Léon Gautier (militaire)

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Léon Gautier
Léon Gautier (militaire)
Léon Gautier le 9 juillet 2017 sur la cote 112.

Naissance (96 ans)
Rennes (France)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Forces françaises libres
Arme Marine nationale
Grade Quartier-maître fusilier
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de Normandie (Sword Beach)
Distinctions Voir

Léon Charles Alexandre Gautier[1], né le [1] à Rennes[2], est un militaire français. Fusilier marin des Forces françaises libres, il est l'un des 177 Français à avoir participé au débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et engagement militaire[modifier | modifier le code]

Apprenti carrossier au début de la guerre[2],[3], il s'engage à dix-sept ans dans la marine en février 1940[2] car c'est la seule armée qui pouvait l'accepter à son âge[4]. Il participe à des missions de défense des ports de Cherbourg et Carentan[2], notamment comme apprenti canonnier[5] sur le Courbet[6]. Son entourage garde un sentiment d'opposition aux Allemands, notamment à la suite de la perte de proches durant la Première Guerre mondiale[3].

Enrôlement dans la France libre[modifier | modifier le code]

Installé à Portsmouth[6], il apprend en voyage à Liverpool l'existence par la radio de la France libre basée à Londres[2]. Il décide de la rejoindre en juillet 1940[2] et participe au défilé du 14 juillet à Londres en présence du Général de Gaulle et de George VI[6].

Il réalise des missions dans l'océan Atlantique[2] sur le Gallois[4] avant d'être affecté sur le sous-marin Surcouf pour des missions en Afrique et au Moyen-Orient[2],[6].

Commandos Kieffer et Débarquement de Normandie[modifier | modifier le code]

Débarquement de troupes britanniques dans le secteur Sword. Bill Millin (premier plan) et Lord Lovat (à droite dans la colonne) sont visibles.
Avancée des troupes britanniques avec un char DD (Hobart's Funnies).

En 1943, il est volontaire pour intégrer un des commandos de Philippe Kieffer et s'entraîne à Achnacarry en Écosse[2],[6].

Fin mai 1944 il est averti des préparatifs du Débarquement de Normandie[6] et le 6 juin, il débarque avec le No. 4 Commando à Colleville-sur-Orne[2] (désormais Colleville-Montgomery) dans le secteur Sword[7] avec pour objectifs initiaux de prendre le central téléphonique et le casino de Ouistreham[2], puis la prise du secteur de Pegasus Bridge[4]. Léon Gautier, l'un des 177 membres des commandos Kieffer, participe à la totalité de la bataille de Normandie, soit 78 jours[3]. Il ne participe pas aux combats aux Pays-Bas à cause d'une blessure à la cheville[4].

Retour à la vie civile[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il est démobilisé et épouse Dorothy Banks, une Britannique du corps des transmissions[5] rencontrée en Angleterre et avec laquelle il s'était fiancé en 1943[2] et qui lui donnera deux enfants[3]. Peu aidé par le gouvernement français et jalousé[4], il quitte l'armée et reprend son travail de carrossier en Angleterre puis en Afrique (Cameroun et Biafra)[2] pour la Compagnie française de l'Afrique occidentale. Il prend sa retraite comme expert automobile après avoir repris ses études dans l'Oise[2].

Devoir de mémoire[modifier | modifier le code]

Résidant à Ouistreham[3], à proximité de l'endroit où il a débarqué le 6 juin 1944, il gère désormais le musée du No. 4 Commando et est président de l'Amicale des anciens du Commando Kieffer[2]. Il s'attache notamment à raconter son expérience de soldat et entretenir le devoir de mémoire notamment auprès de la jeunesse[7],[3]. En mai 2016, il est l'un des six membres — avec notamment Hubert Faure — des commandos Kieffer ayant participé au jour J encore en vie[3].

Il entretient une amitié avec Johannes Börner, un ancien parachutiste allemand également vétéran de la bataille de Normandie et installé à Ouistreham[8]. Cette complicité est le sujet du livre Ennemis et frères : Du Jour J à aujourd'hui, au-delà de la guerre (2011) de Jean-Charles Stasi[8]. Lors des commémorations à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement de Normandie, avec Börner, ils concluent symboliquement la cérémonie de Ouistreham[9],[10].

Divers[modifier | modifier le code]

Son petit-fils, Gérard Wille, est également dans les commandos marine[11],[6].

Léon Gautier prête son image pour l'application mobile « Soldat Léon » relatant son histoire[10],[12].

L'école élémentaire de Colleville-Montgomery, commune limitrophe de Ouistreham, appartenant également à la plage Sword Beach où il a débarqué le 6 juin 1944, porte désormais son nom.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Durant la guerre, il obtient le grade de Quartier-maître fusilier[1].

Il obtient la Médaille militaire, la Croix de guerre 1939-1945, la Croix du combattant volontaire de la Résistance, la Croix du combattant volontaire 1939-1945, la Médaille de la Résistance, la Médaille commémorative des services dans la France Libre et la Médaille de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre[2].

Il est également commandeur de l'ordre national de la Légion d'honneur[13], membre de l'ordre de l'Empire britannique et chevalier de l'ordre des Palmes académiques[2].

Décoration Ruban Observations
Commandeur de la Légion d'honneur Legion Honneur Commandeur ribbon.svg
Médaille militaire
Medaille militaire ribbon.svg
Croix de guerre 1939-1945
Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg
Médaille de la Résistance
Medaille de la Resistance ribbon.svg
Ordre des Palmes académiques
Palmes academiques Chevalier ribbon.svg
Croix du combattant volontaire 1939-1945
Croix du Combattant Volontaire 1939-1945 ribbon.svg
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du Combattant Volontaire de la Resistance ribbon.svg
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre
Baton Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre.jpg
Ordre de l'Empire britannique
Order BritEmp rib.png

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Léon, Charles, Alexandre Gautier », sur francaislibres.net (consulté le 27 mai 2014).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Préfecture du Calvados, « Léon GAUTIER, acteur du jour J », sur calvados.gouv.fr, (consulté le 27 mai 2014).
  3. a b c d e f et g « Léon Gautier une des mémoires humbles du commando français du 6 juin 1944 », sur lalibre.be, La Libre Belgique, (consulté le 27 mai 2014).
  4. a b c d et e Pierre Danckers, « Aucun d'entre nous n'aurait voulu laisser sa place », SCÉRÉN - CNDP, (consulté le 27 mai 2014).
  5. a et b Dominique de La Tour, « Léon Gautier : j'y suis, j'y reste », sur balades-historiques.com (consulté le 27 mai 2014).
  6. a b c d e f et g Jean-Luc Fleury (Ministère de la Défense), « Un des derniers du commando Kieffer débarque à la JDC de Caen », sur defense.gouv.fr, (consulté le 27 mai 2014).
  7. a et b « 70e D-Day. Léon Gautier rencontre le secrétaire d'Etat Kader Arif », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  8. a et b « Les deux vétérans ennemis sont devenus voisins à Ouistreham », sur ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  9. « Le jour le plus long de Léon Gautier, membre du commando Kieffer », La Voix du Nord, (consulté le 10 juin 2014).
  10. a et b CM, « Léon Gautier, symbole du 6 juin en Normandie », France 3, (consulté le 10 juin 2014).
  11. Yan Duvivier et Béatrice Legrand via Philippe Chapleau, « Commando marine, de grand-père en petit-fils », sur lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr, Ouest-France, (consulté le 27 mai 2014).
  12. Site officiel
  13. « Décret du 4 juillet 2014 portant promotion au grade de commandeur », JORF n°0156 du 8 juillet 2014 page 11275, sur legifrance.gouv.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livre
  • Pierrette Rieublandou, Ted Liska, Johannes Börner et Léon Gautier, J'ai vécu le débarquement en Normandie, 6 juin 1944 : Trois témoins racontent, Bayard jeunesse, mai 2014, 95 pages. (ISBN 978-2747051583)
  • Jean-Charles Stasi, Ennemis et frères : Du Jour J à aujourd'hui, au-delà de la guerre, L'àpart Editions, juin 2011, 188 pages. (ISBN 978-2360350490)
Documentaire
  • Les Français du jour J (2014) de Cédric Condon. Première diffusion du documentaire en France, sur France 3 le 26 mai 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]