L'Adversaire (roman)

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L'Adversaire
Auteur Emmanuel Carrère
Pays Drapeau de la France France
Genre Récit
Éditeur P.O.L
Lieu de parution Paris
Date de parution
Type de média Livre papier
Nombre de pages 221
ISBN 2-86744-682-1

L'Adversaire est un récit d'Emmanuel Carrère publié en 2000 aux éditions P.O.L.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le récit a pour sujet l'affaire Jean-Claude Romand. Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand, 39 ans, tue sa femme en lui fracturant le crâne, et ses enfants, âgés de 5 et 7 ans, à l'aide d'une carabine, ainsi que ses parents par le même moyen. Par la suite, il incendie volontairement sa demeure ainsi que les dépouilles et tente en vain de se suicider en avalant une dose de barbiturique. L'enquête révèle qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait. Pendant dix-huit ans, Romand a menti à sa famille sur sa situation : il n'avait pas de travail. Lorsque sa famille commence à se rendre compte de la supercherie, il décide de la supprimer.

Emmanuel Carrère découvre ce fait divers dans un journal. Il est intrigué par l'incongruité de ce crime horrible perpétré par un homme a priori normal et sans histoire. Il décide de prendre contact avec le criminel. Il lui explique qu'il a l'intention de comprendre ce qui s'est passé et d'en tirer un livre. Au bout de deux ans, Romand lui répond courtoisement qu'il consent à ce projet et qu'il essaie lui-même de comprendre pourquoi il a commis ce crime qu'il regrette.

Pendant l'été 1996, le procès Romand a lieu à Bourg-en-Bresse. Emmanuel Carrère y assiste. C'est l'occasion pour lui de raconter la vie de l'accusé, de son enfance jusqu'à son crime. Il accorde beaucoup d'importance à la succession de mensonges que Romand va créer dans sa vie. Romand est condamné à la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans. Carrère et Romand continuent à s'échanger des lettres où ce dernier raconte sa vie en prison et sa découverte de la Foi. Il cherche une rédemption divine. Carrère va le voir trois fois en prison et entre en contact avec deux de ses amis, Bernard et Marie-France, visiteurs de prison.

Rôle de l'écrivain[modifier | modifier le code]

Emmanuel Carrère raconte sa difficulté à trouver sa place dans le récit. Plusieurs fois, il a essayé d'écrire l'histoire sous forme de roman en faisant parler l'assassin à la première personne ou en racontant l'histoire du point de vue des amis de Romand et des protagonistes de l'histoire. Toutes ces tentatives ont été vaines. Finalement, c'est en narrant sa propre expérience qu'il trouve le moyen d'écrire ce livre. Depuis ce livre, Carrère n'a rien écrit d'autre que des récits à la première personne.

Carrère sait que son entreprise peut choquer. En effet, il essaye de comprendre le geste fou de Romand sans le juger (il laisse cela à la justice). Il éprouve un peu de compassion pour cet homme que tout le monde considère comme le diable en personne, « l'Adversaire ». En revanche, il se défend de toute amitié avec le coupable et ne remet pas du tout en cause le jugement du tribunal. Il a simplement voulu expliquer objectivement la folie d'un homme que tout le monde prenait pour un homme normal et sympathique.

L'Adversaire est original en ce qu'il ne s'agit pas d'un roman, ni même d'un récit, mais d'un journal de bord. Il s'apparente au genre littéraire de la non-fiction. Carrère relate comment cette histoire l'a occupé, et comment il s'est senti la nécessité, non pas de se substituer à la justice, mais de tenter de comprendre ce qu'avait vécu Jean-Claude Romand dont les mensonges ne dissimulaient rien[1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine, « L'Adversaire - Emmanuel Carrère », sur www.biblioblog.fr, (consulté le 10 juin 2013).
  2. Présentation sur le site du Théâtre des Quartiers d'Ivry.