Léon Dehon

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Léon Dehon en 1920.

Léon Dehon, né à La Capelle (Aisne) le et mort à Bruxelles le [1], est un prêtre catholique français. Chanoine social, il est le fondateur de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est baptisé le 24 mars 1843 et vit au sein d'une famille aisée de propriétaires terriens, dont le père, Alexandre-Jules (1814-1882), descend d'une famille du Hainaut. Seule sa mère, née Stéphanie Vandelet, est pratiquante et a une dévotion particulière pour le Sacré-Cœur qu'elle transmet à son fils[2]. Étant un adolescent turbulent, ses parents le mettent en pension : à 12 ans, il quitte La Capelle pour le collège d'Hazebrouck dirigé par le fameux abbé Dehaene, puis poursuit ses études d’Humanités à Paris. Il se sent appelé au sacerdoce, contre la volonté de son père. Mais il lui obéit dans un premier temps et poursuit des études de droit. Déjà docteur en droit civil à 21 ans, et, devenu majeur, il poursuit cette fois-ci des études en vue du sacerdoce. Il ajoute à ses diplômes un doctorat en philosophie, en théologie et en droit canon, obtenu à Rome.

Il est ordonné prêtre à Saint-Jean-de-Latran à l'âge de vingt-cinq ans, le 19 décembre 1868, et célèbre sa première messe à Rome en présence de ses parents[3]. Il célèbre la messe à La Capelle pour la première fois le 19 juillet 1869.

Sur décision de l'évêque de Soissons, l'abbé Dehon est nommé septième vicaire à la basilique de Saint-Quentin (1871). Après plusieurs œuvres d'apostolat, il fonde le collège Saint-Jean en 1876 à Saint-Quentin, et la congrégation des « prêtres du Sacré-Cœur » en 1878. Il n'a que trente-cinq ans.

Léon Dehon, à travers son action et ses propres écrits, a joué un rôle très important dans l'interprétation et la diffusion de la doctrine sociale de l'Église, dans la foulée de l'encyclique Rerum novarum du pape Léon XIII.

Dans l'église Saint-Martin, qu'il a commencé à construire à Saint-Quentin, se trouve la tombe du « vénérable Père Dehon, mort à Bruxelles à 12 heures 10, le 12 août 1925 à l’âge de 82 ans. Il avait d’abord été enterré dans la tombe des prêtres du Sacré-Cœur au cimetière de Saint-Quentin, mais a été ré-inhumé en 1963 dans l’église Saint-Martin dont il avait posé la première pierre.

Le vénérable Léon Dehon a également posé la première pierre de l’église du Christ-Roi à Rome en 1920.

Contribution[modifier | modifier le code]

Léon Dehon a contribué par ses écrits à la spiritualité du Sacré-Cœur et à l'étude des questions sociales dans l'Église catholique. Il a organisé des œuvres sociales à Saint-Quentin (patronage Saint-Joseph, collège Saint-Jean) et fondé la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus [SCJ] de Saint-Quentin, dans l'esprit de l'Évangile et l'esprit d'amour de réparation hérité de Sainte Marguerite-Marie Alacoque. La congrégation a rapidement essaimé en Europe et dans les pays de mission.

Procès de béatification[modifier | modifier le code]

« On cherche des saints. En voici un qui est en train de naître… » dit de lui le pape saint Pie X en 1906[4].

Le 25 mars 1997, le pape Jean-Paul II émet le « décret sur les vertus héroïques du Serviteur de Dieu le vénérable Père Jean-Léon Dehon ».

Mais à la suite de reproches d'antisémitisme diffusés sur des sites Internet, l'étude du dossier est confiée à deux commissions d'historiens, une Française puis une historienne travaillant pour le Vatican, dont les travaux amènent le pape Benoît XVI à décider, en 2005, de cesser la procédure de béatification. Dans Catholicisme social et question juive - Le cas Léon Dehon (1843-1925), publié en 2009, divers universitaires étudient l'antijudaïsme du père Dehon en le resituant dans le contexte de l'époque. Pour se convaincre de son antijudaïsme, il suffit de se reporter au chapitre IV de son Manuel social chrétien[5], dont la deuxième partie porte le titre évocateur de « L'invasion juive » et comporte une bibliographie de quatre ouvrages dont deux d'Édouard Drumont, La France juive, et Le Péril judéo-maçonnique.

Publications du Père Léon Dehon[modifier | modifier le code]

Voir : http://www.dehondocs.it

Littérature sur le P. Dehon[modifier | modifier le code]

  • P. Yves Ledure SCJ, Le Père Léon Dehon (1843-1925) - Entre mystique et catholicisme social; Paris (éd. du Cerf), 2005; 230 p.; (ISBN 2-204-07737-2)
  • P. Yves Ledure SCJ (sous la direction de), Catholicisme social et question juive - Le cas Léon Dehon (1843-1925); Paris (Lethielleux & DBB), 2009.
  • R. Prélot, L'Œuvre sociale du chanoine Dehon; Paris (éd. Spes), 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, « Biographie », sur leondehon.org (consulté le 27 novembre 2009).
  2. (it) Yves Ledure, Profilo spirituale di Leone Dehon (1843-1925), p. 15.
  3. (fr) « Biographie », sur vatican.va (consulté le 27 novembre 2009).
  4. (fr) « Le père Dehon va être béatifié », La Voix du Nord, 21 juillet 2004.
  5. Texte sur Gallica : [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]