L'Utile

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L'Utile est une flûte[1], navire négrier de la Compagnie française des Indes orientales qui fit naufrage dans la nuit du 31 juillet au à l'île Tromelin, appelée à l'époque île de Sable, dans l'océan Indien, alors qu'il transportait des esclaves de Madagascar à l'île de France, en réalité vers l'île Rodrigues.

Rapport imprimé sur les circonstances du naufrage (Archives nationales).

Affrétée par Jean-Joseph de Laborde et commandée par le capitaine Jean de Lafargue, L'Utile était parti de Bayonne en France avec 142 hommes d'équipage. Après une escale à l'île de France, il avait embarqué cent soixante hommes, femmes et enfants malgaches à Foulpointe, sur la côte orientale de Madagascar, pour les emmener en esclavage à Rodrigue[1] malgré l'interdiction de la traite décrétée par le gouverneur. Une erreur de navigation fit échouer le navire sur les récifs coralliens de Tromelin. Survécurent au naufrage 122 hommes d'équipage et 80 esclaves, ces derniers étant enfermés dans les cales ce qui explique le plus faible nombre de rescapés.

Au bout deux mois, l'équipage français arriva à reconstruire avec les restes de l'épave une embarcation de fortune et à rejoindre Madagascar abandonnant les esclaves sur l'île avec promesse de revenir les sauver. Soixante esclaves restèrent donc sur l'île. Mais ce n'est que 15 ans plus tard que le chevalier de Tromelin portera secours aux huit survivants (sept femmes et un enfant de 8 mois)[2].

Cette histoire tragique est relatée dans l'exposition itinérante Tromelin. L'Île des esclaves oubliés, présentée successivement depuis 2015 au Château des ducs de Bretagne à Nantes, au Musée de la Compagnie des Indes à Lorient, au Musée d'Aquitaine à Bordeaux, au Musée basque et de l'histoire de Bayonne, au Musée de Tatihou dans la Manche (du 31 mars au 4 novembre 2018)[3]. Elle sera visible au Museum national d'histoire naturelle en 2019[4]. Parallèlement, une version a circulé en outre-mer, au Musée Stella Matutina, île de La Réunion ; au Musée d'archéologie en Martinique ; à Kourou en Guyane. La bande dessinée de Sylvain Savoia, Les esclaves oubliés de Tromelin (Aire libre), illustre une partie des panneaux d'exposition.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dominique Le Brun, Les Naufragés. Témoignages vécues, XVIIe siècle - XXe siècle, Omnibus 2014 p. 71-75
  2. http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Actualites-des-decouvertes/p-1076-L-Utile...-1761-Esclaves-oublies-.htm
  3. « À visiter, Exposition : Tromelin, l'île des esclaves oubliés | Inrap », Inrap,‎ (lire en ligne)
  4. « Tromelin, l’île des esclaves oubliés », Muséum national d'Histoire naturelle, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]