Légion arménienne

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Légion arménienne
Création 1916
Dissolution 1920
Pays Drapeau de l'Arménie Arménie
Allégeance Drapeau de la France France
Branche Infanterie
Effectif 4 124
Surnom Légion d'Orient
Guerres Première Guerre mondiale
Campagne de Cilicie
Batailles Bataille d'Arara (Campagne du Sinaï et de Palestine)
Commandant Unité dissoute
Commandant historique Général Edmund Allenby

La Légion arménienne, établie en application de l'accord franco-arménien de 1916, était une unité de la Légion étrangère de l'Armée française. La Légion arménienne fut mise sur pied pendant la Première Guerre mondiale pour combattre l'Empire ottoman. Initialement nommée Légion d'Orient, elle fut rebaptisée Légion arménienne le 1er février 1919. Ses soldats furent surnommés Gamavor (« volontaires ») par les Arméniens.

Plans initiaux[modifier | modifier le code]

La décision d'établir la Légion d'Orient fut signée à Paris le 15 novembre 1916 par le général Roques, ministre de la Guerre, et le général Lacaze, ministre de la Marine.

Ce document disposait que :

  • la Légion d'Orient serait stationnée à Chypre ;
  • des Arméniens et des Syriens de nationalité ottomane pouvaient être volontaires ;
  • la Légion serait commandée par des officiers français ;
  • les appelés auraient un statut équivalent aux soldats français et seraient sous la responsabilité du ministère de la Guerre ;
  • le commandant d'infanterie Louis Romieu surveillerait l'établissement de la Légion ;
  • la Légion devait être déployée en Cilicie, connue maintenant comme Çukurova, sur la côte du Sud-Est de l'Asie Mineure (Turquie moderne) ;
  • la somme de 10 000 francs serait alloués en Syrie à l'établissement de camps, sur le budget de guerre de la Marine française ;
  • des volontaires seraient rassemblés par des comités arméniens locaux et envoyés à Bordeaux et Marseille, et les frais de déplacement seraient remboursés par le gouvernement français.

Établissement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord franco-arménien de 1916.

Les négociations de Boghos Nubar Pacha avec les autorités politiques et militaires françaises ont abouti à la formation de la Légion d'Orient. La Légion a été établie officiellement au Caire, Égypte en novembre 1916, avec l’accord du ministère des Affaires étrangères français et une délégation arménienne. Plusieurs organisations arméniennes ont contribué à former plusieurs bataillons pour la future Légion arménienne.

Les parties se sont mises d'accord sur les éléments suivants :

  • la création de la Légion avait pour but d’autoriser la contribution arménienne à la libération de la Cilicie de l’Empire ottoman et d'aider les Arméniens à réaliser leur aspirations nationales en créant un État dans la région ;
  • la Légion devait combattre uniquement l’Empire ottoman, et seulement en Cilicie ;
  • la Légion devait devenir le noyau de la future armée arménienne.

Le nombre de volontaires était équivalent à 6 bataillons, chacun contenant 800 volontaires et avec 6 bataillons supplémentaires prévus. Des comités arméniens organisaient le processus de conscription pour recruter ces soldats en France et aux États-Unis.

Composée à 95 % d’arméniens, la Légion a inclus des réfugiés arméniens ottomans, d'anciens prisonniers de guerre et des résidents permanents d’Égypte, d'Amérique et d'Europe. On a dit à l'époque que la majorité des soldats étaient des recrues de la communauté arméno-américaine ou des survivants de la région du Musa Dagh, rescapés du Génocide arménien qui vivaient dans des camps de réfugiés à Port-Saïd en Égypte.

Sous le commandement du général Edmund Allenby, la Légion, se battant en Palestine, en Syrie et finalement en Cilicie, a recueilli les félicitations du gouvernement Clemenceau et de ses alliés de l’Entente.

Actions[modifier | modifier le code]

Après la formation initiale à Chypre, la Légion a été d'abord déployée en Palestine, a aidé les armées françaises et britanniques contre l'Allemagne et l'Empire ottoman. Après cette campagne, elle a été déployée en Anatolie (Asie Mineure) conformément à la décision initiale. Elle fut active autour des villes d’Adana et de Mersin, impliquée dans des escarmouches avec des agents kémalistes, successeurs des criminels Jeunes-Turcs.

En mai 1919, les Arméniens ont déclaré un État indépendant en Cilicie. Cependant cet État eut une existence courte puisque la France a dissous la Légion arménienne et reconnu la souveraineté de la Turquie sur la région en 1920.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Guévork Gotikian, « La Légion d’Orient et le mandat français en Cilicie (1916-1921) », Revue d'histoire arménienne contemporaine, vol. III : La Cilicie (1909-1921),‎ (ISSN 1259-4873, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]