L'Île nue

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L'Île nue
Titre original Hadaka no shima
Réalisation Kaneto Shindō
Scénario Kaneto Shindō
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Durée 94 min.
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Île nue (裸の島, Hadaka no shima?) est un film japonais en noir et blanc sonorisé mais sans dialogues réalisé par Kaneto Shindō, sorti le .

Synopsis[modifier | modifier le code]

Accroche[modifier | modifier le code]

Au Japon, un couple d'agriculteurs cultive avec peine leur petite île, dont l'aridité les oblige à un fastidieux aller retour avec le continent pour y chercher de l'eau douce en barque.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Dans le sud-est du Japon, sur une minuscule île de l'archipel de Setonaikai, un couple d'agriculteurs cultive avec difficulté une terre aride dénuée d'eau douce. Le couple s'est résigné à devoir faire de continuels voyages en barque entre la terre ferme et leur île pour y ramener l'eau précieuse et arroser avec attention et parcimonie chaque plant cultivé. Tout au long de l'année, le travail des champs rythme un quotidien qui n'est rompu que par de rares déplacements sur le continent pour y vendre leur production ou faire une visite en famille avec leurs deux jeunes enfants.

Cette vie laborieuse et difficile, où chacun accomplit silencieusement son travail parfois au bord de l'épuisement, ne protège hélas pas du drame. Le décès subit d'un de leur fils, plonge la famille dans une tristesse aussi résignée que leur quotidien. Après l'enterrement au sommet de leur île, auxquels ont été conviés les camarades de classe, la mère peine à surmonter sa douleur. Après une crise, celle-ci finit par reprendre le travail avec son mari...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le film ne possède aucun dialogue et n'est ponctué que par le retour régulier du thème musical. Les seules voix entendues sont les chants des écoliers, et le cri de la mère à la fin du film.
  • Kaneto Shindō, au bord de la banqueroute après de nombreux films et reportages n'ayant pas rencontré de succès, pensait que ce film serait son dernier. Le succès de L'île nue à finalement relancé sa carrière et l'a fait connaître sur la scène internationale[1].
  • Le film a été réalisé avec très peu de moyens : l'essentiel du budget a été dépensé pour l'achat de la pellicule et les vues aériennes. Les rôles ont été tenus bénévolement par des habitants locaux, à l'exception de Taiji Tonoyama - qui a accepté de n'être rémunéré qu'en cas de succès du film - et de Nobuko Otowa qui était la femme du réalisateur[1].
  • Kaneto Shindō tenait à la valeur documentaire de son film : les acteurs ont appris minutieusement tous leurs gestes, depuis le portage des seau d'eau, le travail de la terre, la fauche des blés, jusqu'à la navigation à la godille. Pour plus de réalisme les seaux étaient toujours remplis d'eau. Les enfants venaient d'une île voisine. Seule la cabane des agriculteurs a été créée pour les besoins du film sur la petite île, mais il y en avait de semblables sur des îles voisines[1].
  • L'île sur laquelle a été tournée le film s'appelle Sukune, dans la province de Hiroshima (ville dont Kaneto Shindō est originaire et qui fut avec la bombe atomique un axe majeur de son œuvre)[1].
  • A sa mort, les cendres de Kaneto Shindō furent dispersées sur l'île (comme ce fut le cas des cendres de sa femme). Depuis, son fils et une association de fans cherchent des donateurs pour faire acquisition de l'île pour honorer la mémoire du réalisateur[2]
  • En France, à plusieurs reprises, le thème musical principal a servi de base à une chanson (paroles d'Eddy Marnay).

Récompenses[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilbert Salachas, Frantz Schmitt, « L'ILE NUE », Téléciné, no 102, Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), février-mars 1962, fiche no 401, (ISSN 0049-3287)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Frédéric Monvoisin, docteur en cinéma et audiovisuel, conférence au Majestic Bastille Mars 2018
  2. Japan Property Central février 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]