Kretek

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Les kreteks, souvent appelées cigarettes aux clous de girofle, sont des cigarettes indonésiennes faites d'un mélange complexe de tabac, de clou de girofle et d'une « sauce » aromatique. Elles ont été inventées à Java vers 1880 et ont conquis 90 % des fumeurs du pays. Leur nom est une onomatopée reproduisant le crépitement que font les clous de girofle quand ils brûlent dans la cigarette. L'extrémité de ces cigarettes ou de leur filtre est généralement sucrée.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est dans un but médicinal que, au début des années 1880, Haji Jamahri, souffrant d'asthme, inventa les kreteks : il s'agissait de diffuser dans les poumons l'eugénol contenu dans le clou de girofle. Le remède soulageant ses douleurs de poitrine, il commença à commercialiser son invention dans les pharmacies locales de sa ville, Kudus. Cependant, il mourut en 1890 avant de profiter du potentiel commercial de son invention. Par la suite, c'est un M. Nitisemito, un autodidacte, qui initia l'industrie des kreteks durant le premier quart du vingtième siècle[1].

Nitisemito a eu l'idée de mixer les ingrédient et d'emballer les cigarettes pour les vendre comme un produit fini sous un nom de marque défini. Il a essayé un nombre de noms avant de choisir le nom de marque Bal Tiga et en 1906, il crée sa propre société, baptisée Bal Tiga Nitisemito[1].

Économie[modifier | modifier le code]

D'après l'association des producteurs de cigarettes indonésiens, le secteur comptait prés de 730 producteurs enregistrés de cigarettes kreteks implantés à Java[2].

Au cours des années 1990, les usines de kreteks employaient des femmes pour le roulage à la main et des hommes pour les cigarettes roulées par machines[2].

Aujourd'hui, les usines de kreteks représentent 180 000 emplois en Indonésie et consomment à elles seules 95 % de la production mondiale de clous de girofle. Les deux plus grands fabricants de kreteks sont actuellement Sampoerna et Gudang Garam. En France, les seules marques commercialisées sont Djarum et Gudang Garam[3][réf. insuffisante], elles ne sont disponibles que chez quelques buralistes seulement, dans certaines caves à cigares ou à l'ambassade d'Indonésie située au 47-49, rue Cortambert à Paris.

Effets sur la santé[modifier | modifier le code]

Les effets comparés des kreteks sur la santé par rapport aux cigarettes classiques demeurent incertains. Des études ont montré que malgré la plus faible[Informations douteuses] [?] teneur en nicotine des kreteks, elles en diffusent plus dans le sang que les cigarettes classiques. La teneur en nicotine et en monoxyde de carbone dans le plasma sanguin ne semble pas être différente selon que l'on consomme des kreteks ou des cigarettes classiques[4]. Les kreteks contiennent de 2 490 à 37 900 μg d'eugénol par cigarette et certaines marques de kreteks contiennent de 9,2 à 215 μg de coumarine par cigarette[5] (pour l'Autorité européenne de sécurité des aliments (efsa), la dose journalière acceptable est 100 μg·kg-1 de poids corporel).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Sander L. Gilman et Xun Zhou, Smoke: A Global History of Smoking, Reaktion Books, (ISBN 9781861892003, lire en ligne)
  2. a et b Les tendances de l'emploi dans le secteur du tabac: défis et perspectives. Rapport TMETS/2003, International Labour Organization, (ISBN 9789222134250, lire en ligne)
  3. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000023336897
  4. (en) Clark GC, « Comparison of the inhalation toxicity of kretek (clove cigarette) smoke with that of American cigarette smoke. I. One day exposure », Arch Toxicol, vol. 63, no 1,‎ , p. 1-6 (PMID 2742495) modifier
  5. (en) Gregory M. Polzin, Stephen B. Stanfill, Candace R. Brown, David L. Ashley, Clifford H. Watson, « Determination of eugenol, anethole, and coumarin in the mainstream cigarette smoke of Indonesian clove cigarettes », Food and Chemical Toxicology, vol. 45, no 10,‎ , p. 1948-1953 (ISSN 0278-6915)