Aller au contenu

L'Affaire Bojarski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
L'Affaire Bojarski

Réalisation Jean-Paul Salomé
Scénario Jean-Paul Salomé
Bastien Daret
Musique Mathieu Lamboley
Acteurs principaux Reda Kateb
Sara Giraudeau
Bastien Bouillon
Pierre Lottin
Sociétés de production Le Bureau
Les Compagnons du cinéma
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 128 minutes
Sortie 2025

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

L'Affaire Bojarski est un film français réalisé par Jean-Paul Salomé, sorti en 2025. Il retrace l’histoire vraie de Jan Bojarski, faux-monnayeur de grand talent, et la traque policière qui le fait tomber.

Ce film raconte l'ascension et la chute de Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais réfugié en France, qui devient dans l'après‑guerre l'un des plus grands faux‑monnayeurs du pays, menant pendant plus de quinze ans une double vie que son entourage ignore complètement. Sur fond de polar et de reconstitution historique des années 1950‑1960, le film suit à la fois l'obsession créatrice de cet artisan de génie et la traque patiente du commissaire Mattei, décidé à le faire tomber coûte que coûte[1],[2].

Dans la France en reconstruction, Bojarski arrive sans identité administrative : son absence d'état civil le prive de reconnaissance et l'empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions, le cantonnant à des petits boulots mal rémunérés malgré ses indéniables talents d’ingénierie. Humilié par ce déclassement et hanté par le sentiment d'injustice, il finit par accepter la proposition d'un gangster qui a repéré ses dons quasi obsessionnels de la précision, permettant en l’occurrence de fabriquer des faux billets d'une qualité encore inégalée[1].

D'abord poussé par le besoin de subsister et le désir de prouver sa valeur, Bojarski se découvre une véritable vocation secrète : seul dans un cabanon au fond de son jardin, il conçoit ses machines, fabrique son propre papier, grave ses plaques et met au point des contrefaçons plus « vraies » que les billets de la Banque de France. À mesure que sa technique se perfectionne, la fraude change d'échelle et fait de lui la bête noire de la Banque de France. Il est surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie » tant son talent est grand[1].

En parallèle, Jan mène une existence apparemment banale dans un pavillon de banlieue, auprès de sa femme et de ses enfants, qui le croient simple représentant de commerce. Le film s'attache à montrer la solitude de cet homme partagé entre l'amour des siens et le secret qui l'isole, entre la fierté de sa maîtrise technique et la peur constante de voir sa double vie dévoilée, d'autant que sa femme commence peu à peu à nourrir des soupçons.

Face à lui, l'inspecteur Mattei, meilleur flic de France, transforme l'enquête en véritable sacerdoce : arrêter Bojarski devient son obsession constante, situation qui le ronge autant que le faussaire. La traque se déroule comme un long duel à distance, ponctué de fausses pistes, de coups de filet manqués, jusqu’à ce que le filet se resserre sur Bojarski qui échappe de justesse à l'arrestation. Sa confiance le conduit à défier l'État pendant plus d'une année, mais malgré ses infinies précautions, il finit par être confondu. Le faussaire de génie, criminel et père de famille, doit payer le prix de ses actes. Bojarski est l'illustration du syndrome de l’artiste qui, par manque de reconnaissance, éprouve le besoin de se trahir lui-même[1].

Fiche technique

[modifier | modifier le code]

Distribution

[modifier | modifier le code]

Ce film est coproduit aussi par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Le réalisateur Jean-Paul Salomé, et toute l'équipe du film ont passé près de deux semaines dans cette région Auvergne-Rhône-Alpes[2].

Préparation

[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Salomé imprègne L’Affaire Bojarski d’une atmosphère qui puise directement dans le cinéma français des années 1950-1970[5]. Il dresse par ailleurs une liste de références que comédiens et techniciens visionnent ensemble pour nourrir le tournage et la mise en scène[5]. Les films de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon dominent cette liste : Le Samouraï, Un flic ou encore Le Cercle rouge (dont Salomé reprend le nom du commissaire Mattei – interprété par Bourvil pour le personnage de Bastien Bouillon)[5],[6]. Outre Melville, Salomé cite comme références Monsieur Klein de Joseph Losey, les films avec Jean Gabin comme Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, Du rififi chez les hommes de Jules Dassin ou Razzia sur la chnouf d'Henri Decoin[7]. Salomé s'inspire aussi d'œuvres plus récentes ou internationales : Casino de Martin Scorsese pour la scène d'ouverture, Les Incorruptibles de Brian De Palma, Le Parrain de Francis Ford Coppola, Le Pont des espions de Steven Spielberg ou Heat de Michael Mann, qui modèle la longue confrontation dialoguée entre Bojarski et Mattei, à l’image du face-à-face entre Robert De Niro et Al Pacino[8],[9],[6]. Bastien Daret, coscénariste, apporte d'autres références pour nourrir le portrait intime de Bojarski : il pense à Un cœur en hiver de Claude Sautet, La Belle Noiseuse de Jacques Rivette, Le Solitaire de Michael Mann et Tandem de Patrice Leconte[10].

Salomé explique par ailleurs diriger ses comédiens « comme si j’étais Melville et eux Alain Delon »[11]. Reda Kateb, pour son rôle de Bojarski, se prépare en revisionnant La Bête humaine de Jean Renoir, Le jour se lève de Marcel Carné ou encore L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville[12]. Bastien Bouillon, qui incarne le commissaire Mattei, étudie des films avec Paul Meurisse, autre acteur fétiche de Melville[5].

Le tournage s'effectue dans les communes de Lyon, Paris et Vichy et se termine le [13].

Pour réaliser ce biopic, Jean-Paul Salomé et le scénariste Bastien Daret ont fait la connaissance de Jacques Briod, un journaliste suisse passionné de Bojarski qui a amassé une grande quantité de documents sur le personnage, en particulier les copies des brevets déposés par Ceslaw Jan Bojarski[14]. Par souci de précision historique sur les méthodes d’impression, le réalisateur a bénéficié des conseils de Vincent Guillier, typographe et éditeur aux Éditions Voix de Garage, l’un des derniers à imprimer sur presses typographiques et à fabriquer des livres de colportage de façon artisanale[15]. Les presses de Vincent Guillier, installées dans un atelier aménagé dans son garage, ont été utilisées dans le film pour le tournage des scènes d’impression, et pour la reconstitution de l’atelier de Bojarski, situé lui aussi au sous-sol de sa maison[16].

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Récompenses

[modifier | modifier le code]

Sélections

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a b c et d Jacques Mandelbaum, « Dans L’Affaire Bojarski, le cinéaste Jean-Paul Salomé dresse le portrait d’un artiste en faux-monnayeur », sur Le Monde, .
  2. a et b « L’affaire Bojarski : clap de fin pour le tournage du biopic avec Reda Kateb », sur auvergnerhonealpes-cinema.fr, .
  3. « Congrès FNCF 2025 : Quels films en salles pour 2025-2026 ? (3/3) », sur boxofficepro.fr, (consulté le )
  4. a b et c « L'Affaire Bojarski », sur Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma (consulté le ).
  5. a b c et d « Jean-Paul Salomé : "Le plus dur au cinéma, c’est l’incarnation" », sur Premiere.fr, (consulté le )
  6. a et b « « L’Affaire Bojarski » : un bon divertissement à l’ancienne sur un faux-monnayeur de génie », sur Le Nouvel Obs, (consulté le )
  7. [vidéo] « Heat, Le Cercle rouge... Les références de Jean-Paul Salomé pour L'Affaire Bojarski », AlloCine (consulté le )
  8. « Le réalisateur Jean-Paul Salomé : « Le cinéma m’a aidé à me forger tel que je suis aujourd’hui » », sur Le Soir, (consulté le )
  9. L'affaire Bojarski - Interview Jean-Paul Salomé
  10. « Jean-Paul Salomé et Bastien Daret : « Avec L’Affaire Bojarski, nous avons voulu nous éloigner du pur biopic » | CNC », sur www.cnc.fr (consulté le )
  11. « La Séquence du spectateur - Jean-Paul Salomé - DVDClassik », sur www.dvdclassik.com (consulté le )
  12. Hugues Dayez, « Reda Kateb dans la peau de Jan Bojarski : l’art de l’incarnation totale - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  13. Marie Janeyriat, « Fin de tournage pour Reda Kateb et Pierre Lottin chez Jean-Paul Salomé », sur Première, (consulté le ).
  14. Allociné, « L'affaire Bojarski », sur Allocine.fr, (consulté le ).
  15. Fanny Dolle, « Dans cette maison d’édition de l’Oise, on imprime encore les livres à la main », sur Courrier picard, (consulté le ).
  16. Fanny Dolle, « L’affaire Bojanski au cinéma : c’est un imprimeur nogentais qui a conseillé Reda Kateb », sur Courrier picard, (consulté le ).
  17. « Palmarès de la 31e édition du Festival Jean-Carmet », sur Ciné Bocage (consulté le )

Liens externes

[modifier | modifier le code]