Léon Lamouche

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Léon Lamouche
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Nationalité
Activités
Autres informations
Organisation
Armée française
Domaine
Dialectologie, Balkans, fossiles, tectonique, eau potable
Membre de
Distinctions
Œuvres principales
Essai de grammaire languedocienne
Quelques mots sur le dialecte espagnol parlé par les Israélites de Salonique
Note sur la classification des dialectes de la langue d'oc
Quinze ans d'histoire balkanique

Léon Lamouche, né le 8 mai 1860 à Paris et mort le 28 juillet 1945 dans la même ville, est un militaire, diplomate, et dialectologue français[1]. Ardent défenseur de la paix et du droit des peuples - des minorités - à disposer d'eux-mêmes, ses goûts éclectiques l'amènent à étudier des sujets aussi variés que la législation comparée, l'histoire, les langues slaves, le dialecte judéo-espagnol parlé en Orient et la dialectologie romane.

Cursus[modifier | modifier le code]

Il est classé 58e sur 210 candidats admis[2] à l'école polytechnique, d'où il ressort diplômé en octobre 1882. Diplômé de l'école des langues orientales, promu capitaine dès 1887[3], il deviendra membre de la Société des Langues Romanes de Montpellier[4], membre de la Société de linguistique de Paris, vice-président de la Société de législation comparée de Paris, membre de la revue des études Slaves[5], membre d'honneur puis membre permanent du Comité France-Orient[6],[7], instructeur de la gendarmerie ottomane dans les casas de Serrès et Dimir-Hissar[8], président de la société des Slavisants[9], membre correspondant de l'Académie bulgare des sciences[10],[11], docteur honoris causa de la faculté de droit de l'Université de Sofia[1],[12], journaliste. Il reçoit l'exequatur de sa nomination en qualité de consul général honoraire de Bulgarie à Paris le 28 novembre 1920[3],[13],[14],[15],[16].

Licencié en droit[17], formé à la langue russe par Louis Léger, il étudie le turc puis est diplômé de langue roumaine[1] à l’École des langues orientales, dont il sera longtemps membre du jury pour le bulgare, le roumain et le turc.

Né sous le second empire, il a vécu sous la troisième république et connu trois guerres contre l'Allemagne sans jamais cesser de plaider pour la paix entre les peuples et le respect des identités culturelles et linguistiques.

Domaine Slave[modifier | modifier le code]

Il publie en 1892 son ouvrage La Bulgarie dans le passé et le présent, ouvrage dans lequel il plaide déjà en faveur de l'autodétermination du peuple Bulgare[18],[19],[20].

De 1889 à 1896, il est attaché à l'État-major de l'armée française.

Il enseigne l'histoire et la culture des peuples slaves à l'Université de Montpellier, et publie son cours dans un ouvrage dédié à la péninsule balkanique, en 1899[21],[22],[23].

Il publie en 1903 une analyse comparative de la législation en matière de justice militaire dans les états danubiens, dont il retrace l'histoire, toute récente, mais surtout établit que ces textes sont inspirés des pays pour lesquels ces peuples ont quelques affinités : la France pour la Roumanie, la Russie pour la Bulgarie, l'Allemagne et la Russie pour la Serbie[24].

Il fait partie de la section française de la mission internationale envoyée en Turquie de 1904 à 1913[25],[3] pour réorganiser la gendarmerie ottomane en Macédoine[26],[27]. Il y sera promu au grade de Chef de bataillon et conséquemment caïmacan (lieutenant-colonel) par iradé impérial Ottoman[28], puis de chef d'état-major du général De Giorgis et chef de la mission européenne pour la réorganisation de la gendarmerie ottomane en Macédoine. Il alerte à temps sur le rôle politique que tentent de jouer les officiers en poste[29]. Il note, dans Quinze ans d'histoire balkanique, que les militaires Ottomans perçoivent cette intervention étrangère comme une profonde humiliation pour leur pays[30]. Il publie plusieurs articles au sein de la Revue Macédonienne[31] et porte sur la scène diplomatique internationale, la question de l'identité Bulgare de près d'un million de citoyens macédoniens puis yougoslaves, grecs et roumains[32].

« La voie vers une existence stable et pacifique dans les Balkans est largement ouverte (...) C'est ce que souhaitent et espèrent tous les amis de la paix. »

— Léon Lamouche, in G. P. Guénov, Le Traité de Neuilly et la Bulgarie : Préface par le colonel Léon Lamouche

Dans La question albanaise, il prend fermement position en faveur du droit du peuple albanais à disposer de lui-même[33].

Léon Lamouche devant le Monument au Révolutionnaire Macédonien Inconnu à Gorna Dzhumaya, lors de la célébration du jubile en 1938
Léon Lamouche devant le Monument au Révolutionnaire Macédonien Inconnu à Gorna Dzhumaya, lors de la célébration du jubile en 1938

La Société de législation comparée publie en 1900 les notes d'études de Lamouche, à qui elle avait confié pour mission de comparer la législation militaire en Roumanie et en Serbie[34].

Il prend part à la Bataille des Dardanelles, avec notamment des missions militaires à Constantinople et à Thessalonique jusqu'en 1913. Pendant la Première Guerre mondiale, il défend les intérêts de la Bulgarie devant le public français.

Lamouche soutient ouvertement les positions de Justin Godard. Il prend sa retraite de l'armée en 1919 et figure parmi les premiers en France, à critiquer l'iniquité du Traité de Neuilly[35] et tout particulièrement de son article 65, plaidant en faveur de la confiance et du soutien financier au cabinet d'Alexandre Tsankov[36] : « La Bulgarie a été brutalement amputée par le traité de Neuilly, et la séparation des parties vivantes de sa chair est une violation flagrante du principe sacré de l'autodétermination des peuples[37] ».

En 1920, il est témoin au procès consécutif à l'assassinat d'Essad Pacha, dont il souligne les actes de traîtrise généralisée, tout à l'opposé des positions du général Sarrail et de Graillé, consul de France à Salonique[38].

Il enseigne quelque temps le bulgare au sein de la Société pour la propagation des langues étrangères, à partir du 7 décembre 1920[39]. De 1921 au milieu des années 1930, il est nommé consul général honoraire de Bulgarie à Paris[14]. Membre de l'Institut scientifique macédonien[40], il tient publiquement ses positions en faveur des droits des roumains[41] et des bulgares en Macédoine[37], collabore avec la Revue Macédonienne où il publie plusieurs articles et traduit en français un texte du poète et écrivain bulgare Ivan Vazov.

Il publie en 1932 un ouvrage consacré à l'idéologue ukrainien Mykhaïlo Drahomanov[42]. En août 1933, il devient citoyen d'honneur de la ville de Gorna Dzhumaya[37].

Dialectologie[modifier | modifier le code]

Bien que Lamouche ne soit pas philologue de métier son article paru dans la revue Romanische Forschungen en 1907 relatif au judéo-espagnol de Salonique, fait encore référence aujourd'hui[43],[44],[45],[46],[47],[48].

Lamouche est l'auteur d'une classification des dialectes occitans qu'il dévoile d'abord dans les pages de la Revue des Langues Romanes[49] avant de la publier en 1901, puis l'année suivante d'un essai de grammaire languedocienne consacré aux patois de Montpellier et de Lodève, dont il communiquera un exemplaire dédicacé de sa main à Max Léopold Wagner, linguiste de renom qui a décrit le judéo-espagnol de Constantinople. Avant d'être publiée en 1902 puis à nouveau en 1942, sa Grammaire languedocienne parait sous forme d'épisodes à partir de 1899 dans le journal La Campana de Magalouna[50]. Ces deux ouvrages de dialectologie romane sont cités en référence par Jules Ronjat[51].

Lors du concours ouvert en 1900, la Société des Langues Romanes accorde à son Essai de Grammaire Languedocienne, le premier prix Boucherie ex-æquo[52] aux côtés du mémoire de Bernard Sarrieu intitulé « Le parler de Bagnères-de-Luchon et de sa vallée ».

Le Consistoire Félibréen, lors de sa séance du 21 avril 1901, le nomme Sòci dóu Félibrige.

« Une langue considérée dans son état naturel n'est que l'ensemble d'une quantité de parlers locaux, différant plus ou moins les uns des autres mais rattachés par certaines particularités communes qui, en même-temps, les distingue des dialectes compris dans le domaine des langues voisines. L'unité de langage dans une région étendue est un fait artificiel résultant en général de la prédominance acquise par l'un des dialectes, qui s'est imposé comme langue écrite à l'ensemble du pays. Cette prédominance peut résulter de circonstances politiques, comme en France, ou littéraires comme en Italie. »

— Léon Lamouche, Essai de Grammaire Languedocienne, introduction à l'édition de 1902, p. 3.

Nota : le prix Anatole Boucherie fondé par la Société des langues romanes en 1894, d'une valeur de cent francs, est décerné par la faculté des lettres de Montpellier. Il porte sur l'histoire littéraire ou la philologie romane[53].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lamouche est gratifié de nombreuses distinctions, en France comme à l'international[3].

Léon Lamouche devant le monastère de Bachkovo, dans les années 1920.
Léon Lamouche devant le monastère de Bachkovo, dans les années 1920.

En France[modifier | modifier le code]

A l'international[modifier | modifier le code]

  • Commandeur de la Couronne d’Italie[59]
  • Compagnon de St-Michel et St-George (Grande-Bretagne)
  • Commandeur puis Grand-Officier du Mérite Civil et Officier de St-Alexandre (Bulgarie)
  • Officier de la Couronne de Roumanie
  • Titulaire de la médaille Bene Merenti de première classe (Roumanie)
  • Officier de Saint-Sava (Serbie)
  • Lieutenant-colonel (caïmacan) de l'Empire Ottoman
  • Médaille Liakat[60] (Empire Ottoman)
  • Commandeur de l’Osmanié, 3ème classe[59] (Turquie)
  • Officier du Medjidié, 3ème classe[61] (Turquie) en 1895
  • Commandeur de Premier Ordre de Danilo (Monténégro)

Nota : du fait de ses titres honorifiques turcs, Lamouche est parfois mentionné sous le nom de Lamouche-Bey[17],[57].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Lamouche, La Bulgarie dans le passé et le présent : étude historique, ethnographique, statistique et militaire, (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, L'armée Serbe en 1893, Paris,
  • Léon Lamouche, L'organisation militaire de l'empire ottoman, (lire en ligne)[62]
  • Léon Lamouche, La Péninsule balkanique, esquisse historique, ethnographique, philologique et littéraire, cours libre professé à la Faculté des lettres de l'Université de Montpellier, (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Les Armées de la péninsule balkanique,
  • Léon Lamouche, « Etude sur la justice militaire en Serbie », Bulletin de la Société de législation comparée,‎ , p. 33 sqq (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Note sur la classification des dialectes de la langue d'oc, (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Grammaire languedocienne, dialectes de Montpellier et de Lodève, 1902. réed. 1942 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, La justice militaire dans les Etats Danubiens, Paris,
  • Léon Lamouche, « Les déterminatifs en Slave du sud », Bulletin de la Société de linguistique de Paris,‎ , iij (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « Quelques Mots Sur Le Dialecte Espagnol Parlé Par Les Israélites De Salonique », Romanische Forschungen, vol. 23, no. 2,‎ , p. 969-991 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « Bulgarie - Notice sur les lois promulguées en 1908 », Annuaire de législation étrangère / publié par la Société de législation comparée : contenant la traduction des principales lois votées dans les pays étrangers,‎ , p. 628 sqq (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « Notice sur le rétablissement de la constitution en Turquie et les élections à la chambre des députés en 1908 », Annuaire de législation étrangère / publié par la Société de législation comparée : contenant la traduction des principales lois votées dans les pays étrangers,‎ , p. 657 sqq (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Gendarmerie réorganisée des trois vilayets de Roumélie, rapport sur la marche et la réorganisation pendant les années 1904 à 1908 et la situation actuelle de la gendarmerie réorganisée, rédigé au service central par le lieutenant-colonel Lamouche, sous la direction de S. E. le général de Robilant,
  • Léon Lamouche, « La Bosnie à la veille et au lendemain de l'annexion », La revue de l'Anjou,‎ , p. 54
  • Léon Lamouche, « Etude sur le régime des cultes en Serbie et en Bulgarie », Bulletin de la Société de législation comparée,‎ , p. 346 sqq (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Les Roumains de Macédoine, Paris, , 26 p.
  • Léon Lamouche (signé L. L.), « La Bulgarie après les traités de Bucarest et de Constantinople », Le Journal de Genêve,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « La naissance de l'état albanais », Revue politique et parlementaire : questions politiques, sociales et législatives, vol. LXXX,‎ , p. 220-239 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, La question albanaise, Imprimerie H. Diéval, (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Le traité de paix avec la Bulgarie,
  • Ivan Vazoff, traduit par Léon Lamouche, « Vient-il ? », La Nouvelle Revue,‎ , p. 334-342 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, La Bulgarie, Paris, Editions F. Rieder et Cie,
  • Léon Lamouche, « La situation dans la Péninsule balkanique », La Démocratie (Issy les Moulineaux),‎ , p. 152-163 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « La constitution municipale de Londres », La Démocratie (Issy les Moulineaux),‎ , p. 152-163 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « La transformation turque des noms de lieux slaves dans les anciennes provinces ottomanes d'Europe », Mélanges publiés en l'honneur de M. Paul Boyer,‎ , p. 33-43
  • Léon Lamouche, « La Macedoine au temps des turcs », La Revue Macédonienne,‎ (lire en ligne)
  • Athanase Iaranoff (trad. Léon Lamouche), « Rapport économique sur la Turquie », Le Guide Sam : pour l'expansion économique française dans le Levant,‎ , p. 5 sqq (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « La question macédonienne », La Revue Macédonienne, vol. An. III, livre. 4,‎ , p. 59 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Quinze ans d'histoire balkanique, 1904-1918,
  • Léon Lamouche, « Le nom de la Dobrudža », Revue des études slaves, vol. tome 8, fascicule 1-2,‎ , p. 90-91 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « La milice bulgare pendant la guerre turco-russe (1877-1878) », Le Monde Slave,‎ , p. 377-402 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « L'effort bulgare depuis la guerre », La Revue de Paris,‎ , p. 410-427 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, « Ivan Sismanov (1862 - 1928) », Le Monde Slave,‎ , p. 90-107 (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Les Bulgares en Macédoine, dans les confins occidentaux et en Thrace, Edition de l'Action internationale démocratique pour la paix. Imprimerie de la Démocratie, 34, boulevard Raspail, Paris,
  • Léon Lamouche, Michel Dragomanov (1841-1895), (lire en ligne)
  • Léon Lamouche, Histoire de la Turquie depuis les origines jusqu'à nos jours, Paris, Payot,
  • Léon Lamouche, « Le nouveau régime Bulgare », Bulletin officiel du Comité France-Orient,‎ , p. 4-5 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]