L'Effondrement (série télévisée)
| Genre | Anticipation |
|---|---|
| Pays d'origine |
|
| Chaîne d'origine | Canal+ |
| Nb. de saisons | 1 |
| Nb. d'épisodes | 8 |
| Durée | 15 à 25 minutes |
| Diff. originale | – |
| Site web | « L'Effonfrement », sur Canal+ |
L'Effondrement est une série télévisée française inspirée par les thèses de la collapsologie[1],[2], créée, écrite et réalisée par le collectif Les Parasites : Guillaume Desjardins, Jérémy Bernard et Bastien Ughetto.
Elle est diffusée du au sur Canal+, et du au sur la chaîne YouTube des Parasites.
Synopsis
[modifier | modifier le code]Cette série suit les trajectoires d’individus, de groupes et de familles, à différents moments et en différents lieux, alors qu'ils cherchent par différents moyens à survivre dans un monde et un contexte qu’ils ne maîtrisent plus, en situation d'effondrement.
Tout au long des épisodes, le public reste dans l'ignorance des causes précises du début de l'effondrement sociétal mis en scène. Mais des points d'étapes sont montrés, ainsi que des processus de réponses et réactions de la part des personnages et de leurs communautés. Ces comportements sont toujours marqués par des événements déclencheurs, apparemment anodins (coupure d'électricité, manque d'un produit au supermarché, pénurie de carburants, exil des plus fortunés, etc.) qui débouchent sur des événements plus graves (vol, usage d'arme à feu par exemple) susceptibles de faire dégénérer une situation déjà très tendue[3].
Bastien Ughetto, co-scénariste, co-réalisateur de la série et membre du collectif Les Parasites déclare : « Nous assumons parfaitement d’avoir choisi la peur et misé sur un tel scénario pour faire réagir les gens, c’est assumé »[4].
Certains aspects des épisodes montrent la compétition pour la survie[3], en traitant d'un aspect survivaliste, alors que d'autres présentent des modes d'organisation par l'entraide.
Distribution
[modifier | modifier le code]Principaux
[modifier | modifier le code]- Lubna Azabal : Sofia Desmarest, ministre de l'écologie et femme de Laurent Desmarest
- Thibault de Montalembert : Laurent Desmarest
- Philippe Rebbot : Christophe, mari de Marianne
- Naël Malassagne : Julien, fils de Christophe et Marianne
- Bellamine Abdelmalek : Omar, copain de Julia
- Roxane Bret : Julia
- Audrey Fleurot : Karine
- Samuel Giuranna : John
- Stéphane Malassagne : Stéphane, père de deux petites filles, Romane et Julia
- Samir Guesmi : Amine, employé de la centrale nucléaire et père de Léa
- Bastien Ughetto : Marco, employé de la maison de retraite
- Yannick Choirat : Jacques Monblat, ingénieur agronome et docteur ès sciences
Secondaires
- Christelle Cornil : Marianne, femme de Christophe
- Alicia Hava : Léa, fille d'Amine
- Adrien Melin : Directeur de rayon
- Ernst Umhauer : Ami de Julia
- Simon Thomas : Ami de Julia
- Michaël Abiteboul : Pascal, chauffeur de Laurent Desmarest
- Quentin Faure : Le Policier
- Catherine Salviat : Une résidente de la maison de retraite
- Jules Dousset : Le présentateur de On en aura parlé
- Benjamin Tranié : Périco Saporta, chroniqueur de On en aura parlé
- Bertrand Usclat : Jean-Baptiste, lanceur d'alerte
- Johann Cuny : Alex, lanceur d'alerte
Production
[modifier | modifier le code]La série est dotée d'un budget de deux millions d'euros[5]. Les Parasites filment un épisode pilote se déroulant dans une station-service[Note 1], et réussissent à convaincre acteurs et producteurs, avant de se lancer dans la production des huit épisodes[6].
Chaque épisode, d'une vingtaine de minutes, a été réalisé avec un montage minimal, en un seul ou plusieurs plans-séquences[7]. L'histoire est ainsi racontée sans interruption, en suivant les différents protagonistes filmés de près, caméra à l'épaule[6]. L'objectif recherché est d'« accroître la tension du propos et le sentiment d'urgence qui s'en dégage »[3]. La contrainte du plan séquence oblige à concevoir l'épisode pour qu'il soit possible de le filmer d'une seule traite, et de nombreuses répétitions ont été nécessaires avant de pouvoir filmer la version définitive. D'après les réalisateurs, le rythme de tournage est intense[6].
Plusieurs communications ont été faites sur le côté écoresponsable du tournage[7], pour le transport, l'alimentation de l'équipe (repas végétariens) et la partie technique (récupération de décors), en lien avec le message de la série. Pour l'occasion, un poste de chargée d'écoproduction a été créé, assuré par Pauline Gil[8],[9].
Plusieurs acteurs connus participent à la série, notamment Thibault de Montalembert, Audrey Fleurot, Philippe Rebbot[10] ou Bertrand Usclat[11].
Épisodes
[modifier | modifier le code]La série comporte huit épisodes. Le titre de chaque épisode fait référence à un lieu spécifique ainsi qu'au temps écoulé depuis le jour J correspondant au premier jour de l'effondrement. Chaque épisode représente une avancée chronologique par rapport au précédent, allant jusqu'au jour 170 pour l’épidode 7. Seul l’épidode final fait un retour de 5 jours en arrière par rapport au jour J, mettant en scène des militants tentant d'avertir des risques susceptibles de provoquer les conséquences observées dans les épisodes précédents, en s'introduisant sur le plateau d'une émission à forte audience.
Épisode 1 : Le Supermarché (J+2)
[modifier | modifier le code]Réalisation
- Roxane Bret : Julia (principal)
- Bellamine Abdelmalek : Omar, copain de Julia (principal)
- Adrien Melin : Directeur de rayon (secondaire)
- Juliette Fayet : Amie de Julia (secondaire)
- Ernst Umhauer : Ami de Julia (secondaire)
- Simon Thomas : Ami de Julia (secondaire)
- Lubna Azabal : Sofia Desmarest, ministre de l'écologie et femme de Laurent Desmarest (apparition)
- Yannick Choirat : Jacques Monblat, ingénieur agronome et docteur ès sciences (apparition)
- Jules Dousset : Le présentateur de On en aura parlé (apparition)
- Sofia Desmarest, ministre de l'Écologie apparaît dans des extraits de l'émission On en aura parlé, dans un zapping sur le thème de l'effondrement qui vient de commencer, diffusé sur un écran du supermarché. Dans cette émission de l'épidode 8 5 jours avant l'effondrement, elle qualifiait de surréaliste l'idée d'un effondrement ou l'existence d'îles aménagées pour les ultra-riches en cas de crise mondiale.
- Julia tente de convaincre son copain Omar de quitter la ville avec elle pour aller « chez Denis ». On la retrouve 23 jours plus tard dans l'épidode 4, chez le propriétaire du hameau, qui est appelé Denis par ses amis.
- L'ami de Julia fait partie du groupe qui vole avec elle des courses au supermarché et part en camionnette. On le retrouve 43 jours plus tard dans l'épidode 5 au campement des travailleurs de la centrale. Il apparaît brièvement dans les derniers instants de l'épisode, avec le bras en écharpe, et demande à Amine ce qu'il s'est passé. Ce personnage n'est pas nommé dans la série.
Épisode 2 : La Station-service (J+5)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Philippe Rebbot : Christophe, mari de Marianne (principal)
- Christelle Cornil : Marianne, femme de Christophe (secondaire)
- Naël Malassagne : Julien, fils de Christophe et Marianne (secondaire)
- Stéphane Malassagne : Stéphane, père de deux petites filles, Romane et Julia (secondaire)
- Romane et Julia Malassagne : les filles de Stéphane (secondaire)
- Théo Gross : Lucas, fils de Christophe et Marianne (secondaire)
- Étienne Ménard : Thierry, frère de Marianne (secondaire)
- Quentin Faure : Le Policier (secondaire)
- Samuel Giuranna : John (apparition)
- Christophe et Marianne s'occupent de la station-service avec leurs fils, Julien et Lucas. 45 jours plus tard, Christophe, Marianne et Julien font partie du groupe qui vole les provisions de la maison de retraite dans l'épidode 6.
- Un policier tente de prendre de l'essence à la station-service. Ce personnage n'est pas nommé dans la série, mais c'est le policier qui arrête le scientifique Jacques Monblat 10 jours plus tôt à la sortie du plateau de télévision dans l'épidode 8.
- Au début l'épisode, Stéphane tente, en vain, d'acheter de l'essence. Il vole le camion des pompistes en fin d'épisode, pour partir avec ses deux filles. On les retrouve 20 jours plus tard dans épidode 4, parmi les réfugiés voulant rejoindre le hameau.
- John tente également d'acheter de l'essence à la station-service au début l'épisode, il fait aussi partie des réfugiés voulant rejoindre le hameau 20 jours plus tard dans l'épidode 4.
Épisode 3 : L'Aérodrome (J+6)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Thibault de Montalembert : Laurent Desmarest, mari de Sofia (principal)
- Pauline Huruguen : Lucie, la maîtresse de Laurent Desmarest (secondaire)
- Michaël Abiteboul : Pascal, chauffeur de Laurent Desmarest (secondaire)
- Jean-Claude Lecas : M. Bernard, pilote de l'avion (secondaire)
- Lubna Azabal : Sofia Desmarest, ministre de l'écologie et femme de Laurent Desmarest (apparition voix)
Épisode 4 : Le Hameau (J+25)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Audrey Fleurot : Karine (principal)
- Roxane Bret : Julia (apparition)
- Samuel Giuranna : John (principal)
- Stéphane Malassagne : Stéphane, père de deux petites filles, Romane et Julia (principal)
- Romane et Julia Malassagne : les filles de Stéphane (secondaire)
- On retrouve Julia chez le propriétaire du Hameau - que ses amis appelle Denis — alors qu'elle tentait de convaincre son copain Omar de quitter la ville avec elle 23 jours plus tôt dans l'épidode 1.
- Au début l'épisode, Stéphane et des filles sont parmi les réfugiés voulant rejoindre Le Hameau après qu'il a volé le camion des pompistes 20 jours plus tôt dans l'épidode 2.
Épisode 5 : La Centrale (J+45)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Samir Guesmi : Amine, employé de la centrale nucléaire et père de Léa (principal)
- Alicia Hava : Léa, fille d'Amine (secondaire)
- Marie Kauffmann : Employée de la centrale nucléaire (secondaire)
Épisode 6 : La Maison de retraite (J+50)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Bastien Ughetto : Marco, employé de la maison de retraite (principal)
- Catherine Salviat : Une résidente de la maison de retraite (secondaire)
- Christelle Cornil : Marianne, femme de Christophe (secondaire)
- Philippe Rebbot : Christophe, mari de Marianne (apparition)
- Naël Malassagne : Julien (apparition)
Épisode 7 : L'Île (J+170)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Lubna Azabal : Sofia Desmarest, ministre de l'écologie et femme de Laurent Desmarest (principal)
Épisode 8 : L'Émission (J-5)
[modifier | modifier le code]- sur Canal+
- sur YouTube
- Yannick Choirat : Jacques Monblat, ingénieur agronome et docteur ès sciences (principal)
- Lubna Azabal : Sofia Desmarest, ministre de l'écologie et femme de Laurent Desmarest (secondaire)
- Jules Dousset : Le présentateur de On en aura parlé (secondaire)
- Camille Claris : Pauline, lanceuse d'alerte (secondaire)
- Bertrand Usclat : Jean-Baptiste, lanceur d'alerte (secondaire)
- Johann Cuny : Alex, lanceur d'alerte (secondaire)
- Mehdi Ortelsberg : Vincent, lanceur d'alerte (secondaire)
- Gabriel Mirété : Gabriel, technicien et lanceur d'alerte (secondaire)
- Elsa de Belilovsky : Élodie, chroniqueuse de On en aura parlé (secondaire)
- Benjamin Tranié : Périco Saporta, chroniqueur de On en aura parlé (secondaire)
- Sofia Desmarest est présente en tant que ministre de l'Écologie sur le plateau de l'émission On en aura parlé, où 5 jours avant l'effondrement, elle qualifie de surréaliste l'idée d'un effondrement ou l'existence d'îles aménagées pour les ultra-riches en cas de crise mondiale. Elle apparaît 7 jours plus tard au début de l'épidode 1 dans des extraits de l'émission, diffusés sur un écran du supermarché, dans un zapping sur le thème de l'effondrement qui vient de commencer.
- Un policier arrête le scientifique Jacques Monblat à la sortie du plateau de télévision. Ce même policier tente de prendre de l'essence à la station-service 10 jours plus tard, dans l'épidode 2. Ce personnage n'est pas nommé dans la série.
Accueil
[modifier | modifier le code]Les critiques ont été plutôt positives : Thomas Desroches sur le site Allociné parle ainsi d'« une excellente proposition télévisuelle, portée par une mise en scène maîtrisée et une conscience politique »[14] et plusieurs critiques soulignent l'originalité de cette série parmi les fictions françaises[15],[16],[17].
En , durant la pandémie de Covid-19, Le Point juge que la série est « le cri d'alerte d'une génération »[3] et souligne que le message de la série « [résonne] aujourd'hui comme une prémonition »[3]. Plusieurs médias soulignent le réalisme de la série et la mettent en parallèle avec les comportements observés lors de la pandémie et des différents confinements : « supermarchés dévalisés, exode rural, sécession des plus aisés… Le scénario imaginé par le collectif Les Parasites (...) n’était pas si loin de ce qui s’est malheureusement produit avec la crise mondiale liée au coronavirus »[18].
Pour Virginie Martin, interviewée sur le média Blast, la série est « voulue très politique » et parle des questions écologiques mais aussi de lutte des classes et de possibilités de solidarité[19].
Distinction
[modifier | modifier le code]Distinction
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ L'épisode a ensuite été tourné une nouvelle fois et est devenu l'épisode 2 (Le Parisien 2 décembre 2019)
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « L’Effondrement, la série télé à ne pas rater cet automne », sur UP le mag, (consulté le )
- ↑ « La fiction peut-elle accélérer la transition écologique ? », sur Usbek & Rica (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 Victoria Gairin, « « L'Effondrement », la série qui avait tout prédit ? », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ « La peur de l’effondrement, moteur d’action et d’engagement ? », Blog Même pas mal !, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « « L'Effondrement », une série d'anticipation sur Canal Plus raconte le jour d'après », sur L'Express, (consulté le )
- 1 2 3 4 Michel Valentin, « «L’Effondrement» sur Canal + : les secrets d’une série au rythme frénétique », sur leparisien.fr, (consulté le )
- 1 2 « L’Effondrement, malaise dans notre civilisation sur Canal + », sur tvmag.lefigaro.fr, (consulté le )
- ↑ « On est allés sur le tournage écoresponsable de « L'Effondrement », nouvelle série de Canal+ », sur Le Huffington Post, (consulté le )
- ↑ « Pauline Gil, écoréférente, fait tout pour réduire l’impact environnemental les tournages de films et de séries », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 Geo, « "L'Effondrement", une série d'anticipation sur Canal Plus raconte le jour d'après », sur Geo.fr, (consulté le )
- ↑ « La loi des séries : Audrey Gosseaume et l'Effondrement...même en Touraine », sur ici, par France Bleu et France 3 (consulté le )
- 1 2 3 Anabelle Laurent, « « L’effondrement » : tournage éco-responsable et contrebande de saucissons », sur usbeketrica.com, (consulté le )
- ↑ « Pénurie d’essence : la série télé "L'Effondrement" est-elle une dystopie en dessous de la réalité ? », sur www.novethic.fr (consulté le )
- ↑ AlloCine, « L'Effondrement sur Canal+ : que vaut la série filmée entièrement en plan-séquence ? », sur AlloCiné (consulté le )
- ↑ Aurélien MILHAUD, « L'EFFONDREMENT, la bonne surprise de Canal+ - Critique », sur Le Blog Du Cinéma, (consulté le )
- ↑ « « L'Effondrement », la nouvelle série de Canal+ - Vidéo dailymotion », sur Dailymotion (consulté le )
- ↑ « « L’effondrement » sur Canal + : à quoi ressemblerait la fin de notre civilisation ? », sur Franceinfo, (consulté le )
- ↑ Mathieu Dejean, « Collapsologie, survivalisme, entraide : entretien avec les créateurs de la série “L'Effondrement” », sur Les Inrocks, (consulté le )
- ↑ Blast, « Effondrement : juste une fiction ou l'enfer qui nous attend ? », sur Youtube (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Temps réel et basculement virtuel : le récit de l'effondrement comme catalyseur de l'action, Jérémy Bernard et Guillaume Desjardins, échange avec Marine de Guglielmo Weber, Julia Tasse et Marc Verzeroli, La Revue internationale et stratégique, n° 131, IRIS Éditions – Armand Colin, automne 2023, p. 159-167.