L'Auberge rouge (film, 1951)

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L'Auberge rouge
Réalisation Claude Autant-Lara
Scénario Claude Autant-Lara
Jean Aurenche
Pierre Bost
Acteurs principaux
Sociétés de production Memmon Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Durée 95 minutes
Sortie 1951

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Auberge rouge est un film français réalisé par Claude Autant-Lara, sorti en 1951.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1833, un groupe des voyageurs, comprenant un moine mendiant et un novice, passe la nuit dans une auberge isolée au milieu des montagnes ardéchoises. La femme de l’aubergiste avoue au moine en confession qu'elle et son mari ont déjà empoisonné plus de cent hôtes avec un somnifère, ont volé leurs affaires et ont enterré les cadavres dans le jardin.

La dernière victime, un joueur d'orgue de barbarie, a été assassinée quelques heures plus tôt seulement. Dans leur hâte, ils l’ont cachée à l'intérieur d'un bonhomme de neige dans le jardin. Les hôtes actuels doivent être les dernières victimes, car le couple envisage de prendre sa retraite.

La femme presse le moine de quitter la maison dès le soir, puisque sinon « c’est le même traitement qui l'attend, comme pour les autres ». Mais les autres voyageurs, insouciants et qui ne songent qu’à s’amuser, l’empêchent de prendre la fuite. Désespéré le moine va donc essayer de sauver la vie de ses compagnons sans trahir le secret de la confession.

Pendant ce temps la fille des aubergistes et le novice sont tombés amoureux l'un de l'autre. Quand l’aubergiste apprend du moine que le jeune garçon est le fils d'un président de tribunal, il force le prêtre à marier les tourtereaux parce que cette union l’aiderait à se tirer d’affaire au cas où il serait arrêté.

Le matin suivant la cérémonie est interrompue par deux gendarmes à cheval qui veulent rapporter au musicien son singe qui s’était échappé. Le moine réussit à leur faire découvrir le cadavre dans le bonhomme de neige et ils arrêtent les aubergistes avec leur domestique.

Soulagé, le groupe de voyageurs, le moine et le novice exceptés, remonte dans la diligence pour gagner la vallée, mais, comme les bruits le font comprendre pendant la scène finale, elle tombe du pont que le domestique a saboté pendant la nuit et tous se tuent.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

« L’année suivante, en 1950, changement de cap. Le comte Czarnezci, riche marchand d’armes, qui pense pouvoir tirer profit du centenaire de la mort de Balzac, propose à Autant-Lara d’adapter L’Auberge rouge déjà porté à l’écran, au temps du muet, par Jean Epstein. Alors que le projet s’enlise pour des raisons financières, une nuit, le metteur en scène se réveille en sursaut et déclare à Ghislaine : "Gardons le titre et racontons une autre histoire…". C’est ainsi qu’avec la complicité d’Aurenche et Bost, Autant-Lara détourne la commande, ne conservant du roman de Balzac que le titre et le décor, une auberge perdue en montagne, théâtre d’évènements sanglants et mystérieux. Le trio imagine un scénario original dont le personnage central, un moine capucin, lié par le secret de la confession, fait tout pour sauver de la mort de malheureux voyageurs, victimes désignés d’aubergistes diaboliques. Ce conte philosophique, joyeusement anticlérical, au cynisme jovial, pratique un humour macabre, plus courant chez les Anglo-saxons que dans l’Hexagone. Mal accueilli par la critique, L’Auberge rouge fut un succès populaire, à mon avis, tout à fait mérité.
Dans le rôle du capucin, Fernandel a traversé le film sans rien comprendre à l’esprit de l’entreprise. Les rapports entre la vedette et son metteur en scène furent exécrables. On dit même que le dernier jour de tournage, le dernier plan mis en boite, Fernandel, en guise de salut, adressa un superbe bras d’honneur à Autant-Lara. "Si ça, c’est du cinéma d’art, tiens…". »

— Francis Girod, Discours prononcé lors de sa réception sous la Coupole en hommage à Claude Autant-Lara

  • Fernandel réalisa pendant le tournage que le film avait des aspects anticléricaux, ce qui contrevenait à ses convictions personnelles. Le tournage ne fut pas non plus facilité par la vision qu'avait Fernandel du film. À cette époque, l'acteur était déjà très célèbre et habitué à être le centre d'intérêt quasi exclusif des comédies légères auxquelles il participait en tant que vedette, et les réalisateurs de « l'Auberge rouge » durent ruser pour pouvoir monter leur film comme ils l'entendaient et non pas comme Fernandel se l'imaginait. À la fin du tournage, Fernandel promit de ne plus participer à un « film d'art. » Claude Autant-Lara raconta cette dernière anecdote - notamment à l'occasion d'une série d'entretiens accordés à Freddy Buache - en ajoutant qu'il estimait avoir fait tourner à Fernandel un de ses meilleurs films[1].
  • Le décor fut entièrement reconstitué en studio, ainsi que les extérieurs en plans serrés. Les extérieurs en plans larges ont été tournés sur le mont Revard à proximité d'Aix-les-Bains en Savoie.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le film illustre ce fait divers réel qui se passa en Ardèche autour de 1830 : à quelques kilomètres du petit village de Lanarce dans un lieu-dit appelé Peyrebeille et pendant près de 23 ans, les époux Martin, famille d'aubergistes, auraient assassiné et pillé plus de 50 voyageurs, selon la rumeur publique. Leur cupidité supposée finit par attirer l'attention des gens du lieu et les conduisit à leur perte, ils furent arrêtés puis exécutés au terme d'un procès peu satisfaisant qui avait débuté le 6 juin 1833. Les aubergistes Pierre Martin, son épouse et Jean Rochette durent répondre du chef d'assassinats, tentatives d'assassinats et vols. Le 25 juin 1833, le jury les déclara coupables de l'assassinat d'une seule personne dont on retrouva le corps dans l'Allier. Leur pourvoi en cassation a été rejeté et finalement le roi Louis-Philippe laissa la justice suivre son cours. Ils furent guillotinés, sous les yeux d'une foule venue nombreuse sur le lieu des crimes, à Peyrebeille, le 2 octobre 1833[2].
  • Confusion à éviter : ce fait divers n'a aucun rapport avec le roman du même nom L'Auberge rouge d'Honoré de Balzac. Cependant, le projet original du film devait bien s'inspirer du roman de Balzac. Les fonds pour la production du film avaient été trouvés essentiellement grâce à cette inspiration qui tombait alors que se préparait en France la commémoration des 100 ans de la mort de l'écrivain. C'est seulement après avoir vendu son projet aux producteurs que Claude Autant-Lara réalisa que la reconstitution des décors et des scènes nécessaires au tournage du film ne pouvait pas rentrer dans le budget alloué par les producteurs. Claude-Autant Lara raconta que c'est sa femme qui lui avait inspiré l'idée de reprendre l'histoire de l'auberge de Peyrebeille. Cette histoire permettait de garder le titre du film[1].
  • Le nombre de victimes est actuellement contesté, certains historiens disent une seule, voire aucune[3].
  • Gérard Krawczyk en réalise un remake en 2007 : L'Auberge rouge
  • Contrairement à ce qu'affirment certaines sources erronées, l'Auberge Rouge n'est pas à l'origine de l'expression ne pas être sorti de l'auberge qui est antérieure aux crimes de Peyrebeille[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bonus du DVD du film, lors d'une interview (référence à rendre plus précise)
  2. Gazette des Tribunaux.
  3. Émission radio thématique de Jacques Pradel diffusée le sur Europe 1 : La Véritable histoire de l'Auberge rouge avec l'historien Gérald Messadié auteur de Le Secret de l'Auberge rouge (Éditions de l'Archipel, ISBN 2-84187-990-9) et Thierry Boudignon archiviste aux Archives nationales auteur de L'Auberge Rouge (Éditions CNRS, ISBN 2-271-06605-0).
  4. Origine et signification en vidéo sur le site netprof.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]