Léon Pillet

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Léon Pillet
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Léon Pillet, né le à Paris et mort le à Venise, est un journaliste, diplomate et librettiste français. Il a été directeur de l’Opéra national de Paris de 1840 à 1847.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Raymond François Léon Pillet est le fils de Fabien Pillet, écrivain, journaliste et administrateur français[1]. Après des études au lycée Napoléon (aujourd’hui lycée Henri-IV), il fait des études de droit et travaille pour l’avocat Mauguin[2]. Il est le frère de Camille Pillet.

Journalisme[modifier | modifier le code]

En 1827, il participe à la création du Nouveau Journal de Paris, où il s’occupe de la rédaction du feuilleton dramatique.

Au moment de la suppression des privilèges des grands journaux, le journal se transforme en feuille politique, soutenant l’opinion libérale. Léon Pillet devient alors rédacteur en chef et gérant responsable du journal. Il signe en juillet 1830 la protestation des journalistes[2]. Pendant la Révolution de Juillet, le rythme de publication du journal, qui s’appelle désormais le Journal de Paris s’accélère, délivrant plusieurs numéros par jour les 26, 27 et 28 juillet.

Après la révolution, le journal qui a soutenu le nouveau régime de Louis Philippe, est cédé à une nouvelle société et devient une feuille ministérielle[1].

Carrière d’administrateur[modifier | modifier le code]

En 1832, Léon Pillet devient l’officier d’ordonnance du Duc d’Orléans au siège d’Anvers. La même année, il est décoré, et reçoit le titre de maître des requêtes en service extraordinaire en 1834. Il est nommé commissaire royal près du théâtre de l’Opéra en 1838.

Librettiste[modifier | modifier le code]

Outre des lettres et des mémoires, Léon Pillet est également l’auteur de plusieurs œuvres, qu’il signe sous les pseudonymes de Renaud et Léon[3] , notamment :

  • L'Obstiné ou les Bretons (1837), vaudeville en 1 acte[4]
  • La Liste de mes maîtresses (1838) comédie en 1 acte co-écrit avec Regnault[5]
  • Un mari du bon temps (1841), comédie chantée en 1 acte, co-écrit avec Regnault[6]
  • Cabaret de la veuve (1841), vaudeville en 1 acte, co-écrit avec Jules de Prémaray[7]
  • Mazurka ou les Clarinettes et les Marionnettes (1844), vaudeville en 1 acte co-écrit avec Adolphe Vaunois
  • Vendetta (1839) opéra en 3 actes, co-écrit avec Adolphe Vaunois, musique de Henri de Ruolz[8]
  • De la situation actuelle des théâtres royaux et notamment de celle de l’Académie de Musique (1844)

Direction de l’Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

Léon Pillet vend le Journal de Paris en 1840, et devient co-directeur de l’Opéra de Paris aux côtés d'Henri Duponchel fin mai 1840[2]. Dix-huit mois plus tard, Henri Duponchel le laisse seul à la tête du théâtre de l’Opéra de Paris, en octobre 1841.

Wagner vend à Léon Pillet pendant ces années le livret de son opéra Le Hollandais Volant pour 500 francs, mais ne réussit pas à convaincre le directeur de l’Opéra de produire son œuvre[9]. Pillet utilise par la suite l’idée de Wagner pour monter Le Vaisseau fantôme, sur une musique de Pierre-Louis Dietsch (d’après le livret de Paul Foucher), mais qui fut un échec auprès du public[10].

Durant ses années à la tête de l’institution, Léon Pillet entretient une relation avec Rosine Stoltz, mezzo-soprano de l’Opéra de Paris. Certaines des 'volontés' de celle-ci seront à l'origine de fortes tensions, comme, par exemple, ce qui bloquera jusqu’à sa chute la production de l'opera, pourtant déjà prêt, le Prophète de Meyerbeer. C’est cette relation qui accélère sa chute en 1847, le forçant à démissionner après un scandale survenu lors de la première représentation de l'opéra Robert Bruce[1].

Opéras et ballets représentés pour la première fois à l’Opéra de Paris sur la période 1841-1847[modifier | modifier le code]

Les œuvres suivantes ont été représentées pour la première fois durant les années de Léon Pillet à la tête de l’Opéra national de Paris :

Fin de carrière et mort[modifier | modifier le code]

En 1859, Léon Pillet est nommé Consul de France à Nice. Il demeure à ce poste jusqu’en 1861, année où il devient Consul à Cagliari, puis à Palerme[11]. Il meurt à Venise le 20 mars 1868.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c ’’Larousse’’ 1874, vol. 12, p. 1015.
  2. a, b et c "Vapereau’’ 1858, p. 1449.
  3. Archives de la BnF
  4. Livret de L'Obstiné ou Les Bretons[1]
  5. Livret de La liste de mes Maîtresses[2]
  6. Livret de l'œuvreUn mari du bon temps[3]
  7. Archives de la BnF, costumes du Cabaret de la veuve[4]
  8. Livret de La Vendetta[5]
  9. Gregor-Dellin 1983, p. 106.
  10. Fulcher 1987, pp. 104–105.
  11. Larousse, Pierre (1874). Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 12. Paris. View Internet Archive.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fauser, Annegret, Mark Everist (éd.), Music, Theater, and Cultural Transfer. Paris, 1830–1914, Chicago, The University of Chicago Press, 2009 (ISBN 978-0-226-23926-2).
  • Fontaine, Gerard (2003). Visages de marbre et d'airain: La collection de bustes du Palais Garnier. Paris: Monum, Éditions du patrimoine. (ISBN 978-2-85822-751-8).
  • Fulcher, Jane (1987). The Nation's Image: French Grand Opera as Politics and Politicized Art. Cambridge: Cambridge University Press. (ISBN 9780521327749).
  • Gerhard, Anselm (1998). The Urbanization of Opera: Music theatre in Paris in the Nineteenth Century, traduit par Mary Whittall. Chicago: University of Chicago Press. (ISBN 9780226288574).
  • Gregor-Dellin, Martin (1983). Richard Wagner: his life, his work, his Century. London: William Collins, (ISBN 9780002166690).
  • Guest, Ivor (2008). The Romantic Ballet in Paris. Alton, Hampshire, UK: Dance Books. (ISBN 978-1-85273-119-9).
  • Huebner, Steven (2001). "Pillet, Léon (François Raymond" dans The New Grove Dictionary of Opera, Stanley Sadie, editor, vol. 3, p. 1013. London: Macmillan. (ISBN 9781561592289).
  • Jordan, Ruth (1994). Fromental Halévy: His Life & Music, 1799–1862. London: Kahn & Averill. (ISBN 9781871082517).
  • Lajarte, Théodore de (1878). Bibliothèque musicale du Théâtre de l'Opéra, volume 2 [1793–1876]. Paris: Librairie des Bibliophiles. View at Google Books.
  • Larousse, Pierre (1874). Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. 12. Paris. View at Internet Archive.
  • Levin, Alicia (2009). "A documentary overview of musical theaters in Paris, 1830–1900" in Fauser 2009, pp. 379–402.
  • Parturier, Maurice (1942). Prosper Mérimée: Correspondence générale: Établie et annotée par Maurice Parturier avec la collaboration de Pierre Josserand et Jean Mallion, vol. 2 [1836–1840]. Paris: Le Divan. (OCLC 162594039).
  • Pitou, Spire (1990). The Paris Opéra: An Encyclopedia of Operas, Ballets, Composers, and Performers. Growth and Grandeur, 1815–1914. New York: Greenwood Press. (ISBN 9780313262180).
  • Vapereau, G. (1858). Dictionnaire universel des contemporains, vol. 2. Paris: Hachette. View at Google Books.
  • Walker, Frank (1962). The Man Verdi. New York: Knopf. (OCLC 351014). London: Dent. (OCLC 2737784). Chicago: The University of Chicago Press (1982 paperback reprint with a new introduction by Philip Gossett). (ISBN 9780226871325).

Liens externes[modifier | modifier le code]