Krystian Lupa

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Krystian Lupa
Description de l'image Defaut.svg.

Naissance
Jastrzębie Zdrój (Silésie,
Pologne)
Activité principale Metteur en scène, réalisateur et scénariste de théâtre
Style
Années d'activité 1977

Krystian Lupa est un metteur en scène polonais, né le à Jastrzębie Zdrój (Silésie).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il commence des études de physique à l'Université Jagellonne de Cracovie. Après un diplôme de graveur à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, il interrompt au bout de deux ans des études de cinéma à l'École nationale de cinéma de Łódź pour se former pendant quatre ans à la mise en scène théâtrale à l'École nationale supérieure de théâtre de Cracovie. Il commence ensuite sa carrière au Teatr Norwid (pl) de Jelenia Góra, dans les Sudètes occidentales. Cette période de son travail, qui dure jusqu'en 1986, présente un caractère expérimental très marqué. Après deux spectacles personnels, il monte surtout des auteurs contemporains polonais tels que Gombrowicz (Yvonne, Princesse de Bourgogne, 1978, Le Mariage, 1984) ou Witkiewicz, un représentant du théâtre de l'absurde métaphysique.

Dans un texte de cette époque, intitulé Le théâtre de la révélation, Lupa expose sa conception du théâtre comme instrument d'exploration et de transgression des frontières de l'individualité. En 1985, il présente une première synthèse de ses recherches au Stary Teatr w Krakowie (pl) : Cité de rêve, d'après un roman d'Alfred Kubin. Un an plus tard, il est nommé au Stary Teatr, où son arrivée coïncide avec un tournant de sa recherche. Lupa s'intéresse davantage à la dimension éthique dans l'art, et la plupart de ses mises en scène puisent leur matière dans la littérature russe ou autrichienne: il a monté ou adapté pour la scène des auteurs tels que Musil (Les rêveurs, 1988, suivi des Esquisses de l'homme sans qualité, 1990), Dostoïevski (Les frères Karamazov, 1990) Rilke (Malte, ou le triptyque de l'enfant prodigue, 1991), Thomas Bernhard (Kalkwerk - La Plâtrière 1992, Auslöschung-Extinction, 2001); (Immanuel Kant et La Famille. Ritter, Dene, Voss 1996), Tchekhov (Platonov, 1996- il avait dirigé Les trois sœurs au Festival d'automne en 1988) ou enfin Hermann Broch (Les Somnambules, 1995, Festival d'automne à Paris, 1998).

En 2002 il adapte Le Maître et Marguerite de Boulgakov et en 2006 crée Zarathoustra de Nietzsche et Einar Schleef. À la suite de Factory 2 (la Colline - théâtre national), il crée Persona.Marilyn et Le Corps de Simone (deux volets autour des figures de Marilyn Monroe et Simone Weil; Salle d'attente.0 au Teatr Polski (pl) de Wrocław, repris à la Colline - théâtre national en 2012. En 2015, pour le 69e Festival d'Avignon, Krystian Lupa adapte et met en scène Wycinka Holzfallen (Des arbres à abattre)[1],[2]) de Thomas Bernard à la FabricA, une fiction romanesque qui témoigne de l'irritation de son auteur, témoin et acteur de ce qui se joue entre gens du même monde, ainsi qu'une réflexion sur l'art et la création artistique. Il monte la même année Place des héros de Thomas Bernhard au Théâtre national d'art dramatique de Lituanie. La pièce est donnée en 2016 Festival d'Avignon et en 2017 au Théâtre national populaire de Villeurbanne[3].

Selon Lupa, qui signe lui-même (outre la scénographie et parfois la musique de ses spectacles) les adaptations et les traductions des textes qui l'inspirent, sa prédilection pour les romanciers vient de ce que « les auteurs de drame pensent trop en termes de théâtre et trop peu en termes de vie. » Il tire de leurs œuvres des mises en scène d'une durée envoûtante (à titre d'exemple, Malte occupait trois soirées, et Les Frères Karamazov ou les Esquisses six à sept heures). « C'est qu'il y a un temps du théâtre propre à Lupa, » écrivait Jean-Pierre Thibaudat à propos de Kalkwerk: « entêtant, vénéneux, dilaté. On ne va pas voir un spectacle de Lupa, on s'y installe comme sur une île pour y passer la nuit. Le théâtre et le jeu des acteurs y perdent leurs effets. Alors ressurgissent des images enfantines que, tout à coup, brouillent les secousses d'un réveil que sont chez Lupa une porte qui s'ouvre sur une discrète ponctuation musicale ou une miette de pain qui tombe avec un bruit de cristal. Il y a chez lui un goût contaminant pour prolonger le temps de la représentation à l'extrême, dans une sorte de sensualité douce et nostalgique. »

Depuis 1983, il enseigne à la Faculté de mise en scène de l'École nationale supérieure de théâtre Ludwik Solski de Cracovie, dont il a été le doyen de 1990 à 1996.

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Lupa est lauréat des plus hautes distinctions du théâtre polonais: le prix Konrad Swinarski (pl) (1988), le prix Leon Schiller (1992) et le prix Witkacy (2000).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Mises en scène et adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wycinka Holzfallen
  2. « Avignon : Krystian Lupa sublime "Des Arbres à abattre” de Thomas Bernhard », sur www.telerama.fr (consulté le 18 février 2016)
  3. « Place des Héros de Thomas Bernhard », Les Archives du spectacle (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]