L'observation psychologique et psychosociologique

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L'observation psychologique et psychosociologique est un ouvrage du psycho-sociologue et psychopédagogue français Roger Mucchielli traitant des techniques et des difficultés de l'observation psychologique et paru aux éditions ESF dans la collection éducation permanente.

Définition du concept[modifier | modifier le code]

Alfred Binet l'un des fondateurs de cette discipline, insistait sur la nécessité de former « à l'observation et à l'expérimentation. » Observer est en effet une nécessité absolue et ce précepte n'est pas toujours respecté. Face à la difficulté de cet apprentissage méthodologique, on recourt fréquemment à des outils tels que les questionnaires, les interviews et les enquêtes qui ont l'inconvénient d'introduire des biais dans la subjectivité des réponses des interlocuteurs.

Obstacles et problématique[modifier | modifier le code]

Pour connaître les difficultés inhérentes à l'observation psychologique, il n'est que de filmer une scène, même la plus simple, et de prendre simultanément des notes décrivant la même scène. Comparer les deux résultats permet de repérer les difficultés et d'avoir une première approche des phénomènes qui se sont produits[1]. Les principaux obstacles à l'objectivité résident dans la sélectivité de l'esprit humain (tri et codage des informations) et aux limites de sa perception. Pour intégrer une grande quantité d'informations, l'esprit catégorise les données et procède à une structuration cognitive du champ d'observation.

Il existe aussi des biais introduits pat les interactions entre l'observé et l'observateur[2]. Pour éviter ces difficultés, l'observateur doit « capter la signification personnelle des paroles » de la personne observée, avoir « une attitude empathique » selon l'expression de Carl Rogers.

Les techniques d'observation[modifier | modifier le code]

L'observation directe comprend plusieurs techniques qui vont de l'auto observation à l'observation éthologique. L'évolution des techniques a permis d'étendre les moyens d'observation, de filmer à distance par exemple en gommant le plus possible les biais liés à la 'mise en situation', au fait que chacun 'joue son rôle' sans toujours parvenir à l'oublier, à s'oublier dans la situation créée[3]. C'est pourquoi dans tous les cas, l'observateur (ou le groupe d'observateurs) doit le plus possible s'intégrer à la situation, à l'environnement, en faire partie pour que les conditions du déroulement de la séquence soient optimisées[4].

L'observation systématique[modifier | modifier le code]

Ces techniques regroupent 2 types d'intervention : l'observation assistée pour aider l'observateur, le guider et faciliter son travail et l'observation-participation basée sur une implication personnelle dans l'existence du sujet observé ou du milieu étudié. Au-delà des qualités d'observation proprement dites, des supports sous forme de guides, de check-lists et de grilles préétablies sont une aide précieuse aux intervenants. Parmi ces supports, la plus intéressante est la 'grille des interactions' de Bales[5].

Selon l'école phénoménologique, on ne peut observer que des personnes 'en situation' et il est vain de vouloir isoler tel ou tel aspect de la situation. L'habitude par exemple est « une escalade de réflexes, un schème dynamique » global qu'il faut étudier en tant que tel[6]. Cette approche peut être complétée par une 'relation de compréhension', ce que Carl Rogers nomme l'attitude d'écoute empathique[7].

Pour mieux étudier un groupe ou une population, l'observateur peut aussi s'immerger dans le groupe, participer à ses activités, être en quelque sorte simultanément acteur-spectateur, ce qui ne peut s'envisager que pour les études d'une certaine durée. Dans ce cas, l'observateur peut demeurer le plus possible passif, évitant de peser sur la situation[8] ou être plus actif mais en témoignant seulement à titre personnel de son expérience. Les études sur le terrain privilégient actuellement plutôt une approche globale intégrant interviews, questionnaires, études de cas et analyses documentaires ou statistiques, tous moyens confortés par une observation 'compréhensive'.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La dynamique des groupes, Roger Mucchielli, éditions ESF, 2007
  • L'observation dans les groupes de formation et de thérapie, Anne Ancelin-Schutzenberger, éditions de l'épi, 1972
  • Méthode d'observation psycho pédagogique, L. Lefèvre, éditions ESF, 1967
  • Kurt Lewin, sa vie, son œuvre, A. Marrow, éditions ESF, 1972
  • Une logique de communication, Paul Watzlawick, éditions du Seuil, 1972
  • Les mécanismes perceptifs, J. Piaget, PUF, 1961
  • La relation d'aide et la psychothérapie, Carl Rogers, ESF, 1974

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir René Zazzo, Hommage à Gesell, 1964
  2. Voir Alfred Sauvy, L'opinion publique, PUF
  3. Les techniques les plus utilisées sont le magnétophone, le magnétoscope, la télévision en circuit fermé, la caméra et la web-cam
  4. Voir Konrad Lorenz, Essai sur le comportement animal et humain, éditions Le Seuil, 1970
  5. Les 12 catégories qu'elle définit reposent sur un attitude centrée sur le groupe ou sur la tâche, à partir des 6 critères suivants : information, évaluation, contrôle, décision, tension et intégration
  6. Voir Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, éditions Gallimard, 1945
  7. Voir Roger Mucchielli, L'entretien de face à face dans la relation d'aide, éditions ESF, déclinaison de la théorie rodgérienne
  8. Vois Margaret Mead, L'un et l'autre sexe, éditions Denoël, 1966

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]