Léon Olphe-Galliard

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Léon Olphe-Galliard, né Victor Aimé Léon Olphe-Galliard à Lyon le et mort à Hendaye le , est un naturaliste et ornithologue français.

Biographie[1][modifier | modifier le code]

Il est le fils de Léonard-Alexandre, négociant en soieries et toile d'Alsace à Lyon, propriétaire du manoir de Moncorin, et de Jeanne-Marie-Germaine Joyard et est le père de Gabriel Olphe-Galliard. Il descend d'une ancienne famille notable de la région lyonnaise, la famille Olphe-Galliard.

Dès son adolescence, il commence une collection d’oiseaux, et s’initie à l’ornithologie avec des savants, amis de sa famille. Il posa les premiers éléments de son Musée d’Histoire Naturelle au manoir de Moncorin, commune d’Irigny, chez ses parents.

Il fait ses études sous la direction de maîtres particuliers, puis au collège royal de Lyon. Dans ses études au collège, il fit preuve de remarquables aptitudes à l'étude des langues vivantes; et ce goût ne fit que se développer dans la suite puisque l'anglais, l'allemand, l'espagnol lui étaient devenus familiers et qu'il traduisait le russe, l'islandais et la plupart des langues du nord. L'attention toute particulière qu'il apportait à la physique et à la botanique lui faisait souvent oublier les autres parties du programme qu'il considérait comme inférieur. À 19 ans, en 1844, il fait la connaissance d’un entomologiste Etienne Mulsant. Ensemble, ils voyagent dans le midi et établissent des relations scientifiques durables avec l’Abbé Caire. Il est membre de la Société linnéenne dès 1846.

En 1847, il passe son baccalauréat, et se disposait à étudier la médecine, quand la révolution française de 1848 le fit renoncer à son projet. Sa famille se réfugie en Suisse, à La Tour-de-Trême au château de Bulle avec d'autres familles de la bourgeoisie et de l'aristocratie lyonnaises. Il se livre dès lors tout entier à l'ornithologie et publie ses premiers essais dans la revue Naumannia, catalogue des oiseaux du Rhône, dans laquelle il donne la description du Rougequeue de Moussier, de la famille des Remizidae et de la sous-famille des Gallinagininae, mais aussi dans le journal ornithologique du Docteur Pierre Jean Georges Cabanis.

En 1856, il prend part, à Goethen, au dixième congrès de la société allemande d’ornithologie, avec laquelle il maintiendra des correspondances scientifiques. Olphe-Galliard y fait la connaissance de l’illustre zoologue français, le Prince Charles Lucien Bonaparte, de l’ornithologue danois, Kjarboling, et de nombreux ornithologues allemands : le pasteur Heinrich Zander, le professeur Johann Heinrich Blasius, C.-F. Wiepken, le pasteur Christian Ludwig Brehm, le docteur J. Hoffmann, le curé JU. Jaekel, le docteur C.-L. Gloger, Balduin de Munchhausen, W. Schlutter, le professeur docteur Johann Friedrich Naumann, le pasteur Paessier, et le curé E. Baldamus. À la suite de ce congrès, il entreprit une vaste bibliographie ornithologique terminé en 1865.

Il fut membre dès 1862 de la Société helvétique des sciences naturelles. (Académie suisse des sciences naturelles aujourd'hui). En 1864, de retour à Lyon, il perdit son père et se maria avec Marguerite-Sophie Hedde fille d'Isidore Hedde, délégué du gouvernement français en Chine pour la fabrication de tissus[2]. En 1870, il quitta de nouveau cette ville et alla se fixer dans sa campagne de Bulle. Puis il rentra en France en 1876, vécut quelque temps près d'Angoulême puis alla se fixer définitivement en 1880 à Hendaye en raison de la grande variété d’oiseaux que l’on peut y trouver, ou il se fit construire la villa "Les Mouettes". C'est là qu'il mourut le 2 février 1893, après de longues souffrances, léguant sa belle collection d'oiseaux (5300 spécimens dont 800 issus de la collection Christian Ludwig Brehm ainsi que des œufs et des nids), son importante bibliothèque d'ornithologie (2597 volumes) et ses manuscrits au Musée Muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap, en raison de ses très anciennes origines familiale gapençaise.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1884, il commence la publication de son principal ouvrage: ses Contributions à la Faune Ornithologique de l’Europe Occidentale, qui paraîtront en 40 livraisons de 1884 à 1891. Cet ouvrage essentiellement bibliographique, décrit minutieusement chaque espèce européenne (ainsi que des espèces exotiques proches), ainsi que tout ce qui est connu sur leur reproduction, leurs déplacements, leur alimentation, etc.

Naturalis Biodiversity Center - Phoenicurus moussieri (Olphe-Galliard, 1852)

Dans cet ouvrage, le savant ornithologue français consigne les résultats des travaux et études d’une vie longue et utile. Le plan est d’une ampleur considérable, attendu que l’auteur s’est proposé de donner non seulement des descriptions, synonymies et biographies complètes de toutes les espèces habitant le sud-ouest de l’Europe (Espagne, Portugal, Açores, Baléares, France, Suisse Française, tous les pays à l’ouest du Rhin, et les îles anglaises de la Manche) mais encore les espèces se rapprochant beaucoup des oiseaux habitants la région dont il s’occupe particulièrement, ou pouvant facilement être confondus avec eux.

Ce recueil traite à fond les résidents et les immigrants. Léon Olphe-Galliard a choisi l’année 1758 comme point de départ de sa nomenclature. Soucieux des lecteurs et du travail des chercheurs, il dresse des descriptions des oiseaux, un descriptif des principales espèces exotiques les plus voisines des indigènes, ou susceptibles d’être confondues avec elles, et énumère celles repérées le plus souvent comme des races domestiques. Il pose déjà les problèmes de nomenclature et de classification, et propose un plan en quatre parties, séparément paginées, dont chacune est une monographie pratique sur quelques groupes particuliers d’oiseaux. Les mâles et les femelles sont décrits séparément, tout comme les variations de plumage dues à l’âge ou aux différentes saisons, avec le signalement des caractéristiques propres à chacun. Les habitudes, la nourriture, la nidification, les œufs et autres points y sont aussi traités. Cet ouvrage remarquable semble enfin offrir une contribution française à ornithologie européenne. Peu de temps avant sa mort, parut en 1892 la dernière livraison de cette œuvre aux assises grandioses, qui par l’érudition extraordinaire, spécialement bibliographique établit les principes de l’ornithologie dans l’Europe Occidentale.

Postérité[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les oiseaux d'Afrique de Levaillant. Critique de cet ouvrage. Carl Jakob Sundevall, 1868, traduit du suédois par Léon Olphe-Galliard, Paris: Veuve Bouchard-Huzard.
  • Quelques remarques sur les règles de la nomenclature zoologique. Bulle, 1871.
  • Contribution à la faune ornithologique de l'Europe occidentale. Recueil comprenant 5 volumes, 1888.
  • Faune des vertébrés du Turkestan. (Traduit du russe) de Nikolaï Severtsov; Budapest, 1888.
  • Sur l'utilité des oiseaux. Gap, 1890.
  • Jónas Hallgrímsson, sa vie, ses œuvres. Copenhague, 1890.
  • Catalogue des oiseaux des environs de Lyon. Lyon Pitrat aîné, 1891.
  • Lettres de Christian Ludwig Brehm. Vienne, 1892.

Taxons éponymes[modifier | modifier le code]

Odonymie[modifier | modifier le code]

Rue Olphe-Galliard: elle est dédiée à Léon Olphe-Galliard, négociant à Lyon, qui a donné au musée de Gap une importante collection d'oiseaux empaillés. Les Olphe-Galliard sont une très ancienne famille champsaurine, qui a joué un certain rôle dans l'histoire de Gap, où ses membres ont été longtemps notaires et consuls. Cette rue est nouvelle. Dans : Histoire de la ville de Gap, ouvrage publié sous les auspices de la Société d'études des Hautes-Alpes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L.S. Olphe-Galliard’s Ornithology of Western Europe, The Auk, 4 (4), octobre-décembre 1887 : 336-337.
  • Ronsil. Bibliographie ornithologique française. Paris, 1948, no 2215, p. 371-372. (avec le détail de ses travaux).
  • Bulletin de la Société d'étude des Hautes-Alpes. David Martin, 1893, 2ème série, n°6, p139 et s.

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • [1] Notice biographique de Léon Olphe-Galliard.