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Kurt Furgler

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Kurt Furgler
Illustration.
Kurt Furgler, en 1985
Fonctions
Conseiller fédéral
Département de justice et police
(1972-1982)
Département fédéral de l'économie publique
(1983-1986)
Élection 8 décembre 1971
Réélection 10 décembre 1975
12 décembre 1979
7 décembre 1983
Prédécesseur Ludwig von Moos
Successeur Arnold Koller
Président de la Confédération suisse
Réélection 8 décembre 1984
Réélection 3 décembre 1980
Élection 8 décembre 1976
Conseiller national
Législature 34e à 38e
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Gall
Origine Canton de Saint-Gall
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Saint-Gall
Nationalité Suisse
Parti politique PDC
Diplômé de Université de Fribourg
Université de Zurich
Profession Avocat
Notaire

Kurt Furgler, né le à Saint-Gall (originaire de Valens) et mort le à Saint-Gall, est un homme politique suisse membre du Parti démocrate-chrétien (PDC).

Il a été membre du Conseil fédéral pendant quinze ans et a occupé à trois reprises la fonction de président de la Confédération, détenant ainsi la deuxième place de la longévité gouvernementale de l'après-guerre après celle de Max Petitpierre (1945-1961)[1].

Origines et jeunesse

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Kurt Furgler naît le à Saint-Gall, en Suisse orientale. Il est originaire de la localité de Valens (commune de Pfäfers), dans le même canton[2].

Il est le deuxième d'une famille de cinq enfants[3]. Son père, Robert, dirige une manufacture de broderie qu'il doit fermer après la Première Guerre mondiale ; il suit une nouvelle formation de fiduciaire et réviseur à la Haute école de commerce[4] et fonde par la suite l'assurance-vie des syndicats chrétiens-sociaux suisses[3]. Sa mère est née Berty Cavigelli[2].

À 18 ans, il fonde le club de handball du TSV St. Otmar Saint-Gall Handball dont il devient entraîneur et capitaine et qui obtient plusieurs fois la victoire en championnat et en coupe de Suisse[5].

Études et parcours professionnel

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Au niveau scolaire, il obtient sa maturité au gymnase cantonal de sa ville natale puis étudie à l'université de Fribourg où il obtient son doctorat en droit en 1948 après quelques semestres passés à l'université de Zurich et à l'Institut de hautes études internationales de Genève où il rédige une grande partie de sa thèse intitulée Problèmes fondamentaux de la responsabilité des États en matière de droit des gens[3].

Une année plus tard, il obtient sa patente d'avocat et de notaire puis ouvre sa propre étude et pratique le barreau à Saint-Gall à partir de 1950[3].

Parcours politique

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Il devient en 1950 secrétaire du Parti chrétien-social saint-gallois[4], l'aile progressiste du PDC[5].

Parlementaire

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Élu au Conseil national après l'élection de son collègue Thomas Holenstein au Conseil fédéral en 1954, il sera réélu cinq fois à son poste tout en siégeant également au Grand Conseil saint-gallois de 1957 à 1960[3]. Au parlement fédéral, il s'intéresse notamment à la jurisprudence et à la politique extérieure. Président du groupe parlementaire conservateur chrétien-social (actuel PDC) de 1963 à 1971, il s'illustre en présidant la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire des Mirages à l'été 1964[6] qui aboutit à la réorganisation du Département militaire ainsi qu'au renforcement du contrôle parlementaire.

À la suite de certaines de ses propositions, le droit fédéral est réuni en un recueil systématique et le Corps suisse d'aide en cas de catastrophe créé[6]. Sentant l'importance de la construction européenne pour la Suisse, il prêche pour une politique de rapprochement dans un discours prononcé le , où il critique sévèrement l'absence de vision du Conseil fédéral, tout en faisant partie de la délégation suisse à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe entre 1967 et 1971[6].

Conseiller fédéral

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Justice et Police
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À l'occasion de la démission du conseiller fédéral Ludwig von Moos, Kurt Furgler est désigné par le groupe parlementaire du PDC comme son candidat le [6]. Il est élu conseiller fédéral le , par 125 voix reçues dès le premier tour, et prend la tête du département de Justice et Police le , devenant le cinquième Saint-Gallois à entrer au gouvernement[6] et le 83e conseiller fédéral de l'histoire[7].

Rapidement, il assouplit l'interdiction de prendre la parole pour des étrangers et fait appliquer avec moins de rigueur la saisie des écrits politiques et érotiques aux frontières[8]. Durant son mandat de onze ans, son activité législative vise à adapter le système fédéral aux exigences de rationalisation et de transparence, en redéfinissant les tâches de la Confédération et des cantons, mais se heurte à l'opposition des libéraux fédéralistes. Ainsi, son projet de loi sur l'aménagement du territoire est repoussé par le peuple en 1976 tout comme un projet de police fédérale de sécurité combattu également par la gauche en 1978. Président d'une commission d'experts, celle-ci propose une révision totale de la constitution à la fin 1977[8] mais se heurte à nouveau aux fédéralistes. Au nombre de ses succès figurent la révision du droit de la famille, l'article constitutionnel sur l'égalité entre hommes et femmes approuvée par le peuple le ainsi que le nouveau droit matrimonial, le , faisant des deux époux des partenaires égaux[8].

Profondément catholique[1], il refuse de défendre devant le parlement un projet de libéralisation du droit pénal en matière d'avortement, en 1974, en invoquant la clause de conscience. Il combat avec succès les troisième et quatrième initiatives « contre l'emprise étrangère » en 1974 et 1977 mais fait toutefois voter en 1973 par le parlement la Lex Furgler visant à limiter voire empêcher la vente de biens immobiliers suisses à des étrangers[9],[1]. Dans le même cadre, il se fait l'artisan de réformes visant à stabiliser le nombre de travailleurs étrangers, à contrôler l'asile[1] tout en facilitant l'acquisition de la nationalité suisse[8].

Il s'investit dans le même temps, en particulier en Suisse alémanique[10], en faveur de la ratification par le peuple suisse de la création du canton du Jura (votation populaire du ). En , il contribue à dénouer la prise d'otages à l'ambassade de Pologne en prenant la tête de l'état-major de crise et en se montrant intransigeant à l'égard des ravisseurs[11].

Économie publique
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À la tête du département de l'Économie publique du à sa démission du gouvernement survenue le , il y préconise en vain une garantie des risques à l'innovation destinée à encourager la compétitivité de l'économie suisse et relance la Surveillance des prix. Au niveau international, il signe la Déclaration de Luxembourg, dans laquelle l'AELE et la CEE expriment leur volonté d'une collaboration dépassant le simple cadre du libre-échange, et participe aux travaux de l'OCDE, de la CNUCED et du GATT.

Président de la Confédération suisse en 1977, 1981 et 1985, il accueille durant sa dernière présidence Mikhaïl Gorbatchev[12] et Ronald Reagan à Genève lors d'un sommet américano-soviétique sur le désarmement nucléaire tenu en novembre 1985.

Après sa démission du Conseil fédéral effective le , Kurt Furgler est membre de plusieurs conseils d'administration, président de la Fondation pour l'aide sportive suisse[8] et vice-président du Club de Rome[5] dont il restera membre honoraire jusqu'à sa mort[13]. Docteur honoris causa de l'Université de Boston et de l'École des hautes études de sciences économiques et sociales de Saint-Gall, il reçoit le Prix Robert Schuman en 1989 pour son action en faveur de l'unification de l'Europe[14]. Nommé membre d'honneur du Comité international olympique en 2000, il devient membre de ses commissions d'éthique et des candidatures[15]. Passant pour être doué « d'une vive intelligence, d'une énergie peu commune et d'une éloquence exceptionnelle »[5], il milite en 2002 pour une présence accrue de la Suisse sur la scène internationale. En compagnie de quatre anciens conseillers fédéraux, il assume la coprésidence d'un comité de seniors en faveur de l'adhésion de la Suisse à l'ONU[5].

Marié en 1950 à Ursula Stauffenegger, fille d'un fabricant de textiles[2], il a quatre filles et deux garçons[5],[3].

Il meurt le dans sa ville natale[5]. Ses funérailles ont lieu le en la cathédrale de Saint-Gall en présence de nombreux anciens conseillers fédéraux[16].

Bibliographie

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  • José Ribeaud, Kurt Furgler à cœur ouvert, éd. L'Aire, Lausanne, 1986

Références

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  1. a b c et d Bernard Wuthrich, « Kurt Furgler, la disparition d'un homme d'État d'une rare envergure », Le Temps, 25 juillet 2008
  2. a b et c Silvio Bucher (trad. Françoise Senger), « Kurt Furgler » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  3. a b c d e et f Urs Altermatt, Le Conseil fédéral : Dictionnaire biographique des cent premiers conseillers fédéraux, Yens-sur-Morges, Cabédita, , 672 p. [détail des éditions] (présentation en ligne) p. 539
  4. a et b (de) Urs Altermatt (éd.) (auteurs de l'entrée : Franziska Metzger et Thomas Metzger), Das Bundesratslexikon, Bâle, Schwabe Verlagsgruppe (de), coll. « NZZ Libro », , 759 p. (ISBN 978-3-03810-218-2), « Kurt Furgler », p. 516
  5. a b c d e f et g « L'ancien conseiller fédéral Furgler est mort », sur Site officiel de la Radio Télévision Suisse, (consulté le )
  6. a b c d et e José Ribeaud in Urs Altermatt, op. cit., p. 540
  7. Christophe Passer, « 30 ans qui ont changé la Suisse », L'Hebdo,‎ , p. 28 (lire en ligne [PDF])
  8. a b c d et e José Ribeaud in Urs Altermatt, op. cit., p. 541
  9. (it) « La Lex Furgler », Argomenti-Inserto, Télévision suisse italienne, 17 janvier 1979
  10. José Ribeaud in Urs Altermatt, op. cit., p. 544
  11. « Kurt Furgler et la prise d'otages de l'ambassade de Pologne », Journal du soir, Radio suisse romande, 9 septembre 1982
  12. « L'esprit de Genève », Téléjournal, Télévision suisse romande, 18 novembre 1985
  13. (en) Liste des membres honoraires du Club de Rome
  14. José Ribeaud in Urs Altermatt, op. cit., p. 543
  15. Communiqué officiel du Comité international olympique du 24 juillet 2008
  16. « Dernier hommage à Kurt Furgler à St-Gall », Radio suisse romande, 29 juillet 2008

Liens externes

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