kehayan, Éditions de l'aube, « Regards croisés », 1991.
  • Ukraine : À nous l'Europe !, Le Rocher, 1993.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tatiana Khodorovich, The Case of Leonid Plyushch, Boulder, Westview Press, 1976.
  • Tania Mathon et Jean-Jacques Marie, L'affaire Pliouchtch, Le Seuil, 1976

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir dans son autobiographie le portrait saisissant de l'école du kolkhoze, entre un directeur alcoolique, son épouse professeur d'allemand ne connaissant pas l'allemand et les élèves indisciplinés.
  2. « Un grand homme vient de nous quitter », sur La Règle du jeu, (consulté le 9 juillet 2015)
  3. Contrairement à ce qui a été annoncé par plusieurs quotidiens nationaux (Libération, La Croix, Le Monde), Léonide Pliouchtch, selon son épouse, est décédé à Bessèges dans le Gard où il a été inhumé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]