L'Ermite

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Le numéro 9, l'Ermite, du jeu de Jean Dodal (début XVIIIe siècle)
L'Ermite, tarot dit de Charles VI (XVe siècle)

L'Ermite est la neuvième carte du tarot de Marseille.

Description et symbolisme[modifier | modifier le code]

La grande majorité des Tarots anciens conservés utilisent l'orthographe Ermite.

C'est le jeu de Nicolas Conver qui introduit la variante orthographique Hermite dans les cartes. Les Tarots dérivés du Tarot de Nicolas Conver, à commencer par celui de Paul Marteau, reprennent ensuite cette orthographe.

En français, on ne trouve plus de H devant le mot ermite et pourtant cette lettre refait toujours surface au moment de l'épeler (la variante hermite était d'ailleurs également reconnue, dans la première moitié du XIXe siècle, par l'Académie française). En fait, le mot hermite viendrait non pas d'une personne vivant recluse, mais plutôt du mot Hermétique, Hermès, dont il est question dans le tarot. Mais cela pourrait aussi venir du grec "herimos" (AR : έρημος = eremos !), le désert : est hermite un père du désert, moine vivant isolé dans le désert.

A noter qu’en italien (langue d’origine du tarot, puisqu’il est né en Italie), l’Ermite n’est jamais appelé ainsi, mais « il Vecchio » (le vieillard), « il Gobbo » (le bossu) ou « il Tempo » (le Temps). C'est clairement une allégorie du Temps.

L'Ermite ne montre le chemin de sa lanterne qu'à ceux qui sont sous sa cape. Il ne diffuse son savoir que de manière discrète.

Il peut aussi rappeler la vie de Diogène, philosophe grec qui parcourait de jour les rues d'Athènes armé d'une lanterne en répétant : « je cherche un homme ». Sous-entendu : qui soit digne de l'être.

Dans la théorie établissant un lien entre le Tarot et la Kabbale, la carte est attribuée de la lettre Teth(ט). Elle symbolise le changement d'état, c'est la seule lettre ouverte vers le haut. Teth exprime la sûreté et le refuge, l'introspection et la quête spirituelle[1]

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Interprétation divinatoire[modifier | modifier le code]

L'Ermite intervient après la justice. Dans le cycle des tarots, l'Ermite indique la capacité de juger par soi-même. Là est la solitude de l'Ermite qui ayant appris comment bien juger a accès à la profondeur du savoir et de la connaissance. Le sage n'est pas celui qui cherche, il n'est pas le philosophe qui cherche ou qui aime la sagesse. L'Ermite est celui qui fuit l'homme car sa sagesse est vraie, il est de fait très prudent tant avec sa parole qu'avec ses jugements. Jugements qu'il prend le soin de cacher afin que seul ceux aptes à les entendre soient en mesure de les déchiffrer. Ce sont les paraboles et les phrases des maîtres qui restent invisibles à ceux qui ne veulent y voir que du vent; mais sont riches d'enseignement à ceux qui tentent de les comprendre.

Il est celui qui amène la lumière dans les ténèbres, par là il est celui qui est capable de trier et de démêler sans effort l'inextricable, et l'inexprimable. Là où se trouve de la complexité, le porteur de lumière, l'Ermite vient éclairer le requérant sur une facette du problème que celui-ci n'avait pas pris en compte.

Il symbolise un peu Lucifer, dont le nom signifie "porteur de lumière", c’est-à-dire qu'il est la connaissance juste des choses du monde-tel-qu'il-est. À l'inverse du pape qui est maître de métaphysique du monde-au-delà de la nature (physis).

C'est une lame qui doit éclairer le requérant, mais gare à sa lumière. Celle-ci par sa vérité brûlera sans doute autant les yeux de celui-ci, que la lame précédente la justice peut-être implacable dans ses jugements. Dans tous les cas, l'Ermite dit la vérité, mais celle-ci peut être encore cachée.

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Notes[modifier | modifier le code]