L'Astrolabe (patrouilleur et navire logistique polaire)

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Astrolabe
Image illustrative de l’article L'Astrolabe (patrouilleur et navire logistique polaire)
L'Astrolabe à quai, 2017.
Type Patrouilleur
Histoire
A servi dans Ensign of France.svg Marine nationale
Commanditaire IPEV et Marine nationale
Chantier naval Piriou
Quille posée 16 décembre 2015
Lancement 11 juillet 2017
Armé 11 septembre 2017[1]
Statut En service
Équipage
Équipage 2 équipages de 21
Caractéristiques techniques
Longueur 72 mètres
Maître-bau 16 mètres
Tirant d'eau 5,30 mètres
Déplacement 4 000 tonnes
Port en lourd 1 200 tonnes
Tonnage 2 860 tonnes
Propulsion 4 Wärtsilä 20
Vitesse 15 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 2 mitrailleuses 12,7 mm
2 mitrailleuses 7,62 mm
Rayon d'action 35 jours à 12 nœuds
Aéronefs un hélicoptère
Carrière
Port d'attache Port de la Pointe des Galets
Indicatif ASB

L'Astrolabe est un patrouilleur et navire logistique français armé par la Marine nationale. Utilisé pour le ravitaillement polaire, il est rattaché aux Terres australes et antarctiques françaises et affrété par l’Institut polaire français Paul-Émile Victor[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Origine du programme[modifier | modifier le code]

Le projet d'un navire de patrouille et de ravitaillement des Terres australes et antarctiques françaises a été envisagé sous la forme du B3M, un dérivé de la classe d'Entrecasteaux (bâtiments multi-missions ou B2M)[3]. Ce projet est abandonné au profit d'un navire spécifique, qui fait l'objet d'un appel d'offres remporté par l'entreprise Piriou, conseillée pour la circonstance par le bureau d’études finlandais Aker Arctic[4]. Le navire est commandé le par le ministère des Outre-mer à ce chantier naval pour un coût de 50 millions d'euros[5],[6].

Construction et mise en service[modifier | modifier le code]

La commande est passée en [7]. La pose de la quille est effectuée le au chantier polonais Crist, les capacités industrielles de Piriou présentant une complète saturation[8].

Le navire est baptisé le au chantier Piriou de Concarneau[9] et prend position au port de la Pointe des Galets, sur l'île de La Réunion, en [10],[11].

Il a été admis au service actif le , après avoir démontré ses pleines capacités lors de sa première mission en Antarctique.

Description[modifier | modifier le code]

Missions[modifier | modifier le code]

Le navire remplace à partir de 2017 L'Astrolabe[12] affrété par les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) à P&O Maritime Services[13] et l'Albatros de la Marine nationale [14] retiré du service le [15].

Ses missions spécifiques consistent à :

  • affirmer la souveraineté française aux Terres australes et antarctiques françaises ;
  • assurer la surveillance des pêches dans leurs ZEE ;
  • contribuer au soutien logistique des bases scientifiques 120 jours par an, sous la direction de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

L'Astrolabe est conçu pour naviguer dans les mers difficiles australes et arctiques et évoluer dans la banquise avec un classement ICE BREAKER 5[7]. Long de 72 m, il est mis en service par une vingtaine de marins et peut soutenir l'activité de soixante personnes pour des missions d’une durée de 35 jours à 12 nœuds et transporter 1 200 tonnes de fret. Il est doté d'une plateforme hélicoptère, d'une grue de 35 tonnes et d'un portique arrière. Il est équipé de quatre moteurs Wärtsilä 20, dotés de systèmes de traitement des émissions de NOx, qui dispensent leur puissance par l'intermédiaire de lignes d’arbres à deux hélices à pas variable en acier inoxydable, ainsi qu’à un propulseur en tunnel[16].

Carrière opérationnelle[modifier | modifier le code]

Mi-, à la veille de sa première rotation logistique saisonnière R0 vers la base antarctique Dumont-d'Urville, L'Astrolabe est immobilisé dans le port de Hobart, en Tasmanie, pour une avarie sur ses lignes d'arbres, entraînant l'annulation de la rotation saisonnière et compromettant l'ensemble des activités polaires pour la saison 2019-2020 (sortie des hivernants, entrée des prochains, ravitaillement de la base – ainsi que celle de Concordia – et activités scientifiques)[17]. Après plusieurs plongées de diagnostic, il apparaît que le bateau doit être réparé en cale sèche. À cette fin, il appareille le pour les chantiers navals de Fremantle-Perth, en Australie, où seront menés les travaux nécessaires sur les paliers d'arbres[18]. La mission de ravitaillement des bases françaises est confiée, dans le cadre d'une coopération spéciale avec l'Institut polaire français, au Département australien de l'Antarctique, qui affrète en solidarité le brise-glace Aurora Australis pour la première rotation de sortie d'hivernage[19],[20],[21]. Après la réparation du palier de la ligne d'arbre, le navire est de nouveau opérationnel le pour reprendre, depuis Hobart, ses rotations vers les bases antarctiques françaises[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Lagneau, « La Marine nationale a pris en charge le patrouilleur polaire L’Astrolabe », Zone militaireopex.360, 12 septembre 2019.
  2. « Piriou construira le successeur de l’Albatros et de L’Astrolabe », Mer et Marine, 10 juin 2015.
  3. Philippe Chapleau, « Pas de surprise : un quatrième B2M mais ce ne sera pas un B3M », sur lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr,
  4. (en) « Arctics passions news. Aker Arctic and Piriou shipyard have signed a contract for the basic design for a Polar Logistics Vessel », akerarctic.fi,
  5. « Un navire logistique polaire commandé pour les Terres australes et antarctiques françaises », sur Zone Militaire (consulté le 29 novembre 2015)
  6. « Piriou construira le successeur de l’Albatros et de L’Astrolabe », sur Mer et Marine (consulté le 29 novembre 2015)
  7. a et b « Piriou lance la construction du navire logistique polaire de 72 m », site de Piriou, .
  8. « La construction de l'Astrolabe a débuté, 6 janvier 2016 », sur Mer et Marine (consulté le 22 juillet 201)
  9. « L’Astrolabe sera baptisé le 12 juillet à Concarneau », sur Mer et Marine, .
  10. Vincent Groizeleau, « L’Astrolabe est arrivé à La Réunion », Mer et Marine, 8 septembre 2017.
  11. Fabrice Floch, « L'Atrolabe arrive au port demain », Réunion 1re, 7 septembre 2017.
  12. « L’Astrolabe », sur www.taaf.fr (consulté le 24 septembre 2015)
  13. « L’Astrolabe », sur www.pomaritime.com (consulté le 24 septembre 2015)
  14. Albatros (P 681), Marine nationale, consulté le 18 novembre 2019.
  15. Vincent Groizeleau, « Albatros : De l’ancien chalutier de Terre-Neuve au mythique patrouilleur austral », Mer et Marine, 1er février 2016.
  16. « Le PLV Astrolabe sera équipé par Wärtsilä, 24 novembre 2015 », sur Mer et Marine (consulté le 22 juillet 2016)
  17. Caroline Britz, « L'Astrolabe en avarie: annulation de la première rotation logistique vers l'Antarctique », Mer et Marine, 18 novembre 2019.
  18. Caroline Britz, « L'Astrolabe va entrer en chantier en Australie », Mer et Marine, 5 décembre 2019.
  19. Vincent Groizeleau, « Antarctique : l’Astrolabe doit passer en cale sèche, les Australiens à la rescousse », Mer et Marine, 21 novembre 2019.
  20. « Les bases antarctiques françaises ravitaillées par un navire australien suite à l'arrêt technique de l'Astrolabe », Réunion La Première, 21 novembre 2019.
  21. (en) « Australia to assist French Antarctic program », Département australien de l'Antarctique, 21 novembre 2019.
  22. Caroline Britz, « L'Astrolabe va pouvoir reprendre ses rotations vers l'Antarctique », Mer et Marine, 8 janvier 2020.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Dugast, Daphné Buiron, L'Astrolabe. Le passeur de l'Antarctique, E/P/A

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]