Léon Bouly

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Léon Bouly
Naissance
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France
Décès
Paris, France
Profession Inventeur

Léon Guillaume Bouly (1872 - 1932) est un inventeur français et le créateur du terme cinématographe.

Le Cinématographe de Léon Bouly, Musée des arts et métiers, Paris

Très peu de choses sont connues le concernant, si ce n'est qu'après avoir construit des appareils de chronophotographie, il dépose le 12 février 1892 le brevet d'un appareil « réversible de photographie et d'optique pour l'analyse et la synthèse des mouvements, dit le “Cynématographe Léon Bouly”. »

Le 27 décembre 1893, il apporte une correction sur le nom de son appareil qui devient Cinématographe. D'après la description de cet appareil, il est en théorie capable de faire la prise de vues et également la projection de photographies en mouvement. Il utilise comme support un film Eastman recouvert sur une face d'une émulsion photosensible sans perforations et il comprend l'ensemble des principes nécessaires à la prise de vues animées : système d'avance intermittent du film synchronisé avec l'obturateur. Cependant, dans son Histoire du cinéma pour les nuls (éditions First, 2008), Vincent Mirabel affirme de manière erronée que l'appareil Bouly « ne fut jamais construit » alors que deux exemplaires sont conservés au Musée des Arts et Métiers à Paris[1], mais leur bon fonctionnement n'a jamais été prouvé, aucun article de journal de l'époque n'atteste en effet de l'existence d'une quelconque projection effectuée par leur inventeur, que les journalistes scientifiques n'auraient pas manqué d'évoquer[2]. En 1894, Bouly n'ayant pas payé les redevances de ses brevets, le nom cinématographe devient disponible et les frères Lumière déposent leur propre brevet sous cette appellation le 13 février 1895.

Ignoré dans l' Histoire générale du cinéma de Georges Sadoul (1950) ou dans l' Histoire du cinéma de Jean Mitry (1965), le nom de Léon Bouly est maintenant cité dans des ouvrages plus récents qui reconnaissent aujourd'hui qu'avec son brevet (n°219 350) il fut, avant les frères Lumière, celui qui imagina d'utiliser un mélange du grec ancien et du latin pour désigner son mécanisme, et l'on sait à quel succès était destiné ce mot (du grec κίνημα / kínēma, « mouvement » et γραϕή / graphê, « art d'écrire, écriture »). À noter que dès 1891, Thomas Edison nommait Kinétographe l'appareil de prise de vues photographiques animées qu'il avait conçu et que son assistant, William Kennedy Laurie Dickson, avait mis au point, et qui fut à l'origine des premiers films du cinéma, dès 1891. Ce terme de kinétographe (d’après le grec ancien kinetos et graphein qui signifient respectivement "mouvement" et "écrire") servit de base d'appellation du cinéma dans plusieurs langues autres que latines. Kino, aussi bien en allemand qu'en russe, et dans bien d'autres langues[3], désigne le cinéma[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léo Sauvage, L'affaire Lumière, Éditions Lherminier, 1985
  • Jacques Legrand, Pierre Lherminier et Laurent Mannoni, Chroniques du cinéma, ed. Chronique, 1992
  • Emmanuelle Toulet, Cinématographe : Invention du siècle, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (no 35), 1988
  • Michel Marié, Thierry Lefebvre, Cinéma des premiers temps: nouvelles contributions françaises, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1996
  • Pierre-Jean Benghozi, Christian Delage, Une histoire économique du cinéma français: 1895-1995 - Regards croisés franco-américains, édition L'Harmattan, 1995
  • Danièle et Jean-Claude Clermontel, Chronologie scientifique, technologique et économique de la France, Publibook, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. inventaire n°16684-0000-et 16685-0000-
  2. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 33
  3. Laurent Mannoni (célébration du 22 mars 1895, année française de l’invention du cinéma), Lexique (numéro spécial), Paris, SARL Libération, coll. « supplément » (no 4306), , p. 3
  4. Briselance et Morin 2010, p. 16

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]