L'Atelier de la Monnaie

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L'Atelier de la Monnaie est une association d'artistes du Nord qui ont fait de Lille, de 1956 à 1972, un des foyers d'exposition de l'art contemporain en France.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1956 à Lille, face aux contraintes formelles de l'enseignement officiel de l'École des beaux-arts, des étudiants s'organisent en groupe de contestation radicale. Roger Frezin, Pierre Olivier, Claude Vallois, Jean Brisy, Jean Parsy , Lyse Oudoire et Adolphe Deronne sont quelques-uns des piliers et fondateurs de ce groupe nommé en 1957 L'Atelier de la Monnaie (un des ateliers est situé dans la cave d'un ancien hôtel particulier (l'Hôtel du Juge Garde des Monnaies) au numéro 61, rue de la Monnaie à Lille, une des plus anciennes rues de cette ville. Le céramiste Jean Brisy y travaille depuis 1955 . Il réside à quelques pas de là, Place aux Oignons, dans ce qui s'appelle le Vieux-Lille[1]. Le 61 rue de la Monnaie, est également le lieu de la première exposition réunissant vingt-cinq peintres et sculpteurs en 1958). D'autres artistes se joignent à ces fondateurs, dont des membres également du Groupe de Roubaix, tels Eugène Leroy, Jean Roulland et Arthur Van Hecke. Le but de ces jeunes artistes qui veulent se libérer des contraintes académiques est de présenter aux Lillois la création contemporaine lors de manifestations publiques. D'autres artistes, encore, sont invités par ce groupe à leurs manifestations artistiques, tels Eugène Dodeigne, Jean Fautrier, Constant Permeke, Antoni Tapiès, Victor Vasarely et Niki de Saint Phalle[2],[3].

À l'époque incompris du grand public et parfois de la critique, les artistes de la Monnaie avaient le courage de leurs opinions et ont fait de Lille pendant cette période un centre de présentation et de diffusion de l'art contemporain[4].

Ils se caractérisent par le souci d'invention, de vérité, de mouvement[5], mais aussi par l'humour, les farces, les « créations » farfelues (« le matelas pneumatique retenant son souffle; le pain frais antirassiste; la brique bleue (moins ennuyeuse que la rouge); le couteau sans Manche, la chaussure sans semelle pour marcher pieds nus », sans oublier les aphorismes, « Là où il y a de la bordure y'a du trottoir », « Quand le Titien aboie, le Caravage passe », « Ça c'est de l'art, Ensor »[5].

Les expositions se succèdent de 1959 aux années soixante, les soutiens se font de plus en plus nombreux, le groupe est rejoint par de nouveaux membres comme Marcel Lempereur-Haut[5].

Ils bénéficient également du soutien de mécènes éclairés comme Jean Masurel, Albert et Anne Prouvost qui ont mesuré leur apport et leur importance pour la vitalité artistique de la région[5].

Exposition en hommage à cette association[modifier | modifier le code]

Une exposition au Palais des beaux-arts de Lille a présenté, du au , une sélection des œuvres exposées lors de ces événements interdisciplinaires et rencontres de plasticiens et de non plasticiens organisés entre 1957 et 1972[3],[4]. Parmi les invités d'honneur figuraient des artistes de l'École de Paris comme Balthus, des représentants de l'abstraction lyrique comme Alfred Manessier, de l'art informel comme Jean Fautrier, des surréalistes, de l'Op Art, de la nouvelle figuration, et bien d'autres encore.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Projets immobiliers dans le Vieux Lille », FR3,‎ (lire en ligne)
  2. « Exposition 30 ans de l'Atelier de la Monnaie », FR3,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Delphine Rousseau, Marthe Mutte et Marie-Françoise Bouttemy, L’Atelier de la Monnaie. Lille artistique 1957-1972, Somogy Éditions d'art,
  4. a et b Philippe Piguet, « Lille paye sa dette à l’Atelier de la Monnaie », Le Journal des arts,‎ (lire en ligne)
  5. a b c et d Bruno Vouters, « Avec l'Atelier de la Monnaie, ça c'est de l'art, Ensor », dans Cent ans de vie dans la région, tome 4 : 1958-1975, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 octobre 1999, p. 10-11.