Léonard de Port-Maurice

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Léonard de Port-Maurice
Image illustrative de l’article Léonard de Port-Maurice
Léonard de Port-Maurice
Franciscain
Naissance 20 décembre 1676
Port-Maurice
Décès 26 novembre 1751  (à 75 ans)
Rome
Nationalité Flag of Genoa.svg Génoise
Ordre religieux Frères mineurs réformés de la stricte observance
Béatification 19 mars 1796
par Pie VI
Canonisation 29 juin 1869
par Pie IX
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 26 novembre
Attributs bannière de la Vierge, crucifix

Léonard de Port-Maurice (Port-Maurice, 20 décembre 1676 - Rome, 26 novembre 1751) est un franciscain réformé italien célèbre par ses écrits spirituels et par l'institution de la forme actuelle du Chemin de croix qu'il développe. Il est reconnu saint par l'Église catholique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant de Domenico Casanova et d'Anna-Maria Benza, Léonard naît le 20 décembre 1676 à Port-Maurice, en Ligurie, dans une famille de marins[1].

Après des études primaires brillantes, il intègre le Collège Romain, à Rome, qui dépend de la branche réformée des franciscains de la stricte observance dite Riformella[2].

Le 2 octobre 1697, il prend l'habit et continue ses études, à l'institut Saint Bonaventure. Après son ordination, il y resta comme enseignant, tout en espérant être envoyé en mission en Chine, mais une sévère hémorragie gastrique l'en empêche, et il estt si malade qu'il est renvoyé dans sa ville natale, Port-Maurice où le climat doit lui être plus favorable. Là, se trouve un monastère franciscain de stricte observance[2]. Au bout de quatre ans, sa santé s'étant nettement améliorée, il commence à prêcher à Port-Maurice et dans les environs.

Quand Cosimo III de Médicis remet le monastère Del Monte, situé à San Miniato, aux membres de la Riformella, Léonard y est envoyé, par ce dernier. Là, Léonard et ses frères prêchent, tout en menant une vie remplie d'austérité et de pénitences. En 1710, il fonde le monastère d'Icontro, proche de Florence, où lui et ses compagnons peuvent effectuer des retraites entre leurs missions.

En 1720, Léonard quitte la Toscane et se rend dans le sud de l'Italie, prêchant avec zèle et enthousiasme. Les Papes Clément XII et Benoît XIV, son successeur, l'appelent à Rome, tant ils le tiennent en grande estime. En effet, Léonard obtient un grand nombre de conversions, et ses sermons attirent une très grande foule. Saint Alphonse de Liguori le nomme « le grand missionnaire de notre temps ». Léonard fonde aussi plusieurs sociétés pieuses et confraternités. Même les grands personnages de l'époque se l'arrachent pour lui demander conseil ou se confesser auprès de lui (la famille des Médicis, le pape Benoît XIV)[2],[1].

Ayant une profonde dévotion pour la Vierge Marie, il intensifie et codifie la pratique du Chemin de Croix, tandis qu'il transmet aux fidèles la pratique de l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement, et la dévotion à l'Immaculée conception. Il désire vivement que cet important concept de foi soit érigé en dogme[3]. Léonard élève de nombreux chemins de croix, partout en Italie[4]. Il va aussi prêcher en Corse[5], région déchirée entre de multiples partis adverses.Lors de ses tournées missionnaires dans l'île, il se fait artisan de paix et parvient même à réconcilier durablement des familles touchées par la vendetta[1],[2].

En novembre 1751, tandis qu'il prêche dans la région de Bologne, le Pape Benoît XIV l'appele à Rome. Son état de santé empire, d'autant plus que les fatigues de son activité missionnaire ajoutée aux mortifications qu'il pratique l'ont épuisé. Il arrive le soir du 26 novembre, au monastère Saint Bonaventure, et meurt la nuit même, à 23 heures, alors qu'il a 75 ans.

Culte[modifier | modifier le code]

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Léonard de Port-Maurice a laissé de nombreux écrits : lettres, sermons, traités d'ascétisme, livres de dévotion. Beaucoup ont été traduits et publiés.

  • Via Sacrea spianata ed illuminata (Le chemin de croix simplifié et expliqué)
  • Il Tesoro Nascosto (le trésor caché, sur la Messe)
  • Proponimenti (résolutions pour atteindre la perfection chrétienne)

Une édition complète de ses œuvres fut d'abord éditée à Rome en 13 volumes (1853-1884) : Collezione completa delle opere di B. Leonardo da Porto Maurizio, puis à Venise en cinq volumes (1868-1869) : Opere complete di S. Leonardo di Porto Maurizio.

En français :

  • Œuvres complètes de S. Léonard de Port-Maurice (8 vols., Paris et Tournai, 1858),
  • Sermons de S. Léonard de Port Maurice (3 vols., Paris).

Notoriété[modifier | modifier le code]

Statue de Saint Léonard à Port-Maurice

L'arrondissement montréalais de Saint-Léonard est nommé en son honneur.

Citation[modifier | modifier le code]

« Si le Seigneur, à l'heure de ma mort, me reproche d'avoir été trop doux avec les pécheurs, je lui répondrais : Jésus, si c'est une faute d'être trop miséricordieux avec les pécheurs, cette faute, c'est vous qui me l'avez enseignée, vous n'avez jamais rejeté celui qui vous demandait pardon »

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Saint Léonard de Port-Maurice, Frère mineur à Rome (✝ 1754) », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 29 novembre 2017).
  2. a b c et d « Le martyrologe romain fait mémoire de Saint Léonard de Port-Maurice », Magnificat, no 240,‎ , p. 356.
  3. Il ne le sera que le 8 décembre 1854, par le Pape Pie IX
  4. Au nombre de 571 (Catholic Encyclopedy)
  5. Laquelle appartenait à l'époque à la République de Gênes

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. de Cherance, Saint Léonard de Port-Maurice Italie 1676-1751, Éditions Poussielgue, Paris, 1903
  • Magnificat numéro 288 novembre 2016 page 364